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Suite, encore et toujours...
Bonne lecture !
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Réponses aux reviews
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Tous mes plus chaleureux remerciements pour leurs reviews et leurs mails à Laku-san, à Mr MR, à Egwene, à Nass, à sandra1501, à SamaraXX, à Cainael, à Vyersdra, à zouzou, à Shyn, à Vif d'or, à xodom, à Wendi Oleng, à Yume, à Mydaya, à Youkai Yuy, à plume d'ange, à Cassie Black, et à Edann.
Merci encore à vous. Je tiens à m'excuser pour l'immense retard de mes réponses. Elles vous seront toutes envoyées par mail (ou par "reply" quand je n'ai pas pu avoir vos adresses mail) dès le début du mois de Septembre au plus tard. Si cela vous dérange de les recevoir par mail ou bien si vous ne les avez pas reçues, signalez le moi ! Merci à toutes, et bonne lecture.
Anon: Bonjour ! Merci beaucoup pour ta review. Je suis ravi que l'histoire continue à te plaire et j'espère que la suite te conviendra. Au plaisir d'avoir de tes nouvelles. Bonne lecture !
loan: Je te remercie pour ta review. Concernant ton adresse mail, je l'attends donc impatiemment pour pouvoir te répondre comme il se doit. Je suis vraiment satisfait que l'histoire te plaise (et non, tu n'es pas mièvre !). Et je te remercie sincèrement pour tous ces compliments. Sur ce, j'espère que la suite te plaira tout autant. Bonne lecture !
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Chapitre 78 - Profil bas
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Samedi, début du mois de Juillet.
"Désolé de ne pas t'avoir donné de nouvelles auparavant. Des problèmes avec ma femme m'en ont empêché. C'est désormais réglé."
"Bonjour ! Merci de me tenir au courant ! T'imagines pas comme j'étais inquiet ! Et puis j'osais rien envoyer... On peut se voir ?"
"Je dois dire que ça risque d'être difficile... J'ai eu du mal à calmer l'affaire et à pouvoir m'isoler un instant."
"Ta femme se doute vraiment de quelque chose alors ?"
"Je n'ai pas envie de t'en parler. Tiens toi tranquille et je te contacterai dès que possible."
"J'estime être en droit de savoir... Je n'ai pas envie d'attendre je ne sais pas combien de temps avant de te voir..."
"C'est difficile à expliquer... Je t'appelle dès que j'ai un moment."
Angelo posa son téléphone portable sur sa table de chevet après ce dernier message. Christian l'avait réveillé de bonne heure avec ce premier message que le garçon n'attendait plus. S'en était suivi un échange plus ou moins bref étalé sur toute la matinée puisque l'adulte n'avait pas tendance à lui répondre promptement.
Le jeune homme se leva enfin. Il n'avait pas spécialement l'habitude de quitter le lit aussi tardivement et il se sentait coupable de le faire. C'est vrai, Francis ou Marianne pouvaient très bien avoir besoin de son aide pour quoique ce soit et, au lieu de les aider il se prélassait dans son lit en attendant les réponses de son petit ami. L'adolescent enfila le premier tee-shirt qui lui tomba sous la main ainsi qu'un long short qui traînait sur le bord de son lit. Puis il mit un pied hors de sa chambre.
Il emprunta distraitement les escaliers, songeant à ce que Christian lui cachait. Il avait bien évidemment quelques petites idées là dessus mais connaissant l'adulte, il ne pouvait se permettre d'affirmer ce qu'il pensait être juste. C'est vrai, son petit ami pouvait être une personne on ne peut plus surprenante, de la façon la plus positive à la plus négative. Le mystère qui l'entourait restait épais aux yeux d'Angelo et ce malgré tous les efforts qu'il faisait pour se rapprocher de lui.
Une fois parvenu dans le hall, Angelo s'enquit auprès de ses tuteurs de l'éventuelle aide qu'il pouvait leur apporter.
Francis, tout comme Marianne, n'avaient rien à redire concernant le comportement de leur jeune pupille. Angelo aidait de bon cœur, il semblait très calme et n'attirait aucun problème. Certes il était extrêmement solitaire, rêveur et peu souriant mais fallait-il attendre autre chose de la part d'un adolescent qui, qui plus est avait perdu ses parents il y a tout juste un an ? Selon eux Angelo était un garçon banal. Ou presque... Dans tous les cas il n'y avait pas de raisons pour qu'il vive une histoire sortant totalement du commun ou pour que des phénomènes incongrus puissent bouleverser son existence. Alors Francis et Marianne le traitaient comme tout adolescent qu'il était, avec un peu plus de pudeur que s'il avait été leur fils puisque dans le fond ils ne se connaissaient que depuis peu de temps. Et cette attitude convenait à tous les habitants de la maison.
Angelo appréciait ses tuteurs, bien plus que sa peste de demi-sœur, mais il ne souhaitait pour rien au monde qu'ils s'impliquent fortement dans sa vie. Sarah lui suffisait déjà bien assez. Le garçon ne tenait pas à ce qu'ils remarquent certaines choses plus ou moins étranges, ni à ce qu'ils lui posent des questions dérangeantes. Cette petite vie de famille était tout ce qu'il souhaitait. Il ne se serait jamais senti à son aise si on avait tenté de remplacer ses parents ou bien si on l'avait mis à l'écart or, ce n'était pas le cas donc l'adolescent avait pu trouver ses marques au sein de la famille.
Un petit train-train familial des plus paisibles avait donc pris place dans cette maison.
Tout à ses occupations journalières qui consistaient à apporter son aide à la population qui vivait sous le même toit que lui, Angelo eut bien du mal à entendre la sonnerie de son téléphone portable. Une fois la mélodie parvenue à ses oreilles il abandonna son poste et s'isola pour répondre comme il se doit.
- Oui ?
- C'est encore moi. Répondit la voix de Christian.
- Ah... Et alors ? Tu vas m'expliquer ? Demanda Angelo sans préambule.
- Tu vas droit au but... Disons que je dois aller faire des courses cette après-midi. Je me suis débrouillé pour que la corvée me revienne sans que trop de soupçons ne pèsent sur moi. Le problème étant que je dois faire mes courses vite et bien, ce qui ne me laisse pas vraiment le temps pour discuter tranquillement avec toi. Néanmoins je pense être en mesure de passer cinq à dix minutes avec toi dès que ce sera fini... Si tu t'avises de râler face à mes efforts ne compte même pas sur le fait de me voir avant un moment. Répliqua l'adulte avec un semblant de calme.
L'adolescent ne s'en sentait que d'autant plus inquiet. Il se demandait ce qui arrivait du côté de Christian, quelle était l'ampleur des dégâts occasionnés, quels étaient réellement les faits ?
- Euh... Oui... D'accord... Ce n'est pas que je tiens absolument à me plaindre mais... Dix minutes et ensuite ? Je sais bien que je n'ai aucun droit par rapport à ta famille, seulement dix minutes c'est un petit peu... Exagéré ! Je ne blâme personne et... Commença timidement le garçon avant d'être interrompu par l'homme.
- Bien, j'ai compris. Dans ce cas ce ne sera rien du tout et je penserai distraitement à te prévenir le jour où j'aurais un peu plus de temps à te consacrer. Avril prochain te conviendrait ? Prends en très sérieusement note. Dit-il d'une voix froide.
- Arrête avec ça... Dis... Je peux venir avec toi pour tes courses ? Questionna le jeune homme avec gêne.
- C'est hors de question. Je ne tiens pas à prendre plus de risques. Marmonna l'adulte.
- Je ne vois pas le risque... Il suffit que tu ailles dans un endroit un peu plus éloigné de la ville et les rares personnes qui pourraient te connaître n'y seront pas ! Je me ferai très discret et t'aiderai à faire tes courses. Je t'en prie Christian... Dit Angelo en essayant de se rendre le plus convaincant possible avec ses maigres arguments.
- Tu as déjà mangé ? Demanda le plus âgé sans la moindre transition.
- Oui... Répondit simplement l'adolescent.
De l'autre côté du fil, un long soupir de la part de Christian lui répondit avant que ce dernier ne prenne la parole.
- Tiens toi prêt, j'arrive dans quelques minutes.
Pour ne pas changer, Angelo n'eut guère le temps de se répandre en remerciements avant que l'adulte ne raccroche. Excité comme un pou, l'adolescent fut largement prêt avant l'heure. Il s'était considéré comme déjà préparé à l'instant même où son petit ami lui avait signifié de se tenir prêt.
Par chance, Francis et Marianne ne faisaient pas cas des sorties organisées à la dernière minute maintenant qu'ils connaissaient un peu plus Angelo. Ils faisaient confiance à leur fille et au garçon pour se tenir à carreaux et pour respecter cette confiance qu'ils avaient en eux. C'est donc sans la moindre inquiétude qu'ils laissèrent le jeune homme quitter la maison. Qui donc aurait pu l'empêcher de sortir alors qu'il avait l'air si joyeux à cette idée ?
Sur le trottoir, Angelo marchait à bonne allure dans la direction par laquelle Christian était censé arriver. Une fois n'est pas coutume, l'adulte pointa le bout de son nez avant l'heure et malgré son nœud à l'estomac le garçon en fut fort agréablement surpris. Il courut presque jusqu'à la voiture et s'y engouffra en toute vitesse.
- Tu as été rapide ! S'exclama t-il avec un sourire en posant les yeux sur son petit ami qui lui, conservait une expression des plus sérieuses.
- Je n'ai pas de temps à perdre. Répliqua ce dernier. Je dois me dépêcher de faire ces courses, d'autant plus s'il faut aller ailleurs. Tu parviens réellement à me faire faire n'importe quoi... Soupira t-il en démarrant.
- Si tu n'avais vraiment pas envie de me voir tu n'aurais pas accepté. Conclut simplement Angelo, refusant que toutes les fautes lui soient toujours attribuées.
Christian grogna mais ne répliqua pas, se concentrant uniquement sur la route.
- Ce serait bien si tu commençais tout de suite à m'expliquer ce qui se passe. Je suis mort d'inquiétude et le fait de ne rien savoir et de simplement émettre des hypothèses n'arrange rien. Dit l'adolescent.
Un nouveau soupir quitta les lèvres de l'adulte tandis qu'il empruntait un autre chemin.
- Je pense que tu as très bien compris que j'avais quelques problèmes avec ma femme. Il n'y a rien de plus à ajouter. Dit-il sans perdre de sa concentration.
- Mais encore ? Ce n'est pas parce que je sais ça que je suis parfaitement en mesure d'appréhender toute la situation ! Rétorqua Angelo, outré.
- Elle sait que je la trompe. Murmura Christian.
- De quoi ? Fit le jeune homme, effaré.
L'adulte ne pipa mot et accéléra, craignant de ne pas accomplir sa mission dans le temps que lui avait accordé Thérèse.
- Elle ne fait rien ? Enfin... Je veux dire... Elle ne te quitte même pas alors qu'elle sait que tu la trompes ? Questionna le garçon, interloqué.
- Estime toi heureux qu'elle ne cherche pas à me quitter parce que dans le cas contraire je me serais certainement vu contraint de prendre des mesures d'autant plus draconiennes. Nous ne serions certainement pas restés ensemble Angelo. Et rien n'aurait été plus facile. Répliqua Christian.
- Que veux-tu dire ? Demanda l'adolescent, une forte expression d'incompréhension gravée sur le visage.
- Tu ne peux pas comprendre. Railla l'adulte en lançant un regard noir à un piéton imprudent.
- Bien évidemment, je ne suis qu'un gros débile... Marmonna Angelo en tournant la tête.
Il était pensif, tout comme son partenaire. Que signifiait cette histoire ? Pourquoi une fois "débarrassé" de sa femme Christian ne pourrait-il pas n'avoir que lui dans sa vie ? Aux yeux du garçon, tout était justement plus simple.
- Que veux-tu dire ? Répéta t-il après s'être retourné ces quelques questions dans la tête une bonne trentaine de fois.
- Que tu ne peux pas comprendre. Répondit à nouveau l'homme, mécaniquement.
- Que veux tu dire ? Demanda Angelo, déterminé à ce que l'on réponde à ses questions.
- Tu es terriblement chiant. Répliqua Christian.
- C'est ce qui fait que nous sommes un couple assorti. Dit le garçon en lançant un léger sourire à son petit ami.
- Je n'ai pas envie de me fendre la poire aujourd'hui... Si tu te mets toi aussi à m'emmerder ça va très mal se passer, je te préviens. Grogna l'adulte.
- Tiens donc... C'est sûr que c'est pas à ta femme que tu peux te permettre de sortir ce genre de choses... Ironisa l'adolescent.
Sous le coup de ses nerfs, le plus âgé fit une violente embardée avant de pénétrer dans le parking de l'hypermarché. Par cette période estivale les places libres étaient étrangement chose commune et Christian se gara rapidement. Il quitta tout aussi vite la voiture et son petit ami en fit de même, calquant sa cadence sur celle extrêmement véloce de l'adulte.
- Tu as... Commença t-il avant d'être immédiatement interrompu par l'homme.
- Tais toi ! Ne dis rien sans ça je vais t'en coller une. Tu m'exaspères déjà. S'exclama t-il.
- Oui Maître... Eternel coupable je suis mon Seigneur. Veuillez excuser mes sombres péchés. Psalmodia Angelo en sentant qu'il s'emportait lui aussi.
Christian cessa d'avancer et le garçon en fit de même, fixant sérieusement l'adulte. Ce dernier ouvrit la bouche mais ne prononça pas un mot et reprit sa marche sans un geste ni un regard pour Angelo, tout en secouant brièvement la tête. Cette attitude peu familière déstabilisa légèrement le jeune homme qui se contenta dès lors de suivre son petit ami, une foule de questions lui traversant l'esprit.
Une fois parvenus à l'entrée de l'hypermarché, Christian se dirigea vers le secteur où étaient stockés tous les chariots et revint vers l'adolescent avec l'un de ces spécimens. Angelo le suivit timidement à l'intérieur, se demandant s'il devait agir ou pas et si oui, comment. Il suivit tacitement l'adulte pendant quelques secondes, puis se décida à prendre certaines choses en main.
- Je suis vraiment désolé. Dit-il en parlant fort, question que son petit ami comprenne bien qu'il s'adressait à lui et qu'il désirait que la situation se tranquillise.
Christian lui jeta un coup d'œil courroucé et poussa son chariot avec plus d'assurance. Le garçon doubla et stoppa net ledit chariot d'une de ses mains, ce qui fit soupirer l'homme.
- Je sais que tu es désolé et je te pardonne de tout mon cœur Angelo. Est-ce que ça te convient ? Puis-je poursuivre mes courses en tout apaisement ? Grogna l'adulte.
- Laisse moi guider le chariot, je vais t'aider. Ce sera plus rapide. Répondit simplement l'adolescent en écartant un Christian des plus perplexes pour prendre sa place.
A la fois agacé et adouci, le plus âgé des deux extirpa de sa poche la liste des courses et observa les environs pour savoir où il devait exactement se rendre. Ce qu'il fit, entraînant Angelo à sa suite.
- Tu sais... Dit timidement le jeune homme quelques instants plus tard, tandis qu'ils vadrouillaient à vive allure d'un rayon à l'autre. J'aimerais vraiment comprendre ce qui arrive. J'imagine bien que je ne suis qu'un petit truc insignifiant dans cette histoire et que peut-être tu n'as pas que ça à faire de me voir et de me parler. Tu as sans doute des soucis bien plus importants et je devrais probablement me faire minuscule, mais... Je m'en fais beaucoup te concernant. T'en as possiblement rien à cirer mais je ne cesse pas de réfléchir à la meilleure façon dont je pourrais t'aider, à pas mal de solutions pour qu'on passe outre nos obstacles. La dernière chose que je souhaite c'est d'être une épine dans ton pied.
- Ne t'en fais pas. Répliqua rapidement Christian en adressant à Angelo un petit sourire terriblement triste.
L'adolescent n'avança pas plus et l'adulte revint vers lui.
- Je t'assure que je t'ai dit tout ce qu'il y avait à dire et que je règle le problème sans tarder. Râla t-il en direction du garçon.
- C'est ça que tu cherchais dans ce rayon... Chuchota Angelo en serrant les lèvres et en pointant du doigt le produit en question.
- Ah... Répondit simplement son petit ami en déglutissant et en tentant de retrouver péniblement une expression neutre.
Une fois ce stoïcisme retrouvé, Christian se dirigea vers où le doigt du garçon avait auparavant pointé et saisit fermement le paquet qu'il déposa calmement dans le chariot. L'adolescent en profita pour attraper le bras de l'adulte et sentit un frisson parcourir ce dernier. L'homme libéra son bras de l'emprise d'Angelo avec une rapidité déconcertante.
- Je ne veux pas de ça ici. Ordonna t-il en s'éloignant brusquement du chariot.
- Tu as un problème. Répliqua d'une voix forte le plus jeune.
Certains regards se tournèrent vers eux et Christian fit un tour d'horizon de ceux qui les dévisageaient avec son expression la plus glaciale avant de fuir le rayon à grands pas.
- Tu n'es vraiment qu'un petit con. Grogna t-il en jetant un bref coup d'œil à Angelo qui le suivait en poussant péniblement le chariot d'ors et déjà rempli de courses.
Le petit con en question ne répliqua pas et poursuivit sa besogne sans plus un mot, jusqu'à ce que l'adulte ne se poste fermement face à un rayon et ne se prépare à effectuer un choix crucial concernant la marque, le prix et le format du produit qu'il devait emporter.
Angelo laissa donc momentanément le chariot et les emplettes effectuées de côté et vint se poster près de Christian.
- Tu vas mal, ça se voit, ça se sent et j'ai besoin que tu me dises ce qu'il y a. C'est important. Dit l'adolescent.
L'adulte porta son choix sur un des produits du rayon et en fit sa propriété, l'agrippant et l'amenant à lui d'une main tremblante ; l'effet des paroles du garçon pénétrant doucement ses hémisphères cérébraux.
- Je suis incapable d'abandonner ma famille, j'ai besoin d'elle. Murmura doucement le plus âgé en faisant semblant d'être absorbé par l'étiquette de la marchandise qu'il avait entre les mains.
- Je ne comprends pas... Répondit Angelo, perdu.
Christian soupira, puis reprit la parole.
- Ma femme sait que je la trompe. Elle ignore avec qui, mais elle le sait et elle n'est pas stupide. Elle sent certaines choses. J'ai droit à des disputes, des menaces et des mises au point sans arrêt. Je suis censé cesser de te voir, Angelo... J'ai comme qui dirait un choix à faire, et tu ne peux pas imaginer comme l'idée de laisser tomber ma famille et de l'avoir à dos m'est intolérable. Répliqua l'adulte.
- Alors tu vas me virer... Chuchota le garçon en lisant lui aussi les étiquettes qu'il avait sous les yeux.
Un nouveau soupir quitta les lèvres de Christian et de ses doigts il dessina le contour de ce qu'il tenait entre ses mains.
- Tu ne comprends pas... Marmonna t-il.
- Ben non mais... Je ne demande que ça... Je ne vois pas du tout où tu veux en venir en me disant ça, si ce n'est pas pour me quitter... Faut pas que ça te rende triste comme ça pour moi, je ferai avec si c'est ce que tu dois faire... Dit tristement le jeune homme.
- Ne démarre pas avec ce genre de choses... Es-tu capable de comprendre que si nous sommes encore ensemble c'est parce que tu les vaux bien ?
Angelo sentit son cœur bondir allègrement dans sa poitrine et s'approcha plus encore de Christian, devenant aussi nerveux que lui.
- Dans ce cas, d'un côté tu as ta famille que tu ne peux pas laisser tomber parce que c'est ta famille, tout simplement. C'est normal, je comprends... Et de l'autre, tu m'as et tu ne veux pas me laisser tomber parce que... On s'aime, c'est ça ? Il faut donc... Commença l'adolescent, qui fut rapidement interrompu.
- Il ne faut rien du tout. Il n'y a rien à faire hormis être extrêmement prudents. Je tente de calmer le jeu comme je le peux mais ce n'est pas toujours évident. J'ai ma femme constamment sur le dos et la tension qui règne chez moi fait que je me sens des plus mal à l'aise en plus de la culpabilité qu'elle me fait ressentir. J'ai simplement quelques difficultés à maintenir le cap sans ciller. Ma conscience est loin d'être tranquille dans cette affaire et le fait que je sois hors-la-loi en flirtant avec toi n'est pas pour arranger les choses. Cette histoire ne fait que de se compliquer davantage Angelo et honnêtement, j'ignore encore combien de temps je pourrais tenir dans une situation pareille.
Christian semblait exténué. Et en réalité il était bien plus épuisé encore qu'il n'en donnait l'impression. Angelo se tourna vers lui et l'adulte lui adressa à nouveau un triste sourire. Ses yeux le sondaient avec un désespoir certain qui angoissa le garçon.
- Que puis-je faire pour toi ? Demanda t-il d'une voix blanche.
- Je ne sais pas... J'ignore comment ma vie a pu devenir ce qu'elle est devenue. Parfois j'aimerais que ce soit toi qui prenne l'initiative de mettre un terme à cette relation puisque personnellement je ne me sens bon à rien en ce qui concerne les choix que je dois effectuer. Je me demande aussi ce que tu peux bien me trouver, pourquoi deux personnes en ont après moi. Il faut bien reconnaître que je suis insupportable avec ce sale caractère que j'ai et... Je suis loin de posséder un charme quelconque. Répliqua Christian en faisant tourner dans tous les sens l'objet qu'il tenait encore entre ses mains.
Angelo posa sa main sur le visage de l'adulte et le fit pivoter jusqu'à ce qu'il soit absolument en face du sien. Ce geste ne plut pas à l'homme qui éjecta le bras de l'adolescent en grognant.
- Je te prie de ne pas me toucher en public !
- Je souhaitais simplement contempler ta laideur. Rétorqua le garçon, en fronçant les sourcils.
Christian lui lança un regard chargé de douleur et se détourna.
- Nous n'avons pas de temps à perdre. Dit-il en aménageant une petite place dans le chariot pour sa marchandise.
- Je te trouve très beau. Dit simplement Angelo, comme si de rien était.
- La plaisanterie n'est pas à mon goût. Je suis épuisé et loin d'être dans mon assiette ces derniers temps. Pourquoi ne m'harcèles-tu pas en me faisant chanter et en me critiquant pleinement, pour agir en conséquences ? Ce serait plus simple à mes yeux de choisir entre ma femme et ma femme, en plus jeune et avec une paire de couilles en plus. Tu me perturbes avec ces compliments, ces attitudes et ces mots qui semblent sincères mais que j'ai du mal à encaisser. Répliqua l'adulte, gêné.
- Tu es vraiment très beau, même si tu as la tête de quelqu'un qui ne fait pas ses nuits... Murmura le garçon en contournant le chariot pour s'approcher un peu plus de son petit ami. Et je suis naturel avec toi, j'agis comme j'ai envie d'agir, sans m'embarrasser de quoi que ce soit...
Angelo s'efforçait d'être réconfortant et tentait d'afficher une mine positive, ce qui poussa Christian à hocher bêtement la tête, ne sachant que dire de plus.
- Je vais faire tout mon possible pour que les choses ne soient pas plus compliquées à vivre pour toi... Reprit le jeune homme.
L'adulte ne dit rien et se contenta d'observer le charmant visage de son petit ami. Ce dernier agrippa Christian par le col ; tentative inutile pour qu'il cherche le moins possible à fuir. Puis il déposa un baiser sur ses lèvres, ce qui poussa l'homme à faire un bond et à tourner la tête dans tous les sens.
- Qu'est-ce qu'il te prend ? Je t'ai dit de ne jamais faire ce genre de choses en public ! Qui sait si... S'exclama t-il subitement avant qu'Angelo ne lui coupe la parole.
- Personne ne nous a vus ! Et personne ne connaît mon âge, je pourrais bien avoir vingt ans, si ce n'est plus, que ça passerait sans problèmes aux yeux de n'importe qui. N'aie pas peur, nous sommes à l'abri. Les gens sont tellement bien pensants que quand bien même je ferais mon âge, ils n'iraient jamais penser que tu fasses du détournement de mineur en public... Chuchota l'adolescent.
Christian se contenta de soupirer et d'analyser à nouveau le décor avant de répondre.
- Tu as raison. Je ne devrais pas m'en faire pour ce genre de choses que nous seuls savons dans ce type d'endroit. Ce n'est cependant pas une raison pour que tu te croies tout permis.
Le garçon sourit à l'adulte et l'embrassa à nouveau et pas seulement par provocation. Le plus âgé se permit même d'approfondir légèrement le baiser après avoir regardé furtivement que personne ne venait dans le secteur. C'était sans compter sur une brave femme qui s'engagea dans le rayon à ce moment précis et qui poussa un petit cri à la vue de ces deux êtres de sexe masculin qui étaient trop proches l'un de l'autre.
Angelo et Christian se séparèrent promptement et jetèrent un regard gêné sur eux-mêmes et sur la bonne femme qui les observait étrangement en laissant ses mains errer à l'aveuglette sur le rayon le plus proche.
Le garçon reprit sa place à la tête du chariot tandis que l'adulte se tourna à nouveau vers le rayon.
- Je pense que je vais en prendre un deuxième... Dit-il pour dissiper le malaise.
- Oui, oui. Répondit simplement le jeune homme en esquissant un sourire qui ressemblait plus à une grimace.
De ce fait, après avoir brièvement relu sa liste et jeté un nouveau coup d'œil à la dame qui ne pouvait s'empêcher de les fixés avec un regard traduisant explicitement une certaine gêne, Christian s'adressa à elle avec une énergie et une assurance qu'il n'avait pas quelques minutes auparavant, comme revigoré par Angelo et par les forces positives dégagées par leur relation.
- Vous savez ma bonne dame, ça n'en a pas l'air comme ça, mais cette personne qui tient le chariot est en fait ma femme et nous fêtons dans quelques jours nos trente ans de mariage. Vous n'imaginez pas comme la chirurgie esthétique a fait d'énormes progrès ces dernières années en ce qui concerne l'anti-vieillissement. Bien qu'elle puisse vous sembler quelque peu... Masculine... Elle envisage sous peu les implants mammaires, elle est épuisée par l'impudeur des gens qui la dévisagent honteusement, comme si elle était un homme... N'est-ce pas ma douce Angélique ?
- Ô oui mon bien aimé... Dit Angelo en souriant de toutes ses dents et en papillonnant des yeux.
- Il n'empêche que le rayon de la foire aux monstres, ce n'est pas ici. Poursuivit Christian avec un certain humour et en adressant un sourire fortement hypocrite à la femme, qui s'éloigna rapidement sous la pression du regard de l'adulte.
L'adolescent éclata de rire dès qu'elle ne se trouva plus à portée de vue.
- T'es excellent ! Dit-il à son petit ami.
Christian lui lança un de ses sourires bien particuliers et d'un signe de main les invita à poursuivre immédiatement leurs courses.
Ils parvinrent rapidement à récolter tous les éléments et passèrent sans un mot à la caisse. Ils quittèrent l'hypermarché dans une humeur bien meilleure que celle dans laquelle ils étaient arrivés. La capacité qu'ils avaient développée à se rassurer mutuellement semblait faire petit à petit ses preuves, ce qui leur convenait très bien.
Tout en entreposant les courses dans le coffre de la voiture, Angelo se permit de troubler le silence agréable qui régnait entre eux jusqu'alors.
- J'allais oublier de te préciser qu'Alain souhaite que la rencontre se fasse Samedi prochain... J'avais complètement zappé de t'en parler, désolé... Dit le jeune homme. Tu penses que tu pourras te libérer, ou bien on négocie un autre moment ?
Christian réfléchit un instant, songeant à la façon dont il allait pouvoir quitter le cocon familial, puis il rassura le garçon.
- Je serai certainement en mesure d'assister à l'entrevue. Cependant, je ne peux rien t'affirmer une semaine à l'avance. Il faudra voir ça un peu plus tard dans la semaine.
- Pas de soucis. Répondit Angelo en lui souriant et en empoignant le chariot pour aller le ranger à l'entrée de l'hypermarché.
Tout en regardant sa montre, l'adulte referma le coffre de la voiture et se pressa à l'intérieur de celle-ci. L'heure était venue de rentrer.
A suivre.
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Je m'excuse de ce retard, j'ai été indisponible.
J'espère que ce chapitre vous a plu et que vous aurez l'envie de m'en donner des nouvelles.
Par ailleurs, il n'y aura pas de nouveau chapitre avant le tout début du mois de Septembre puisque je m'absente.
A bientôt.