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Fiction » General » One for the Devil one for the Christ font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: le.temps.des.cerises
Fiction Rated: T - French - General/Romance - Reviews: 96 - Published: 06-13-05 - Updated: 06-05-08 - Complete - id:1938357

Auteur : chiemi
Genre : yaoi, mignon tout plein (avec un soupçon de angst)
Propriété : Cendre, Flo et les autres ne sont que rien qu’à moi !

One for the Devil, one for the Christ

Phénix n.m. (mot gr., pourpre) 1. Le Phénix : oiseau fabuleux de la mythologie égyptienne. Comme la légende lui attribuait le pouvoir de rennaitre de ses propres cendres, il devint le symbole de l'immortalité. 2. Litt. Personne exeptionelle, unique en son genre. 3. Bot. Phoenix : palmier d'un genre representé par dix-sept éspèces dont le dattier.

Intermède numéro dix

Le train ne devrait plus tarder… Les barrières se ferment déjà. Je démarre la moto…
Tu me demandais tout le temps à quoi servaient les mathématiques : à calculer entre autre l’angle que je dois imposer à mon véhicule pour me retrouver au milieu de la voie.
Je ne veux pas mourir…
Mais je ne veux plus vivre comme ça. Mes périodes de lucidité sont de moins en moins longues…
Je me suis réveillé tout à l’heure, ton corps ensanglanté devant moi. J’ai fui en entendant des hommes parler. Je ne sais même pas si tu es vivant…
Je ne veux pas te faire de mal, je t’aime trop pour ça…
Je vois les lumières du train.
A l’heure, comme d’habitude.
Je ne veux pas mourir mais je reste allongé là.
Parce que c’est ça ou l’asile.
Le conducteur m’a vu, il fait fonctionner le sifflet et j'entends les freins. Mais c’est trop tard.
Bonne Saint-Valentin mon Am…

Chapitre onze

Florent se réveilla, le soleil illuminant sa chambre. Il s’étira et se massa les reins. La nuit avait été longue. Agréablement longue. Lorsqu’il se rendit compte qu’il était seul dans le lit, le professeur jeta un coup d’œil au réveil. 10h15.
Il n’eut pas besoin d’aller plus loin que le couloir pour comprendre qu’Alexandre était parti. Il n’y avait plus ni son manteau ni ses chaussures.
Le jeune homme s’adossa contre un mur en se passant la main devant les yeux.
Quelques heures par semaine… rien d’autre…
Il détestait ce marché stupide. Il se détestait de l’avoir accepté.
Il regarda quelques secondes l’armoire où il rangeait ses bouteilles d’alcool, mais se dit que le scotch au réveil, alors qu’ils avaient sauté le repas d’hier soir, ce n’était pas la meilleure idée qu’il puisse avoir.
Une douche : voilà plutôt ce dont il avait besoin.
Il fouilla dans son armoire pour prendre un pantalon en toile beige et un pull à col V vert d’eau.
En se lavant, il remarqua plusieurs traces de morsure sur les épaules, les hanches et le cou… il espéra être plus présentable pour ses cours le lendemain.
Il s’habilla et finit de s’essuyer les cheveux en allant dans la cuisine.
Une odeur de café frais lui fit lever la tête. Plusieurs croissants, brioches et pains au chocolat avaient envahi la table et Alexandre finissait de servir le liquide chaud dans les tasses.
- Bonjour ! Deux sucres, c’est ça ?
Le professeur hébété, ne put que demander :
- Qu’est-ce que tu fais là ?
Alexandre plus pâle que jamais, posa un peu trop brusquement la tasse qu’il tenait.
- Je vais m’en aller, vous aviez dit une nuit entière et c’est déjà le milieu de matinée… je suis désolé de m’être attardé.

Florent parcourut les quatre pas qui les séparaient et serra son élève contre lui.
- Je te séquestre… Tu sais que tu es vraiment mignon quand tu es maquillé…
- M’en parlez pas d’accord ? C’est Marie qui m’a fait un hideux chantage auquel j’ai du céder…
Florent se mit à rire. Puis en montrant le petit déjeuner du doigt, il demanda :
- Pourquoi tu as fait ça ?
Alexandre fixa sa tasse et grommela :
- Je voulais vous apporter le petit déjeuner au lit mais j’ai tourné dans le quartier avant de trouver une boulangerie ouverte… alors je suis arrivé trop tard…
- Mais pourquoi ? Je veux dire… « Juste quelques heures »… c’est bien ça le contrat ?

Alexandre ne leva pas les yeux.
Il se mentait à lui-même et il le savait très bien.
Plus jamais il ne donnerait son cœur.
C’était un mensonge, rien qu’un mensonge.
Et ça faisait plus mal que la vérité.
Il s’était obstiné à considérer son attirance pour le professeur comme une envie purement physique.
Mais qui croyait-il donc berner ?
Le jeune homme voulait faire taire la petite voix dans sa tête qui lui disait qu’il ne fallait plus se voiler la face… il voulait l’étouffer sous sa douleur.
Mais il était trop tard. La base de la tour d’airin qu’il avait érigé commençait déjà à s’effriter.
Il croisa les bras sur la table et y enfouit son visage. Florent voyait les épaules de son amant secoué de spasmes irréguliers. Il s’approcha doucement et l’appela par son prénom.
Alexandre releva son visage mouillé par les pleurs et passa ses bras autour de la taille de son professeur, posant son visage contre le ventre de ce dernier.
Le brun hoqueta plusieurs fois avant de pouvoir parler.
- Tout. Je lui ai toujours tout pardonné. Sauf qu’il se soit jeté sous un train. Parce qu’il m’a laissé seul. Je ne veux plus jamais être seul. Jamais. Jamais. JAMAIS.
Florent le berça doucement jusqu’à ce que les larmes se tarissent.

Ils restèrent longtemps l’un contre l’autre… jusqu'à ce que le ventre du blond se manifeste. Ils éclatèrent de rire tous les deux. Le reste de la matinée passa ensuite trop vite et Florent ramena son amant devant chez lui.
Les « au revoir » furent hésitants. Le lycéen s’approcha finalement de son professeur et posa ses lèvres sur les siennes. Flo, surpris, mit plusieurs secondes avant de répondre au baiser et d’enlacer Alexandre.
Quand ils se séparèrent enfin, le brun s’enfuit dans le parc, laissant Florent médusé mais heureux.

Lundi soir, en rentrant du lycée, Alexandre trouva la maison vide. Ses parents avaient quitté le travail plus tôt pour une réunion avec monsieur Aymeric au sujet de l’entrée de Marie en seconde à la rentrée de septembre.
Sur la table de la cuisine, un mot et un colis.
Un livreur a porté cela pour toi. Je t’embrasse. Maman
Alexandre examina le paquet : très plat, presque aussi haut que lui et bien plus large…Il le déballa pour découvrir une reproduction encadrée d’un tableau de Mark Rothko (1). Sur un fond d’un orange pâle, deux carrés de couleurs chaudes, celui du haut d’un jaune très lumineux et celui du bas d’un orange plus soutenu.
Une carte était coincée dans le cadre : Je serai toujours là. F.
Le lycéen déposa le tableau contre un mur de sa chambre, laissa un mot à ses parents comme quoi il était sorti mais qu’il avait bien son portable et enfourcha la 125.
Un quart d’heure après il montait quatre à quatre les escaliers qui menaient chez Florent. Il ouvrit la porte et entra… il n’alla pas plus loin que le pas de la porte en entendant des éclats de voix dans le salon.
- Papa aurait mieux fait d’appuyer sur la gâchette le jour où Thomas nous a appris que tu avais embrassé un garçon derrière le collège ! - Ah oui ? Et c’est maman qui aurai pris la balle !
- Je t’interdis de parler d’elle !
- C’est son cancer qui l’a tuée ! Arrêtez de me rejeter la faute !
- Elle a toujours était trop gentille avec toi… Quand Papa t’as foutu dehors, elle n’aurait pas du demander à Grand-Mère de te recueillir !
- J’avais 13 ans ! Merde, tu voulais vraiment que je crève ?
- Oui !
Florent et son frère se turent en entendant un cri étouffé dans le couloir. Le professeur fut étonné de voir son élève les mains devant la bouche, les yeux trop brillants.
- Alexandre ? Qu’est-ce qui ne va pas ?
- Je ne veux pas que tu meures…
Flo le prit dans ses bras, ému par sa réaction si peu mature.
Un homme en tenue militaire sorti du salon.
- Je vais partir d’ici avant de vomir, mais je te rappelle que tes 500 000 euros seront bloqués tant que tu ne serras pas marié… Réfléchis bien.
Il passa devant eux sans un regard et claqua la porte.
Le blond guida Alexandre jusque sur le canapé.
- J’aurai aimé t’épargner la rencontre avec Pierre… De tous mes frères, je crois que c’est le plus mauvais, celui qui ressemble le plus à mon père. Mêmes traits de visage, mêmes carrières, mêmes œillères… mais assez parler de lui. Que me vaut le plaisir de ta visite ?
Alexandre s’essuya les yeux, conscient d’avoir agit comme un enfant.
- Je voulais vous remercier, pour le cadeau…
Florent lui sourit en se passant une main dans les cheveux.
- J’avais remarqué que tu possèdes énormément d’ouvrages sur ce peintre. Tu aimes vraiment la reproduction?
- Oui… mais moins que le mot qui allait avec.
- Ca veut dire que je n’aurai plus à me contenter de quelques heures par semaines ?

Marie regardait sa dernière toile, perplexe quant au résultat.
- Non, non et non ! Ca ne va pas !
De rage, elle trempa son pinceau dans le premier pot venu et le jeta sur la toile. Elle s’assit par terre, la tête entre les mains.
L’entrevue avec le directeur c’était bien passé. Mais elle était inquiète de l’absence de son frère… et elle ne pouvait rien créer de correct quand elle était inquiète. Ils allaient passer à table lorsqu’on toqua à la porte de sa chambre.
- Entrez ! » Dit l’enfant sans lever la tête.
Elle sentit quelqu’un s’asseoir à côté d’elle.
- Hum… tu m’apprendras pour le maquillage ?
Marie faillit s’étouffer quand elle vit son frère qui arborait un grand sourire.
- Allez ! A table, Einstein !
Le jeune homme quitta la pièce en courant et Marie essaya de le rattraper, ce qui valut un « Les enfants, on ne court pas dans l’escalier ! » récité d’un ton amusé par monsieur Marcos, qui finissait de lire le journal dans le salon.

Trois semaines plus tard, Alexandre prit son courage à deux mains pour annoncer à ses parents qu’il fréquentait quelqu’un. Ces derniers accueillirent la nouvelle avec beaucoup d’enthousiasme. Enthousiasme qui ne se refroidit pas quand le lycéen avoua que c’était avec son professeur qu’il sortait.
- Et moi qui disais justement à ton père que c’était d’un gendre comme lui dont je rêvais pour Marie… Il faudra qu’il vienne dîner à la maison.
Par un froid samedi matin de la mi-février, dans un cimetière de la capitale, un jeune homme, habillé en noir, s’agenouilla devant une tombe en y déposant un bouquet de roses blanches.
- Je ne suis pas venu plus tôt… tu m’excuses, dis ? Tu avais raison, tu sais, pour le phénix. Et hum…
Il se gratta la tête.
- Tu me manques terriblement. Mais j’espère que tu ne m’en veux pas si j’aime une autre personne maintenant.
Il se releva en souriant.
- Je ne vais pas t’embêter plus longtemps. Au revoir, Cyril.

Alexandre remonta l’allée et sourit à son professeur qui l’attendait, adossé à un arbre. Florent noua l’écharpe de son amant et lui parla d’un restaurant qu’il aimerait essayer.
Alors que le lycéen refermait les grilles en fer forgé, les premiers flocons de neige se mirent à tomber.

FIN

(1) Mark Rothko est un peintre russe nationalisé américain. Il est surtout connu pour ses tableaux abstraits, conservé pour la plus part au MOMA de New York ou à la Tate Gallery à Londres. Atteint d’un cancer, il mettra fin à ses jours dans son atelier en 1970.

Note : Alors cette fin peut vous sembler abrupte, mais je l’ai toujours dis : OFTDOFTC est l’histoire d’une rencontre, pas celle d’un couple.
J’espère néanmoins que vous avez pris autant de plaisir à lire cette histoire que j’en ai pris à l’écrire.
Deux séquelles sont écrite : une sur Cédric, une sur Stéphane. Une –très longue- séquelle sur Marie est prévue... mais hum... pas pour tout de suite.



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