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Auteur
: sofi
Genre
: yaoi, bisounours powa!
Propriété
: Cédric, Stéphane et les autres ne sont que rien qu’à moi !
Stéphane essuya la sueur sur son front, réajusta son masque de
protection et alluma la torche de soudage.
A peine trois semaines
qu’il était revenu de la plate forme pétrolière. Mais
l’inactivité lui pesant, ce fut avec un grand sourire que le jeune
homme avait retrouvé le chemin de sa boite d’intérim. En ce début
d’année et avec l’épidémie de grippe qui courait, il n’avait
eu aucun mal à trouver du travail.
Si son père et avant lui son grand père avaient été soudeur, il n’avait pas choisi ce métier par vocation. Il avait d’autres projets, d’autres rêves. Mais la mort de son père alors que Stéphane n’était qu’adolescent avait chamboulé ses plans. Car du haut de ses 15 ans, il voulait faire tout ce qu’il pouvait pour aider sa mère et ses quatre sœurs. Il était l’homme de la maison maintenant. Alors il renonça à ses rêves et dès la fin de sa troisième, s’orienta vers la seule voie qu’il connaissait : la métallurgie.
Une
sirène sonna brièvement mais Stéphane, perdu dans son travail, ne
l’entendit pas. Le contremaître vint lui taper sur l’épaule :
c’était l’heure de la relève. Alors qu’il rangeait le
matériel et se dirigeait vers les vestiaires, il entendit des
collègues plaisanter :
-Et tu aurais vu la tête de Karine
lorsque…
Le soudeur, à ce prénom, décrocha aussitôt de la
conversation.
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Alors
que les choses commençaient dangereusement à devenir sérieuses
avec Cédric, celui-ci lui avait présenté sa mère. Karine. Trois
jours plus tard, cette femme élégante frappait à sa
porte.
-Pardonnez-moi de vous déranger, mais si vous avez
quelques minutes à m’accorder…
L' homme l’avait laissé
entrer, un air perplexe sur le visage. Il lui fit signe de s’asseoir
sur le canapé, s’excusa pour le désordre et alla préparer du
café. Lorsqu’il revint avec les tasses, elle toussota.
- Vous
devez me trouvez bien audacieuse de venir vous voir. Mais Cédric…
Cédric tient tellement à vous. Comment vous dire cela ?
- Vous
ne voulez plus qu’il me fréquente ?
- Mon dieu ! Non !
Elle
éclata de rire.
- Je dois vraiment ressembler à une mégère.
Ce fut au tour de Stéphane de se détendre et de sourire.
-
Non, pas du tout. Il est encore mineur, quelle mère ne
s’inquièterait pas ?
Il soupira. La femme leva la tête,
surprise. Et sourit tendrement.
- Je comprends pourquoi il ne
tarie pas d’éloge sur vous à la maison. Vous savez, vous êtes le
premier garçon qu’il me présente… ça veut dire beaucoup pour
lui. Et ça représente tout autant pour moi.
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Ah
quel point elle devait le détester maintenant…
- Oh, beau
gosse, tu bloques le passage !
Stéphane se poussa mécaniquement,
avant de se changer et de rentrer chez lui.
Et ce « chez nous »
qui était redevenu un simple « chez lui », il le haïssait. Il
avait l’impression de vivre avec un mort. Pourtant les affaires de
Cédric étaient toutes soigneusement empaquetées et les cartons
attendaient dans le coin d’une pièce vide que le propriétaire des
lieux trouve le courage d’aller les déposer chez Karine. Mais la
présence du jeune asiatique pendant un peu plus de deux ans avait
marqué l’appartement.
Le métalurgiste s’affala dans le
canapé… ce soir, plus que les autres soirs, le souvenir de leur
rencontre lui nouait l’estomac.
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Florent
et lui étaient arrivés ensemble au Diamant, une petite boîte homo.
Enfin, la seule de la ville. Il était une heure du matin et la
discothèque était bondée. A peine entré, il le vit. Un jeune
homme qui dansait comme un dieu au milieu de la piste. Un tout jeune
homme, plutôt, se rendit-il compte assez vite. Des cheveux noirs
coiffés sans aucune discipline, des yeux bridés aux opales sombres
magnifiques. Un collier à pointes autour d’un cou fin, une chemise
écrue à manche courte entrouverte sur un torse glabre, un pantalon
kaki un peu large… Stéphane tira sur la manche de Florent pour
attirer son attention et lui montra sa cible du doigt.
- A moi.
Le
futur professeur acquiesça en souriant et partit saluer des
amis.
Alors le brun s’approcha avec assurance du danseur et
lorsqu’il fut en face de lui, commença à bouger au même rythme.
Ils dansèrent ensemble longtemps, sans échanger le moindre mot,
s’effleurant à peine… Puis d’un commun accord, ils se
dirigèrent vers le bar.
- Je t’offre à boire.
Lorsque
l'asiatique se mit à rire, Stéphane le regarda d’un air
perplexe.
- Les copains qui m’ont amené ici m’ont bien mis en
garde : je dois éviter un type plutôt sexy aux cheveux noirs et aux
yeux magnifiques, totalement sans cœur, et un ange blond, qui n’est
pas du genre fidèle.
Stéphane grogna, offusqué par la
description :
- Hé ! Flo EST fidèle.
Cédric rit de plus
belle.
- Tu es donc véritablement sans cœur ?
- Disons qu’il
me sert juste à propulser le sang dans les veines…
Le jeune
garçon semblait réfléchir puis lui offrit un sourire radieux :
-
Un jus de pamplemousse.
- Pardon ?
- Tu m’as bien proposé à
boire non ?
- Pas d’alcool ?
- Ca ne me réussit pas… et
je n’ai pas franchement envie de vomir dans ta voiture… Au fait,
je m’appelle Cédric.
Le soudeur était stupéfait de l’aplomb
dont faisait preuve son vis-à-vis. Puis il lui sourit. Un sourire
qui en disait long sur ses intentions.
Mais contrairement à
ses habitudes, il attendit que l'asiatique se réveille, le laissant
blottit contre lui. Il lui proposa même de le ramener.
Et il lui
donna son numéro de téléphone.
Après tout, ils avaient passé
une nuit très agréable et il serait bête de ne pas recommencer,
non ?
Cédric lui avoua alors qu'il était mineur.
- Quoi ?
-
Je viens de dire que je vais avoir … bientôt… dix-sept ans.
-
Malgré mon grand âge, je ne suis pas sourd. C’est juste que… si
jeune et déjà aussi doué pour le sexe… toi je ne te lâche plus.
La phrase était une boutade et ils en rirent tous les
deux.
Stéphane embrassa son amant d’un soir sur le nez avant de
le laisser descendre de la moto et de démarrer.
Trois jours plus tard, Cédric réussit à réunir assez de courage pour le rappeler. Et c’est comme cela que commença leur relation.
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Ils
se retrouvaient pour quelques heures dans l’appartement que
Stéphane venait d’acheter.
Et les heures devinrent des nuits.
Et ils apprirent à se connaître.
Et les semaines
passèrent.
Et Cédric devint une drogue pour Stéphane.
A tel
point que, s’il l’avait laissé partir pour réaliser son rêve,
lui qui ne réaliserait jamais le sien, il avait voulu rompre pour ne
pas avoir mal de la distance.
Mais Stéphane avait mal, mal à en
crever. Alors il essayait de noyer sa douleur dans le travail et le
sport. Il n’avait jamais fréquenté la salle de musculation aussi
assidûment depuis des années.
Il se redressa en soupirant.
Avec
le temps, ça irait mieux. Avec le temps…
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Deux
autres jours passèrent. Puis alors que Stéphane rentrait, lessivé
par les deux heures passées à pousser de l’acier pour essayer de
se vider le crâne, il vit une forme roulée en boule sur son
pallier. Cette forme sursauta en l’entendant arriver et se mit
debout avec la vivacité d’un serpent.
Cédric.
Il avait les
yeux rouges et cernés.
Stéphane s’arrêta, les bras ballants,
le visage inexpressif.
- Bonjour, Oji-sama… mon avion est arrivé
ce matin et je suis directement venu ici… et… je te dérange,
c’est cela ? C’est pour cela que tu as fait changer la serrure
?
- S’il te plait, dis quelque chose…
- Je l'ai cassé. La porte. C'est pour ça que tes clefs...
Stéphane
s’avança et plaqua l’asiatique contre le mur avant de
l’embrasser fiévreusement. Ne voulant pas choquer les voisins qui
viendraient à passer, ils entrèrent dans l'appartement.
Mais le
soudeur resta debout au milieu du salon, jouant avec sa paire de
lunettes, chose qui était chez lui un signe de stress.
- Pourquoi
tu es revenu ?
- Parce que j’ai mal.
- Tu vas repartir ?
-
Pas si tu veux encore de moi.
- Tu en doutes ?
Cédric lui
désigna alors les cartons dans la pièce voisine. Stéphane sourit.
Il sortit dessous son pull-over une chaîne en argent et lui montra
le bijou qui l’ornait. Une croix en ivoire toute simple. Son
premier cadeau.
- Toujours sur mon cœur.
- Tu n’en as pas,
tu te rappelles ?
- Disons qu’il me sert juste à propulser le
sang dans les veines… Un jus de pamplemousse ?
FIN