|
|
| Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search | Login Register Extras |
Auteur
: chiemi
Genre
: yaoi, mignon tout plein (avec un soupçon de angst)
Propriété
: Cendre, Flo et les autres ne sont que rien qu’à moi !
One for the Devil, one for the Christ
Phénix n.m. (mot gr., pourpre) 1. Le Phénix : oiseau fabuleux de la mythologie égyptienne. Comme la légende lui attribuait le pouvoir de rennaitre de ses propres cendres, il devint le symbole de l'immortalité. 2. Litt. Personne exeptionelle, unique en son genre. 3. Bot. Phoenix : palmier d'un genre representé par dix-sept éspèces dont le dattier.
Intermède numéro dix
Le
train ne devrait plus tarder… Les barrières se ferment déjà. Je
démarre la moto…
Tu me demandais tout le temps à quoi
servaient les mathématiques : à calculer entre autre l’angle que
je dois imposer à mon véhicule pour me retrouver au milieu de la
voie.
Je ne veux pas mourir…
Mais je ne veux plus vivre comme
ça. Mes périodes de lucidité sont de moins en moins longues…
Je
me suis réveillé tout à l’heure, ton corps ensanglanté devant
moi. J’ai fui en entendant des hommes parler. Je ne sais même pas
si tu es vivant…
Je ne veux pas te faire de mal, je t’aime
trop pour ça…
Je vois les lumières du train.
A l’heure,
comme d’habitude.
Je ne veux pas mourir mais je reste allongé
là.
Parce que c’est ça ou l’asile.
Le conducteur m’a
vu, il fait fonctionner le sifflet et j'entends les freins. Mais
c’est trop tard.
Bonne Saint-Valentin mon Am…
Chapitre onze
Florent se réveilla, le
soleil illuminant sa chambre. Il s’étira et se massa les reins. La
nuit avait été longue. Agréablement longue. Lorsqu’il se rendit
compte qu’il était seul dans le lit, le professeur jeta un coup
d’œil au réveil. 10h15.
Il n’eut pas besoin d’aller plus
loin que le couloir pour comprendre qu’Alexandre était parti. Il
n’y avait plus ni son manteau ni ses chaussures.
Le jeune homme
s’adossa contre un mur en se passant la main devant les
yeux.
Quelques heures par semaine…
rien d’autre…
Il détestait ce
marché stupide. Il se détestait de l’avoir accepté.
Il
regarda quelques secondes l’armoire où il rangeait ses bouteilles
d’alcool, mais se dit que le scotch au réveil, alors qu’ils
avaient sauté le repas d’hier soir, ce n’était pas la meilleure
idée qu’il puisse avoir.
Une douche : voilà plutôt ce dont il
avait besoin.
Il fouilla dans son armoire pour prendre un pantalon
en toile beige et un pull à col V vert d’eau.
En se lavant, il
remarqua plusieurs traces de morsure sur les épaules, les hanches et
le cou… il espéra être plus présentable pour ses cours le
lendemain.
Il s’habilla et finit de s’essuyer les cheveux en
allant dans la cuisine.
Une odeur de café frais lui fit lever la
tête. Plusieurs croissants, brioches et pains au chocolat avaient
envahi la table et Alexandre finissait de servir le liquide chaud
dans les tasses.
- Bonjour ! Deux sucres, c’est ça ?
Le
professeur hébété, ne put que demander :
- Qu’est-ce que tu
fais là ?
Alexandre plus pâle que jamais, posa un peu trop
brusquement la tasse qu’il tenait.
- Je vais m’en aller, vous
aviez dit une nuit entière et c’est déjà le milieu de matinée…
je suis désolé de m’être attardé.
Florent parcourut les
quatre pas qui les séparaient et serra son élève contre lui.
-
Je te séquestre… Tu sais que tu es vraiment mignon quand tu es
maquillé…
- M’en parlez pas d’accord ? C’est Marie qui
m’a fait un hideux chantage auquel j’ai du céder…
Florent
se mit à rire. Puis en montrant le petit déjeuner du doigt, il
demanda :
- Pourquoi tu as fait ça ?
Alexandre fixa sa tasse
et grommela :
- Je voulais vous apporter le petit déjeuner au lit
mais j’ai tourné dans le quartier avant de trouver une boulangerie
ouverte… alors je suis arrivé trop tard…
- Mais pourquoi ? Je
veux dire… « Juste quelques heures »… c’est bien ça le
contrat ?
Alexandre ne leva pas les yeux.
Il se mentait à
lui-même et il le savait très bien.
Plus
jamais il ne donnerait son cœur.
C’était un mensonge, rien qu’un mensonge.
Et ça faisait
plus mal que la vérité.
Il s’était obstiné à considérer
son attirance pour le professeur comme une envie purement
physique.
Mais qui croyait-il donc berner ?
Le jeune homme
voulait faire taire la petite voix dans sa tête qui lui disait qu’il
ne fallait plus se voiler la face… il voulait l’étouffer sous sa
douleur.
Mais il était trop tard. La base de la tour d’airin
qu’il avait érigé commençait déjà à s’effriter.
Il
croisa les bras sur la table et y enfouit son visage. Florent voyait
les épaules de son amant secoué de spasmes irréguliers. Il
s’approcha doucement et l’appela par son prénom.
Alexandre
releva son visage mouillé par les pleurs et passa ses bras autour de
la taille de son professeur, posant son visage contre le ventre de ce
dernier.
Le brun hoqueta plusieurs fois avant de pouvoir parler.
-
Tout. Je lui ai toujours tout pardonné. Sauf qu’il se soit jeté
sous un train. Parce qu’il m’a laissé seul. Je ne veux plus
jamais être seul. Jamais. Jamais. JAMAIS.
Florent le berça
doucement jusqu’à ce que les larmes se tarissent.
Ils
restèrent longtemps l’un contre l’autre… jusqu'à ce que le
ventre du blond se manifeste. Ils éclatèrent de rire tous les deux.
Le reste de la matinée passa ensuite trop vite et Florent ramena son
amant devant chez lui.
Les « au revoir » furent hésitants. Le
lycéen s’approcha finalement de son professeur et posa ses lèvres
sur les siennes. Flo, surpris, mit plusieurs secondes avant de
répondre au baiser et d’enlacer Alexandre.
Quand ils se
séparèrent enfin, le brun s’enfuit dans le parc, laissant Florent
médusé mais heureux.
Lundi soir, en rentrant du lycée,
Alexandre trouva la maison vide. Ses parents avaient quitté le
travail plus tôt pour une réunion avec monsieur Aymeric au sujet de
l’entrée de Marie en seconde à la rentrée de septembre.
Sur
la table de la cuisine, un mot et un colis.
Un
livreur a porté cela pour toi. Je t’embrasse. Maman
Alexandre
examina le paquet : très plat, presque aussi haut que lui et bien
plus large…Il le déballa pour découvrir une reproduction encadrée
d’un tableau de Mark Rothko (1). Sur un fond d’un orange pâle,
deux carrés de couleurs chaudes, celui du haut d’un jaune très
lumineux et celui du bas d’un orange plus soutenu.
Une carte
était coincée dans le cadre : Je serai
toujours là. F.
Le lycéen déposa
le tableau contre un mur de sa chambre, laissa un mot à ses parents
comme quoi il était sorti mais qu’il avait bien son portable et
enfourcha la 125.
Un quart d’heure après il montait quatre à
quatre les escaliers qui menaient chez Florent. Il ouvrit la porte et
entra… il n’alla pas plus loin que le pas de la porte en
entendant des éclats de voix dans le salon.
- Papa aurait mieux
fait d’appuyer sur la gâchette le jour où Thomas nous a appris
que tu avais embrassé un garçon derrière le collège ! - Ah oui ?
Et c’est maman qui aurai pris la balle !
- Je t’interdis de
parler d’elle !
- C’est son cancer qui l’a tuée ! Arrêtez
de me rejeter la faute !
- Elle a toujours était trop gentille
avec toi… Quand Papa t’as foutu dehors, elle n’aurait pas du
demander à Grand-Mère de te recueillir !
- J’avais 13 ans !
Merde, tu voulais vraiment que je crève ?
- Oui !
Florent et
son frère se turent en entendant un cri étouffé dans le couloir.
Le professeur fut étonné de voir son élève les mains devant la
bouche, les yeux trop brillants.
- Alexandre ? Qu’est-ce qui ne
va pas ?
- Je ne veux pas que tu meures…
Flo le prit dans ses
bras, ému par sa réaction si peu mature.
Un homme en tenue
militaire sorti du salon.
- Je vais partir d’ici avant de vomir,
mais je te rappelle que tes 500 000 euros seront bloqués tant que tu
ne serras pas marié… Réfléchis bien.
Il passa devant eux
sans un regard et claqua la porte.
Le blond guida Alexandre jusque
sur le canapé.
- J’aurai aimé t’épargner la rencontre avec
Pierre… De tous mes frères, je crois que c’est le plus mauvais,
celui qui ressemble le plus à mon père. Mêmes traits de visage,
mêmes carrières, mêmes œillères… mais assez parler de lui. Que
me vaut le plaisir de ta visite ?
Alexandre s’essuya les yeux,
conscient d’avoir agit comme un enfant.
- Je voulais vous
remercier, pour le cadeau…
Florent lui sourit en se passant une
main dans les cheveux.
- J’avais remarqué que tu possèdes
énormément d’ouvrages sur ce peintre. Tu aimes vraiment la
reproduction?
- Oui… mais moins que le mot qui allait avec.
-
Ca veut dire que je n’aurai plus à me contenter de quelques heures
par semaines ?
Marie regardait sa dernière toile, perplexe
quant au résultat.
- Non, non et non ! Ca ne va pas !
De rage,
elle trempa son pinceau dans le premier pot venu et le jeta sur la
toile. Elle s’assit par terre, la tête entre les mains.
L’entrevue
avec le directeur c’était bien passé. Mais elle était inquiète
de l’absence de son frère… et elle ne pouvait rien créer de
correct quand elle était inquiète. Ils allaient passer à table
lorsqu’on toqua à la porte de sa chambre.
- Entrez ! » Dit
l’enfant sans lever la tête.
Elle sentit quelqu’un s’asseoir
à côté d’elle.
- Hum… tu m’apprendras pour le maquillage
?
Marie faillit s’étouffer quand elle vit son frère qui
arborait un grand sourire.
- Allez ! A table, Einstein !
Le
jeune homme quitta la pièce en courant et Marie essaya de le
rattraper, ce qui valut un « Les enfants, on ne court pas dans
l’escalier ! » récité d’un ton amusé par monsieur Marcos, qui
finissait de lire le journal dans le salon.
Trois semaines
plus tard, Alexandre prit son courage à deux mains pour annoncer à
ses parents qu’il fréquentait quelqu’un. Ces derniers
accueillirent la nouvelle avec beaucoup d’enthousiasme.
Enthousiasme qui ne se refroidit pas quand le lycéen avoua que
c’était avec son professeur qu’il sortait.
- Et moi qui
disais justement à ton père que c’était d’un gendre comme lui
dont je rêvais pour Marie… Il faudra qu’il vienne dîner à la
maison.
Par un froid samedi matin de la mi-février, dans un
cimetière de la capitale, un jeune homme, habillé en noir,
s’agenouilla devant une tombe en y déposant un bouquet de roses
blanches.
- Je ne suis pas venu plus tôt… tu m’excuses, dis ?
Tu avais raison, tu sais, pour le phénix. Et hum…
Il se gratta
la tête.
- Tu me manques terriblement. Mais j’espère que tu ne
m’en veux pas si j’aime une autre personne maintenant.
Il se
releva en souriant.
- Je ne vais pas t’embêter plus longtemps.
Au revoir, Cyril.
Alexandre remonta l’allée et sourit à
son professeur qui l’attendait, adossé à un arbre. Florent noua
l’écharpe de son amant et lui parla d’un restaurant qu’il
aimerait essayer.
Alors que le lycéen refermait les grilles en
fer forgé, les premiers flocons de neige se mirent à tomber.
FIN
(1) Mark Rothko est un peintre russe nationalisé américain. Il est surtout connu pour ses tableaux abstraits, conservé pour la plus part au MOMA de New York ou à la Tate Gallery à Londres. Atteint d’un cancer, il mettra fin à ses jours dans son atelier en 1970.
Note
: Alors cette fin peut vous sembler abrupte, mais je l’ai toujours
dis : OFTDOFTC est l’histoire d’une rencontre, pas celle d’un
couple.
J’espère néanmoins que vous avez pris autant de
plaisir à lire cette histoire que j’en ai pris à l’écrire.
Deux
séquelles sont écrite : une sur Cédric, une sur Stéphane. Une
–très longue- séquelle sur Marie est prévue... mais hum... pas
pour tout de suite.