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Fiction » General » One for the Devil one for the Christ font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: le.temps.des.cerises
Fiction Rated: T - French - General/Romance - Reviews: 97 - Published: 06-13-05 - Updated: 06-05-08 - Complete - id:1938357

Auteur : sofi
Genre : yaoi, bisounours powa!
Propriété : Cédric, Stéphane et les autres ne sont que rien qu’à moi !

Stéphane essuya la sueur sur son front, réajusta son masque de protection et alluma la torche de soudage.
A peine trois semaines qu’il était revenu de la plate forme pétrolière. Mais l’inactivité lui pesant, ce fut avec un grand sourire que le jeune homme avait retrouvé le chemin de sa boite d’intérim. En ce début d’année et avec l’épidémie de grippe qui courait, il n’avait eu aucun mal à trouver du travail.

Si son père et avant lui son grand père avaient été soudeur, il n’avait pas choisi ce métier par vocation. Il avait d’autres projets, d’autres rêves. Mais la mort de son père alors que Stéphane n’était qu’adolescent avait chamboulé ses plans. Car du haut de ses 15 ans, il voulait faire tout ce qu’il pouvait pour aider sa mère et ses quatre sœurs. Il était l’homme de la maison maintenant. Alors il renonça à ses rêves et dès la fin de sa troisième, s’orienta vers la seule voie qu’il connaissait : la métallurgie.

Une sirène sonna brièvement mais Stéphane, perdu dans son travail, ne l’entendit pas. Le contremaître vint lui taper sur l’épaule : c’était l’heure de la relève. Alors qu’il rangeait le matériel et se dirigeait vers les vestiaires, il entendit des collègues plaisanter :
-Et tu aurais vu la tête de Karine lorsque…
Le soudeur, à ce prénom, décrocha aussitôt de la conversation.

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Alors que les choses commençaient dangereusement à devenir sérieuses avec Cédric, celui-ci lui avait présenté sa mère. Karine. Trois jours plus tard, cette femme élégante frappait à sa porte.
-Pardonnez-moi de vous déranger, mais si vous avez quelques minutes à m’accorder…
L' homme l’avait laissé entrer, un air perplexe sur le visage. Il lui fit signe de s’asseoir sur le canapé, s’excusa pour le désordre et alla préparer du café. Lorsqu’il revint avec les tasses, elle toussota.
- Vous devez me trouvez bien audacieuse de venir vous voir. Mais Cédric… Cédric tient tellement à vous. Comment vous dire cela ?
- Vous ne voulez plus qu’il me fréquente ?
- Mon dieu ! Non !
Elle éclata de rire.
- Je dois vraiment ressembler à une mégère.
Ce fut au tour de Stéphane de se détendre et de sourire.
- Non, pas du tout. Il est encore mineur, quelle mère ne s’inquièterait pas ?
Il soupira. La femme leva la tête, surprise. Et sourit tendrement.
- Je comprends pourquoi il ne tarie pas d’éloge sur vous à la maison. Vous savez, vous êtes le premier garçon qu’il me présente… ça veut dire beaucoup pour lui. Et ça représente tout autant pour moi.

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Ah quel point elle devait le détester maintenant…
- Oh, beau gosse, tu bloques le passage !
Stéphane se poussa mécaniquement, avant de se changer et de rentrer chez lui.
Et ce « chez nous » qui était redevenu un simple « chez lui », il le haïssait. Il avait l’impression de vivre avec un mort. Pourtant les affaires de Cédric étaient toutes soigneusement empaquetées et les cartons attendaient dans le coin d’une pièce vide que le propriétaire des lieux trouve le courage d’aller les déposer chez Karine. Mais la présence du jeune asiatique pendant un peu plus de deux ans avait marqué l’appartement.
Le métalurgiste s’affala dans le canapé… ce soir, plus que les autres soirs, le souvenir de leur rencontre lui nouait l’estomac.

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Florent et lui étaient arrivés ensemble au Diamant, une petite boîte homo. Enfin, la seule de la ville. Il était une heure du matin et la discothèque était bondée. A peine entré, il le vit. Un jeune homme qui dansait comme un dieu au milieu de la piste. Un tout jeune homme, plutôt, se rendit-il compte assez vite. Des cheveux noirs coiffés sans aucune discipline, des yeux bridés aux opales sombres magnifiques. Un collier à pointes autour d’un cou fin, une chemise écrue à manche courte entrouverte sur un torse glabre, un pantalon kaki un peu large… Stéphane tira sur la manche de Florent pour attirer son attention et lui montra sa cible du doigt.
- A moi.
Le futur professeur acquiesça en souriant et partit saluer des amis.
Alors le brun s’approcha avec assurance du danseur et lorsqu’il fut en face de lui, commença à bouger au même rythme. Ils dansèrent ensemble longtemps, sans échanger le moindre mot, s’effleurant à peine… Puis d’un commun accord, ils se dirigèrent vers le bar.
- Je t’offre à boire.
Lorsque l'asiatique se mit à rire, Stéphane le regarda d’un air perplexe.
- Les copains qui m’ont amené ici m’ont bien mis en garde : je dois éviter un type plutôt sexy aux cheveux noirs et aux yeux magnifiques, totalement sans cœur, et un ange blond, qui n’est pas du genre fidèle.
Stéphane grogna, offusqué par la description :
- Hé ! Flo EST fidèle.
Cédric rit de plus belle.
- Tu es donc véritablement sans cœur ?
- Disons qu’il me sert juste à propulser le sang dans les veines…
Le jeune garçon semblait réfléchir puis lui offrit un sourire radieux :
- Un jus de pamplemousse.
- Pardon ?
- Tu m’as bien proposé à boire non ?
- Pas d’alcool ?
- Ca ne me réussit pas… et je n’ai pas franchement envie de vomir dans ta voiture… Au fait, je m’appelle Cédric.
Le soudeur était stupéfait de l’aplomb dont faisait preuve son vis-à-vis. Puis il lui sourit. Un sourire qui en disait long sur ses intentions.

Mais contrairement à ses habitudes, il attendit que l'asiatique se réveille, le laissant blottit contre lui. Il lui proposa même de le ramener.
Et il lui donna son numéro de téléphone.
Après tout, ils avaient passé une nuit très agréable et il serait bête de ne pas recommencer, non ?
Cédric lui avoua alors qu'il était mineur.
- Quoi ?
- Je viens de dire que je vais avoir … bientôt… dix-sept ans.
- Malgré mon grand âge, je ne suis pas sourd. C’est juste que… si jeune et déjà aussi doué pour le sexe… toi je ne te lâche plus.
La phrase était une boutade et ils en rirent tous les deux.
Stéphane embrassa son amant d’un soir sur le nez avant de le laisser descendre de la moto et de démarrer.

Trois jours plus tard, Cédric réussit à réunir assez de courage pour le rappeler. Et c’est comme cela que commença leur relation.

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Ils se retrouvaient pour quelques heures dans l’appartement que Stéphane venait d’acheter.
Et les heures devinrent des nuits.
Et ils apprirent à se connaître.
Et les semaines passèrent.
Et Cédric devint une drogue pour Stéphane.
A tel point que, s’il l’avait laissé partir pour réaliser son rêve, lui qui ne réaliserait jamais le sien, il avait voulu rompre pour ne pas avoir mal de la distance.
Mais Stéphane avait mal, mal à en crever. Alors il essayait de noyer sa douleur dans le travail et le sport. Il n’avait jamais fréquenté la salle de musculation aussi assidûment depuis des années.
Il se redressa en soupirant.
Avec le temps, ça irait mieux. Avec le temps…

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Deux autres jours passèrent. Puis alors que Stéphane rentrait, lessivé par les deux heures passées à pousser de l’acier pour essayer de se vider le crâne, il vit une forme roulée en boule sur son pallier. Cette forme sursauta en l’entendant arriver et se mit debout avec la vivacité d’un serpent.
Cédric.
Il avait les yeux rouges et cernés.
Stéphane s’arrêta, les bras ballants, le visage inexpressif.
- Bonjour, Oji-sama… mon avion est arrivé ce matin et je suis directement venu ici… et… je te dérange, c’est cela ? C’est pour cela que tu as fait changer la serrure ?

- S’il te plait, dis quelque chose…

- Je l'ai cassé. La porte. C'est pour ça que tes clefs...
Stéphane s’avança et plaqua l’asiatique contre le mur avant de l’embrasser fiévreusement. Ne voulant pas choquer les voisins qui viendraient à passer, ils entrèrent dans l'appartement.
Mais le soudeur resta debout au milieu du salon, jouant avec sa paire de lunettes, chose qui était chez lui un signe de stress.
- Pourquoi tu es revenu ?
- Parce que j’ai mal.
- Tu vas repartir ?
- Pas si tu veux encore de moi.
- Tu en doutes ?
Cédric lui désigna alors les cartons dans la pièce voisine. Stéphane sourit. Il sortit dessous son pull-over une chaîne en argent et lui montra le bijou qui l’ornait. Une croix en ivoire toute simple. Son premier cadeau.
- Toujours sur mon cœur.
- Tu n’en as pas, tu te rappelles ?
- Disons qu’il me sert juste à propulser le sang dans les veines… Un jus de pamplemousse ?

FIN



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