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Suite, encore et toujours ...
Bonne lecture !
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Réponses aux reviews
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Tous mes plus chaleureux remerciements pour leurs reviews et leurs mails à lucief23, à Yamaneko.YK, à lucie-hp, à yume, à Azalea Maxwell, à zouzou, à Takumi7, à angel natas, à SamaraXX, à plume d'ange, à gabrielle, à valou2332, à Nass, à Youkai Yuy, à Egwene al Vere, à Ingrid, à géliah, à Tescalipoca, à Marine L, et à Mellu .
Merci encore à vous, et les réponses à vos reviews vous seront envoyées par mail demain ou bien Vendredi au plus tard. Je m'excuse sincèrement de ce retard. Si cela vous dérange ou alors que vous ne les avez pas reçues, signalez le moi ! Merci à toutes, et bonne lecture.
misskyoko : Merci beaucoup pour ta review. Elle m'a vraiment fait plaisir. Certes, l'histoire avance très lentement, d'autant plus ces derniers chapitres, mais c'était parce qu'à mes yeux, il le fallait. Me suis-je trompé ? Qu'importe, j'espère que ce dernier chapitre fera avancer les choses dans le sens que tu attends. Merci encore. Bonne lecture. Au plaisir d'avoir de tes nouvelles.
okaina : Mille mercis pour ta review. Ca me fait sincèrement plaisir. En tout cas, ta review ne m'a pas donné l'impression que tu avais des problèmes au niveau de l'écriture (elle est très bien par ailleurs), et je pen se que ce n'est pas parce que tu penses ne pas avoir de don pour l'écriture que tu ne peux pas te permettre de me faire des commentaires en tous genre. Et j'ai vraiment été ravi que tu te manifestes. Merci. Bonne lecture à toi de ce nouveau chapitre. Au plaisir d'avoir de tes nouvelles.
clair3 : Merci beaucoup pour ta review de soutien. C'est rassurant de se l'entendre dire. J'espère que les autres chapitres seront toujours aussi bons (sinon plus, tant qu'à faire !) à tes yeux. Je t'en souhaite donc une bonne lecture. Merci encore pour m'avoir apporté ton soutien. Au plaisir d'avoir de tes nouvelles.
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Chapitre 75 - Négociations
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Le lendemain, Mardi.
Ma chaussure quitte précipitamment mon pied droit et heurte le mur, produisant un bruit sourd, avant de retomber avec fracas sur le sol.
- Hoh ! Hurle une voix de l'autre côté du mur en question.
Je soupire en l'entendant sortir de sa chambre pour entrer dans la mienne sans préambule.
- C'est quoi cette merde ? Qu'est-ce que tu fous ? Me demande t-elle en fronçant les sourcils.
- Rien ... J'ai juste donné un coup de pied en l'air et ma godasse est partie toute seule ...
- Ah ouais ... Et tu te crois malin en faisant des gamineries pareilles ? Dit-elle en croisant les bras et en me toisant du regard avec sévérité.
- S'il te plaît ... Il y a des jours où je t'entends sauter sur ton lit ... Dis-je en secouant la tête pour bien lui montrer que le plus puéril de nous deux c'est bien elle et pas moi.
Sarah écarquille les yeux, ouvre la bouche pour s'apprêter à me lancer une vacherie mais se retient et réplique d'une autre manière.
- Ouais ... N'essaie pas de noyer le jambon ...
- C'est pas vraiment ça l'expression, c'est ... Dis-je en l'interrompant avant qu'elle ne me coupe la parole, n'ayant que faire de l'apport culturel dont je comptais gentiment lui faire part.
- On s'en tape, t'as compris de toutes façons ! Donc n'essaie pas de brouiller les pistes ! Pourquoi tu donnes des coups de pieds en l'air qui font chier tout le monde dans cette maison, gros naze ?
- Tout le monde ? Tu te multiplies maintenant, fidèle à ton statut de nuisible ?
Je lui lance un léger sourire alors qu'elle fronce un peu plus les sourcils.
- J'en ai rien à faire des réflexions de pauvres couillons dans ton genre, alors évite si tu peux ... Alors, pourquoi ? Me demande Sarah.
- Juste pour que tu te prennes la tête, c'est vraiment jouissif comme spectacle. Dis-je en lui adressant un sourire on ne peut plus idiot.
- T'es con ! Réplique t-elle en me fusillant du regard.
- Non, non, je suis Angelo, enchanté !
- C'est vraiment de pire en pire ... Fait-elle en levant les yeux au ciel.
Nous entendons ensuite le bruit caractéristique de la sonnette, qui met fin à notre joute verbale. Sarah me jette un petite regard et me questionne :
- Tu attends quelqu'un ?
- Non ... Pourquoi ? Ca ne peut pas être pour toi ?
- Je ne crois pas ... Je n'avais rien de prévu aujourd'hui ... Répond t-elle simplement.
- Mais ... Il faudrait peut-être aller ouvrir tout de même. Dis-je en lui jetant un regard la désignant d'office comme celle d'entre nous qui descendrait et irait déverrouiller la porte, ou pas.
Sarah n'attend pas plus longtemps et dévale les escaliers tandis que je reste sagement dans la chambre et m'assieds sur mon lit, réfléchissant comme toujours ces derniers temps à la situation critique qui règne dans mon couple. Mais pas seulement. Plus le temps passe et plus je m'inquiète au sujet de Christian. Il est loin de me dire tout ce qu'il a sur le coeur et je sens qu'il refuse de laisser tomber ses barrières. J'ai même l'impression qu'il tente de les renforcer le plus possible, comme s'il me jugeait dangereux pour lui alors que je ne lui veux que du bien. Je ne fais que penser à ça, et le temps défilant toujours, je me fais plus de soucis encore concernant toute cette histoire. Il faut dire que les problèmes commencent véritablement à s'amonceler et à peser.
Je n'ai pas le temps d'approfondir mes pensées que j'entends Sarah remonter en courant à toute vitesse pour apparaître dans ma chambre, essoufflée.
- C'est pour toi. Me dit-elle en tentant de réguler sa respiration.
- Comment ça c'est pour moi ?
- C'est ton pote là ... Le frère de la fille ! Me dit-elle en se redressant totalement.
- Alain ?
- Ca doit être ça, oui ... De toutes façons c'est pas comme si tu avais dix mille amis ! S'exclame t-elle en secouant la tête.
- Tu l'as fait rentrer ?
Je panique un peu. L'idée de voir Alain ne m'enchante pas vraiment. Mais je dois cependant reconnaître que j'aurais dû m'y attendre puisque je refuse de lui répondre au téléphone depuis un bon moment ...
- Bien sûr que non ! Tu me prends pour toi ou quoi ? Je suis venu te demander quel plan on adopte ! Dit-elle férocement en plantant son regard dans le mien qui est plutôt effaré.
Je soupire fortement face à son attitude.
- C'est bon, on n'est pas dans un jeu de shoot là. Il n'y a pas de team, pas de stratégie, pas de plan, rien. On n'attaque personne ! Dis-je en lui parlant comme si j'étais un père qui tentait de raisonner sa gosse.
- Putain t'es trop une bouse ! Non mais sérieusement, on fait quoi ? Reprend t-elle.
- Toi, tu retournes à tes affaires, et moi je m'occupe de le renvoyer chez lui dans la minute qui suit. C'est aussi simple que ça. Dis-je avec un semblant de tranquillité.
Sarah se met en travers de mon chemin et s'adresse à moi avec le plus grand sérieux.
- Super ! Franchement, t'as des idées de génie, j'avoue. Tu parles de mes plans en disant d'eux qu'ils sont foireux, mais les tiens ne risquent pas de contribuer un jour à arranger les choses ! Tu m'as bien dit que c'était la merde dans ton couple et avec tes amis, et tu crois vraiment que ce genre de réaction va régler tes problèmes ? S'exclame t-elle en faisant les gros yeux.
- C'est certain. Mais en attendant, je n'ai absolument aucune idée derrière la tête, et ce genre de truc est très sérieux. Alors si pas d'idées, pas d'action, tu me suis ? Je ne veux pas encore jouer mon impulsif, Christian ne serait certainement pas fier de moi et au final il serait en colère et je n'aurais réussi qu'à envenimer les choses. Il faut réfléchir à quelque solution qui tiendrait la route et qui ne soit pas du tout rocambolesque comme tes idées absolument folles.
- Mes plans sont parfaitement cohérents et réalisables ! Et j'en ai justement un excellent en tête ! Clame t-elle en prenant un peu trop à coeur, à mon goût, ma vie privée.
- Je t'arrête tout de suite Sarah ! Pas d'exécution de plans qui viennent de toi dans les heures à venir. Dis-je avant de reprendre immédiatement. Et ... Alain attend toujours, donc je vais y aller ...
- N'imagine même pas pouvoir quitter cette pièce en toute sécurité Angelo ... J'ai possiblement de quoi te sortir d'affaire, et tu ne vas pas nier que seul tu es incapable d'envisager quoi que ce soit. Donc ...
- Donc tu me diras ça plus tard ! Dis-je rapidement avant de contourner l'obstacle physique qu'elle représente actuellement.
Je ne tiens absolument pas à la laisser croire que ses plans peuvent être mis à exécution. C'est toujours assez catastrophique, et les idées qu'elle m'a déjà exposées les autres fois ne me donnent véritablement pas envie d'en savoir plus. A coup sûr il s'agit encore de quelque chose d'extravagant et d'absolument infaisable.
- Laisse moi t'expliquer ! Me crie Sarah alors que je suis déjà à mi-chemin de ma descente des escaliers.
Je soupire à nouveau avant de me tourner vers elle.
- Vas-y, mais grouille toi, il doit se demander ce qu'on fiche ...
- Bon, d'accord, je te dis ça cash alors. Donc, tu vois, on lui parle à ton pote, on l'influence, déjà parce qu'on est deux. Je prends bien ta défense, on lui explique bien que Christian est un mec génial, que votre couple est sublime. Déjà, avec mon opinion purement objective ... C'est quoi ce vieux rictus là ? Connard ... Ouais, enfin, je disais qu'on fait ça comme ça, et voilà, pour le moment. Je t'expliquerai la suite au moment venu ! Dit-elle.
- C'est carrément pourri ... Dis-je simplement en me détournant d'elle, déçu par son plan soi disant génial qui au final n'a rien de bien fameux.
- Quoi ? Tu t'attendais à une potion magique qui résoudrait toute l'affaire ? Fait Sarah, outrée.
- Venant de toi, jamais. J'imaginais bien un truc nul, mais pas à ce point. Dis-je en poursuivant ma descente.
- Je t'emmerde, péquenot ! Mon idée est grandiose, et elle vaut toujours mieux que ta façon d'agir qui elle, ne va faire qu'envenimer la situation entre vous ! Et ça sera bien fait pour toi ! Me crie t-elle avec un sourire mauvais.
J'achève calmement ma descente des escaliers avant de me tourner vers elle.
- Je vais le faire entrer. Mais ensuite ça se passe sans toi. On va parler et je vais essayer de résoudre ça tranquillement, en évitant le plus possible de me montrer agressif.
Sarah ricane bêtement et je lève les yeux au plafond, sidéré par son comportement qui me rappelle parfois celui des vieilles sorcières dans les livres de contes pour enfants.
- Tu vas voir qu'au bout de quelques minutes tu m'appelleras pour réclamer de l'aide ! Dit-elle avec un grand sourire.
Je ne prête pas plus d'attention à ses divagations et ouvre la porte d'entrée pour rejoindre le portail où m'attend impatiemment Alain, accoudé contre le muret, un air grave et sérieux sur le visage. En me voyant approcher il lève les yeux vers moi et je le vois inspirer fortement.
- Tu te fais désirer Princesse ... Me dit-il en étouffant un baîllement.
- Evite les petits noms affectueux, je n'ai vraiment aucune envie de rire.
- Ca tombe bien, moi non plus. Réplique Alain, avant de reprendre. Je peux quand même entrer, ou pas ?
- Oui, oui.
Je lui ouvre la porte et l'invite ensuite à passer le seuil de la maison. Impossible de ne pas me sentir tendu à l'extrême, et je suppose qu'il en est de même de son côté. Je ne sais absolument pas quoi faire pour aborder le sujet en question et faire valoir mon opinion. Et je crains d'être incapable de rester stoïque s'il insulte à nouveau Christian, ce qui à mon avis ne manquera pas d'être fait. Et pourtant, il va bien falloir que l'on s'explique enfin pour de bon, même si de mon côté je n'ai aucune solution et que du sien, à mon avis, tout est déjà très bien prévu.
- Tu veux boire quelque chose ?
Rien ne m'empêche de commencer ainsi. Et puis ça peut contribuer à détendre un peu l'atmosphère. Et ce serait déjà ça ...
- Pas soif, merci. Je suis simplement venu pour que l'on entre directement au coeur du sujet. Tu refuses de me répondre, enfin de nous répondre, et comme on a des compte à régler et que je ne veux pas que tu en profites pour couper les ponts avec nous, ce que je juge vraiment débile en passant, je suis venu un peu à l'improviste. Dit Alain que je sens véritablement nerveux.
Et bien au moins, il a le mérite d'être clair et concis, je n'aurais donc pas eu à me creuser la cervelle pour amener ça.
- D'accord. Tant mieux parce que je pense aussi que ça doit être fait le plus rapidement possible. Puisque je n'ai pas le choix et ne peux pas couper les ponts, autant que les choses soient dites de façon définitive et que l'un de nous parvienne à convaincre l'autre que son opinion est celle qui prendra le dessus. Je suppose que, de toute évidence, Magda et Lili sont entièrement de ton avis, donc si je parviens à te convaincre, elles le seront aussi ... Dis-je calmement.
- Tu ne me convaincras pas Angelo, excuse moi d'avoir à te dire ça, mais c'est toi qui va finir par adopter mon opinion, car tout ce que tu me dis ne fait que me conforter dans l'idée que tu as tort et que nous avons raison de penser ce qui est vraisemblablement la vérité concernant ta "romance" avec ce cher Christian. Tu imagines bien que tous les trois nous en avons bien discuté et au final ça n'a fait que nous renforcer un peu plus dans l'idée que nous avions raison à la base et que ton histoire sentimentale avec ce ... Bref, avec lui, est quelque chose auquel tu dois mettre fin dans l'immédiat. Réplique fougueusement Alain.
- Ce n'est pas ce que je pense, et je resterai implacable là dessus. Il est hors de question de t'entendre à nouveau l'insulter et le traiter de tous les noms simplement parce que vous avez des préjugés, que je comprends et qui sont sans doute bien fondés dans la plupart des cas, mais qui n'ont rien à faire ici. Vous condamnez immédiatement notre histoire sans chercher à comprendre pourquoi elle existe et ce qui nous a conduit à ça, nos motivations, nos sentiments, rien !
J'ai bien conscience que ce débat, qui ressemble plutôt à une bataille verbale, ne nous mènera nulle part. Mais il faut bien que je règle d'une façon ou d'une autre le problème.
- Ecoute Angelo ... T'es naïf et tu n'y connais rien. Tu découvres que t'es différent, tu te laisses embobiner par le premier type aux mauvaises intensions venu et qui forcément te fait du rentre dedans parce que t'es mignon ... Tu sautes à pieds joints sur cette première occasion. Ce mec est intelligent et cultivé puisque visiblement t'es en admiration devant lui ... Et voilà, il fait de toi ce qu'il veut, il te fait croire telle ou telle chose, et forcément, puisque tu es fou amoureux, tu es aveugle et tu y crois. Tu n'y es pas pour grand chose, t'es encore tout jeune pour avoir appris à te méfier de ce genre de plan, mais il faut à tout prix que tu ouvres les yeux sur ce qu'il souhaite réellement de toi. Avant que ce ne soit trop tard. Quitte le, dénonce le pour qu'il évite de s'attaquer à plus jeune encore la fois d'après. Je t'ai déjà dit ça il me semble, mais apparemment t'as pas encore compris que c'est vraiment dangereux ce que tu fais là avec ce mec. Tu ne parviens pas à prendre assez de recul pour voir que c'est malsain tout ça ? Il a plus du double de ton âge, tu trouves ça normal pour un gamin de quinze ans ? Pas franchement, non ... Poursuit Alain en me parlant comme si j'étais le roi des débiles.
- Je vois ... C'est bizarre, c'est toi qui me raconte ma relation, alors que théoriquement ça devrait plutôt être à moi de le faire, non ? Après tout, je suis celui qui la vis ... Dis-je en commençant à perdre patience.
- Ta perception de ce que tu vis est faussée par tes sentiments ... Marmonne Alain, ce qui me fait rire nerveusement.
- Ah oui, c'est vrai, j'oubliais ... Fais gaffe aussi avec Lili ! Tu ne t'en rends pas du tout compte vu que tu es fou amoureux d'elle, mais en fait elle se moque de toi et elle drague honteusement tous les types qui passent sous nos yeux quand on est au centre commercial ! J'imagine qu'aveuglé comme tu es par ce que tu ressens pour elle, bien évidemment tu ne t'en rends pas compte ! Quitte la tout de suite, et dénonce là aussi, sait-on que le prochain garçon qui passera devant elle soit un petit primaire !
- Ca n'a rien à voir ! S'exclame Alain en plissant les yeux.
- Forcément ... Tu vois, ça te paraît aussi dingue que l'inverse l'est pour moi. Alors cesse de dire tes conneries et j'arrêterai d'en dire aussi.
Je le sens sur le point de devenir des plus désagréables, lorsque Sarah débarque dans le salon avec un petit sourire.
- Salut ! Lance t-elle à Alain.
Je soupire, priant pour qu'elle ne soit que de passage et qu'il ne lui vienne pas à l'esprit de mettre son nez fureteur partout.
- Ouais, salut ... Répond Alain, qui se sent désormais gêné, comme si c'était sa vie privée qui était le sujet de la discussion qui se déroulait entre nous quelques secondes auparavant.
- Besoin d'aide ? Me demande Sarah avec un petit sourire.
- Je ne crois pas non ...
Alain nous regarde bizarrement, se demandant sans doute de quoi parle t-on.
- Tu m'excuses, mais j'ai tout entendu de votre conversation. Et ce n'est pas la peine de me regarder comme ça, vous parlez tellement fort qu'on vous entend dans la pièce d'à côté ! Réplique t-elle.
- Oui, et bien tu m'excuses, mais c'est normal ... Tu nous as espionnés ... T'es pas croyable. Allez retourne d'où tu viens et laisse nous régler nos comptes entre nous ... Dis-je en secouant la tête, alors qu'Alain hausse un sourcil en faisant une drôle de grimace face à la délurée qui me sert de presque soeur.
Sarah nous jette un drôle de regard à tous les deux et poursuit sur sa lancée.
- Vous savez quoi, vous ne parviendrez jamais à vous convaincre, alors c'est moi que vous allez tenter de convaincre avec vos histoires, d'accord ? Mais allons plutôt nous installer dans ta chambre Angelo, parce que debout dans l'entrée c'est pas idéal, surtout lorsque mes parents rentreront du boulot ... Parce que là, je vous sens bien partis pour que ça dure longtemps ! Dit-elle en nous souriant.
- Euh ... Elle est au courant de tout ça ? Me demande Alain.
J'hoche la tête, voyant déjà où veut en venir Sarah. Elle compte profiter de la situation pour mettre à exécution un de ses plans débiles ... Comme ce qu'elle tente de mettre en pratique à l'instant.
- Ca me va ... Répond Alain.
- Pas à moi ... Dis-je calmement.
Sarah me lance un vilain sourire tandis que je lui adresse un regard noir.
- Voyons Angelo ... Tu ne rêves pas de régler cette affaire une bonne fois pour toutes ? Me demande t-elle en papillonnant des yeux de façon idiote.
- Bien sûr que oui, mais pas avec ton implication personnelle.
- Pourquoi ? Tu as peur de sa sentence ? Tu crains d'être jugé en tord ? Me dit Alain en se tournant vers moi, les bras croisés et un zeste de sourire suffisant gravé sur la figure.
- Certainement pas ...
Nous restons quelques secondes plantés là, à nous observer avec minutie avant que Sarah ne nous interrompe.
- Bon, il y a un temps pour tout. D'abord la conversation qui arrange tout, et suite à ça votre combat de regards langoureux ... Suivez moi, on va s'installer.
Alain monte les escaliers à sa suite et je reste bon dernier, me demandant ce que cette peste a encore en tête. Arrivés dans ma chambre, elle s'installe confortablement sur mon lit, Alain en fait de même avec la chaise de mon bureau, et je reste debout, appuyé contre mon armoire. Sarah nous lance de grands sourires jusqu'à ce que nous la fixions sans broncher.
- Et bien, nous voilà donc tous réunis en ce jour ... Bref ... Donc, je récapitule : Angelo défend corps et âme sa relation avec Christian, et toi ... Alain ... Tu es absolument contre, et tu irais même plus loin en comparant son petit ami avec une espèce de démon qui n'a que d'horribles choses en tête et qui serait une espèce de pédophile. D'après ce que j'ai capté hein ... Entre Prince Charmant et Belzébuth, je me demande vraiment ce qu'en penserait Christian ... Pauvre homme ... Passons ... A tes yeux Angelo, il est l'homme parfait ... Commence t-elle avant que je ne la coupe.
- Non, pas parfait, mais certainement pas un monstre ...
- Oui , bon, laisse moi exagérer les choses, ça collera mieux avec la vision qu'Alain a de lui. Ca fera parfaitement "les deux extrêmes" ... Donc, je le connais un peu ce sujet de discorde entre vous, et honnêtement, d'un côté, je trouve Angelo que tu es injuste avec tes amis parce qu'ils se font énormément de soucis pour toi et qu'après tout c'est bien normal qu'ils pensent ça, ils sont ... Raisonnables et conscients eux. Moi je ne le suis pas vraiment, c'est pour ça que cette histoire ne me dérange pas outre mesure. Mais bon, donc ... D'un côté Angelo, tes amis sont de véritables amis, qui se soucient vraiment beaucoup de toi. D'un autre, je vous trouve bouchés vous aussi et pas très sympathique de croire qu'Angelo est assez con, bien qu'il le soit, mais là encore ce n'est que mon avis, et pas pour les mêmes raisons ... Bref, donc, ce n'est pas très gentil de croire qu'il est assez stupide et naïf pour tomber amoureux d'un gros con pervers et vicieux. C'est sous-estimer notre cher Angelo ! Après tout, il faut voir ce qu'il a fait à l'autre connard de blond qui lui, était sacrément pervers quand même ! Je voudrais tout de même vous suggérer, enfin, à toi Alain, de chercher à en savoir plus Christian et sur la relation qu'Angelo et lui entretiennent. Achève Sarah sans cesser de sourire.
- Non ... Dis-je simplement.
Comme si Christian avait envie que mes amis sachent plus de choses sur lui. Ca leur permettrait d'agir et de lui faire du mal. Il serait totalement à découvert et risquerait beaucoup plus de choses. Sans compter qu'il me décapiterait en apprenant la nouvelle.
- Pourquoi non ? Tu crains quoi ? Qu'on soit fixés sur le fait que ton Christian est vraiment un salaud une fois qu'on en aura appris un peu plus ? Me demande Alain.
- Je te stoppe tout de suite. Christian est à mon humble avis sérieux et honnête. Lorsqu'il a de mauvaises intentions il le fait savoir. Et j'ai eu l'occasion d'avoir affaire à lui à plusieurs reprises. Je pense être en mesure de dire qu'il ne tentera pas de briser corps et âme notre si cher Angelo. Réplique Sarah.
- Bien, bien ... Donc tu peux me parler de lui dans ce cas, puisque Angelo refuse de le faire. Poursuit Alain en s'adressant désormais à elle.
- Non ... Personne n'en dit plus le concernant sans son consentement ... Dis-je en les regardant d'un air mauvais.
Il est absolument hors de question que quoi que ce soit filtre. Au risque de frapper dans le tas, je défendrai Christian contre tous dangers.
- Bon et bien c'est très simple ! Téléphonons lui ! C'est encore mieux d'ailleurs, Alain pourra discuter directement avec Christian et ça règlerait enfin le problème ! Je vais chercher mon portable ! S'exclame Sarah en quittant précipitamment mon lit.
J'éclate d'un rire nerveux que je calme immédiatement.
- Tu te fiches de moi ? Je t'ai déjà expliqué ce qui arriverait si tu fais ça ! Et n'appelle pas chez lui, tu sais très bien que ce n'est pas lui va décrocher, et ça sera encore pire ! Dis-je en la fusillant du regard.
Alain pouffe avant de répliquer.
- Ouais, vaut mieux éviter, on risque de troubler sa charmante petite famille, preuve plus que flagrante de son grand sérieux dans cette histoire ! Dit-il avec ironie en hochant la tête.
- Pas d'embrouilles les mecs ! Je vais chercher mon portable, et toi Angelo, tu me fileras son numéro personnel si tu ne tiens pas à ce que ce ne soit pas lui qui décroche ... Logiquement on ne devrait pas le déranger outre mesure ! Enfin tant pis, j'en prends la responsabilité ... Clame t-elle avec un air sérieux qui m'effraie parce que c'est très rare venant d'elle.
Je prends les devants en attrapant mon téléphone et en quittant précipitamment la pièce, non sans me retourner pour leur lâcher quelques mots.
- Je l'appelle. Et Sarah ... Je te jure que si tu dis quoi que ce soit, je me ferais le plaisir de te dépecer lentement et de la façon la plus sadique qui soit.
Elle esquisse un geste de fermeture de ses lèvres et je m'éloigne de quelques mètres, sans cesser de jeter des regards en leur direction. J'appelle, légèrement paniqué parce qu'une fois de plus je me suis laissé emporter par l'action.
- Oui ? Fait la voix de Christian au bout de trois sonneries.
- Euh ... Bonjour ... Tu vas bien ? Je ne te dérange pas ?
- Je vais bien, et comme d'habitude je n'aime pas le fait que tu prennes l'initiative de me téléphoner. Mais je te rassure, je suis actuellement seul et tranquille. Marmonne t-il.
Je décide de ne pas y aller par quatre chemins et lui expose la situation sans aucune transition.
- J'ai une mauvaise nouvelle pour toi. Je suis présentement avec Sarah et Alain, et il s'avère qu'ils tiennent absolument à ce qu'Alain te parle. Je ne sais pas vraiment quoi faire, Sarah comptait carrément appeler chez toi ou alors dire ce qu'elle sait de toi, et vraiment, je ... Enfin je sais bien que tu me tuerais si je laissais faire, alors je leur ai dit que j'allais t'appeler ... Je fais quoi ?
Je me sens profondément débile, mais à part les réduire en bouillie pour que rien ne se dise, je dois avouer que je n'ai aucune idée en tête.
- Je crains de ne pas avoir tout compris. Ou alors trop bien et dans ce cas là je tiens à régler mes comptes avec toi et la petite idiote qui vit aussi chez toi ... Répond t-il froidement.
- Je n'ai rien fait ! Dis-je en protestant, avant de reprendre. Sarah pense que si tu parles à Alain et que vous faites connaissance ça peut tout arranger ! Elle prend ça vraiment trop à coeur, je ne sais pas quoi faire ... Mais elle a fait comprendre à Alain qu'elle pouvait répondre à certaines de ses questions te concernant. J'ai préféré te prévenir de suite, même si je sais bien que tu n'es pas présent. Mais comme tu es le principal concerné ... Si tu peux au moins parler à Sarah et lui faire comprendre que son idée est débile ... Je n'y arrive pas ... Dis-je doucement, un énorme noeud à l'estomac.
Christian ne me répond pas et semble réfléchir pendant un petit moment.
- Bien ... Fait-il.
Je l'entends prendre son souffle avant de poursuivre.
- Passe moi ton copain ... Je m'en occupe.
Je suis scié et mon coeur se met à battre la chamade. Que compte t-il lui dire ? Que va t-il se passer ? Est-il énervé contre moi ? Pourquoi cette réaction ? Trêve de réflexions, je lui demanderai des explications plus tard je crois.
- D'accord ... Je ... Bonne chance ... Je te récupère après ... ? Dis-je piteusement.
- Nous verrons bien. Réplique t-il sèchement.
Je garde le téléphone bien en main et retourne donc dans la chambre puis m'adresse à Alain.
- Il accepte de te parler.
Mon "ami" hoche la tête et je lui transmet le téléphone. Sarah m'adresse un grand sourire tandis qu'Alain approche le téléphone d'une de ses oreilles. Il se ravise et nous observe un petit moment avant de dire :
- Vous voulez bien nous laisser en tête à tête ? Je veux pouvoir dire ce que je veux sans avoir à subir vos réactions diverses ...
Je soupire tandis que Sarah m'attrape par le bras sans un mot pour tenter vainement de me faire sortir de la pièce. Je jette un dernier regard noir à Alain et me laisse guider par Sarah qui va jusqu'à descendre et nous laisser échouer sur le canapé.
- C'est la merde ... Dis-je paniqué.
Elle me tapote doucement sur l'épaule, tout en parlant.
- Mais non, ne t'en fais pas. Christian est grand, il va brillamment s'en sortir.
Je suis tout pâle, comme si on venait de m'annoncer qu'un astéroïde allait s'écraser ici et que l'on avait aucune moyen de quitter la ville. Sarah reste à mes côtés et me masse gentiment le dos, en silence. Vu ma tête, elle n'a plus vraiment l'air de penser avoir fait le bon choix avec son plan dans lequel, au final, tout le monde a marché.
Le temps s'écoule avec une lenteur incroyable, et j'ai le sentiment que quelque chose d'affreux se passe à l'étage, bien que l'on entende pas un chat, ce qui pour moi est encore pire que des hurlements, puisque dans ce cas là, au moins, j'aurais été parfaitement au courant de la scène qui s'y joue.
- Tu penses qu'ils se sont entretués au téléphone ? Me demande Sarah avec inquiétude, tout en consultant sa montre.
Je déglutis péniblement, m'apprêtant à lui répondre que de toute évidence, c'est de sa faute si la situation a dégénéré autant et que je vais la détester éternellement puisque aussi par sa faute Christian va sans aucun doute me plaquer parce qu'il n'y aura plus rien à faire pour sauver notre couple. Pire ! Alain reconnaîtrait sa voix et le dénoncerait ...
Je soupire, décidant au final de ne pas ouvrir la bouche parce que je risquerais de déverser toute ma haine sur elle. Je ferme les yeux, essayant vainement de penser à autre chose, lorsque les bruits de pas d'Alain descendant les escaliers se font entendre. Sarah et moi sursautons et nous relevons avec empressement, tous deux visiblement tiraillés par la crainte. Alain s'approche de moi et me rend mon portable. Je constate qu'il a raccroché et n'ose même pas lever les yeux vers lui. Voyant bien qu'aucun de nous deux ne se renseigne sur la situation, il prend la parole d'une voix calme.
- Merci Sarah. Ton coup de pression a permis d'arranger quasi totalement les choses. Angelo ... Visiblement, nous avons peut-être commis une erreur ... T'es peut-être une des exceptions qui confirment la règle, après tout ... Enfin, je suppose que Christian te racontera ça plus en détails. Je lui ai dit certains trucs. Enfin, il a accepté qu'on se rencontre ... Question qu'on soit sûrs de son honnêteté, hein ... Je vais pas te refaire toute la conversation, je pense que j'ai besoin d'un petit moment pour m'en remettre et pour y réfléchir, savoir si je fais bien de tolérer ça ou pas ... Et il va falloir que j'explique certaines choses aux filles, si c'est le cas ... Mais du coup je vais y aller, je suis exténué ... On s'appelle dans la semaine, hein ? Dit-il d'une traite, alors que je reste sans voix et que Sarah sourit bêtement en raccompagnant Alain jusqu'à l'entrée.
Je reste un moment dans cet état de stupéfaction avant qu'elle ne revienne se pointer face à moi, une fois seuls, avec un grand sourire aux lèvres.
- Alors ? C'est qui la meilleure, crétin ?
A suivre ...
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Je m'excuse pour les fautes qui restent.
Je m'excuse aussi pour ce retard de publication qui est le mien.
Je vous remercie sincèrement pour avoir été très présents tout au long de cette semaine.
J'espère que vous aurez le temps et l'envie de me faire part de vos commentaires.
Je vous dis : à la semaine prochaine.