|
|
| Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search | Login Register Extras |
Je l’aime à mourir
Disclaimer : Francis Cabrel, pour sa si jolie chanson Je l’aime à mourir. Quel homme magnifique...
Son lourd sommeil me réconforte. Elle était si fatigué. J’ai du mal à croire qu’elle soit entre mes bras. Son souffle rauque ne m’en dit pas plus. Ses rêves son gardés, précieusement, dans son imaginaire, dans sa jolie tête aux boucles brunes. Ses longs cils vibrent doucement sous la quiétude de ses songes. Sa beauté m’épatera toujours.
Elle danse au milieu des forêts qu’elle dessine Je l’aime à mourir.
Je me souviens le premier jour où je l’ai vu. Son visage de marbre n’aspirait à aucune joie. Sa perfection trop apparente m’aurait fait fuir si je n’avais pas pris mon courage à deux mains. La première phrase que je lui ai dite fut un vrai désastre... Elle avait l’air si farouche, si inaccessible. Et pourtant, elle ne demandait qu’à être apprivoisée.
Elle a dû faire toutes les guerres Pour être si forte aujourd’hui Elle a dû faire toutes les guerres, de la vie... et l’amour aussi.
La première fois où j’entendis son rire cristallin, rien n’aurait pu me rendre plus heureux. Avoir réussit à faire rire un être de perfection nous mène droit au paradis. J’avais l’impression de voler. J’ai encore du mal à croire qu’elle aie daigné s’accaparer de moi... Elle était seule, ayant perdu son seul enfant. Elle m’avait expliqué, après quelques semaines, comment son petit être était décédé. Et je n’ai rien pu faire d’autre, pour la consoler, que de l’embrasser, partout sur son visage d’ange, en la serrant très fort. J’essayais de la protéger, dans mes bras forts, sur mes jambes démunis. Assises sur moi, dans ma chaise roulante, elle pleurait en silence les larmes de son frêle corps.
Je dois juste m’asseoir Je ne dois pas parler Je ne dois rien vouloir Je dois juste essayer De lui appartenir.
Cette femme parfaite. Dans mes bras, je la sens frissonner. Elle, si jeune, si pleine de vivacité. Que fait-elle avec un pauvre vieillard comme moi, qui a du mal à continuer? Elle est si compréhensive, si bonne. Elle est si tolérante. Chaque jour de ma nouvelle vie, j’apprends. Cette nouvelle vie, cette joie de vivre présente , désormais, je la lui dois. Elle m’apprend à aimer. Elle m’apprend à comprendre, à accepter. Elle m’apprend à vivre. Et moi, qu’est-ce que je lui apporte en retour?...
Elle à fait de ma vie des cocottes en papier Des éclats de rire. Je l’aime à mourir.
En fait, je lui apporte la même chose. Je lui ai redonné le sourire. Je lui ai redonné la vie. Elle me voit comme un humain à part entière, elle. Jamais dans ses yeux je n’ai lu la pitié. Ni la honte. J’ai la chance d’avoir une femme parfaite, un ange idéale, entre mes bras. Moi qui suis si loin d’être parfaite, elle m’a laissé une chance. Avec mon infirmité, elle aurait pu m’abandonner, me mépriser, se moquer, comme tant d’autres personnes. Mais sa perfection fait d’elle qu’elle voit plus loin que les autres humains. Sa perfection amène l’amour à un être décharné, abandonné, qui ère et ne veut qu’une chose, mourir. Sa perfection amène la vie. Son amour redonne naissance. Sa joie ressuscite.
Vous pouvez détruire tout ce qu’il vous plaira Elle n’aura qu’à ouvrir l’espace de ses bras Pour tout reconstruire. Je l’aime à mourir.
Doucement, je dépose un baiser sur ses lèvres. Puis peu à peu, je sens mon dernier souffle arriver. Il est si dommage de se sentir aimer, enfin, et de devoir tout quitter...
Moi... Je n’étais rien... Et voilà qu’aujourd’hui. Je suis le gardien du royaume de ses nuits.
Je l’aime à mourir.