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Author: Naera Ishikawa
Fiction Rated: M - French - General/Romance - Reviews: 8 - Published: 07-28-05 - Updated: 07-28-05 - Complete - id:1973191

Auteur : Naera Ishikawa

Disclamer : Ces personnes, ainsi que l’histoire, m’appartiennent corps et âme, MWAHAHAHA ! Ah, ça fait du bien de pouvoir dire ça

Ratting : M

Genre : Yaoi (trèèèèèèèèès yaoi), lemon, angst, trash, romance et bien d’autres….

Warning : NE PAS LIRE CECI, SI :

1) VOUS ETES HOMOPHOBE

2 ) VOIR DEUX HOMMES ENSEMBLE DANS DIVERSES POSITIONS (surtout dans un lit…) VOUS REVULSE, VOUS DONNE DE L’URTICAIRE OU AUTRE

3 ) SI VOUS ETES TROP SENSIBLE OU TROP JEUNE.

CERTAINES SCENES PEUVENT ETRE CHOQUANTES POUR UN PUBLIC NON AVERTI. SI VOUS VOUS SENTEZ CONCERNE, QUE VOUS NE VOULEZ PAS LIRE DE LEMON, NI DE RESUME DE VIOL, VOUS POUVEZ D’ORS ET DEJA QUITTER CETTE PAGE, MERCI. (je veux pas de problèmes, moua )

Note de l’auteur : C’est une histoire pas très joyeuse (mais qui finit bien tout de même :p) qui trottait dans la tête d’un auteur sadique et perverse (moi, en l’occurrence T.T’) depuis un moment, mais j’espère que vous aimerez tout de même. Et désolée si la mise en page foire un peu, mais ça, c'est fictionpress... Kisu. Naera

Je dédis à moitié cette fic à Magdalena Zoldik car elle (la fic) prouve que je suis sadique… Comme quoi tu avais totalement raison lors de notre dernière conversation msn :p… J’suis sadiqueuu TT’’, snif, snif, et l’autre moitié à mes persos qui souffrent sans dire grand chose, pauvres d’eux :p

Sur ce, bonne lecture

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Verloren

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In dieses Welt bin ich verloren. Ich werde immer verloren sein... (1)

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Un homme s’arrêta en plein milieu d’une rue assez mal éclairée, puis il regarda un peu partout avant de fixer un point devant lui, semblant en pleine réflexion.

-Bist du verloren (2) ? lui demanda une voix qui sortait d’un recoin d’ombre.

La personne qui venait de parler s’avança. C’était un jeune homme dont les mèches brunes lui tombaient devant les yeux, les cachant un peu plus dans cette semi-pénombre. Il marcha vers l’autre homme qui le dépassait d’au moins dix bons centimètres. Il fallait remarquer qu’il était assez petit avec son mètre soixante-cinq et par suite, ce n’était donc guère difficile d’être plus grand que lui…

Il s’approcha de l’autre, mais celui-ci semblait ne pas l’avoir vu. Beaucoup de monde ne le remarquait pas, c’était normal, seuls ceux qui le connaissaient ou qui voulaient le voir le pouvaient. L’homme perdu dans ses pensées n’était en aucun cas dans l’une de ces catégorie. Il était blond, quoique ce n’était pas sûr, pensa-t-il en avisant le millimètre de cheveux visible sur son crâne. Il n’avait pas une forte carrure mais il n’était pas frêle comme lui-même et intimait tout de même un certain respect. Et sa peau était un peu caramel, comme s’il était souvent exposé aux rayons du soleil.

-Hey ho, du bateau ! Tu m’entends ?

Il y eut un moment de flottement. Les yeux marrons clairs de l’homme rencontrèrent ceux marines, à moitié visibles sous les mèches de cheveux, de son interlocuteur. Il sembla se rendre compte qu’il était là depuis un moment et qu’il lui avait parlé…

-Pardon, vous disiez ?

-J’vous demandais si vous étiez perdu…

Le blond haussa les épaules.

-Apparemment ça n’a pas l’air d’avoir beaucoup d’importance, reprit le brun. Que faites-vous par ici ?

-Le bateau où j’bosse fait une halte.

-Je comprend mieux pourquoi vous avez c’te coupe. Et vous restez à quai combien de temps ?

-Cinq jours.

-Vouais… Et bah si tu repasses par ici, ma chambre te sera ouverte… et gratuite. A plus.

Il regarda le jeune homme s’éloigner.

C’est vrai, il aurait dû comprendre plus vite ce que jeune homme faisait de sa vie, ou plutôt de ses nuits. Il était habillé d’un débardeur serré avec un mini-short -très minimaliste-, des bas résilles qui s’arrêtaient dix bons centimètres au dessus du genou et des bottines, le tout de couleur noire. Quoique même s’il n’avait pas été dans la Lune, si ce jeune homme ne l’avait pas interpellé, il ne l’aurait certainement jamais remarqué, tapit dans le noir.

Tout de même, quel drôle de gamin, il l’avait vu deux minutes, parlé trente secondes et il voulait déjà le mettre dans son lit… Il avait tout de même des manières de dire -faire- assez cavalières…

Il regarda l’ombre dans lequel il savait que le garçon était, puis il continua sa route, sa silhouette se perdant dans le noir…

--

-Alors, t’es revenu… déclara le jeune homme brun en sortant de l’ombre.

-Ja… (3)

-Juste comme ça ou pour ma proposition ?

-Beide. (4)

Il y eut un silence, puis le plus jeune des deux reprit :

-Bah, suis-moi alors.

Ils marchèrent quelques minutes en silence avant de s’arrêter devant un immeuble délabré. Le brun s’avança, puis voyant que l’autre ne suivait pas, il se retourna. L’autre était perdu dans ses pensées en fixant son lieu de vie, puis il sembla sortir de ses pensées et avança à sa suite.

Après avoir monté trois étages, ils entrèrent dans l’appartement du brun. Il était petit et sommaire, contenant le minimum vital : un matelas à même le sol, une table et un coin cuisine. Il y avait aussi une porte dans un coin qui devait certainement conduire à la salle de bain.

-Ouais, ch’ais bien, c’est pas le grand luxe, mais bon… On fait avec, et faudra s’en contenter, déclara-t-il avec un clin d’œil pour insister sur son sous-entendu.

-Hm.

-Au fait, c’est quoi ton p’tit nom ? demanda le jeune homme en se rapprochant de son vis-à-vis.

-Ulrich.

-Ravi de te rencontrer, Ulrich. Moi c’est Sam, dit-il avant de s’emparer de ses lèvres.

Tout allait si vite, il se retrouvait déjà avec les lèvres de l’autre, Sam, sur les siennes alors qu’il le connaissait à peine… Pas du tout, à vrai dire. Mais qu’importe, il avait les lèvres tellement douces et sucrées, un vrai délice.

Ses mains commençaient à se balader, passant sous le débardeur noir du brun pour caresser la peau de son dos, elle était douce quoiqu’un peu froide, mais il semblait comme y avoir des bosses… Des cicatrices ? Qu’importe pour le moment… Ses mains continuèrent leur montée, il aurait bien le temps de voir plus tard ce que son dos semblait cacher. Il sentait lui aussi des mains à la base de son cou qui s’évertuaient à essayer de défaire les boutons de sa chemise, lui envoyant des frissons le long de la colonne vertébrale…

Il semblait faire beaucoup plus chaud dans la pièce, tout à coup. A moins que ce ne soit lui qui avait de plus en plus chaud à cause, ou plutôt grâce, aux bons soins de son futur amant. Celui-ci laissait sa bouche parcourir le torse du marin, semblant vouloir l’apprendre par cœur. Il émit un petit gémissement lorsqu’il trouva son téton droit qu’il s’amusa à mordiller, à torturer avant de rendre la pareil au second.

Puis sa langue descendit jusqu’à son nombril, laissant des traces brûlantes sur son passage, où il s’amusa à mimer l’acte sexuel, faisant se tendre un peu plus l’autre. Et il descendit encore plus bas. Avec l’aide de ses dents, il abaissa la fermeture éclair et avec ses mains le bouton du haut, puis enleva entièrement son pantalon, obtenant un soupir de satisfaction d’Ulrich, qui se sentait déjà un peu moins à l’étroit.

Il ne tenait plus très bien sur ses jambes, ce que son partenaire vit et il le prit par la main et l’amena sur le matelas. Se mettant à califourchon sur lui, il l’embrassa et sans même retirer le boxer du marin, il commença à dessiner de ses doigts le contour de son pénis qui se gorgeait un peu plus de sang à chaque effleurement et qui s’accompagnait à chaque fois d’un cri un peu plus conséquent. Puis il remplaça ses mains par sa bouche, provoquant une réaction encore plus forte. Mais quand il sentit que l’autre allait venir, il s’arrêta net.

Les yeux embrumés de plaisir d’Ulrich rencontrèrent les siens, pleins de désir à peine contenu.

-Viens en moi… jouis en moi, murmura Sam d’une voix rauque.

Le blond s’empara alors de ses lèvres avec un gémissement et fit en sorte d’inverser leurs positions, sans rencontrer la moindre résistance. Puis il déposa de légers baisers le long de sa mâchoire puis dans son cou, le long de sa carotide, alternant avec de petites morsures.

Il fit le geste de lui retirer son débardeur et s’arrêta au milieu, traçant les moindres contours de son torse alors qu’il ne pouvait pas le voir. Avec un gémissement plus fort que les autres, il finit de le lui enlever.

Il se recula, en dehors du matelas et fit glisser ses mains depuis le haut des cuisses, entraînant des frissons au brun, afin de lui retirer ses bas. Une fois enlevés, ses mains prirent le chemin inverse, caressant la peau pâle. Il dessina le contour du mini-short puis le retira avec cri étouffé de la part du brun. Accroupi, il en profita pour retirer son propre boxer qui commençait sérieusement à le comprimer un peu trop.

-Tu as…

-Hm, fut-il interrompu. Attends.

Il tendit son bras vers une boîte à côté du lit. Il l’ouvrit d’une main et en sortit un petit tube et un préservatif. Il lui donna le premier et lui mit lui-même le second, le caressant au passage, le faisant gémir de plaisir. Puis Sam se rallongea, le regardant dans les yeux, bras en croix et jambes écartés sur le lit en une invitation muette plus que suggestive.

Ulrich enduit trois de ses doigts avec du lubrifiant sous le regard échauffé de Sam… Mais contrairement à ce qu’il pensait, après qu’il l’eut retourné sur le ventre, ce n’est pas des doigts qu’il sentit venir à son intimité mais une langue qui venait et partait parfois aussi vite, le laissant parfois pantelant devant la force de cette caresse. Au bout d’un petit moment, la langue se changea en un doigt qui traçai lentement les contours de son intimité, lui tirant d’autres cris étouffés, avant de l’y introduire entièrement sous les supplication du receveur de ses bons soins. En même temps, il embrassait les cicatrices horizontales qu’il avait sur le dos. Puis il inséra un deuxième et un troisième doigt (5)… Et enfin sa verge elle-même, le faisait crier de plaisir.

C’était si bon, si étroit. Il ne commença à se mouvoir que lorsque Sam se cambra sous lui et lui demanda de commencer. Ce qu’il se fit un plaisir de faire.

Maintenant seuls les cris de ses deux hommes emplissaient l’appartement. Puis, après un cri un peu plus fort que les autres, quelques instants plus tard, suivi d’un plaisir sans nom et le silence retomba, seulement entrecoupé par leur respiration saccadées…

Le marin tira la couette qui était roulée en boule en bas du lit et les recouvrit tous les deux en prévision de leur futur sommeil…

--

Il y repensait souvent, à cette nuit-là, comme à celles qui suivirent. Cela faisait bien six mois, si ce n’était plus, que le marin l’avait rejoint, un soir. Et maintenant, lorsqu’il n’était pas avec lui, il ne pensait qu’à lui, à leurs nuits… Surtout lorsqu’il était dans les bras d’un autre, d’un homme qu’il ne pouvait pas voir avant même de savoir qu’il existait. Il repensait à toutes ses sensations qu’il avait éprouvées…

A chaque fois qu’Ulrich faisait un arrêt dans cette ville, ou plutôt quand son commandant décidait qu’ils feraient une pose ici, il se débrouillait pour être libre les quelques jours où il était là.

Pourquoi faisait-il cela ?

Pourquoi ne le faisait-il pas payer ?

Pourquoi l’attendait-il ?

Pourquoi lui avait-il demandé de venir, la première fois ?

Pourquoi…

Pourquoi pas…

Avec lui, il se sentait aimé, au moins un tout petit peu. Il n’était pas une chose, un objet quelconque avec lequel on évacuait le stress d’une journée trop longue.

Avec lui, il avait l’impression -peut-être fausse après tout…- d’être humain, d’avoir des sentiments, d’être quelqu’un, tout simplement…

C’était bête, tellement bête… il s’en rendait compte, bien sûr, mais n’arrivait pas à faire grand chose contre, c’était ainsi.

Au moins il était heureux d’être allé lui parler alors qu’il semblait perdu. Enfin perdu, peut-être pas physiquement, mais au moins moralement…

Des fois, lorsqu’il était avec lui, il avait l’impression qu’il était parti autre part, dans un monde que lui seul connaissait. C’était assez étrange tout de même. Et, que ce passait-t-il, quand il partait ? Aussi bien dans son monde intérieur que sur son bateau… Quelle était sa vie ? Avait-il quelqu’un dans chaque ville qu’il traversait ou était-il le seul ?

Peut-être devenait-il un peu trop dépendant de lui et ce n’était pas bon, pas bon du tout même…

--

Sa tête reposait dans le creux de son épaule.

Comme tout le temps.

Il ne savait pas vraiment pourquoi il revenait ici à chaque fois, pourquoi il allait le voir, lui. Ni pourquoi il était revenu, la première fois… Et pourquoi il se sentait bien, là, alors que Sam était pelotonner tout contre lui.

Il aimait être ici, être près de lui, tout simplement….

A chaque fois qu’il était à terre, il venait le voir, et il était toujours là, au même endroit, semblant l’attendre. Puis, ils allaient dans son appartement, sans même beaucoup parler. Puis, là, il lui faisait l’amour. Il aimait son corps comme peu devaient le faire, maintenant…

Peut-être l’aimait-t-il lui, tout simplement…

C’était un sentiment bien étrange qu’il éprouvait à son égard, il était même étonné de pouvoir ressentir des émotions, ça ne lui était jamais vraiment arrivé. Jamais il ne s’était dit qu’untel ou untel pouvait être gentil, sympa, qu’ils pouvaient être amis, ni même plus…

Aussi loin qu’il pouvait se rappeler, il n’avait jamais eu de personne à aimer, à réconforter… Ses parents étant morts lorsqu’il était tout petit, il avait été trimballé de famille d’accueil en famille d’accueil et n’avait rien eu de très stable. Et il ne s’était jamais dit qu’il pouvait lui manquer quelque chose…

Mais là, en le voyant, il se disait qu’il avait peut-être manqué quelque chose. Et c’est cet homme, cet être blottit tout contre lui qui le lui avait fait comprendre…

--

Cela faisait cinq mois qu’il n’était pas descendu de son bateau, comme le reste de l’équipage, et leur commandant avait décidé de leur faire une fleur en revenant plus tôt et en leur laissant quartier libre durant deux semaine, soit une de plus.

C’était étrange, surtout venant de sa part, mais il n’allait pas s’en plaindre, comme ça il verrait plus tôt Sam et resterait plus longtemps avec lui. Cela lui faisait plaisir et il espérait qu’il en serait de même pour son « compagnon ».

Pour le moment, il errait dans les rues, se dirigeant vers leur point de rendez-vous habituel. Mais il n’était pas là… Peut-être était-il chez lui ? Ou avec un client… Cette idée lui serra le cœur, il essayait toujours de ne pas y penser, mais c’était assez dur. Il ne savait jamais ce qu’il faisait, avec qui il était, ce qu’il lui arrivait quand il n’était pas là. Et lui ne savait rien de sa vie non plus…

Ce n’était peut-être pas plus mal, mais lui s’inquiétait pour Sam. Etre gigolo, ce n’est pas un… hm… « boulot » sans risque, surtout avec sa carrure. Encore s’il avait été un peu moins frêle, plus imposant quoi, il se serait moins inquiété pour lui…

Enfin, ça ne servait à rien de trop penser, autant qu’il se mette à sa recherche, ou qu’il l’attende ici…

Non, il ne pourrait pas l’attendre ici à se tourner les pouces, autant qu’il le cherche… Surtout qu’il ne repasserait peut-être pas par ici pour rentrer à son appartement. Il commencerait par chez lui, c’était l’endroit le plus probable où il pouvait être.

Il s’enfonça alors dans les ruelles sombres qu’il lui semblait connaître par cœur. Il ne comptait plus le nombre de fois qu’il avait prit ce chemin avec le brun, il savait exactement quand tourner, les endroits escarpés où il devait faire attention de pas glisser et bien d’autres…

Il était arrivé, l’immeuble n’avait pas changé depuis la dernière fois, toujours aussi délabré. Il monta les trois étages et s’arrêta devant la porte… Et s’il était avec un client ? Il tendit l’oreille et n’entendit aucun bruit. Peut-être pas, finalement.

Il frappa, aucune réponse ne vint. Il refrappa… Toujours rien. Peut-être dormait-il ?

Ou bien il n’était pas là, tout simplement.

Il poussa la porte, eh oui, celle-ci n’avait plus de verrou depuis de nombreuses années et restait donc ouverte à tout va… Il fit rapidement le tour du petit appartement et se rendit à l’évidence : il n’était pas là.

Et bien, il l’attendrait ici, alors. C’était tout de même mieux que dehors où il n’était même pas sûr qu’il passe avant de rentrer chez lui. Au moins, en restant ici, il était sûr de le voir à un moment ou à un autre…

Alors, il resta là, assit à la table.

Et il attendit.

Ce ne fut qu’au bout de quelques heures, vers les premières lueurs de l’aube, que Sam apparut. Il avait du mal à rester debout, se tenant à tout ce qu’il pouvait.

-Ulrich ? murmura-t-il comme s’il n’avait plus de voix.

Celui-ci acquiesça, puis il se dirigea vers lui afin qu’il prenne appui sur son épaule.

-Mais qu’est-ce tu fais là ? Tu ne devais pas arriver dans une semaine ?

-Si, mais on a amarré plus tôt que prévu. Désolé, je n’aurais pas dû venir tout de suite, sans te prévenir.

-Non, non, ce n’est pas grave, ça me fait plaisir que tu sois là. Sauf que tu verras quelque chose que j’aurais préféré que tu ne vois jamais.

Ulrich fronça les sourcils et il passa son bras autour de la taille de Sam. Le petit brun gémit de douleur à ce contact. Voilà peut-être ce qu’il préférait qu’il ne voit jamais. Il se dirigea vers le lit pour qu’il puisse s’allonger et se reposer.

Une fois qu’il fut sur le lit, il entreprit de lui enlever ses affaires, le laissant nu et vit l’étendu des dégâts sur sa peau.

-Tu n’aurais pas un caleçon ou quelque chose de large et qui ne te fasse pas trop mal…

-Non… Le mieux c’est que je reste comme ça, c’est pas comme si tu ne m’avais jamais vu à poil, dit-il avec un petit sourire aguicheur.

-C’est sûr, continua-t-il sans se préoccuper de son sourire. M’enfin c’est pas très beau, tout ça. T’as un truc contre les bleus et de l’antiseptique ?

-Vi, dans l’armoire de la salle de bain.

Le marin revint quelques secondes plus tard avec le tout et des bandes en plus.

-Mets-toi sur le ventre d’abord, je pense que c’est ton dos qui a le plus morflé…

L’autre le fit sans même penser à refuser. Il n’avait plus honte des blessures qui ornaient son corps depuis bien longtemps et de ce que cela pouvait dire sur le sort qu’il avait connu de par le passé. Son seul problème était de savoir ce qu’Ulrich en pensait. S’il le rejetterait pour cela… Ou non…

Il avait des traces sanglantes dans le dos. Comme des marques de fouet. Le blond ne posa aucune question, se contentant de désinfecter les plaies. Puis il appliqua de la pommade sur ses bleus. Les pires étaient ceux sur ses hanches, on aurait dit qu’un gorille l’avait attrapé par là et l’avait serré de toutes ses forces…

Puis, il le mit sur le dos pour s’occuper des quelques plaies qu’il avait sur le torse. Il le voyait serrer les dents à chaque fois qu’il appliquait l’antiseptique. Il était certain que ça devait faire mal. Une fois toutes les plaies désinfecté, il lui banda une bonne partie tu torse grâce à la bande qu’il avait trouvée, il essayait de ne pas trop serré, afin de ne pas lui couper la circulation du sang.

Une fois sa tache finie, il lui redemanda de se mettre sur le ventre, ce que l’autre fit avec quelques difficultés. Quand ce fut fait, il entreprit de lui faire un massage : la nuque, les épaules, le dos…Tout en évitant les zones où il savait qu’il pourrait avoir mal à cause de l’un de ses blessures. Il ne s’arrêta que lorsqu’il vit que Sam s’était endormi sous son traitement.

Il s’allongea alors à ses côtés, le prit dans ses bras et se laissa emporter vers le doux pays des songes…

--

Cela faisait une semaine qu’Ulrich était revenu et qu’il l’avait vu couvert de coupures et d’hématomes, mais il ne lui avait jamais demandé d’explications. Il se contentait d’être à ses côtés, semblant attendre le moment où il voudrait lui en parler, ne voulant pas le forcer…

Et Sam appréciait le geste, bien sûr, mais il ne savait pas comment amener le sujet. Ce n’est pas comme s’il pouvait sortir de la salle de bain, ou entre deux baisers, et lui dire comme ça ce qu’il s’était passé (6). Et il n’en avait pas vraiment envie, en fait, il préférait essayer d’oublier ce qu’il était arrivé cette nuit-là, comme toutes celles d’avant.

Puis, finalement, il aborda le sujet alors qu’ils venaient de finir de manger :

-Tu sais, pour l’autre soir…

Il marqua une pause et voyant que l’autre l’écoutait, il reprit :

-Tu dois te poser pleins de questions, mais je ne sais pas trop comment aborder ça…

-Je peux te les poser, ces question, si tu veux, si ça peut t’aider…

-Non, je pense que ça ira… Et bien, comme tu dois t’en douter vu l’état de mon dos, ce n’était pas la première fois et certainement pas la dernière que j’ai droit à ce genre de traitements…

Tout avait commencé lorsqu’il était plus jeune, beaucoup plus jeune. Il ne savait même plus quand, exactement. Ses parents avaient divorcés, et sa mère, à cause d’antécédents de toxicomanie, n’avait pas eu sa garde et il avait dû rester avec son père, un homme si droit à cette époque-là.

Puis, il avait perdu son travail, et c’était à partir de là que tout commença.

Le soir, il rentrait tard et était encore plus ivre qu’un fond de tonneau. Parfois, il allait juste se coucher, n’aillant même plus la force de faire autre chose que de se traîner jusqu’à sa chambre, de s’étaler sur son lit et de ronfler tout le restant de la nuit. Mais le plus souvent il arrivait en beuglant des insanités pires les unes que les autres et s’asseyait sur le canapé, une bouteille de bière à la main.

Et un jour en rentrant, sans même avoir de raison, il colla une gifle à son fils. Puis deux, trois et ainsi de suite. Il n’avait que faire des larmes qui coulaient sur le visage de cet enfant de même pas dix ans, semblant de repaître de sa douleur. Et ensuite, lorsqu’il en eut marre de se servir de ses mains, il en vint à la ceinture. Cette ceinture qui lui mordait à chaque fois un peu plus la peau fragile de son dos, faisant couler son sang.

Le jour de ses quatorze ans, alors qu’il devenait chaque jour un peu plus un homme et qu’il ne se soumettait plus si facilement au joug de son père, il l’avait battu et après l’avoir amené à une semi-inconscience, il le déshabilla brutalement et le fit sien. Il le viola sans plus de préambule, ravivant le pouvoir moral qu’il possédait sur le jeune homme.

Il se rappelait, le lendemain de cette nuit-là, qu’il avait le corps en feu, comme si on l’avait déchiré de l’intérieur. Il ne pouvait pas faire plus d’un pas sans se remettre à saigner. Autant était-il habitué à ce traitement sur son dos, savait comment se soigner un minimum, mais là, il ne pouvait pas faire grand chose, à part souffrir en silence.

Si, il pouvait aussi pleurer. Pleurer sur l’injustice qui régnait dans ce bas monde, de la méchanceté des hommes, sur la perte de sa dernière parcelle d’innocence qui lui avait été si violemment arrachée…

Bien sûr, son père -si tenté qu’il ait le droit à cette appellation- ne recommença pas tout de suite, le laissant se remettre de cette première fois, de cet avant goût de ce qu’il l’attendait, de toutes ces horreurs qu’il subirait…

Puis, un jour, durant l’année de ses quinze ans, il ne le supporta plus et il partit de chez lui en prenant le minimum de choses.

Il ne regarda jamais derrière lui et ne regrettait rien.

Pour bien continuer, il s’était entiché d’un homme de dix ans son aîné. Celui-ci l’avait sauvé de la mort, quoiqu’il aurait préférée cette fin là, il aurait moins souffert par la suite. Il l’avait rencontré, ou plutôt il s’était fait recueillir un soir, dans la rue alors qu’il s’était entaillé les poignets avec un bout de verre qu’il avait trouvé au détour d’une rue.

L’homme l’avait alors ramené chez lui et l’avait soigné. Il lui avait fait des promesses d’amour et de bonheur… Qui aurait pu croire qu’il n’était pas sincère ? Pas lui, en tout cas… du haut de ses seize ans, il avait tellement voulu y croire et tout semblait si réel… Il pensait qu’il lui arrivait enfin quelque chose de bien, pour la première fois depuis longtemps…

Il ne se rendit compte de la réalité que quelques semaines plus tard, lorsqu’il se retrouva en train de faire le tapin pour cet homme qu’il avait cru honnête et sans mauvaises intentions à son égard.

Mais bon, n’était-ce pas la seule chose qu’il savait faire et pour laquelle il était doué ? Peut-être que si… Et c’était la mort dans l’âme qu’il avait vécu deux ans ainsi avant de partir et de se mettre ici à son propre compte.

Qu’aurait-il pu faire d’autre, de toutes manières ?

Après qu’il eut raconté tout ça d’une seule traite, aucun des deux ne parla. Puis Ulrich brisa le silence :

-Tu sais, ça pourrait être la dernière fois que tu le fais, il te suffirait de partir… Qu’on parte, ensemble.

-Oui, ce serait bien… Mais impossible.

-Et pourquoi donc ?

-Pour ça, il faut de l’argent, une identité. Je n’ai ni l’un, ni l’autre.

-Tu n’as pas de carte d’identité ? Ou quelque chose, n’importe quoi ?

-Si, une carte d’identité, mais périmé depuis bien longtemps.

-On pourra toujours faire avec…

Il y eut de nouveau un silence.

-S’il te plaît, dis oui, pour toi et pour nous, s’il existe un « nous ».

Après plusieurs minutes d’un silence angoissant, Sam murmura un petit « ja » (3)…

--

Sam regardait par la fenêtre.

Il pensait au lendemain. Demain, ils partiraient, tous les deux, loin de cette ville de malheur. Il ne savait que penser. Cela allait trop vite. Pas qu’il était mécontent de partir, d’essayer de changer de mode de vie, de tout recommencer…

Mais il ne comprenait pas… Pourquoi Ulrich tenait tant que ça à l’accompagner ?

Pourquoi faisait-il autant de choses pour lui ?

Qu’est-ce que cela signifiait ?

Il avait peur d’espérer à tort, d’être à nouveau déçu. Et si, débarqué dans une autre ville, il le laissait tout seul et partait avec quelqu’un d’autre ? Ce ne serait pas la première fois qu’on le laissait derrière, qu’on ne lui demandait pas son avis, même si ce n’était pas vraiment voulu…

Comme avec sa mère. Cela faisait si longtemps qu’il ne l’avait pas vu. Se souvenait-elle qu’elle avait un fils ? Pensait-elle à lui, de temps en temps ?

Etait-elle encore en vie ?

Enfin, cela ne servait à rien qu’il se pose trop de question, il irait de l’avant et Ulrich l’accompagnerait au moins pendant un petit moment.

Cette seule pensée le rendait heureux.

-Das bin ich ! (7) dit Ulrich depuis la porte d’entrée.

Il s’approcha de lui et se pencha pour déposer un baiser au coin de ses lèvres. Il y mettait tant de douceur, ça ne pouvait pas être factice… Du moins, il l’espérait réellement.

Il l’espérait tant…

-Pourquoi tu pleures ? lui demanda doucement le blond.

Ah oui, il pleurait. Il ne s’en était même pas rendu compte. Une larme coulait le long de sa joue, laissant une traînée humide là où elle était passée. Il sentit une main sur sa joue, qui ramassait la goutte d’eau, puis Ulrich l’enlaça. C’était une étreinte chaleureuse, où il se sentait en sécurité, comme dans un cocon qui le séparait du monde extérieur. Une autre larme coula.

-Qu’est-ce qui se passe ? le questionna-t-il encore, toujours d’une voix très douce.

Il leva la tête et l’embrassa. Puis, il dit d’une voix basse:

-Ne me laisse pas, je t’en pris…

-Je ne vois pas pourquoi je te laisserais, reprit Ulrich.

-Je ne sais pas, ne me laisse pas, c’est tout.

Il ressemblait à un petit garçon perdu en lui disant cela. Jamais il ne le laisserait, il ne pourrait pas se séparer de lui, il s’en était rendu compte ses derniers jours. Ce serait aussi facile que de s’arracher le cœur à mains nues…

-Ich lasse nie dir. Ich schwöre es dir, meine Liebe. (8)

Un timide sourire fit son apparition sur le visage de Sam. « Ich liebe dich auch. » (9)

--

Cinq ans. Cela faisait cinq années qu’ils étaient partis, laissant ce port, cette vie loin derrière eux. Et jamais, au grand jamais, aucun des deux ne le regretta.

Ils s’étaient reconstruit une vie, avec quelqu’un de bien présent à leur côté, quelqu’un qui ne partirait pas de si tôt, accompagnant l’autre à chaque moment de leur vie…

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OWARI

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Par Lou, du 18.07.2005 au 23.07.2005

(1) « In dieses Welt bin ich verloren... Ich werde immer verloren sein… » : Dans ce monde, je suis perdu… Je serai toujours perdu… (allemand )

(2) « Bist du verloren ? » : Es-tu perdu ? (en allemand )

(3) « Ja »: Oui (en allemand)

(4) « Beide » : Les deux (en allemand) même si c’est plutôt « die Beide » à l’écrit, à l’oral on peut supprimer le déterminant… Du moins je crois

(5) Ca me fait penser à une disquette… Pas vous ? TT’’’

(6) J’imagine bien la scène, Sam qui sort en serviette de la salle de bain et qui sort : « Chéri, faut qu’on parle »… MWAHAHAHA T.T’’ (j’ai de drôle de délires, des fois, moua TT’)

(7) « Das bin ich » : littéralement, « c’est moi » en allemand.

(8) « Ich lasse nie dir. Ich schwöre es dir, meine Liebe. » : Je ne te laisserais jamais. Je te le jure, mon amour.

(9) « Ich liebe dich auch » : Je t’aime aussi (toujours roulement de tambour… de l’allemand !)

Naera : Z’ai honteuuuuuuuu

Sam : Vouais, je suis bien d’accord… T’as vu tout ce que tu nous fais subir ? T.T""

Naera : Bah voui T.T""

Chi no hana (ma conscience qui est dépravée, perverse et tout et tout) ¤débarque¤ : Non mais mon petit Sam-chan, tu ne sais pas le pire, là…

Sam : Ha… Parce qu’il y a pire que ça ?

Chi no hana : Bah vi… Là, l’histoire se finit bien…

Naera ¤essaye¤ de partir discrétement

Ulrich ¤qui débarque aussi¤ : Ca veut dire quoi tout ça ?

Naera ¤se rapproche de la porte¤

Chi : Ha bah ça, c’est pas à moi qu’il faut demander sifflote

Sam et Ulrich : Naera ??

¤Naera la main sur la poignée¤ Euh… vi ? ¤chibi eyes¤

Sam : Tu pourrais me dire, ce qu’il y a de pire que cette histoire ?

Naera : Heu… Et bah…

Chi : Accouche !

Naera : Et bah Sam devait mourir à la fin de l’histoire. ¤tourne la poignée et s’en va en courant¤

Sam et Ulrich : WAS ?? (quoi ?)

Chi : J’vous avais bien dit qu’il y avait pire...

Naera ¤dans une autre pièce¤ : Oufff… je respire… Cher lecteurs et lectrices, j’espère tout de même que cette fic vous aura plus… Et que j’aurais quelques reviews avec vos impressions, même si c’est pour me dire que je suis sadique avec mes persos.

PS : c’est la première fois que j’écris un OS aussi vite , 5 jours… un record pour moi ! je me surprends moi-même aujourd’hui (et en bien, en plus 0.0) :p... Une tite review ? chibi eyes



© Copyright 2005 Naera Ishikawa (FictionPress ID:415379).


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