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Merci à tous et toutes pour vos commentaires, drianna et moi étions très heureuses! Alors voici la suite ( j'avais perdu le reste, alors dri a dû me l'envoyer ;') )
Chapitre 2
Le héraut richement vêtu s’avança au milieu de l’arène, sourire charmeur accroché aux lèvres, il regarda la foule, puis les chevaliers vainqueurs des différentes épreuves. Attendant que son bon seigneur parvienne à ses côtés, il dit d’une voix forte qui allait porter son message jusqu’aux bas-fonds du bourg de Lutèce :
« Et le vainqueur de la joute d’épée à pied est… »
La foule clama son impatience. Ce héraut s’amusait à les faire trépigner d’attente. Bien que les spectateurs savaient très bien qui était le gagnant de l’épreuve, c’était la cérémonie de remise de prix –en fait, surtout l’expression du chevalier quand il reçoit son prix- qui valait la peine d’assister au tournoi.
Le héraut regarda à nouveau la foule d’un regard enjoué. Il finit par sourire de contentement et hurla littéralement le nom du vainqueur.
«…Le chevalier Mickaël de Viennes! »
La foule, jusqu'alors pendue aux lèvres de l’homme, éclata d’acclamation. C’est donc couvert d’applaudissements que le jeune guerrier s’avança vers son seigneur, un sourire reconnaissant bordant ses lèvres. Il avait enlevé son casque, une fois la bataille terminée et on pouvait maintenant voir ses cheveux rebelles d’un auburn rougeâtre étinceler d’or au soleil.
Après avoir félicité Mickaël, le seigneur lui remit son prix, un bourse généreusement remplie de pièces d’or. Le chevalier le remercia, penchant sa tête vers l’avant en signe de reconnaissance. Le prix en main, il retourna vers son écuyer, Barthélémy , qui lui souriait franchement, heureux pour son mentor.
Une fois le soleil couché, la bourgeoisie et les participants du tournoi se réunirent chez le seigneur, dans la salle de banquet, où une grande fête tenait lieu de clôture aux festivités. Ménestrels et troubadours entraînaient l’assistance par leur musique rythmé, alors que les fous du roi faisaient rire qui voulait bien les regarder. Une grande table avait été dressée le long d’un mur, où trônait des plats tous plus succulents les uns que les autre. Rôtis fumants, pain frais et encore chaud, fruits dans le miel, vin et cidre, pâtisseries exquises et autres desserts invitants s’entassaient sur ce présentoir.
Les gens riaient, dansaient, mangeaient…En bref, c’était la fête.
Piochant dans une assiette de fruits, Mickaël regarda l’assemblé avec un œil quelque peu morne. Il s’ennuyait un peu, à vrai dire…Beaucoup de gens qu’il ne connaissait même pas ou à peine, dans le meilleur des cas, étaient venus le féliciter de sa brillante performance. Son écuyer s’était fait accoster par une jolie rousse aux formes généreuses, qui l’avait traîné (de force) sur la piste de danse. Les autres personnes de cette salle qui avaient tenté de faire la conversation avec lui s’étaient révélées être d’une compagnie ennuyeuse au possible.
Il en était à son troisième verre de cidre lorsqu’une jeune damoiselle, aux longs cheveux frisés d’un blond platine éblouissant et aux yeux bleu délavé vint à ses côtés pour se prendre un verre de vin. Elle portait une longue robe fuchsia, débordante de boucles et de dentelle et un long chapeau en cône, surplombé d’un voile. Dans le genre dur à manquer, on ne faisait pas mieux. Elle avait un air artificiel et le regard vide, dans le plus pur style « sois belle et tais-toi »…
La belle en question but son verre d’un trait, puis se retourna vers le chevalier. Leur regard se croisèrent un instant, puis elle reposa subitement ses yeux sur sa coupe de vin, rougissante au possible, affichant un air mi-hystérique, mi-gêné.
« Il m’a regardé! Il m’a regardé! » s’égosilla t’elle mentalement.
Elle s’attendait sûrement maintenant à ce que Mickaël se tourne vers elle et lui demande, d’une voix douce et pleine d’attention, en prenant sa main dans la sienne :
« Que se passe-t-il, damoiselle…? Vous rougissez…Auriez-vous de la fièvre…? »
Mais non, au lieu de cela, le chevalier revint à son verre de cidre, le remplissant pour la quatrième fois de la soirée avec un soupire d’ennui. Quel rustre! Il ne faisait même pas attention à elle, se dit la dame, légèrement frustrée par le comportement du roux…
Puis, parcourant du regard le corps plus qu’invitant d’un jeune homme, elle le pardonna mentalement, se disant que sa beauté effacerait les autres lacunes en matière de politesse…
La damoiselle en était rendue là dans ses observations lorsque le seigneur de ce château, Domitille, arriva aux cotés du chevalier, lui demandant avec entrain s’il s’amusait.
Mickaël répondit par une affirmative, ne voulant pas montrer à son seigneur qu’il s’ennuyait comme la mort…
« -Ah!, fit alors le vieil homme, se tournant vers la damoiselle qui dévorait toujours le chevalier des yeux, je vois que vous avez fait connaissance avec ma fille, Tiphaine!
-Heu, non, en fait, nous ne nous sommes pas parlé, lâcha Mickaël, un peu mal à l’aise.
-Ho…fit le seigneur, l’air un peu déçu…et bien…Mickaël, je vous présente ma fille, Tiphaine.
-Enchanté, fit le chevalier avec un sourire qu’il jugea crispé.
-Enchantée…! » répondit Tiphaine, la voix un peu trop aiguë, les joues plus rouges que les cheveux de son vis-à-vis.
Le seigneur Domitille sourit devant les deux jeune gens, se disant que si tout allait bien d’ici là, il pourrait peut-être leur faire un mariage.
Il planta donc là sa fille et le chevalier, les laissant faire connaissance…
Tout le long de la conversation, Tiphaine fit de l’œil à Mickaël, mais ce dernier ne répondit pas à ses avances, la trouvant idiote et dénudée de charme. C’était le genre de fille qu’il fuyait comme la peste…Il se demandait d’ailleurs comment elle faisait pour passer la porte de sa chambre, vu la robe surchargée de dentelles et de boucles qu’elle abordait…
Ce fut donc légèrement éreinté par cette séance intensive de drague que Mickaël alla se coucher dans les appartements que le seigneur lui avait grassement prêtée. Il espéra ne plus jamais entendre parler de cette dame et s’endormit peu après.
Le lendemain matin, on alla le quérir de bonne heure, lui annonçant que le seigneur avait besoin de lui pour une affaire importante.
Se demandant bien ce que ce dernier lui voulait si tôt le matin, il enfila sa tunique et sa culotte et attacha le tout de sa ceinture, avant de mettre ses bottes, puis il se rendit chez Domitille, là où on l’attendait avec impatience.
Mickaël demanda donc poliment à son seigneur, après l’avoir salué, pourquoi l’avait-on fait venir si tôt le matin.
« -C’est terrible! » s’exclama Domitille, brandissant un parchemin devant le nez de Mickaël. « Ma fille a été enlevée! »
Mickaël jura intérieurement, se disant avec un pointe d’ironie que la journée commençait bien.
Il prit le papier que le seigneur lui tendait et lu à voix haute :
« Cher Seigneur Domitille,
Je suis dans le devoir de vous avertir que votre tendre enfant, la damoiselle Tiphaine, a été capturée par nul autre que moi même, Clotaire le Tenné….Si vous souhaitez la revoir en vie, je vous somme de m’envoyer le chevalier Mickaël de Viennes pour un combat revanche. Si vous refusez, vous ne reverrez plus jamais votre fille adorée.
Plus ou moins respectueusement,
Clotaire le Tenné»
Clotaire! Mais c’était le chevalier qu’il avait vaincu durant le tournoi, non?Le dernier adversaire qu’il avait eu a affronter! Donc, il voulait ça revanche? Pfeeuh! Comme si cela lui tentait de faire je-ne-sais-combien de milles à cheval simplement pour que Môsieur Clotaire est une revanche! Non, mais! En plus, il devrait se comporter comme preux chevalier de damoiselle Tiphaine! Son père pour le remercier lui donnerait sûrement la main de sa fille en cadeau…Ce qui ne le réjouissait pas le moins du monde, bien au contraire.
Il leva la tête vers son seigneur, cherchant un quelconque excuse bidon à lui lancer lorsque ce dernier lui fit signe de continuer sa lecture.
Ah, tiens, il y avait un Post Scriptum en bas de la lettre.
« P-S :Si Mickaël refuse de venir, parce qu’il ne se sent pas suffisamment concerné par votre fille, faites lui savoir que j’ai AUSSI capturé son écuyer, Barthélémy. »
Le chevalier roux retint une flopée de jurons colorés.
Bon…Bon…Il n’avait pas le choix…
Il accepta la mission du seigneur, un peu à contre-cœur.