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Fiction » Mystery » A la recherche du passé font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Tinuviel Luthien
Fiction Rated: T - French - General/Mystery - Reviews: 6 - Published: 05-28-05 - Updated: 06-20-05 - id:1924693

A LA RECHERCHE DU PASSE

CHAPITRE I : Des premiers mois bien tranquilles

A 28 ans, Alicia Vime était écrivain, auteur de romans policiers. Elle n’était pas spécialement connue et cette situation n’était absolument pas pour lui déplaire. La jeune femme n’avait jamais recherché une quelconque notoriété ; elle aimait la solitude, la tranquillité. C’est pourquoi elle avait décidé d’acheter une maison où elle serait libre de faire ce qu’elle voudrait : elle avait une horrible expérience des appartements. Elle avait toujours peur de déranger tout le monde, alors elle baissait le son de la télévision extrêmement bas juste assez pour entendre mais c’était tout de même difficile, et elle n’écoutait presque jamais la musique. Sa fenêtre donnait sur une route avec une circulation interminable qui l’empêchait de se concentrer sur son travail ou de dormir !

Elle avait donc cherché après une maison si possible en campagne, c’était ce qu’elle souhaitait depuis toujours. Et son rêve s’était réalisé : elle avait trouvé la maison parfaite, à proximité d’une forêt. Seule ombre au tableau, la réticence de ses amis ! Tout le monde lui avait parlé d’une vieille croyance locale liée à sa « très chère petite bicoque » comme elle l’appelait maintenant. Apparemment, elle était hantée par ses anciens habitants (y ayant résidé au XVIIème siècle) ! Ceux-ci auraient disparu subitement, personne n’avait jamais su ce qui c’était passé.

Seulement tout le monde savait pertinemment qu’il était inutile d’essayer de la convaincre : en effet Alicia était quelqu’un d’extrêmement rationnelle, même dans ses livres. Elle n’avait jamais laissé aucune place pour ces idioties, d’ailleurs nombre de personnes lui en voulaient pour cette fermeture d’esprit ! Ainsi malgré tous ces conseils elle avait acheté cette demeure.

Alicia aimait la solitude certes, mais trop c’était trop ! Ca ne serait pas de refus un peu de compagnie, en dehors de son chien et de son chat bien évidemment ! Elle n’était pas séduisante mais elle n’était pas laide non plus. Ses cheveux bruns retombaient sur ses hanches, elle aimait les garder lâchés et les sentir ainsi caresser son visage au moindre courant d’air. Elle avait des yeux verts en forme d’amande, et elle était assez mince sans toutefois avoir la peau sur les os.

Le matin, elle aimait se réveiller avec le chant des oiseaux, leurs joyeux gazouillements ne pouvaient que la mettre de bonne humeur ! Parfois quand elle écrivait, elle se surprenait à les observer, elle pouvait rester là durant des heures à les épier. Elle avait même cherché à savoir de quels oiseaux il s’agissait, pour ceux qu’elle ne connaissait pas. Alicia adorait assister à ce quotidien si tranquille. Elle partait souvent à travers bois avec son chien : un chien de chasse doux comme un agneau, il n’aurait jamais fait le moindre mal à un simple lapin !

Ses voisins n’étaient pas très communicatifs, on aurait dit qu’ils la fuyaient, allez savoir pourquoi ! Peut-être pensaient-ils qu’elle était maudite depuis qu’elle avait passé le pas de la maison, les imbéciles ! Enfin, ça lui avait au moins permis de déballer tous ses cartons tranquillement sans être dérangée par un coup de sonnette incessant d’un voisin voulant faire sa connaissance. Elle avait tout déballé, les cartons étaient rangés dans un coin du grenier d’où elle avait eu vite fait de sortir tellement il grouillait d’araignées, c’était un véritable cauchemar !

Au bout d’un mois, l’attitude des voisins commença à changer. Ils essayaient d’aborder Alicia, d’abord par un simple bonjour, puis en échangeant quelques phrases sur le temps qu’il faisait. Mais elle ne pouvait s’empêcher de remarquer qu’ils la regardaient étrangement, comme s’ils scrutaient chaque parcelle de son visage pour y déceler le moindre changement ! Au début, elle comprenait leur réaction : ils ne l’avaient jamais vu de près, mais au bout d’un moment elle avait l’étrange sensation qu’ils espéraient…non, plutôt qu’ils s’attendaient à se qu’il se passe des choses irréelles ! Ils lui demandaient si elle se sentait bien, si elle n’était pas trop fatiguée, s’il n’y avait pas trop de bruits suspects dans la maison. Toutes ces allusions, à peine voilées, à cette histoire liée à la maison la rendaient folle ! Comment pouvait-on vivre avec une peur si irrationnelle ? Mais elle essayait de ne pas trop les écouter et d’écarter chacune de leur remarque même les plus acerbes (surtout celles-là).

Bref elle menait une petite vie normale. Le problème c’était qu’elle perdait toujours tout, elle ne comprenait pas pourquoi, ça ne lui arrivait jamais avant ! Une nuit, une porte s’était mise à claquer violemment, du moins c’était ce qu’elle avait cru, elle n’avait retrouvé aucune porte ouverte ! Parfois, le chien regardait droit devant lui, dans le vide et se mettait à aboyer sans raison ; le chat avait des crises de paniques soudaines : il partait en courant tout en soufflant pour montrer son mécontentement, mais par rapport à quoi ça Alicia l’ignorait !

Une nuit, un orage violent gronda, elle avait donc eu du mal à s’endormir. Son sommeil était agité : elle se voyait courir dans la maison, affolée, les portes s’ouvrant sur son passage et les lumières s’éteignant au fur et à mesure qu’elle avançait ! Puis elle se réveilla en sursaut, trempée de sueur, encore toute tremblante. Elle tenta de se raisonner :

-Voyons, tu ne vas pas commencer à tenir compte de ces sornettes, les gens essaient juste de te faire peur !

Elle chassa donc tout cela de ses pensées et cet événement ne fut bientôt plus qu’un mauvais souvenir ! Mais elle comprit que ces histoires l’atteignaient beaucoup plus qu’elle ne voulait bien l’admettre. Elle s’en rendit compte quand son éditeur lui téléphona, en lui faisant part de sa surprise face au nouveau style d’Alicia. En effet, celle-ci avait, sans même s’en rendre compte, introduit des histoires de fantômes dans ses livres, elle avait donc écrit son premier roman policier fantastique ! Mais bon tant pis, qui sait les lecteurs aimeraient peut-être cette nouveauté.

Un samedi soir, alors qu’elle s’ennuyait, il n’y avait rien d’intéressant à la télévision, Alicia décida de faire un peu de ménage dans son grenier en commençant par une bonne dose d ‘insecticide ! Les fenêtres grandes ouvertes et par une chaleur suffocante elle commença à ouvrir des malles couvertes par une épaisse couche de poussière. Elle pourrait bien prendre une douche à la fin. Elle y découvrit des vêtements datant du XVIIème siècle, sans doute des trésors abandonnés par la famille mystérieusement disparue !

Elle fit une autre découverte : un livre avec ce qu’elle supposait être des formules magiques ! Elle fut très étonnée et ce fut à ce moment précis qu’elle commença vraiment à avoir peur de ces lieux. Quand elle écarta la malle du mur pour la déposer sur les autres qu’elle avait déjà entassées dans un coin, elle aperçut une inscription sur le mur : « que ce lieu soit leur tombeau pour l’éternité » ! Cela sonnait comme une malédiction. Là c’était vraiment trop, elle crut qu’elle allait devenir dingue ! Elle prit une bonne douche, alla chercher une glace à la noix de coco ( son goût préféré), et s’installa devant la télévision histoire de se changer les idées. Le chat était allongé sur ses jambes et le chien était couché à terre gardant les yeux ouverts afin de protéger sa maîtresse qui lui semblait vraiment troublée. Les images défilaient devant ses yeux mais son esprit, lui, était encore dans le grenier. Elle s’endormit dans le fauteuil, toutefois rassurée par la présence de ses deux amis à quatre pattes !



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