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Fiction » Mystery » La peur des songes font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Tinuviel Luthien
Fiction Rated: T - French - General/Mystery - Reviews: 9 - Published: 06-16-05 - Updated: 07-29-05 - id:1940958

LA PEUR DES SONGES

CHAPITRE I : Rêve…

Bon, si vous voulez que je vous parle de l’aventure la plus extraordinaire de toute ma vie, il faut d’abord que je me présente : je m’appelle Kate Satch ; oui je sais ce n’est pas facile à prononcer mais ce n’est en rien ma faute. Je suis journaliste, c’est le métier que j’ai toujours voulu exercer. En effet j’ai un gros défaut : je suis curieuse et à tel point que je suis malheureusement capable de faire du tort à des personnes qui ne le méritent pas, uniquement pour satisfaire ma curiosité. J’ai toujours été ainsi, ce n’est donc pas aujourd’hui que je changerai.

Je vous ai parlé de l’histoire la plus extraordinaire de toute ma vie. En fait je devrais plutôt dire l’histoire de ma vie. Car si on y réfléchit bien, elle a commencé le jour où je suis née et cessera le jour où je quitterai ce monde.

Que diriez-vous si chaque soir vous appréhendiez de vous glisser dans votre lit, aussi douillet soit-il ? Moi c’est ce qu’il m’est arrivé. Depuis aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours ressenti cette peur incontrôlable en moi. J’avais peur de m’endormir. Depuis ma plus tendre enfance je faisais tantôt un rêve tantôt un cauchemar. Le cauchemar était affreux et plus je grandissais pire il était.

J’ai oublié de vous dire, même si vous devez vous en douter : c’était toujours le même rêve et toujours le même cauchemar, et c’étaient également les mêmes lieux dans l’un et l’autre mais vus de façons différentes.

Et oui, si tout le monde attend impatiemment la fin de la journée afin de quitter son bureau pour s’engouffrer dans le doux monde des songes, moi j’aurai préféré rester éveillée toute ma vie, ce qui était malheureusement impossible.

Je crois que ça a commencé le jour de mes cinq ans. Je me souviens que ce jour là je m’étais emportée : mon meilleur ami n’était pas là et je ne l’avais plus vu depuis un an. Je ne me souvenais même plus de son visage ! C’était comme ça que ma mère avait gâché mon anniversaire. Dès ce jour, j’avais compris que je ne le reverrai plus jamais.

En fait, ce que j’ignorais, c’étais que ce même jour, mon ami avait perdu sa mère. Je ne sais plus de quoi elle est morte, je crois même que je ne l’ai jamais su.

Toujours est-il que ce soir là, j’étais entrée dans un rêve qui m’avait quelque peu consolée.

Je me trouvais devant une grande porte en bois avec un mur de chaque côté. Au delà, je pouvais apercevoir la partie haute d’un château. En tout cas cela me faisait penser à un château, avec cette tour sur le côté et toutes les fenêtres. Je ne voulais pas pousser la porte : je n’étais pas du genre à aller chez des étrangers comme me l’avait si bien appris ma mère. Cependant une force invisible me poussait à le faire, je ne pouvais y échapper.

Derrière la porte, je découvris un jardin somptueux. Mais chose étrange, il m’était impossible de voir le château. Il m’avait pourtant semblé très proche. Il y avait toute sorte de fleurs et d’arbres. Ca allait de la pâquerette toute simple au plus grand des sapins qu’il m’ait été donné de voir. Cela ressemblait à un tableau d’artiste. Le mélange des couleurs était saisissant. Quiconque passait par là était obligé de s’arrêter et d’admirer ce spectacle auquel s’ajoutait le chant des oiseaux. Ils faisaient leur nid ou bien nourrissaient déjà leurs bébé. Ils volaient autour de moi. Certains, même, se posaient sur mon épaule nullement effarouchés. J’étais aux anges.

En avançant, je passai sous une arche de fleurs violettes, ma couleur préférée. Au delà, s’étendait un large lac. Au milieu de celui-ci trônait une île habitée par un couple de cygnes et leurs œufs. Une passerelle s’étendait au dessus du lac. Je m’y engageai et découvris de nombreux poissons dans l’eau. Je m’attardais donc à les observer et je vis un petit sac rempli de bout de pain. Je le pris et jetai les morceaux aux cygnes mais aussi aux canards qui s’étaient cachés sous le pont en m’apercevant.

Au bout d’un long moment, je décidai d’avancer et au bout de la passerelle, se trouvait une nouvelle arche fleurie. En la traversant, je tombai nez à nez, ou plutôt pieds à nez, avec un lapin qui gambadait dans l’herbe. Il y avait devant moi une grande étendue de verdure. C’était un parc. Il y avait des lapins, des biches, des chevaux…, toute sorte d’animaux qu’on ne se serait pas attendu à voir en cet endroit (si ce n’était pas un rêve évidemment). Mon âme d’enfant et cette curiosité naturelle qui ne m’a jamais fait défaut, m’obligeaient à m’arrêter une éternité à chacune de ses étapes.

Un peu plus loin, j’aperçus enfin le château. Je n’osais y pénétrer, mais encore une fois, cette main de der s’imposait à moi et guidait mes moindres gestes. Je marchai donc d’un pas mal assuré vers ce château. J’aurais souhaité voir la plus haute fenêtre, mais le toit était si haut dans le ciel que j’en eus le vertige. J’arrivai à la porte et la poussai plus doucement encore que la première.

Je fus au comble de l’émerveillement. Je me trouvais face à un vaste hall, aussi grand qu’une salle de bal. De l’autre côté, un large escalier se séparait en deux pour aller d’un côté et de l’autre du château. Ce qui me combla le plus, ce fut la « décoration ». Des aquariums géants de chaque côté où nageaient des poissons d’eau de mer. Encore une fois je fus, je fus saisie par la grande diversité des couleurs, mais également des formes. Une grande fenêtre au dessus de l’escalier faisait entrer les rayons du soleil. La vitre était si imposante que la pièce était baignée de lumière, sans même l’aide d’un quelconque lustre.

J’allais à l’étage et visitais chaque pièce. Elles étaient toutes aussi grandes les unes que les autres ! En arrivant à l’avant dernière pièce du tout dernier étage, j’eus une surprise. C’était une chambre d’enfant. Mais, ma stupéfaction venait surtout du fait que son propriétaire (cela me semblait logique) soit assis sur son lit. J’avais parcouru tout le domaine sans trouver âme qui vive, et soudain je tombai sur un enfant. J’étais loin de m’y attendre.

Il me sourit :

-Salut, je m’appelle Kyle. Tu veux jouer avec moi ?

-Moi c’est Kate.

-A côté il y a une salle de jeux. C’est drôle tu vas voir !

C’était justement la dernière pièce que je n’avais pas encore visitée.

Je me disais qu’il devait drôlement s’ennuyer à force d’être seul !

Je ne me souviens plus des jeux qui avaient remplis notre journée (ou plutôt la nuit puisque je dormais !… je ne sais pas). Toujours est-il que je m’étais vraiment amusée, comme ça ne m’était pas arrivé depuis très longtemps.

Puis, à contre-cœur, je dus repartir : c’était à nouveau comme si j’obéissais à un ordre inaudible. Je refis donc tout le chemin en sens inverse et une fois que la grande porte en bois se referma, je me réveillai.



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