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Fiction » Supernatural » La marque des enfers font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Katsumi W
Fiction Rated: T - French - Supernatural/General - Reviews: 5 - Published: 05-26-05 - Updated: 05-26-05 - Complete - id:1922940

Auteur: Katsumi W
Titre: La marque des enfers
Genre: Fantastique
Etat: Terminé
Rating: T (nyo... je pense que ça correspond... ; )
Commentaire: ¤tousse¤ C’est ma première publication sur FictionPress… ¤stresse à mort¤ Qui plus est, ce n’est que la deuxième histoire sur laquelle je travaille… Alors ayez pitié de moi !
Ce texte a été choisi pour être adapté en pièce de théâtre lors d’un petit festival, j’étais très fière ! ¤o¤Je ne pensais pas qu’un de mes écrits pouvait plaire autant… J’espère que ça vous plaira ! bonne lecture !! Et reviewez s’il vous plaît ! ¤¤

La marque des enfers

Belinda s’enfonça dans son fauteuil, ferma les paupières et attendit que la cicatrice fleurisse sur sa joue.

Tout avait commencé la veille, alors qu’elle parcourait les rues de la ville en quête d’un moyen de tromper son ennui. La nuit avait été longue et Belinda ne supportait plus la manière dont ses amants de quelques heures la traitaient constamment. Certes elle était fortunée et avait de quoi assouvir ses besoins, aussi divers soient-ils, mais elle n’était pas le genre de personne à apprécier les flagorneries. La jeune femme n’en pouvait plus de ces hommes prêts à se plier en quatre pour satisfaire le moindre de ses caprices ; elle désirait autre chose, de la nouveauté, du changement dans cette vie désespérément monotone.

Son regard resté dans le vague s’était finalement arrêté sur une vieille boutique à l’aspect délabré. Le mot « Antiquités » était peint en noir sur l’enseigne suspendue au dessus de la vitrine. Belinda n’avait pu détacher son regard du magasin et avait fini par y entrer, la porte s’ouvrant avec le tintement d’une clochette invisible. Un homme voûté, aux cheveux grisonnants, était sorti de l’obscurité et lui avait proposé son aide d’une voix chevrotante. Elle avait cependant décliné l’offre, préférant s’aventurer seule dans les sombres allées du magasin. La jeune femme s’était finalement arrêtée sur une superbe bague montée d’une pierre aux reflets ambrés, arrachant un fin sourire au vieillard.

Belinda était ensuite rapidement rentrée chez elle, surexcitée et débordante d’enthousiasme, le tout sans raison apparente si ce n’était cette maigre acquisition.
Une fois arrivée, elle avait essayé le bijou, et après avoir maintes fois admiré sa main, elle s’était estimée satisfaite de son achat.
En fin de soirée, la jeune femme avait décidé de se démaquiller et s’était installée devant le miroir de sa salle de bain. Un cri déchirant était alors sorti de sa gorge, mourrant rapidement pour rendre sa place au silence. Belinda avait pu voir qu’une tache sombre en forme de crâne était apparue sur sa joue droite, occupant presque l’intégralité de la peau tendre et jusqu’alors à la teinte de pêche. Horrifiée, elle s’était évanouie, le corps inerte tombant avec un bruit sourd sur le dallage.

Quelques temps plus tard, ses paupières s’étaient lentement entrouvertes, offrant ses yeux émeraude à une lumière quasiment inexistante. La jeune femme s’était redressée doucement et avait contemplé le décor qui l’entourait, cherchant à reconnaître sa salle de bain.
Ses yeux s’étaient peu à peu habitués à l’obscurité qui régnait et elle s’était aperçue qu’elle était dans un lieu inconnu. Plus important encore, elle avait remarqué qu’elle n’était pas seule ; elle entendait de basses rumeurs et des bruits de pas qui s’approchaient. Les sons s’étaient amplifiés jusqu’à ce qu’elle distingue des voix, deux voix. Elle avait ensuite aperçu des silhouettes qui avaient continué leur progression et étaient finalement arrivées à sa hauteur. Il s’agissait de deux hommes, de corpulence apparemment normale. Ils lui avaient expliqué qu’elle était en enfer, qu’elle y était pour jouer : pour jouer à un jeu dangereux… Aucune règle ne le régissait, seule la loi du plus fort importait : que le meilleur gagne, que les plus faibles meurent.

Quand Belinda avait demandé, interloquée, qu’on lui répète les quelques phrases prononcées, l’un des démons, car il s’agissait bien de démons, avait éclaté de rire. Son ricanement diabolique s’était répercuté sur les roches environnantes, semblant se répéter à l’infini. Un frisson avait parcouru l’échine de la jeune femme. Le second être avait posé son index gauche sur la joue de l’humaine, laissant quatre simples mots passer ses lèvres : « la marque des enfers ». Elle les avait répétés, sans comprendre. Puis, peu à peu, les lettres s’étaient imprimées dans son esprit. Les deux créatures avaient ensuite obligé Belinda à se lever et à les suivre. Après quelques minutes de marche, ils étaient arrivés dans une arène. La foule présente dans les gradins était déchaînée, acclamant le petit attroupement d’humains au centre de la piste circulaire.
La jeune femme avait rejoint les êtres déjà rassemblés, remarquant au passage le crâne noir imprimé dans leur chair et le jeu avait enfin pu commencer.

L’un des hommes avait rompu la nuque de son voisin dans un claquement sec et le reste du groupe avait compris. C’était effectivement un jeu dangereux, un jeu de massacre. Chacun se démena comme un diable, s’alliant avec son compagnon d’infortune pour ensuite le trahir sans aucune hésitation ou feindre le remord.
Au milieu de ces gladiateurs d’un combat, Belinda s’était surprise, pleine d’ingéniosité, cruelle à loisir et jouissant de la mort de chacun de ses camarades. Le précédant gagnant, propriétaire du titre depuis peu, n’avait pas survécu et la jeune femme acheva son ultime adversaire en brisant la colonne vertébrale de l’homme dont un œil avait déjà été crevé.
Ensuite elle s’était relevée. L’assistance l’applaudissait à tout rompre et elle savourait son succès, une mare de sang s’étalant lentement à ses pieds.

Le réveil… brumeux, un gémissement avait franchi la barrière de ses lèvres entrouvertes, achevant de ramener sa conscience à la surface. Belinda avait ouvert les yeux, passant une main pâle sur son visage encore ensommeillé. De nouveau dans sa salle de bain, elle s’était redressée, cherchant à se souvenir.
Rapidement debout, elle s’était examinée, espérant n’avoir que rêvé et avait poussé un long soupir de soulagement. Habillée, apprêtée, la jeune femme était descendue en ville. Prise d’un besoin aussi impérieux qu’incompréhensible, elle avait cherché le magasin d’antiquités mais n’était jamais parvenue à le retrouver. Elle avait pourtant tenté avec acharnement de faire ressurgir l’emplacement de la boutique de sa mémoire trouble, déambulant plusieurs heures dans les nombreuses rues de l’agglomération.
Résignée, elle avait fini par rentrer chez elle d’un pas indolent. Déposant ses clefs sur une table proche de la porte d’entrée, Belinda s’était aperçue qu’elle ne portait plus la bague achetée la veille. Elle avait machinalement caressé son annulaire et avait décidé de chercher l’anneau. Après avoir fait le tour de la plupart des pièces de l’appartement, elle était entrée dans la salle de bain. Son regard avait immédiatement été capté par une lueur jaunâtre sur le sol d’une blancheur immaculée. Elle s’était approchée de la bague et l’avait passée à son doigt, admirant pendant plusieurs minutes les reflets hypnotiques de la pierre. En se relevant, la jeune femme avait lancé un coup d’œil au miroir et son visage s’était décomposé : la marque était de retour, le crâne noir était revenu couvrir sa joue. Dans un geste d’effroi, elle avait arraché la bague et l’avait projetée contre un mur. La tache s’était alors peu à peu résorbée, disparaissant au profit de la peau claire.

Tout lui était alors revenu en tête, les deux démons, le jeu de massacre, les humains tués sans pitié, la cruauté atteignant son paroxysme sous les acclamations d’une multitude d’êtres infernaux déchaînés. Les images tourbillonnaient dans son esprit, défilant sans lui accorder le moindre répit. Belinda avait fini par s’asseoir sur le sol froid pour tenter de réfléchir à ce qu’elle avait fait… à ce qu’elle devait faire. Elle avait vainement cherché le magasin d’antiquités, c’était pourtant cette bague qui était à l’origine de ses ennuis… De ses ennuis ?
Voyait-elle les choses ainsi ? Elle n’éprouvait aucune culpabilité, aucun remord quant à ses actes de la nuit…
Après tout, s’agissait-il vraiment de la réalité ? Les autres humains mourraient-ils sur Terre comme en enfer ? Existaient-ils seulement?
Son choix était fait.
Belinda avait récupéré la bague jonchant le sol et l’avait de nouveau passée à son doigt, juste pour cette fois…

Fin

Alors, alors, dites-moi tout! Qu'en pensez-vous? ¤pleine d'espoir¤



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