Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search Login Register Extras
Fiction » Fantasy » Le royaume oublié font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Talentyre
Fiction Rated: K+ - French - Fantasy - Reviews: 5 - Published: 05-13-05 - Updated: 02-18-06 - id:1911683

Chapitre 15

Sur le petit groupe de participants à la seconde épreuve, il ne resta que trois autres personnes. Les deux amis les vinrent arriver un a un. Il vint d’abord une jeune femme, âgées de moins de vingt ans, ainsi que deux hommes, l’un paraissant trente ans, l’autre la quarantaine. Aucun des trois n’avait prononcé mot. Alors que la femme n’avait pas la moindre déchirure à ses vêtements, le plus jeune des hommes semblait souffrir d’une blessure à la côte. Lorsque le silence fut complètement installé dans la salle, une porte s’ouvrit sur le côté, laissant apparaître les cinq maîtres. Kaito s’avança et pris la parole.

"- Félicitations à vous cinq, vous avez remporté la seconde épreuve. J’ai l’honneur de vous annoncer que vous êtes acceptés à la guilde de Reikon. Nous allons de ce pas vous conduire aux chambres. Vous trouverez là bas de quoi vous laver et des vêtements neufs. Les blessés seront emmenés à l’infirmerie. Nous viendrons ensuite vous chercher pour la réunion des nouveaux arrivants. Rassurez vous, vous ne serez pas les seuls nouveaux ici: plusieurs bateaux sont en route, et d’autres admis attendent déjà.

- Les blessés sont priés de me suivre, dit l’un des maîtres. Les autres, vous partirez avec Kaito."

Ainsi, l’homme d’une trentaine d’année se détacha du groupe en direction de l’infirmerie, tandis que les autres allèrent vers les chambres.

Kaito les mena à l’extérieur du bâtiment. Ils montèrent dans l’une des nombreuses tours du château, et montèrent plusieurs étages avant d’arriver à une longue série de couloirs, percé d’un grand nombre de portes.

"- Voici les chambre. Je vous remets la clef de chacune. Lavez vous et changez vous – il y a des vêtements dans les armoires –, avant de redescendre. Vous me retrouverez dans le grand hall."

Chacun reçut sa clef, dans laquelle était gravée le numéro de la chambre. Keran entra dans la sienne en même temps que les autres. Il scruta la pièce en détail: elle était petite, meublée d’un lit simple et d’une armoire, d’une table et d’une chaise. Une petite porte sur le côté menait à des toilettes ainsi qu’une douche et un lavabo. L’adolescent commença par vider son sac de la cape écailleuse, qu’il prit soin de ranger dans l’armoire, auprès des habits déjà présents. Il jeta le sac déchiré dans une corbeille située sous le bureau, retira ce qu’il restait de ses vêtements crasseux et se précipita sous la douche.

Keran sortit peu de temps après de sa chambre, revêtant la tenue de la guilde: c’était une tunique simple qui alternait entre le bleu marine et le rouge. Ainsi, il alla attendre Léo devant sa porte. Celui-ci ne tarda pas à sortir, mais opta pour la capuche, certainement pour cacher ses oreilles.

Les blessés arrivèrent, soignés, et le groupe de vainqueurs se trouva réuni de nouveau. Mais bien vite ils comprirent qu’ils n’étaient pas les seuls, lorsque des maîtres vinrent les chercher, et qu’ils les mêlèrent à d’autres arrivants, bien plus nombreux qu’ils ne l’auraient cru. C’est ainsi que plusieurs centaines de nouveaux arrivants se rendirent dans une grande salle, une sorte de réfectoire, où chacun trouva une place. Des maîtres étaient déjà là, prenant place sur une estrade. L’un d’eux s’avança lorsque tout le monde fut assis, et que le silence régna. Il commença un discours de bienvenue, expliquant les principes de base de la guilde, son fonctionnement, ses buts, toutes les informations que se devaient de savoir les nouveaux.

Keran retint essentiellement que les élèves seraient réunis par groupes, allant de trois à dix personnes, selon le niveau. Chaque groupe aurait un maître. La guilde entraînait, logeait et nourrissait les membres; en échange, ceux-ci remplissaient diverses quêtes dès qu’ils en avaient le niveau. C’était une sorte de cercle d’échange entre de nombreuses villes et villages du monde, la guilde elle-même, et ses membres.

S’ensuivit le repas de bienvenue des nouvelles recrues. En cette rare occasion, une centaine de personnes dînèrent dans la même salle. Les mets se succédaient à toute allure, et bientôt, le repas se termina. L’un des maîtres de la guilde annonça qu’on viendrait réveiller les membres le lendemain matin, et que les groupes seraient alors formés. Peu de temps après, chacun regagna sa chambre, Keran souhaita bonne nuit à Léo, regagna sa chambre, et s’endormit peu de temps après.

Keran ouvrit les yeux… Il ressentait une douleur aiguë au visage, le long de son tatouage. Il était étendu sur un sol froid et humide. Cela ressemblait à une grande cave, plongée dans l’obscurité. Une fois debout, il décida de tenter de découvrir où il se trouvait. Plus il marchait, plus la douleur augmentait, si bien qu’il ne put garder son œil gauche ouvert. Mais il continuait de marcher, inlassablement, à la recherche de quelque chose. Mais quoi? Lui-même l’ignorait, pourtant, il avançait dans ce dédale. Quelque chose brilla dans le noir, deux petites lueurs rouges qui attirèrent son attention. Il s’en approcha, sans crainte, sans rien ressentir d’autre que le mal qui lui crispait le visage.

Il découvrit finalement un visage: les deux lueurs rouges étaient les yeux de cette créature à forme humaine, enfermée dans une cage. Il reconnut un garçon de son âge, d’épaisses menottes de fer aux mains et aux pieds, le tout relié aux murs par des chaînes. Pourtant, il ne semblait pas dangereux… mais son seul regard glaçait Keran, et celui-ci ne manqua pas de remarquer le même tatouage que lui sur son visage. Etait-ce là l’explication de sa douleur? Il s’approcha des barreaux, voulant atteindre le garçon. Celui-ci entrouvrit la bouche, murmura quelques mots inaudibles, et son image s’évanouit, peu à peu, ainsi que le décor.

- Allez, debout, répétait une voix.

Keran ouvrit les yeux et reconnut Léo.

- Hum…?

- C’est le matin, lève toi fainéant! On a rendez vous avez notre maître dans peu de temps!

- Oui… j’arrive…

Il voulut se rendormir, tant il appréciait le confort de son lit, mais le jeune démon lui lança ses vêtements dessus, avant de l’extirper avec force de son sommeil. Keran acheva de se réveiller sous la douche, s’habilla, puis rejoignit Léo qui l’attendait maintenant devant sa chambre.

- Pas trop tôt, grinça celui-ci. Allez, suis moi!

Il lui saisit la main et le tira dans les couloirs, puis ils rejoignirent le groupe, dehors. Là se trouvait déjà une adolescente, âgée d’une quinzaine d’années, dont les cheveux blonds étaient attachés en deux couettes symétriques, inclinées vers l’arrière. A côté d’elle, un enfant se tenait debout, faisant la moitié de sa taille. C’était un petit garçon étrange, avec un nez rond et noir, pareil à une petite truffe, des cheveux bruns qui tombaient sur ses yeux marron pétillants, et des oreilles pointues. Keran jeta un coup d’œil rapide à Léo: il n’était donc pas le seul à ne pas être humain.

Un homme s’approche alors du groupe; Keran resta bouche bée tant son charisme naturel imposait le respect. Dès le premier regard, il admirait cet elfe aux cheveux blancs.

- Bienvenue à la guilde de Reikon. Mon nom est Elawyn Syldor, je suis votre maître. J’ai ici une liste de vos noms, je vais donc vous appeler: Cassyl Seir, Ramsey Vall, Léo, et Keran Raar.

Chacun se reconnut à son nom, et le maître ajouta:

- Je suis ici pour vous former le plus rapidement et le mieux possible afin que vous puissiez remplir des missions difficiles au plus tôt. L’entraînement commence donc dès aujourd’hui. J’ai eu part de vos résultats au test d’entrée à la guilde, et les groupes ont été formés à partir de ça. Vous avez donc tous un point commun quant à votre force.

Ils se regardèrent tous les uns les autres, perplexes. Le point commun n’était pas spécialement apparent.

- Des questions?

Observant le silence de ses nouveaux élèves, l’elfe conclut:

- Bien. Suivez moi.

Il partit en avant, suivi du groupe de quatre. Accélérant soudainement le pas, le maître sembla vouloir les semer. Chacun se mit donc à accélérer à sa manière: Léo se transforma en félin, fit signe à son ami de grimper sur son dos et se lança à la poursuite de l’elfe. En même temps, le petit lutin matérialisait une boule d’énergie qu’il transformait en vaisseau, et il leur sembla voir Cassyl disparaître. Après plusieurs longues minutes de course, Léo arriva au milieu d’un grand jardin, semblable à une aire de combat. Elawyn attendait là les autres membres du groupe. Quelques secondes plus tard, l’adolescente apparut près d’eux, et Ramsey atterrit, son vaisseau se dissipant comme de la brume.

- Vous avez réussi à me suivre, et je n’en attendais pas moins de votre part. Nous allons maintenant pouvoir commencer l’entraînement. Première étape: il est essentiel que vous acquériez des réflexes.

Sur ces mots, il leva les deux mains et de nombreuses silhouettes sortirent du sol. Personne ne su cacher sa surprise.

- Rassurez vous, ces cibles ne sont pas vivantes, expliqua l’elfe. Pourtant elles bougeront sous mes ordres, mais ne vous attaquerons pas. C’est à vous de les frapper, le plus vite possible et sans vous poser de question. L’instinct et la maîtrise de son corps sont alors indispensables. Des questions?

- J’en ai une, intervint Cassyl. Est-il possible d’utiliser une arme?

- Non. Je vous interdirait de posséder une arme tant que vous ne saurez pas vous battre sans: on ne peut maîtriser une arme si on ne sait maîtriser son corps. Autre chose?

- Oui, dit alors Léo. Faut-il se battre en équipe ou chacun pour soi?

- Je ne vous forcerai pas à vous entendre dès aujourd’hui, et comme vous ne savez pas encore comment se battent vos compagnons, je vous autorise à jouer solo. D’autres questions?

Seul le silence lui répondit.

- Alors nous allons commencer.

Les silhouettes s’enfoncèrent dans la terre pour en ressortir, bien plus près des quatre combattants. Ils purent enfin constater qu’ils avaient à faire à de simples épouvantails. En premier, Keran se jeta sur l’une des cibles, qui disparut avant qu’il ne l’ait atteint. Elle réapparut derrière lui; il se retourna brusquement mais échoua de nouveau: il était encore bien trop lent… De son côté, Cassyl dévoilait son pouvoir de téléportation, encore trop juste comparé au travail demandé. Ramsey se débattait comme il le pouvait, profitant de sa petite taille et de son agilité pour augmenter sa rapidité. Léo les dépassait tous: sa vitesse était déjà bien développée.

Ils se battirent ainsi pendant près d’une heure. Exténués, ils s’écroulèrent les uns après les autres. Elawyn arrêta là l’entraînement.

- C’est pas mal, conclut-il. Alors… j’ai fait mon bilan… Tout d’abord, Cassyl: ton pouvoir est intéressant, mais il m’a semblé que l’utiliser te fatigue… je me trompe?

La fille soupira, et secoua la tête d’un air vaincu.

- Si tu améliores ton endurance et que tu arrives à augmenter ta vitesse, ça sera … Léo… Bien, bien. Je n’ai pas grand-chose à dire sur tes performances: tu peux encore t’améliorer, mais tu es celui qui a fait le mieux pour l’instant. Ramsey… Tu es rapide mais tu ne sais pas bien gérer cette vitesse. Tu frappes souvent dans le vide… tu t’en es rendu compte?

- Oui, souffla tristement l’enfant.

- Ne te décourage pas, ça s’arrangera, continue l’elfe d’un ton qui se voulait rassurant. Pour finir… Keran! Intéressant…

Au sol, l’adolescent soufflait encore.

- Tu as un bon potentiel, je le sens… mais tu ne l’utilises pas, c’est dommage!

L’intéressé se redressa brusquement, une lueur noire dans le regard.

- Quoi? C’est tout? On s’est tous défoncés pourquoi? Pour se faire entendre dire qu’on n’est pas assez rapides, pas assez ci, pas assez ça? C’est ça, la superbe guilde de Reikon, qui juge ses membres sans leur apprendre les bases?! Allez-y! Montrez nous ce que vous attendez de nous au lieu de nous rabaisser!

Révolté, il avait fini par hurler. L’elfe le dévisagea d’un regard glacial, mais l’adolescent ne dévia pas ses yeux. Il ne supportait pas cette méthode, haïssant déjà ce maître qu’il devrait supporter…

- Une démonstration, c’est ce que tu veux?

La voix d’Elawyn avait étrangement changée: elle était dure, froide, et peu rassurante.

- Exactement!

Les trois autres membres du groupe se tenaient assis, bouche bée devant l’assurance de Keran.

-Et je ne fais que dire ce que tout le monde pense!

-Ne t’énerve pas, gamin. Si c’est une démonstration que tu veux, tu l’auras. En garde.

Keran se leva alors, tenant difficilement debout. Tant pis s’il était fatigué, son honneur lui interdisait désormais de reculer.

- Quand tu veux, souffla le maître.

Ni une ni deux, Keran se lança à l’attaque. Il effectua un premier coup de poing, évité par son adversaire, puis renouvela ses attaques: aucun des coups de l’enchaînement qui suivit n’atteignit sa cible. Dans un souffle, l’elfe frappa, sans que personne n’ait vu venir l’attaque, et Keran se retrouva au sol, à bout de souffle.

- C’est à ça que servent les réflexes, Keran. Je vois que tu n’es pas de ceux qui apprennent en obéissant aux ordres sans réfléchir, tu as besoin de te faire ta propre expérience… et d’un côté, j’aime bien ça… Mais évite d’atteindre l’insolence, surtout avec moi.

Léo se précipita vers son ami, qui gémissait au sol, une main plaquée contre le ventre.

- Bien, il est temps de prendre une pause. Suivez moi jusqu’à la guilde.



Return to Top