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Auteur: Kazuza
Note : je m’excuse encore une fois pour l’immense retard (si ya encore des gens qui suivent la fic XD ) (1 an putain ça passé trop vite la vie çç ) qui ne se reproduira plus.
Pour les détails du pourquoi du comment, voir mon profil.
Merci spécial à Lady H ma chtite correctrice n’a moi .
Chapitre 14 : Le dernier verre
« Hey, Law, Law !!! HEY !! Mais je te parle !!!
La grande silhouette se retourna enfin vers lui en souriant.
- Mais que me veut-elle donc encore cette toute petite crevette ?
- Hein !?Quoi ?!!! Tu sais ce qu’elle te dit la crevette !! Hein ! Tu le hummmmff !!
Le jeune homme venait de poser une de ses mains sur sa bouche et de l’autre avait saisi son bras pour l’attirer auprès de lui.
Le visage de son frère était si proche du sien à présent que leurs cils se mêlaient.
Il pouvait sentir la chaleur de la peau de l’homme, son souffle sur ses lèvres, la pression de ses mains fortes sur ses avant bras.
Il pouvait voir que ses iris n’étaient pas entièrement bruns. Au centre, autour de la pupille, il pouvait voir une légère décoloration, un éclat doré.
Il se demanda un instant s’il pouvait lui aussi distinguer des nuances dans l’acier de ses yeux.
Comme il aurait aimé avoir le brun chaud des yeux de son frère au lieu du gris glacé des siens.
Ses parents le lui avaient d’ailleurs assez souvent répété.
Ses yeux étaient désagréables.
Il était désagréable.
Imparfait.
Raté.
Il n’était pas comme Lawrence.
Il ne lui arrivait pas à la cheville.
Il n’était pas l’aîné et il n’était même pas une fille.
Il ne servait à rien.
Mais il s’en fichait.
Son frère ne pensait pas ainsi, il le lui avait dit.
Lawrence aimait ses yeux.
Lawrence l’aimait.
Et c’était avant tout pour cela qu’il n’était jamais triste.
A part peut-être quand ses parents le….
Non, il n’était jamais triste, parce que son grand frère était là et qu’il le protégeait.
Pour toujours.
- Alors, qu’y a t’il ? Fit doucement le jeune homme en courbant sa main sur sa nuque, pour pouvoir caresser le doux duvet qui se trouvaient à sa base plus à son aise.
- Tu as dit que tu passerais la journée avec moi!
- Pardon amour, mais j’ai quelque chose de très important à faire aujourd’hui.
- Plus important que moi ? Bouda l’enfant en cherchant à repousser le jeune homme.
Celui-ci ne lâcha pas prise et ramena le garçon face à lui.
- Il n’y a rien de plus important que toi. Seulement il faut que j’y aille.
- Tu n’as qu’à m’emmener avec toi !
Le front de son frère se plissa, comme s’il était en train de réfléchir à quelque chose de particulièrement difficile et de très triste.
- J’ai pensé à t’emmener avec moi tu sais…. Chuchota t’il finalement à son oreille.
- Ah oui, alors allons y ! Je n’ai pas envie de me retrouver tout seul avec Eva ! S’exclama le garçon, heureux de voir se profiler une porte de sortie. Elle m’ennuie avec ses trucs de filles et puis elle ne parle pas bien !
- Elle a cinq ans Swan. Se moqua doucement le jeune homme en enfouissant son nez dans son cou.
- Eh, tu me chatouilles ! Rigola le garçon en secouant la tête. Alors on y va ?!
- Non.
- Oh, pourquoi !!??
- Parce que c’est un voyage que je dois faire tout seul.
- Si tu m’aimais pour de vrai tu m’emmènerais !!!
Un triste, si triste sourire étira un instant les lèvres du jeune homme.
Le garçon regarda ces mêmes lèvres se rapprocher de lui, jusqu’à ce qu’elles entrent en contact avec les siennes.
L’effleurement fut bref et léger, emprunt de douceur et de respect mais totalement différent des caresses fraternels qu’ils échangeaient habituellement, décida l’enfant.
C’est ce qu’on appelle un baiser, songea t’il avec un malaise sans cesse grandissant.
Il essaya de se dégager du mieux qu’il put de l’étreinte de son frère mais celui-ci ne le laissa pas aller.
- Swan, je vais te dire un secret. Tu ne le diras à personne n’est ce pas ?
- Bien… Bien sûr !! Je n’ai jamais dit à mère que c’était toi qui à renverser du café sur le tapis à deux mille dollars du salon non ?
Le jeune homme éclata de rire et se pencha de nouveau vers lui.
- Bien. Alors vois tu, je….
§-§-§-§-§-§-§-§
J’ouvre lentement les yeux pour me retrouver nez à nez avec un ange ou son équivalent terrestre.
Je n’ai pourtant bu que deux verres hier soir…
Je lève un bras engourdi et frotte énergiquement mes yeux.
Ah c’est ma femme.
Rectification : Mon ex femme en devenir…
Elle se presse tendrement contre moi tandis que je m’occupe de remettre en marche mon cerveau pour la journée.
L’opération terminée je me rends compte de deux choses.
D’abord Evangeline est dans mon lit !
Et vu ce que je sens elle ne doit pas porter grand-chose.
- EVA !!! Je hurle en me relevant d’un bond.
- Oh c’est bon… Elle ronronne en glissant sa main entre mes jambes.
Pas de chance pour elle, je bande rarement le lendemain de mes soirées boissons.
- Retire ta main de là ou je te la coupe.
- Oh ! Tu es vraiment vexant tu sais !
Elle se rejette brusquement en arrière et va ouvrir grand ma fenêtre tandis que la sonnerie stridente de l’école annonce le topo.
8h25.
Effectivement je suis très en retard.
- Rah elle pue l’alcool distillé cette chambre ! Tu cherches à empoisonner quelqu’un !?
- Personne ne t’y a invité.
- Tu n’avais pas dit à Siao que tu ne boirais plus ? Elle siffle froidement.
Dans la lumière du jour je m’aperçois qu’elle est effectivement vêtue en tout et pour tout de sous vêtement de dentelle et de soie rouge qu’elle porte il faut l’avouer admirablement.
Mais là elle commence les hostilités des le matin.
Je ne suis pas trop d’humeur sur le moment.
- A quelle heure est rentré Vivian finalement ?
J’ai veillé jusqu’à une heure du matin avec un verre à la main et mon portable dans l’autre à attendre ce petit con.
Les traits d’Eva s’assombrissent légèrement, ce qui me laisse envisager le pire.
Il n’est pas rentré du tout. Son lit n’était pas défait et ses affaires et son sac de cours sont encore dans sa chambre.
Je me lève instantanément et déboule dans le couloir. J’entre dans sa chambre à la volée pour constater l’évidence. Evangeline a dit la vérité.
- Lawrence…. Elle murmure derrière moi en posant délicatement ses doigts sur mes épaules dans un geste stupide et futile visant à me calmer.
- Je vais fouiller cette putain de ville. Et je vais le retrouver ! Et quand je l’aurai retrouvé …
- Pas question ! Tu as ton travail et ce n’est pas le moment de sécher avec la fin de l’année qui approche. Je vais y aller.
Je la prends par les avant bras et la ramène brutalement face à moi. Elle laisse échapper un petit hoquet de stupeur mais ne cherche pas à se dégager.
- Tu crois que c’est un jeu Evangeline ?
- Non ! Mais je crois que tu ne vas pas bien Lawrence !
- Je…
- NON ! Laisse moi t’aider ! Elle explose en éclatant en sanglots dans mes bras. Je t’en prie.
Et de voir quelqu’un comme Evangeline, si forte et fière, fondre ainsi, à cause de moi, je me sens soudain encore plus mal.
Je n’ai pas le droit de craquer.
Je dois être un soutien.
Je dois être parfait.
Je la serre doucement contre moi.
- Eh, arrête un peu. Ca ira ok ?
J’essuie tendrement ses larmes et embrasse son front.
- Va me le retrouver. Je vais travailler. Deal ?
- Je t’aime…
Bizarrement, plus elle panique et plus je me sens redevenir fort et confiant.
Je me sens mieux.
Je la câline encore un peu et la repousse doucement.
- Merci belle dame.
Elle me rend un sourire un peu triste, un peu désabusé et on se sépare tout les deux sans rien dire pour aller s’habiller, elle dans ma salle de bain, moi dans celle de Vivian.
J’aime cette pièce, tout comme j’aime la chambre de Vivian.
Les tons chauds ne me vont pas vraiment, ni au caractère, ni au teint, tout comme les êtres optimistes et passionnés ne sont pas fait pour s’accorder à moi, voila ce que mes parents m’ont toujours répété depuis aussi loin que je me souvienne.
Et pourtant je suis marié avec ce genre de personne.
Ça ne m’empêche pas, pourtant, de les apprécier comme cette pièce pleine de chaleur et de réconfort, de les aimer comme mon petit frère aussi erratique et passionné que j’étais prévisible et calme et de les désirer comme Siao qui était tout ce que je ne serais jamais.
Je caresse gentiment les carreaux bruns de la douche tiédis par l’eau et je me sens soudain très las.
Des brides de mon rêve me reviennent en mémoire mais je les mets immédiatement de côté.
Je n’ai pas le temps, ni l’envie de m’appesantir sur les délires de mon esprit intoxiqué par l’alcool.
Comme me l’a fait remarquer Eva, j’ai trop de travail pour pouvoir me payer ce luxe.
Je me sèche rapidement, accordant une petite pensée à Siao.
J’espère qu’il est revenu.
Il n’a pas été à l’école de la semaine depuis notre petite « conversation ».
Evidemment il ne peut pas me téléphoner et il n’en a peut-être pas envie.
Et Vivian qui choisit ce jour pour faire sa petite fugue.
Ce n’est pas comme si je n’avais pas l’habitude de ses petites escapades.
Il aime disparaître du jour au lendemain, quand la pression se fait trop forte.
Et je lui laisse toujours cette liberté du moins temps que je sais ou il se trouve.
Mais la fuite d’aujourd’hui est bien différente.
Il aime que je coure après lui, que je le cherche et le trouve. Que je le ramène chez nous.
Il me laisse toujours quelques indices, quelques allusions disséminées ici et là, pour que je sache ou chercher.
Cette fois ci il n’y a rien eu.
Ce qui signifie…
Je serre les poings et sors de la salle de bain en me retenant de justesse de claquer la porte.
Je m’arrête devant la porte d’entrée et respire profondément pendant de longues minutes.
Mettre mes problèmes personnels de côté pour revêtir mon déguisement de l’homme parfait ne m’avait jamais posé autant de problème jusqu'à présent.
Peut-être est ce parce que je viens tout juste de commencer à vivre.
§-§-§-§-§-§-§-§-§
Comme par hasard, au moment où j’ai réussi à réunir suffisamment d’énergie pour m’y mettre, on frappe à la porte.
Je reconnais les coups.
Sec, fort et énergique, Cathy ou bien…
Je me lève brusquement et cours presque vers la porte, comme un idiot de gamin amoureux.
- Eh bien, cachez votre joie surtout, râle ma secrétaire en croisant les bras.
Bien sur. Qu’est ce que j’espérais ?
Siao ?
Avec ce que je lui ai fait il doit en avoir pour encore un ou deux jours.
C’est déjà une chance qu’il n’ait aucune lésion.
Je passe une main fatiguée sur mon visage et murmure.
- Que ce passe t’il Cathy ?
Le reproche quitte immédiatement ses traits délicats et elle pose une main attentionnée sur mon avant bras.
Son contact est rassurant et semblable à celui d’Evangeline ce matin, pourtant ce n’est pas celui que je veux, celui dont j’aurais besoin.
- Lawrence… Est-ce que ça va ? Vous êtes tout pâle.
- Ca ira mieux à la fin de la journée, je ricane doucement avant de la repousser, l’air de nouveau irréprochable et parfait que l’on attend de moi tout inscrit sur mon visage. Alors, que ce passe t’il cette fois ? L’arbre de noël aurait t’il prit feu ? Ou bien les fenêtres du gymnase aurait t’elle toutes été tagué ? Où les ballons de baskets percés ?
- Encore plus incroyable, elle sourit bizarrement avant d’appeler Katsura Ure et Nathaniel Lawrence qui attendaient patiemment à l’autre bout du couloir.
Alors là pour une surprise.
Je jette un coup d’œil incrédule à Cathy qui me le rend au centuple.
Je fais rentré les deux jeunes probablement les plus disparates de cette école dans mon bureau tandis que l’atmosphère de malaise continue à monter.
Voila qui ne présage rien de bon.
Je les invite à s’asseoir et retourne à mon bureau.
C’est Nathaniel qui prend la parole.
Katsura est un homme de peu de mots mais cela n’explique pas cet état des choses.
Il sait parfaitement s’exprimer quand son rôle de leader l’exige, pourtant ils n’ont pas attendu que je commence.
Ce qui signifie qu’ils se sont concertés avant de venir.
La journée va être longue…
- Nous n’irons pas par quatre chemins, nous avons appris pour la benne à ordure.
- Appris ?
- Oui je sais ce que vous devez penser, et c’est aussi ce que je pensais avant que Katsura demande à me rencontrer officiellement…
- Katsura ?
- Ce n’est pas une action de mon groupe.
- Alors…
- Ce n’est pas non plus une action du mien.
Soit ses mômes se fichent de moi, soit nous sommes face à un problème qui ne s’est jusque la jamais posé.
- Je résume si vous le voulez bien. Si ce n’est aucun de vous deux qui a initié ces actions de vandalisme, qui est-ce ?
- Nous ne le savons pas encore, finit par dire Nathaniel en se relevant brusquement, luttant pour conserver sa maîtrise et ainsi épargner un triste sort à ses ongles parfaitement manucurés.
- Comment pouvez-vous en être si sûr ? Vous avez au bas mot cent cinquante personnes à surveiller. Vous ne pouvez pas tous les connaître personnellement. Pas plus que je ne connais le nom de tous les élèves.
- Monsieur ! S’énerva Nathaniel. Je suis au courant de toutes les actions générées par mon groupe. Et pour ma part, je ne peux parler pour l’autre, mais j’en connais personnellement chacun des membres.
Katsura se contenta d’un grognement et ne releva pas « l’autre », ce qui me fit comprendre que l’affaire était autrement plus grave.
Je n’ai pas souvenir, dans toute ma carrière de proviseur, d’avoir eu un jour les deux leaders assis volontairement dans mon bureau.
Bien que je sois intimement convaincu que ces deux là ne connaissent pas aussi bien qu’ils ne le pensent chaque membre de leur groupe, il ne me vient pas à l’esprit de remettre en question leur jugement.
J’ai confiance en Nathaniel Lowrence et Katsura Ure.
A un point qui m’étonne moi-même.
Malgré leurs caractères incroyablement différents, ils ont tous les deux l’âme d’un chef :
L’esprit de décision, la perspicacité, la capacité à comprendre et juger avec sévérité mais justesse chacun des leurs.
La même force vit en eux, même si elle prend un aspect différent.
Et la force est une qualité que j’ai toujours appréciée et respectée.
C’est aussi une chose particulièrement fascinante à observer.
- Très bien, alors si ce n’est pas vous, qui ?
Les deux adolescents s’échangent un regard interrogateur.
Finalement Nathaniel pousse un profond soupir et commence à me faire part de leurs hypothèses.
- En fait, il y a plusieurs solutions, mais la plus probable selon nous c’est la création……… d’un troisième groupe…
Et bien, comme si je n’avais pas assez de problèmes.
Un troisième groupe, du jamais vu dans l’histoire de l’école.
Si incroyable que l’adolescent avait longuement hésité avant d’oser avancer cette idée.
- Quand et pourquoi ?
- C’est justement pour cela que nous sommes venu vous voir. Siao ne vient plus à l’école depuis deux jours, il s’est encore blessé ou je ne sais quoi, et comme il ne répond pas au téléphone, impossible de le joindre.
- Qu’est ce que Siao vient faire la dedans ?
- Il a tout à faire là dedans ! S’exclame de nouveau Nathaniel en se relevant brusquement de la chaise où il venait enfin de se rasseoir.
Ce gosse ne tient pas en place, ce n’est pas possible.
- De quelle manière ? Je répète doucement pour essayer de le calmer.
- Notre comportement laxiste envers lui a donné lieu à une polémique sur les groupes et des partisans pro-Siao ont commencé à apparaître !
- Pro-Siao ?
- Des personnes qui sont d’accord avec ses idées !
- Pas beaucoup, mais il y en a et c’est inquiétant, précise Katsura.
Oui tout cela semble vraiment problématique.
Bien que je sois en principe contre l’idée même des groupes, il faut bien admettre que l’effondrement de ce système créerait un chaos monstrueux et à à peine un mois du baccalauréat ce serait catastrophique.
Malgré tout, j’ai encore du mal à croire que Siao ait pu provoquer un tel mouvement, aussi infime soit-il.
Ce n’est pas qu’il n’a pas l’âme d’un révolutionnaire, ou le charisme suffisant, c’est juste que depuis qu’il est arrivé, il n’a sûrement pas eut le temps de monter une révolte.
De plus, je suis quasiment certain qu’il me l’aurait dit.
- Donc si je vous suis bien, vous voulez que je contacte Siao pour savoir s’il n’a pas monté une espèce de rébellion au sein du lycée ?
- Je n’irais pas jusque là ! Mais demandez lui si des individus ne se seraient pas montrés particulièrement empressés autour de lui ces derniers temps ou étrangement amicaux, vous me suivez ?
Je ne pense pas être la personne la plus apte à lui demander ce genre de chose … Sans parler des ennuis que pourraient lui causer la visite d’un adulte inconnu en plein milieu d’une période de paranoïa de son père.
D’après ce que Eva m’a dit, sa maison est remplie de micros et de caméras.
Elle est évidemment la seule à pouvoir l’appeler puisqu’elle a été plus ou moins présentée comme l’amante actuelle de Siao.
La seule raison valable que je pourrais trouver pour venir le voir, ce serait pour lui casser la figure pour avoir couché avec ma femme.
Et c’est loin d’être ce dont j’ai envie en que je le vois.
Je met le "hola " aux pensées libidineuses. Ce n'est vraiment pas le moment.
- Il ne reviendra pas à l’école avant la fin de la semaine, et aucun de nous deux ne peut y aller sans que cela ne ce remarque ! Quant à Vivian, impossible de le joindre ! Il sèche les cours dieu sait où !
- Et le téléphone ?
- Il répond pas, grogne Katsura en tirant sur la veste de Nathaniel pour le forcer à se rassoir.
- Ah c’est vrai… Il m’a dit de ne plus l’appeler parce que son portable est sur écoute ou je ne sais quoi, je soupire en me massant les tempes.
Je déteste quand Siao me dit des choses comme ça.
Quand il me parle de son père, cela me rappelle douloureusement le mien.
Les portables sur écoute, mon courrier surveillé, les micros partout.
La chambre noire.
Vivian… Vivian a eut de la chance lui !
Pff…
Je crois que je vais reprendre une aspirine.
Ou un verre.
Aussi tordu que cela puisse paraître, l’idée d’un bon verre de bourbon si tôt le matin me semble terriblement attirante.
Katsura lève un sourcil incrédule mais Nathaniel ne semble pas être surpris.
- Le mien est sur écoute aussi… K arrêtes de tirer sur ma chemise tu vas la déformer ! Tout le monde n’a pas envie de se promener habillé comme un crasseux !
- Tss…
Je lui lance un regard compatissant qu’il accepte avec douceur.
Comme Siao me l’a si souvent répété il faut passé ce côté prise de tête personnifiée avant de trouver ce gamin sympathique.
Je verrai ce que je peux faire.
Demander à Eva de lui téléphoner me semble être la meilleure option pour le moment.
§-§-§-§-§-§-§-§-§
Et la journée n’est pas encore terminée puisque que Eva m’accueille avec quelques centimètres d’ongles en moins, adieu manucure à cinquante euros que je lui ai payée hier, ce qui n’annonce rien de bon.
Evidemment elle ne l’a pas retrouvé ce qui ne veut dire qu’une chose.
La nuit sera longue et je vais l’étriper pour ça.
Je vais me changer pour être plus à mon aise.
Mes costumes sont trop chers pour que je m’amuse à les porter durant une « course à la Vivian » qui peut vous entraîner absolument partout, y compris dans les bois.
Je rentre dans ma chambre, qui effectivement pue l’alcool rance, je vais devoir faire changer toute la literie et les rideaux à ce rythme là, et m’empare d’un jogging/tee-shirt bleu marine dédiés à la chasse au Vivian en terrain irrégulier.
Bien sûr, comme si j’avais le temps de me disperser, le téléphone sonne.
Je finis de m’habiller et retourne au pas de course dans la salle à manger pour décrocher.
C’est peut-être Vivian, même si j’en doute fortement.
Je décroche et je déchante, comme prévu.
Ma mère...
Ce n'est pas possible.
Décidément ces deux vieux cons choisissent toujours le meilleur moment pour téléphoner.
Je couvre le téléphone et hurle un « EVA!!! » tonitruant.
J'entend l'écho d'un "oui" qui provient très certainement de mon ancien bureau.
- TU AS PARLE DE NOTRE DIVORCE À QUELQU UN?
Le "non" que je reçois me rassure un peu.
Je n'aurai pas à gérer une deuxième crise familiale ce soir.
Plus vite le coup de fil de convenance sera fini et plus vite je pourrai retrouver ce petit con, le frapper jusqu'à ce qu'il n'ait plus la force de marcher et le ramener à la maison.
Il me rendra fou, je peux le jurer.
Et ce mal de tête qui ne veut pas passer.
J’ai besoin d’un verre.
Je grogne un "allo" fatigué tout en me massant les tempes d'une main.
- Lawrence, mon chéri?
Je couvre de nouveau le combiné d’une main avant de hurler.
- EVA AMENE MOI UNE ASPIRINE!
« Et un verre de cognac »
Ma femme entre dans la pièce en râlant quelques secondes plus tard.
- Je ne suis pas ton esclave!
- Eva...
- Qui est au téléphone?
- Devine... Je murmure sombrement en reprenant l'appareil.
Une petite moue dégoûtée fronce son nez adorable.
- Oh god, je vais m'en chercher aussi, s'exclame t'elle en tournant les talons.
- Eyh ne te tire pas espèce de...
- LAWRENCE… LAWRENCE?
- Oui mère...
- J'ai cru un instant que nous avions été coupés.
« J’aurais aimé »
- Vous vouliez me parler ?
- Oui ! Ton père est dans tous ses états ! Il a entendu dire par Nadège Perardot, tu sais, la délicieuse jeune femme qui travaille à la commission d’attribution de budget, que Vivian n’avait pas déposé de dossier pour la faculté où il devait entrer après son baccalauréat !
- Il ne l’a pas encore, je réponds distraitement en reluquant l’armoire à alcool du coin de l’oeil.
- Comment ça ?! Notre secrétaire le lui avait entièrement préparé, il n’avait plus qu’à signer !
- Je parle de son bac…
- C’est un Shilton ! Il ne peut que réussir.
Si jeune, et déjà condamné au succès… parfois je me dis que Vivian n’est peut-être pas si chanceux que ça. Enfin, je me serais dit ça si ce petit con ne s’était pas tiré ce qui va m’obliger à me balader toute la nuit pour le retrouver.
De plus je suis là pour le protéger.
Il n’a rien à craindre de nos parents.
Parce que j’existe.
- Mère, il est tard et…
- Justement ! Comme je te le disais ton père est dans tous ses états ! Il souhaite que Vivian revienne vivre avec nous pendant…
Je ne la laisse même pas finir.
Elle a prononcé la phrase.
- Vivian n’ira nulle part…
- Lawrence… Depuis quand me parles-tu sur….
Ca suffit.
Eva ne revient toujours pas avec l’aspirine, cette putain d’armoire me cherche j’en suis sûr et mon cerveau ne sera bientôt plus qu’une tas de merde grouillante si je n’ai pas un putain de verre.
- Vivian n’a toujours pas changé de sexe, c’est toujours un garçon et il est toujours homosexuel et jusqu'à preuve du contraire il restera avec moi. Que vous le vouliez ou non.
- Lawrence ! Vivian aurait dû être opéré ! Hier encore, ton père lisait ton rapport mensuel sur lui et il me semble qu’il a un encore un autre « bon » ami. Il aurait été bien plus heureux, normal et équilibré si…
- Vivian est et restera du genre auquel il appartient. A présent j’aimerais mettre fin à cette conversation ridicule si vous le permettez mère.
J’entends un petit déglutissement étouffé.
On dirait que j’ai touché le gros lot…
J’ai répondu à ma mère et sans une seule arrière pensée...
Ah Siao… Qu’est ce que tu es en train de faire de moi ?
- Comment oses-tu me parler de la sorte ! Hurle t’elle, sa voix montant dangereusement dans les aiguës. Lawrence ne m’aurait jamais parlé ainsi ! Jamais !
Mais qu’est ce qu’elle raconte…
- Et pourtant c’est bien moi, la sénilité vous guetterait-elle mère ?
- Oh mon dieu… Cette fois ç’en est trop ! ARTHUR ! ARTHUUUUUUUUR !
Un petit mouvement de panique.
Parler à ma mère est une chose, à mon père ç’en est une autre.
Mère, je n’entends plus rien, je pense que nous allons être coupés…
- Lawrence...!? LAWRENCE ! SW…
Je raccroche brutalement le téléphone, arrache la prise d’un coup sec et me laisse choir un instant sur le canapé.
Le silence enfin…
L’armoire à alcool est là.
Juste devant moi… Et la liqueur de l’oubli qu’elle garde précieusement en son ventre m’attire irrésistiblement. J’ai a peine le temps de formuler cette pensée que mes mains s’activent déjà sur le verrou. Je prends la première bouteille qui vient, du scotch, et vais me servir un verre.
Un verre.
Deux verres.
Trois verres.
Là…
Maintenant ça va mieux.
Je m’affale un peu plus et laisse le brûlant élixir dispenser ses bienfaits.
C’est évidemment ce moment précis, celui ou je commence enfin à me relaxer, qu’Eva choisit pour arriver dans le salon.
- Lawrence !
- Quoi !
- Je viens d’avoir Vivian au téléphone !
- Tu ne pouvais pas le dire plus tôt ! Je crache en me relevant.
Elle a un geste de recul et je me calme aussitôt.
- Pardon Ev’…
- Lawrence… Combien de verres ?
- Moins que d’habitude ! Allez on va le chercher.
- Je vais le chercher.
- Evangeline… Je grogne en reposant violemment le verre sur la table basse.
- Lawrence ! D’abord tu as trop bu il n’est pas question que je monte dans la même voiture que toi ! Ensuite Vivian sera plus enclin à se confier a moi…
- Ce n’est pas déjà fait ? Je siffle avec amertume en me rasseyant.
Il est à moi.
Il est à moi… C’est mon frère…
Je contemple tristement le verre vide poser sur la table.
Voila ce qu’est ma vie.
Un verre vide.
Eva apparaît brusquement dans mon champ de vision.
Agenouillé devant moi, elle pose ses mains sur mon visage, l’air presque aussi désespéré que moi. Je rejette la tête en arrière. Son contact est insupportable.
- Lawrence …
- Chut… Va le chercher et ramène le. J’ai besoin d’un break, ok ?
Elle fronce les sourcils, se relève et sort de la pièce sans un mot.
J’admire un instant sa silhouette dans la lumière déclinante du jour.
Belle et fière, c’est comme ça que j’aime les femmes.
Je repense à Siao et je me dis que c’est aussi ainsi que j’aime les hommes.
Mon dieu… J’aimerais tellement pouvoir sauver Vivian…
Je tourne la tête vers la table basse en entendant la porte d’entrée claquer.
Nous voila seul tout les deux, très chère, je murmure en prenant un autre verre.
§-§-§-§-§-§-§-§-§
Comme à chaque fois que je faisais ce genre de rêve.
Des songes étranges dont je ne me rappelais jamais au réveil, ou par bribes dissolues, tout en sachant clairement les avoir faits.
Ils commençaient tous de la même manière.
Par le sang.
Du rouge partout devant mes yeux. L’impression poisseuse de m’enfoncer dans quelque chose d’immonde et répugnant. L’odeur de fer qui me prenait à la gorge.
Et puis la salvation.
Je me sens flotter, comme extirpé de mon corps et peux ainsi me contempler dans le rêve, agir et parler comme un étranger à moi-même.
Je peux m’observer interagir avec ce qui me semble être un Vivian plus âgé que moi, à mes parents qui me paraissent plus jeunes qu’il ne l’ont jamais été. A Eva.
Mais le plus souvent, après le sang, viennent les ténèbres et les voix.
Je serais incapable de dire ce que j’entends mais je sais.
§-§-§-§-§-§-§-§-§
Ouvrir un œil est une vraie torture et la lumière crue de la chambre m’aveugle un instant.
Ma bouche est comme remplie de sable. Je n’arrive même pas à saliver.
Je referme les yeux et les rouvres aussitôt.
Je ne suis pas dans ma chambre.
Mes doigts parcourent le couvre lit sur lequel je suis visiblement allonger.
Des broderies.
Je me redresse péniblement et regarde autour de moi.
Je suis visiblement dans une chambre d’hôtel.
Pas un hôtel bon marché mais pas un grand hôtel non plus.
Un lit deux places, sur lequel je suis allongé, une télé dans un coin, un bureau et une armoire complète l’ensemble.
Le design est simple, les couleurs dans les tons vert d’eau m’apaisent et je sens peu à peu la salive revenir à ma bouche et mes yeux s’acclimater a cette lumière.
Je m’aperçois alors que j’ai changé de vêtements.
Un tee-shirt blanc simple et un bas de jogging.
Ils sont a moi.
C’est alors que je panique.
La peur enserre mon cœur comme une main griffue pendant une seconde, le souffle me manque.
Je me rallonge doucement et ferme les yeux utilisant quelque exercice de relaxation de base pour me calmer.
Je DOIS me souvenir.
Je me souviens… Du dernier verre…
Une des portes de la chambre s’ouvre brusquement et Siao en émerge, habillé d’une façon semblable a la mienne, a cela près que son pantalon est vert kaki alors que le mien est bleu marine, une serviette autour du cou.
Il me jette un petit regard agacé et s’exclame :
- Enfin réveillé !
.- ..Comment…
- Comme un con. Comme d’habitude. Comme toujours bourré ! Mais putain qu’est ce qui t’a pris ? Heureusement qu’Akagi était pas là ce soir, parce que je te jure que s’il t’avait surpris, ivre mort en train de me peloter dans l’entrée, t’aurais pas vécu assez longtemps pour regretter ta connerie !
Ses paroles parviennent difficilement à mon cerveau et quand elles me percutent, je sens la panique revenir.
La panique et une résolution.
Il faut que j’arrête de boire.
Je ne veux pas arrêter de boire.
- Je suis désolé Siao.
- C’est ça ouais… Il siffle en retournant dans la salle de bain.
Je tente de me calmer.
De respirer, de faire QUELQUE CHOSE…
La peur et la torpeur de l’alcool sont trop fortes, je ne peux même pas me lever.
J’essaie de rassembler le peu d’idée qu’il me reste, pour essayer de le convaincre… De ne pas me quitter.
Essayer d’expliquer ce dont je ne me souviens pas.
Essayer d’expliquer l’alcool.
Il va me quitter.
Je dois perdre conscience un instant car quand je rouvre les yeux ils est sorti de la salle de bain et ses cheveux sont presque secs.
Il me parait soudain si grand, si fort, debout au milieu de cette pièce, son regard froid posé sur moi.
Intense et sexy.
Terriblement beau.
Je pense avec un léger dégoût de moi-même, ce n’est pas nouveau mais tant qu’à me ridiculiser autant le faire bien, que si je n’étais pas complètement saoul, je banderais comme un cerf.
La peur m’a quitté.
Je me sens comme entouré d’ouate.
C’est agréable.
Il prend finalement la parole, d’un ton mesuré et calme. Adulte.
- C’est Eva qui m’a aider a t’amener a l’hôtel.
- Ev’…
- Non… Elle était sensée… Je ne sais plus ce qu’elle était sensée faire, mais c’était important.
Très important.
Mais je n’arrive plus à…
- T’as de la chance que Akagi soit de sortie jusqu'à vendredi…
- Comment…
- On t’a pas ramené parce qu’on voulait pas que Viv te voit comme ça.
- Vivian…
La chose importante.
- Ouais, il est déjà assez secoué comme ça.
- Je sais pas ce qui se passe entre vous, mais franchement, Viv a besoin que tu sois à son écoute, là pour lui quoi… Pas de ça !
Ça petite moue dégoûtée me perce un instant le cœur.
Bien sur que je suis répugnant, ivre mort sur un lit d’hôtel…
Mais je suis si fatigué.
Et si bien…
Si mon âme est malade, mon corps lui recommence à planer.
- Et toi Siao ? Je murmure en tentant de ne pas m’endormir.
J’ai la tête encore lourde et le lit est bien trop confortable.
- Moi ?
- Oui, à qui te confiais-tu ? Au Japon…
Il tourne légèrement la tête vers moi et soupire avant de commencer à ranger ses affaires.
- A ma sœur, généralement… et à mon chat, pour des trucs plus… privé quoi…
- Et quand elle est partit ?
- Mon chien, il rigole en inspectant soigneusement mes chaussures italienne hors de prix avec une expression qui dit clairement que si nous faisions la même pointure, je ne les reverrais jamais.
J'aurais dû mettre des baskettes... avec mon jogging je devais avoir l'air...
Je remet mon esprit dans le droit chemin, ou du moins j'essaie.
- ... Tu n’aimes pas les chiens…
- Raah ! J’ai jamais dit que j’aimais pas les chiens ! J’ai dit que je préférais les chats, nuance ! J’aime tous les animaux sauf les requins, les frelons et les rats sans poil, eurk !!
La gouvernante de la maison me l’a offert quand Xian est partie en France. Je préfère les chats, mais là j’avais envie de quelque chose qui est besoin de moi, qui n’aime que moi, qui me soit totalement dévoué. Un truc, qui ne pourrait ….pas vivre sans moi. Tu vois quoi…
- Pourquoi….. Ne l’as tu pas emmené en France ?
Je parle doucement, en détachant soigneusement les syllabes car ma langue, et toute ma gorge d’ailleurs est pâteuse, lourde.
J’ai envie qu’il s’approche.
J’ai envie de le serrer dans mes bras.
De le consoler.
De sentir son petit corps brûler contre le mien.
J’ai vraiment très froid.
- Il est mort, mon père qui l’a écraser…par accident….. eh ! Fait pas cette tête ! Pour une fois, c’était vraiment un accident, il était complètement bou……
La fin de sa phrase meurt dans sa bouche et le silence qui tombe entre nous menace de me tuer.
Je me rends bien compte de combien je suis laid et pathétique.
- Pardon… pardon… pardonne moi…
Je ne peux que le supplier, de ma voix rauque et malhabile d’ivrogne.
- Non.
Je pense sincèrement que si un mot pouvait tuer, ce serait celui là.
J’essaie de me redresser, de dire quelque chose, je dois le convaincre de ne pas me quitter.
Je dois….
Il me rallonge d’un geste et s’assoit à califourchon sur mon torse.
Il attrape mes cheveux par poigné et sert très fort, trop fort...
Il est en colère.
Il a plus d’une raison de l’être, mais c’est si rare de le voir dans cet état.
Si rare…
Et c’est pour moi qu’il s’énerve, à cause de moi…
Il n’y a que moi qui….
Non…
Je ne pense pas ça…
Ne me quitte pas, j’en mourrais si tu me quittes……
- Ouais, franchement je devrais te plaquer, là maintenant, quand j’ai bien à l’esprit la loque que tu peux devenir. Je devrais te quitter tout pendant que je peux voir l’ombre de mon père dans tes yeux !
- Tu vas partir, je murmure doucement, avec Vivian….
Tu vas me quitter et emmener avec toi les seules choses qui ont jamais compté pour moi.
Oh Siao, sais tu le pire dans tout cela ?
Le pire c’est qu’il n’y a absolument rien que je puisse dire ou faire pour te convaincre de rester. Tu as toutes les raisons de t’en aller. Et moi je n’en ai aucune pour te persuader de continuer.
- Avec Vian ? Nan. Si je devais bien faire les choses, je me débarrasserais de vous deux. J’ai vraiment été trompé sur la marchandise quand j’ai mis la main sur vous. Vous aviez tout les deux l’air plutôt sain d’esprit, et plus j’en apprend et plus je me rend compte que la seule personne équilibré de nous trois c’est moi.
Sa prise se ressert sur mes cheveux et il se penche sur moi, si près que je peux sentir…
Des réminiscences de mon rêve.
Des images déformées que mon subconscient m’envoie pour gérer mes problèmes du quotidien, voila ce que sont les rêves.
Pourtant celui-ci est étrange, il a un goût de malaise, et trop réel et trop irréel à la fois.
Et le souffle chaud de Siao sur ma joue, ses mains dans mes cheveux, ses cils qui caressent les miens et la profondeur de ses yeux qui m’aspirent ne font que me rendre plus confus encore.
Ca et le fait que j’ai probablement au moins trois grammes d’alcool dans le sang…
Je dois faire des efforts prodigieux pour ne pas refermer mes bras autour du corps brûlant de Siao, des efforts inimaginables pour ne pas enfouir son visage dans mon cou et juste m’endormir.
- Lawrence…
- Ne me quitte pas…..
- J’ai dit que je devrais le faire. Mais je vais pas le faire. Pas seulement parce que je suis amoureux du pauvre con que tu es, mais parce que te quitter après tout ce qu’on s’est fait chier pour se mettre ensemble, ça me foutrait des boules pas possible.
- Tu…
- Je vais pas te quitter. Mais l’alcool, c’est terminé pour toi. Eva est à l’appartement en train de vider dans l’évier tout ce qui peux contenir de près ou de loin une goutte d’alcool. Et elle va te surveiller, toi et ton compte en banque. Tu comprends ce que je te dis !?
- Ne…
- Ouais normalement, on est sensé s’en sortir seul. On est sensé en avoir la volonté avant d’arrêter, mais tout ça pour moi, c’est de la connerie ! Ouais il faut le vouloir pour arrêter, mais on ne se sort pas de truc aussi dur que l’alcool ou la drogue tout seul. C’est impossible. Soyons clair en ce moment, tu vas droit vers le fond, et perso, j’ai pas envie de couler, même avec toi, pas alors que j’entrevois enfin un peu de lumière dans ma vie.
Mais je suis prêt à le faire quand même.
Parce que je n’oublie pas que cette lumière, c’est en grande partie grâce à toi qu’elle existe.
Je ne te laisserai pas tomber. Pas maintenant.
Mais va falloir y mettre du tien.
Tu as de gros problèmes Lawrence, que tu veuilles ou puisses l’admettre ou non.
Si je pensais que ça pourrait t’aider je t’enverrais chez un psy sans plus réfléchir mais je ne pense pas que ça t’aidera.
Pourtant, il faut que tu parles.
Et il faut que tu me parles. A moi.
- Je ne peux pas Siao…
- Pourquoi ?
- Je…
- Tu crois quoi ? Que moi aussi je n’ai pas des tas de choses dans ma vie dont j’ai tellement honte que je ne voudrais pas t’en parler ?! Tu crois que tu es le seul ?
- Siao… Ce n’est pas le bon moment pour parler de tout ça, je soupire en tentant de le repousser. Il vaut mieux attendre que…
Un coup de poing me fait taire.
Heureusement que l’alcool annihile partiellement la douleur car sinon, je l’aurais senti passer.
Je songe vaguement qu’il est difficile de croire que de si petites mains peuvent être détentrices d’une telle force.
- Attendre quoi ?! Que tu sois sobre ?! Que tu puisses réfléchir à ce que tu as envie de me dire et à la façon dont tu pourras me cacher le reste ?! Oh non, je te laisserai pas fuir. Pas maintenant. Tu peux toujours rêver !
J’emprisonne ses deux poignets dans mes mains et l’attire plus prêt de moi.
Je ne sais pas quoi faire, ni quoi dire.
Un million de cloche carillonne dans ma tête et je ne suis pas sûr d’être capable de tenir une conversation sensée encore longtemps, mais je n’ai pas la force de lui résister.
J’ai juste envie de me laisser aller.
Juste une seule fois.
- Alors… que veux tu faire ?
- On va faire un deal. Toi, moi, le vendredi, une demi heure. Un secret chacun, une question chacun. C’est tout. En dehors de ce temps, on n’en parle pas. Sauf si on le veut évidemment.
- Un secret ?
- Ouais, quelque chose qu’on ne veut pas dire.
- Juste le vendredi….
- -Oui, juste une demi heure le vendredi.
On est vendredi…..
- Ouais.
- Qu’est ce que je dois dire ?
Il dégage doucement ses poignets, appuie ses coudes sur mon torse et pose sa tête sur ses mains en ricanant légèrement.
- C’est toi qui vois. Laisses toi juste aller. T’es bourré, ça devrait être plus facile pour toi que pour moi.
Law… si on se parle pas… ça marchera jamais entre nous, tu dois t’en rendre compte non ?
- Je ne suis… pas un enfant, je gronde, outré malgré mon état du ton qu’il emploie.
- Ah oui ?
- Toi…
- Alors ? Parles ou je te laisse ici, tout seul, pour cuver ton vin…
- Des menaces hein ?
Pfff… Il sait très bien que je ne pourrais pas supporter qu’il parte, ni maintenant…. Ni jamais peut-être…
Je passe tant bien que mal mes bras autour de sa taille et entrelace mes doigts ensemble pour une meilleure tenue.
Je suis vraiment trop fatigué et usé pour combattre.
C’est vraiment la première fois de ma vie que je me sens si fatigué…
Si faible.
Si… imparfait…
…..
Je n’ai qu’à lui dire ce qu’il veut entendre, et qui vivra verra, en espérant juste qu’en cas de réaction défavorable, je finisse ma cuite dans un coma éthylique.
- Je… j’ai… J’ai poussé tous les petits amis de Vivian à… le quitter.
Voilà qui est dit.
Je tente, malgré ma vision gravement altérée par l’alcool, de sonder son regard, à la recherche de ce qui pourrait être la pire chose qui me serait jamais arrivée.
Evidemment je ne distingue strictement rien.
C’est déjà un miracle que j’arrive à construire des pensées sensées de toute façon.
- Pourquoi ? Finit-il par dire lentement, d’une voix si neutre que je ne peux rien en tirer de plus.
- Parce que… Parce que…
C’est vrai… Pourquoi ?
Etrangement, cette raison que j’ai toujours cherchée semble avoir décidé de profiter de mon ivresse pour enfin m’apparaître clairement.
Peut-être trop clairement, mes yeux en sont brûlés… Où peut-être est ce la lumière de la chambre que je fixe au dessus de l’épaule de Siao.
- Je… ne voulais pas qu’il parte.
Il me fixe un long moment, en silence, et j’essaie, j’essaie vraiment de lire dans ses yeux, le rejet ou le dégoût.
Mais rien ne vient.
Il se contente juste de me regarder.
Me regarder vraiment, et non pas le masque que j’aime tant porter.
Je me sens nu et dépouiller de tout.
Le sentiment est pareil à la honte.
Je veux juste qu’il arrête.
Ou qu’il parle.
L’attente est presque insupportable et ma tête est si lourde et douloureuse que je ne demanderais rien de plus que de dormir à cet instant.
Mais pas seul.
Finalement, il daigne me parler, faire tomber quelques mots sur mon cœur, comme une pluie d’or, apaisante et magnifique aux yeux du pêcheur que je suis.
Il ne fait que parler, et pourtant, c’est déjà le bout du monde.
Il me parle. A moi.
- J’ai essayé de tuer ma professeur de Français. Mon père a réussi à faire pression sur l’école pour que ça ne figure pas vraiment dans mon dossier scolaire. Genre coups et blessures au lieu de tentative de meurtre…
Je reste un instant muet, et incapable de penser sous cette déclaration.
Je ne suis même pas sûr de ce que je viens d’entendre.
Je cherche son regard, qu’il n’a pas détourné contrairement à moi.
Il n’y a aucune trace de quoi que se soit dans ses yeux ou sur son visage.
Où a disparu mon Siao, si expressif et emporté.
Où ?
Il a sans doute été dévoré.
Dévoré par cette magnifique créature qui est allongée sur mon corps. Cette créature calme, sérieuse et parfaitement inexpressive.
Je me rendais bien compte que je ne connaissais pas entièrement Siao, mais pas à ce point.
Mes lèvres et ma langue pâteuse s’activent soudain.
Elles bougent, sans mon consentement, et forment une seule question. La seule qui soit autorisée durant notre deal, et la seule qui de toute façon mérite une réponse.
- Pourquoi ?
- Parce que… je l’aimais.
Je secoue la tête pour me réveiller un peu plus. Je tente de me relever, mais il fait peser tout son poids sur mon torse pour me forcer à rester allongé.
- Siao, je …
- Chuut… Ce que cette femme m’a fait, tu ne pourras jamais le comprendre, même pas dans un million d’années, alors n’essaies même pas. Seul Vivian pourrait comprendre.
- Tu…
- Mais je n’ai pas besoin de me comprendre moi-même. J’ai besoin de la comprendre elle… et c’est aussi pour ça que je veux, te comprendre toi. Parce que tu as pris une place plus importante dans ma vie qu’elle et que tu lui ressembles. Tu lui ressembles tellement que ça me fait peur parfois…
Je ne suis même pas capable de le laisser finir sa phrase.
Je l’attrape et le serre brusquement contre mon torse.
J’enfouis mon visage dans ses cheveux soyeux pour ne plus avoir à penser à rien d’autre qu’à lui.
Je n’ai plus la force de penser et lui non plus, visiblement.
Je le sens se détendre contre moi et doucement glisser ses bras autour de mon cou avant de sombrer dans l’inconscience.
Je sens qu’il n’y aura pas d’autre rêve aujourd’hui.
A suivre…
Réponse review:
Hyrimoku : contente que ça t'es plu et que le passage de la salle de bain t'es autant marqué, c'était vraiment ce que ej voulais merchi pour la review !
wilam : lol, non Siao ne veut pas dire heureux, c'est un bug de mon correcteur orthographique qui a remplacer brusquement tout les Siao par heureux j'espère que la suite t'a plus. Merci pour la rev
hororen987: Oui c'était le but rechercher et je suis très très heureuse que tu le ressentes aussi fort Lawrence est super compliqué et au final je le comprend pas vraiment moi même merci pour la review! et désolé du retard ç-ç
Psycogirl : Décidement Lawrence surprend tout le monde lol (un psychotique qui cache bien son jeu XD) merchi pour ta review
anouk : Merci pour ta review c'est très encourageant de savoir que ce qu'on ecrit est apprécier! merchi
lovexkamui: 'ci pour ta rev! contente que tu aimes Siao (je l'adore aussi lol )
N'Eddy : Oui Lawrence a choqué tout le monde (même moi lol), le décrire comme ça a été assez difficile mais j'y ai prit un plaisir sadique lol
Je crois que tu dois être la seul à vouloir un Siao x Vivian XD
mon pauvre Viv est d'ailleurs au 3ème rang des perso les plus detester XD
Pour les fautes, après relecture, je me rend compte que tu as raison (honte sur moua çç) alors pour ce chap, j'ai fait particulièrement attention (ou du moins essayer ) et j'ai même demander a une amie de me relire. J'espère que ça ira
Merci encore pour la review et désolé pour l'attente ça se reproduira plus çç
(J'adore les longues review )