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Fiction » General » One for the Devil one for the Christ font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: le.temps.des.cerises
Fiction Rated: T - French - General/Romance - Reviews: 96 - Published: 06-13-05 - Updated: 06-05-08 - Complete - id:1938357

Auteur : chiemi
Genre : yaoi, mignon tout plein (avec un soupçon de angst)
Propriété : Cendre, Flo et les autres ne sont que rien qu’à moi ! NOUVELLE VERSION

One for the Devil, one for the Christ

Indifférence n.f. Etat d'une personne indifférente ; neutralité affective ; détachement, froideur.

Préambule

« Cher journal,
c'était mon anniversaire aujourd'hui ! Douze ans tu te rends compte, hein ! J'ai eu plein de cadeaux et la fête avec les copines était vraiment sympa... même si celles du centre me manquent encore beaucoup... En parlant du centre, Madeleine (que c'est difficile d'être la fille de fans de Brel...) m'a téléphoné et m'a dit en riant que les cours sans moi étaient devenus moins animés.
Je lui ai répondu qu'avec une classe de seulement vingt-sept élèves, des enseignants moyens et un programme de troisième des plus classique, je ne m'en sortais pas trop mal. (Je comprend Père quand il dit que y'a quelque chose de pourri dans notre système éducatif. ) On a parlé du dernier Jankelevitch que Maddie a lu ... et on a du se dire au revoir en plein débat sur la Mécanique quantique parce que deux heures au téléphone, ça fait long. Elle me manque plus que n'importe qui... Mais je ne crois pas que j'aurai pu "survivre" à l'internat. Même si je n'aime pas l'avouer, je suis encore qu'une enfant qui a besoin des calins de ses parents...
Enfin cessons de broyer du noir : ce qui m'a vraiment vraiment fait plaisir aujourd'hui, c'est de voir Grand Frère sourire pendant que je déballais son cadeau ("Commencement du temps et fin de la physique ?" de Stephen Hawking ... d'où le débat sur la mécanique quantique dont je t'ai parlé trois lignes plus haut.)
Dix longs mois que je ne le vois plus sourire. Je sais que la mort de Cyril l' a perturbé (doux euphémisme...) et que le psy de l'hôpital où il a été soigné suite à son agression n'a rien pu faire pour lui, car "Il s'est renfermé" (l'art des médecins de nous prendre pour des abrutis... on s'en était pas rendu compte peut-être ?) ... alors, là, forcement, voir Grand Frère enfin sourire, c'est mon plus beau cadeau ! Je te laisse pour l'instant, Mère m'appelle pour le repas. »

Chapitre un

Le directeur du lycée se demandait encore une fois s'il n'avait pas fait une erreur. Mais il était maintenant trop tard : le jeune homme attendait dans le bureau et Florent n'allai pas tarder...

Florent, un jeune professeur fraîchement arrivé mais qui depuis septembre recevait tous les éloges ! Et dire que les vacances de Toussaint s’étaient finies la semaine dernière. C'est vrai qu'il savait s'y prendre avec les adolescents. Et de mémoire de proviseur, c'était bien la première fois que si peu d'élèves séchaient les cours de littérature dans ce lycée. Les siens, du moins.
L'adolescent en façe de lui, c'était autre chose, il avait son dossier sous les yeux. Un élève moyen - il avait doublé sa troisième - mais sans problème particulier, jusqu'à son hospitalisation en février de l'année passée. Alexandre - puisque c'est son prénom - avait perdu presque un an dans une chambre blanche et aseptisée. Et blanc il était devenu, pâleur encore accentué par ses cheveux d'un noir corbeau à peine coiffés qui lui arrivaient aux mâchoires, ses joues creusées et ses yeux gris acier. Mais il n'était certe pas aseptisé ! Ce garçon avait un regard cynique et désabusé. Le fait qu'il s'habille en noir et le piercing à la lèvre n'arrangeaient pas l'affaire... mais le proviseur se savait vieux jeu.

Il prit la parole, sans grande conviction:
- Bien que cet établissement puisse te paraître ridiculement petit par rapport à ton ancien lycée, monsieur de Saint-Amne te le fera visiter puis vous irez en salle de classe pour apprécier le retard que tu as pris. Comme tu as manqué près de deux mois et demi, il va te falloir combler beaucoup de lacunes et Florent est là pour t'aider, entre autre grâce aux cours de rattrapage. Je sais bien que te faire ainsi chaperonner ne te plaît aucunement, mais c'est un des accords que nous avons passé sachant que ce ne sera pas facile. Et je n'accepterai pas que tu reviennes sur tes engagements.
Mais le jeune homme face à monsieur Aymeric resta silencieux. Trois petits coups secs furent frappés et le professeur entra. Le contraste était frappant avec son futur élève. Son costume vert d'eau impeccable était assorti à ses yeux. Blond comme les blés, bouclé comme un ange, le hâle de ses vacances à l'océan pas encore entièrement effacé par les jours gris de l'automne, il aurai pu faire la une des magasines pour jeunes filles en fleurs.
Le directeur fit les présentations:
- Alexandre, je te présente ton nouveau précepteur, monsieur de Saint-Amne. Florent, votre pupille.
L'adolescent se leva. Il remarqua que son professeur faisait une bonne dizaine de centimètres de plus que lui. Il lui serra la main d'un air ostensiblement dédaigneux.
Le directeur soupira...
Il avait sûrement fait une erreur. Mais maintenant les dés étaient jetés.
Et puis, perdus pour perdus, il voulait essayer de les sauver.
Tous les deux.
Même s'il n'y avait qu'une chance sur un million.
Ses petits protégés sortirent de son bureau, mais pas de ses pensées.

Florent, en passant devant différentes salles, indiquait à son élève de quoi il s'agissait.
- Ici, donc, avec le bureau du directeur, tout le secrétariat et la comptabilité...voilà l'infirmerie... le CDI ... au premier étage se trouvent les salles de cours -j'enseigne principalement dans la 111. Au second étage tu trouveras celles de biologie, de physique et de chimie. Le bâtiment que tu vois sur le côté, c'est la cantine. En face, c'est le gymnase... enfin, tu es dispensé de sport...Et ce dernier bâtiment, c'est celui des BTS. As-tu des questions ?
- Non.
La voix était sèche, presque désagréable.
- Bon, il est presque 15 heures, j'ai fini ma journée et tu ne commences que demain matin, allons dans mon "bureau" pour voir comment s'arranger pour l'emploi du temps.
- Ok.
La salle 111 était d'un joli rose saumon. Le tableau noir qui tapissait tout un mur était couvert d'une écriture fine et énergique récapitulant les grandes dates de la vie de Voltaire.
A peine assis, Alexandre demanda :
- Pourquoi vous faites ça ?
Comme Florent entendait pour la première fois son élève articuler plus d’un mot dans la même phrase, il prit conscience de sa voix. Un voix basse et cassée, comme si son possesseur avait passé des jours à crier.
- Ca quoi ?
- M'aider...
- C'est mon travail.
- Pour l'argent alors...
Un sourire amer parcouru ses lèvres minces. Florent soupira.
- A ce que j'ai compris tu n'as pas pu finir ta terminale l'année dernière. C'est ta seconde chance, et tes parents veulent que tu ai ton baccalauréat - avec mention. Ils te cherchaient un répétiteur et monsieur Aymery nous a mis en contact. J'ai pas mal de temps libre et mon cursus leur… Enfin, je ne vois pas pourquoi je me justifie. Nous avons donc convenu que tu travaillerais avec moi le soir, trois fois par semaine à raison de deux heures par soir. Quelles soirées veux-tu sacrifier ?
- N'importe.
Florent sorti un papier de son attaché-case.
- Je propose : le mardi soir, le mercredi soir ou dans l'après-midi et le vendredi soir puisque ce sont les jours ou tu finis le plus tôt. Le temps de rentrer chez toi et de te poser cela nous laisserai de ... disons 17 heures à 19 heures ... Bien que tu désireras sûrement avoir ton vendredi soir de libre pour sortir avec tes amis...
- Je n'ai pas d'amis.
Le brun avait dit cela sans aucune émotion. Il enchaîna :
- Mardi soir, mercredi soir et vendredi soir... et votre vie à vous ?
- Je te l'ai dis, j'ai beaucoup de temps libre.
- Si cela vous amuse...
- Marché conclu, je tiendrais tes parents informés de nos arrangements. Nous nous verrons demain en cours.
Alexandre se leva et quitta la salle sans mot dire.
Florent leva les yeux au ciel puis regarda sa montre...il allait être en retard et Coralie serai de très méchante humeur. Mais pourquoi avait-il accepté de la voir ? Elle allait encore lui rabâcher la même histoire. C’était régulièrement qu’elle revenait à la charge avec son discours sur les valeurs de la famille. Apparemment elle refusait d’écouter son avis. C’était le genre de femme qui ne supporte pas qu’on leur dise non.

A suivre...



© Copyright 2005 le.temps.des.cerises (FictionPress ID:480289).


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