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Author: Celiostra'artymor
Fiction Rated: K+ - French - General/Adventure - Reviews: 4 - Published: 08-01-05 - Updated: 10-26-06 - id:1976058
Chapitre 9

Des chuchotements. Cirion les entendait mais n’y prêta pas attention. Il continua à frapper des cubes de gélatine géants avec son épée. Grâce à sa mobylette, il esquivait toutes leurs attaques. Cependant il ne vit pas le gouffre qui s’ouvrit sous ses pieds et tomba.

BOUM

Cirion se réveilla dans le dortoir avec son matelas au-dessus de sa tête. Il entendit aussi le son caractéristique des videurs ayant réussi leur coup, et qui se mettaient hors de portée de vengeance immédiate (comprendre un bruit de fuite effrénée avec le gloussement caractéristique qu’on ne peut s’empêcher de laisser sortir).

–Les cons… JE VAIS TOUS LES BUTTER !!!!!!

Cirion sortit du dortoir en courant pour rattraper ses agresseurs. Au bout du couloir, il trouva Hébus, trois des enfants de l’orphelinat, et Iria.

–Tu vois, je te l’avais dit qu’on le réveillerait, fit Héb à Iria

–Dommage qu’il soit trop tard pour qu’il puisse prendre son petit déjeuner, lui répondit-elle.

–Roooh, ça lui fera pas de mal. Alors qu’avait vous ressentie après avoir réussi votre premier vidage, demanda le berbère aux enfants.

–C’était super !! Mais vous êtes sur qu’il est pas fâché ?

–S’il tente la moindre chose sur vous, je lui en toucherai deux mots, fit Iria d’un ton glacial. Bon, et si tu allais t’habiller, il est 10h du matin.

–Hébus, ça se paiera ! lança Cirion.

–Pourquoi moi ?

–Parce que le vidage c’est ton idée.

–Rooooh tout de suite.

Cirion retourna dans le dortoir, et s’habilla.

–“C’est ce que j’appelle un réveil mouvementé.”

–Je m’en serais bien passé.

–“C’est compréhensible. Remit de ton entraînement d’hier ?”

Depuis deux semaines Cirion apprenait la magie élémentaire. Il allait le soir dans le gymnase et il faisait les exercices que lui donnait le dragon.

“La magie élémentaire n’a besoin ni de geste, ni de parole. Il faut de la volonté, de l’imagination, et utiliser le mana pour que l’élément réponde à ton besoin. Tout être vivant a une affinité avec un élément, mais tous ne sont pas capables de l’utiliser. Un élémentaire très doué peut jouer sur ces affinités pour renforcer l’impact d’une attaque. Par exemple, quelqu’un ayant une affinité avec le feu craindra plus une attaque liée au froid, et résistera mieux à une du feu. Cependant il est impossible de s’immuniser contre un élément, on peut juste réduire les effets secondaires de ce dernier, comme par exemple les gelures, les convulsions électriques, la pétrification totale, ou les brûlures dues à une chaleur trop importante, mais pas de celle des flammes. Un maître élémentaire est capable aussi d’ignorer le froid ou le chaud, s’il maîtrise les bons éléments, mais plus important, il peut créer directement l’élément qu’il maîtrise à partir de la magie. Plusieurs sortilèges de la magie humaine reprennent les effets des sorts des élémentaires, mais ils n’ont pas la même souplesse. Par exemple, une boule de feu invoqué par un sorcier, partira dans la direction indiquée au moment du lancement. Celle utilisé par un mage élémentaire du feu pourra changer de direction après avoir été lancé, et si un sorcier lance une boule de feu sur un mage élémentaire du feu, cette dernière à de fortes chances de se retourner contre son lanceur…”

Les explications sur la magie élémentaire que lui avait donné Canth revenaient à l’esprit de Cirion. Pour l’instant il apprenait à contrôler le vent. Canth lui avait dit que certaines personnes avaient su contrôler plusieurs éléments, mais qu’il était inutile d’essayer d’en apprendre plusieurs en même temps. Si tu sais en maîtriser une, il te sera très simple par la suite de maîtriser les autres, si on possède les affinités nécessaires.

Cirion finit de s’habiller prit sa veste, ses gants, et sortit. L’air était celui d’un mois de Décembre, froid, et sec. Des enfants jouaient au foot, mais la majorité des pensionnaires se trouvaient dans le réfectoire. Il y faisait chaud, et les activités ne manquaient pas. Cirion entra dans le bâtiment, il fut assaillit par un concert de rire et de discutions. Certaines semblaient assez agitées, probablement des désaccords sur certaines règles de jeu qui semblaient surgir du néant pour aider l’un des joueurs. Il retrouva Iria en train de discuter du projet du pont avec d’autres anciens prépas.

–Et ben, c’est pas trop tôt. Yvon veut te voir.

–Et dire que je venais de me mettre au chaud, fit Cirion d’une voix plaintive.

–Je te signal que tu sors de ton lit, lui répondit-elle

Cirion sortit du réfectoire, le froid qu’il ressentit lui fit regretter de ne pas avoir une affinité pour l’eau. Il alla dans le bâtiment de biologie, et retrouva le professeur de biologie, nouvellement nommé directeur de l’orphelinat, entrain de travailler sur les échantillons de sang des personnes qui travaillaient ici. Il comparait les prélèvements sous formes humaine et hybride des métas, avec ceux des personnes qu’on supposait normales. Même si les transformations se font grâce à la magie, il essayait de voir s’il n’y avait pas des protéines, où autres éléments biologiques qui permettraient d’identifier à coup sur le sang d’un méta, et d’un norm. Cirion frappa à la porte du laboratoire.

–Entrez !

–Vous vouliez me voir ?

Le professeur releva le nez de son microscope.

–Oui. As-tu réfléchi au sujet de mon idée ?

–J’ai tourné le problème dans tous les sens, et je pense avoir trouvé un moyen. Il suffira de convaincre Nuala de passer par les égouts.

–Tu n’as pas trouvé mieux ?

–Sortir n’est pas le problème, c’est le retour, avec notre chargement qui m’a obligé à choisir cette option.

–Je vois. Vous partez quand ?

–Déjà, il faut convaincre Nua. Ensuite, le problème viendra de la conservation. On essayera de partir aux alentours du 20 décembre.

–Sinon, j’ai crut comprendre que tu as eu un réveil difficile.

–Euh… disons que j’ai des journées plutôt chargées, répondit Cirion d’un air gêné.

–Avec les heures sup. que tu fais le soir ?

–C’est ça.

–“Comment ça ?! C’est ça . Tu fais même pas la moitié des choses que tu devrais !!!!”

–“Tortionnaire !!”

–“Feignant”

–Au fait Cirion, tu as des infos sur les différents types de métamorphes ? Vous avez déjà remarqué que certains récupèrent plus vite que les autres. Il y a d’autres différences ?

–Je ne pense pas que je sois le mieux placer pour vous répondre monsieur.

–Ah ?

–Je vais laisser mon entité vous expliquer tout ça.

–“Tu pourrais me demander mon avis avant, non ?”

–“Tu préfères que je te serve d’intermédiaire, et prendre le risque de voir déformer l’infinie sagesse de tes paroles.” Lui répondit Cirion d’un ton vraiment hypocrite.

–“N’oublie pas, tous se paye, et les dragons ont la rancune tenace.”

–Il me semble avoir entendu que ton entité a un caractère bien trempé, non ?

–Euh… Disons qu’il est désagréable parce qu’en cette saison il ne peut s’adonner à son activité favorite.

Le professeur releva un sourcil d’un air intrigué. Mais il n’eut pas d’explication supplémentaire. Cirion laissa sa place à Canth.

–Ok. Bon, je te préviens, ceci ne sont que des suppositions. Il n’y a rien de sûr.

Yvon fronça les sourcils à cause du tutoiement.

–Je pense qu’il y a deux catégories majeures de métamorphes. Ceux qui sont liés à une créature féerique ayant existé, et ceux qui sont liés aux esprits shamaniques. Les esprits shamaniques, ou totems, représentent des caractéristiques propres à des animaux qui sont toujours vivants. Le lien qui les unit va faire en sorte que certaines caractéristiques soit partagées. Par exemple Nuala a acquis un sacré sens de l’équilibre, qui est propre aux félins. Outre une condition physique plus importante que les humains, il semblerait qu’ils soient aussi capables de se régénérer plus rapidement que les autres métas. Je pense aussi qu’ils pourront utiliser la magie shamanique, mais là, je ne peux pas donner d’infos supplémentaires. Les autres, comme Cirion ou Eric, vont aussi se voir dotés de capacités liées à la créature qui est en eux. Par contre pour détailler la totalité des possibilités, compte pas sur moi.

–Pourquoi ceux liés aux totems aurait une meilleure régénération ?

–J’ai bien une idée, mais à toi de chercher la tienne. Moi j’ai fait ma B.A. du jour.

–“Tu vas le planter là ?” demanda Cirion.

–“Si, et à toi de te dépatouiller avec lui”

Cirion se sentit catapulté aux commandes de son corps. Les changements furent rapides.

–Peux-tu m’expliquer à quoi ça rime ? demanda Yvon

–Euh… disons qu’il n’aime pas donner les réponses, il préfère donner des indices. On se souvient, et on comprend mieux ce que l’on trouve soit même. Enfin, c’est ce qu’il pense.

–“Serais-tu entrain d’insinuer que j’ai tort ?

–“J’essaye de rattraper les meubles, crétin”

–“Crétin ? mmmm je sens que je vais bien m’amuser ce soir”

–Il n’a peut-être pas tort, dit le professeur. Cet après-midi, tu es de surveillance.

Cirion poussa un long soupir qui en disait long sur l’après midi qu’il allait subir. Il quitta la pièce alors que Mr Clamens se remettait à son microscope. Le méta regarda sa montre. Il devait aller en cuisine, le chef risquait de râler s’il était encore en retard comme ce matin (si on peut appeler ça un simple retard). Il retourna au réfectoire, passa dans la partie cuisine, et enfila son tablier. Il eut droit à quelques remarques durant la préparation du dîner (préparation qui n’avait rien de difficile vu que c’était des conserves). L’après-midi fut une autre paire de manche, la surveillance des enfants n’étant pas de tout repos. Par contre, Yvon avait modifié certains emploie du temps, notamment celui de Nuala. Cette dernière se retrouvait-elle aussi de surveillance à la place d’Iria, à croire que ce fut fait exprès. Par contre ça ne semblait pas convenir à la panthère. Elle semblait bouder alors qu’habituellement elle était pleine de vie, voire même fatigante.

–Nua, je vais finir par croire que tu me fais la tête.

–Arrête de dire des âneries, je devais avoir quartier libre, me balader dans les rues, fureter, flâner, et au final je me retrouve à rester dans la cour à surveiller la bande de petits monstres.

–Vu sous cet angle, je comprends ton attitude. Et si je te parle d’une sortie hors de la ville, tu réagis comment ?

La jeune fille le regarda avec des yeux pleins d’espoir.

–Tu as trouvé comment faire ? On va voler, c’est ça ?!!!!!

–Euh…. Pas vraiment.

Nuala sembla effondrée.

–En fait, le seul moyen sûr et pratique, reprit Cirion, c’est de passer par les égouts de la ville.

Cirion sentie l’air se refroidir d’une manière alarmante autour de lui, et le regard glacial que lui jetait son amie, en était certainement la raison.

–Jamais ! Tu ne me feras jamais entrer dans cette chose, c’est comprit ?

–Mais écoute, on ne pourra jamais rapporter ce qu’on était sortis chercher, en passant par la voie des airs. Ensuite passez par la voie terrestre est beaucoup trop dangereux, et personne ne sait rendre un groupe de personne invisible. Il ne reste plus qu’à passer sous-terre.

–J’ai dit non !!!

–Mais j’ai même un plan des égouts, on ne va pas se perdre.

–Com… non, je ne veux pas savoir comment tu as fait pour l’avoir. Ma réponse et non.

–Tant pis. Pourtant je suis sûr que ça lui aurait fait plaisir de participer à cette excursion. Ces grands espaces, ces arbres, le vent dans les feuilles…

Au fur et à mesure de sa description il avait l’impression que Nuala résistait à quelque chose.

–Ces sangliers qui trottinent dans les bois…

–TAIS-TOI !!! finit elle par lâcher. C’est bon, je viendrais. Mais ça se paiera !

–Bah ! En ce moment, je suis assez endetté, alors une de plus ou une de moins…

–Quand as-tu prévu le départ ?

–J’avais pensé partir d’ici deux ou trois jours.

–Et pendant combien de temps ?

–On verra ça sur place. Le seul impératif est de revenir pour le 24

–J’espère que tu as prévu des masques à gaz, parce que sinon tu vas avoir de gros ennuis, lui dit-elle en se levant pour aller arrêter une dispute entre deux enfants.

–Je suis mort.

–“Je vais finir par croire que tu aimes ça”

–Merci de ton soutien.

–“De rien. Par contre je dois admettre que jouer sur le lien qui se tisse entre cette jeune femme et l’esprit de la panthère qui l’habite pour lui forcer la main… C’est digne d’un dragon.”

–Depuis que je te connais ce que tu viens de me dire à plus tendance à m’inquiéter que de me faire plaisir.

L’après-midi touchait à sa fin, et le repas du soir approchait. Cirion était de nouveau aux cuisines pour mettre au point certaines choses avec le chef cuisinier. Le repas fut rapide et comme tous les soirs, Cirion partit directement dans le gymnase.

–“Bon, on va pouvoir commencer à rigoler”

–Parle pour toi !

–“Tu arrives à modifier le sens du vent dans un petit périmètre. De cette manière, tu peux éviter que ton odeur ne se répande dans l’air. Grâce à ça, tu arrives même à atténuer les sons, chose que je n’avais encore jamais vu faire. Tu arrive à faire sortir l’électricité des fils électriques, et à la contrôler à peut près correctement. Maintenant on va passer à la création de l’élément.”

–Et comment fait-on ça ?

–“A toi de trouver”

–QUOI !!!!!!!!!!

–“N’oublie pas que les dragons ont la rancune tenace.”

–Super…

Cirion rechercha le mana. Il le trouva facilement. Il le rassembla dans sa main. Il voulait faire une boule d’électricité. Il fallait donner une apparence au mana, pour ça Cirion imagina la boule, et…

–“Ca ne marchera pas !”

–Tais…

Le mana s’échappa de sa main.

“–Je te l’avais dit”

–Laisse moi deviner, tu vas passer ta soirée à me pourrir l’entraînement, c’est ça ?

–“Tout se paye”

–La soirée va être longue, très longue.

Lorsque Cirion se réveilla, il sentit une douce chaleur l’envelopper. Comme si quelqu’un venait de déposer une couverture supplémentaire. Cependant quelque chose clochait. Il connecta péniblement un deuxième neurone. C’était le lit. Il était bien plus dur que normalement, comme s’il était à même le sol. Le jeune homme ouvrit un œil. Il n’était pas dans son lit. Il était allongé sur le sol du gymnase. Et ce qui lui tenait chaud était la lumière du soleil qui lui tombait dessus au travers d’une des portes vitrées.

–“Et ben, c’est pas trop tôt, je me demandais à quel moment tu allais te réveiller.”

–Salut vieux lézard, tu t’es bien amusé hier ?

–“A l’écaille !”

–Tssssss !

Cirion regarda sa montre. Elle indiquait 8h32. Il quitta le gymnase est alla dans le réfectoire. Il y trouva Iria, qui était visiblement très énervée. Elle discutait avec Albin, Justine, et Hébus. A voir leur tête, ils ont du essayer de la calmer, sans succès.

–Yo ! fit-il en arrivant.

–Tu étais passé où ? demanda Hébus.

–Je me suis endormit dans le gymnase.

–Comment ça tu t’es endormi dans le gymnase ? demanda Iria d’un ton soupçonneux. J’espère que tu n’as pas trouvé un moyen d’échapper à la surveillance des petits monstres, cet après-midi.

–Qu’est ce que tu vas t’imaginer.

Iria ne sembla pas convaincu.

– Bon, les cuisines m’appellent.

–On mange quoi à midi ? demanda Hébus plein d’espoir.

–Je le saurais lorsque je serais devant les gamelles, répondit-il en se dirigeant vers les cuisines.

–Les vide pas surtout ! lui lança Albin..

Cirion alla de gamelle en gamelle. Il surveillait la cuisson des lentilles. C’était à cause de ça qu’il s’était retrouvé à travailler aux cuisines. Il avait eu le malheur de parler de bouillie de lentilles alors que le chef cuisinier passait derrière lui. Lorsqu’il y en eu à nouveau, il avait était envoyé de force aux cuisines pour les préparer. Cette fois ci, elles ne furent pas une sorte de purée, mais cuisirent comme il faut. Et aujourd’hui, il fallait recommencer. Lorsque ce fut finit, le chef cuisinier reprit la direction de la cuisine. Cirion travailla encore quelques minutes, puis sa montre sonna. Il la coupa.

–Chef !

–Tu y vas ? fit le cuisinier.

–Oui, comme chaque semaine, lui répondit Cirion.

–“Ah non, tu vas pas retourner la bas !”

–“Si pourquoi ?”

–J’ai vraiment besoin de toi ici…

–Je sais chef, mais c’est mon amie…

–“Ton amie, ton amie… Tu perds ton temps à aller la voir. Et puis je veux pas dire, mais faire un résumé de ta semaine comme tu le fais, ça va lui servir à quoi ?!!”

–Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

–Accident de la route avec son frère.

–“ Et tu m’écoutes!!!”

–Aïe. Bon, ben, à plus tard.

–A plus chef.

Cirion partit directement.

–“Tu ne pourrais pas prendre un peu plus…”

Le dragon s’arrêta, laissant sa phrase en suspend. Le jeune homme sentit que son entité était troublée.

–“Qu’est ce qui t’arrive ?”

–“Rien, j’ai cru sentir une présence, mais ça devait être mon imagination”

–“Tu commences à te faire vieux, tu sais plus ce que tu fais”

–“J’ai vraiment l’impression que tu as des tendances suicidaires.”

Cirion se mit à rire.

La cloche sonna. Il était dix heures. Les enfants de l’orphelinat sortirent du bâtiment en poussant des cris de joie. Les « cours » qu’ils recevaient étaient plus là pour les occuper, qu’autre chose. Ils apprenaient à lire, à écrire, à leur grand malheur des mathématiques, mais aussi quelques cours qui leur seront utiles pour après, lorsqu’ils partiront de l’orphelinat. Au moment de quitter l’enceinte Iria l’interpella.

–Tu as déjà terminé la cuisine ?

–Disons la partie où je suis indispensable.

–Tiens donc, il y aurait des lentilles au menu ? demanda t elle avec un air malicieux dans les yeux.

–Eh.

–Alors, où vas-tu comme ça ?

–On est samedi, non ?

–Tu vas encore la voir ?

–Comme chaque samedi.

–“Malheureusement pour moi”

–Tu ne crains pas, avec le commissariat qui est juste en face, que le préfet trouve ça suspect ?

–Si tu veux mon avis, il m’a déjà grillé, mais sans preuves, il ne peut strictement rien faire.

–Mais…

–Et puis, c’est mon amie. Je lui ai promis que je viendrai la voir chaque semaine.

–Je sais tout cela, mais ce n’est plus qu’un… sa voix mourut dans sa gorge.

–“Qu’un orque complètement décérébré, s’ils peuvent l’être”

–“T’as pas bientôt finit avec tes remarques désobligeantes ?”

–“Nan, je fais que commencer”

–Rien ne prouve qu’elle se réveillera un jour, reprit Iria

–Et ben quand même, je vais la voir. Je ne laisserai pas Celebel toute seule. Après tout, je ferai ça pour n’importe lequel d’entre vous. Et puis le docteur Russel m’a dit que tu étais venu me voir régulièrement lorsque j’étais moi-même dans le coma.

–Mais tu n’étais pas dans le même état qu’elle ! fit Iria énervé.

–Et alors ?

–Tu crois vraiment qu’un miracle va la réveiller ?!!!

–“Attention à toi. J’ai l’impression que ta petite copine nous fait une belle crise de jalousie”

–“Mais c’est…”

–“T’occupe est essaye de la calmer. Tu es peut être maso, mais moi je tiens à mes écailles”

–Avec ce qu’il s’est passé le mois dernier, je pense que oui, répondit-il calmement.

–“T’es fou ?!!!!!”

–Et sache pour ta gouverne que je la considère plus comme ma petite sœur qu’autre chose.

Sur-ce il sorti du lycée d’un pas agacé. Iria, elle, resta immobile, silencieuse quelques instants avant de partir les poings serrés. Cirion monta l’avenue Carnot. La rue était calme, comme à son habitude, et l’air frais.

–“Bon, fit-il au dragon, que les choses soient claires ! Iria n’est pas ma petite copine !”

–“Ah bon ? Pourtant, vu les regards que tu lui lances quand elle ne peux pas te voir, et les rêves que tu fais…”

–“Non mais c’est pas fini !! Tu va arrêter de me surveiller ?”

–“Nan ! J’ai pas envie. Et puis va peut-être falloir que tu te décide, non ?”

–“Fous moi la paix !”

–“Tu sais, je peux pas dire que tu as mauvais goût. Si tu ne fais rien, je m’en occuperai, j’ai su mettre plus d’une humaine dans un lit, pour m’amuser”

Cirion s’arrêta net ! La colère bouillait en lui ! Puis une idée lui vint à l’esprit pour réussir à avoir la paix avec le lézard.

“Quoique tu dises, je suis sur que Mundus en mettait plus que toi dans son lit”

–“QUOI !!!!! fit le dragon surpris et furieux. Il attendit quelques instants puis reprit plus calmement. Comment connais-tu l’existence de Mundus”

“Tu n’es pas le seul à pouvoir fouiller dans la tête de l’autre”

Le dragon resta silencieux quelques instant.

–“En gros, quoique j’ai pu dire sur ton espèce, je suis pas crédible depuis un certain temps, n’est ce pas ?”

Exact”

Le dragon ne dit plus rien., il était partit maugréer dans un coin .Cirion reprit son trajet. Il y avait un peu plus d’agitation sur la place Renoux que dans l’avenue, mais rien d’exceptionnel. Au bout de la place, il tourna à gauche, et se dirigea vers l’hôtel Dieu. Il salua le personnel soignant qu’il connaissait, et alla dans la chambre de Celebel.

Canth écoutait Cirion parler à la jeune fille qui était branchée à toutes ces machines. Il avait déjà, durant leurs précédentes visites, sondé discrètement l’esprit du jeune homme pour savoir ce qu’il ressentait réellement pour elle. Il avait du mal à comprendre comment par simple amitié on pouvait faire ce qu’il faisait depuis plusieurs mois. Mais c’était le cas. Il avait lu dans sa mémoire que Cirion s’était fait une promesse. Le fait qu’il tienne sa parole, alors que personne n’était au courant, mit du baume au cœur du dragon.

Ce gamin a plus d’honneur que beaucoup de dragons. C’est une bonne chose.”

Puis il sentit quelque chose. Quelqu’un utilisait le mana juste à côté de l’hôpital. Il ne pouvait reconnaître le sort, mais c’était un enchantement. Il sentait le mana nécessaire au sort rester confiné autour de quelque chose. La source de mana se déplaça, et entra dans le bâtiment. Il sentit la source se rapprocher sans trop avancer. Il devait monter les escaliers. Il s’arrêta un certain temps puis se rapprocha jusqu'à s'immobiliser devant la porte. Canth attendit un peu avant de prévenir Cirion. La source s’éloigna, puis revint en restant immobile proche de la porte.

Cirion se leva peu de temps après. Cette source de magie l’inquiétait.

Cirion sortit de la pièce. Canth sentait qu’il était beaucoup plus calme qu’en arrivant.

–“Cirion, il y a quelqu’un avec un enchantement tout près de la porte de Celebel”

Cirion s’arrêta et regarda dans tout le couloir. Il ne vit personne.

–“Tu en es sur ?”

–“Oui. Ce doit être un sort d’invisibilité. Fais comme si tu avais cru rêver, et remet toi à marcher.”

Cirion secoua la tête et repartit en direction de la sortie. Canth, lui, surveillait toujours la source de mana.

–“Il est rentré dans la chambre de Celebel.”

–“Il faudra que tu me dises comment tu fais.”

–“C’est pas le plus urgent.”

Cirion avait déjà commencé à rassembler le mana pour s’envelopper d’une poche qui allait lui permettre de revenir sur ses pas sans trop de bruit. L’opération lui prit un peu plus de temps que d’habitude. Il avait du mal à canaliser l’inquiétude qu’il éprouvait. Une fois terminée, il revint sur ses pas. Une fois devant la porte, il étendit la poche pour qu’elle englobe la totalité de la porte, et il l’ouvrit doucement. Ensuite il la diminua et entra. Ce qu’il vit le mit dans une colère telle qu’il faillit perdre le contrôle du mana. Devant lui se tenait un jeune homme avec de longs cheveux noirs, attachés en une queue de cheval, des habits usés, un katana à la ceinture, en train d’attendre que Celebel meure, asphyxiée.

Cirion frappa à la tempe l’individu avec une agressivité qu’il ne se connaissait pas. Il ne chercha même pas à savoir dans quel état il était, et rebrancha les instruments qui maintenaient en vie la jeune fille. Une fois ceci terminé, il regarda le tueur. Il devait avoir le même âge que lui avec un air assez sombre. Il lui prit son pouls. Il était vivant. Il lui prit le katana, et l’installa sur la chaise en le mettant dos à la porte. Il émanait du kendoka une odeur d’égout. Cirion alla ensuite s’adosser à la fenêtre face à cet étranger.

–“Joli coup de poing, lui dit Canth. Tu aurais pu essayer de faire les mêmes contre les lycans, non ?”

–“J’uis pas d’humeur !” rétorqua Cirion.

Le dragon ne rajouta rien.

Le jeune homme se réveilla peu de temps après. Il avait l’air de faire vite un état de sa situation, puis il se leva lentement sans quitter Cirion des yeux. Ce dernier le vit agiter ses lèvres.

–“MAGIE !”, l’avertit le dragon.

–Je ne ferai pas ça si j’étais toi, lui dit-il d’une voix lourde de menaces.

Ils se défièrent du regard. Puis le jeune homme recommença. Cirion rassembla en vitesse de l’énergie magique pour lui envoyer un violent souffle d’air. Cirion ne vit qu’au dernier moment la chaise qui lui arrivait dessus. Il l’évita in extremis, et, lorsqu’il se releva, son adversaire avait disparut.

–Merde !

L’alarme à incendie se déclencha. Cirion, de rage, relâcha l’énergie de sort sur la chaise qui avait permit à son adversaire de fuir. Cette dernière éclata contre le mur.

–“Ca aurait put le tué, fit le dragon”

9



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