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Note : Voilà c'est ma première fiction. Au passage gros bisous à ma Shortie dont c'est l'anniversaire aujourd'hui !!
A propos du rating, j'ai longtemps hésité entre T et M. Dans le doute, j'ai choisi M car je trouve la fiction assez choquante. Bon voilà j'espère que vous apprécierez ! Bonne lecture !
Il était la personne la plus gentille au monde…
Le psychologue ouvrit la porte et laissa entrer son patient, un tout jeune homme à peine majeur. Elle l’installa sur le canapé.
"Et bien, commença-t-elle, pourquoi êtes-vous venu me voir ?"
"Je voudrais dire quelque chose. Quelque chose de terrible. Un lourd secret que je n’en peux plus de cacher."
"Oui…"
"S’il vous plait, laissez-moi faire mon récit. Et ne m’interrompez pas. Laissez-moi terminer. Je voudrais vous parler… du plus grand et du seul amour de ma vie."
"Bien…"
Le récit commença…
"Il était la personne la plus gentille au monde. J’adorais l’entendre rire, j’adorais le voir heureux. J’aimais sentir son corps contre le mien, ses lèvres sous les miennes. Lorsqu’il pleurait, je désirais uniquement le consoler. Lui dire qu’il ne serait jamais seul. Que je serais toujours là pour lui. Lui aurait voulu faire le bonheur du monde ; moi je ne voulais faire que le sien. Je l’aimais profondément. Plus que tout au monde. Plus que ma vie même. J’en étais désespérément amoureux…
Alors pourquoi ? Pourquoi ces mots ? Pourquoi ces mots qui m’ont tant brisé ?
Je croyais que je comptais pour lui. Je croyais qu’il m’aimait aussi ! Après tout, n’étais-ce pas avec moi qu’il avait passé toutes ses années de collège ? N’était-ce pas moi qui lui avais donné son premier baiser, alors qu’il entrait tout juste en 4ème ? N’était-ce pas moi qui l’avais consolé de tous ses petits chagrins ? N’étais-ce pas moi qui l’avais soutenu à la mort de sa mère ? N’étais-ce pas avec moi qu’il avait découvert l’amour pour la toute première fois ?
Et pourtant… Ce jour-là, il m’a dit ces mots. Je m’en rappellerai toute ma vie. Il faisait bon. Ni trop chaud, ni trop froid. Le ciel était clair, ensoleillé. Une petite brise, telle une caresse, nous apportait la fraîcheur. Elle jouait dans ses cheveux. Il était magnifique. Je ne pouvais pas m’empêcher de l’aimer. Il avait l’air soucieux. Je ne savais pas pourquoi. Mais j’ai vite compris. Il m’a regardé. Il était tout gêné. Je lui ai demandé ce qui n’allait pas. Il m’a encore regardé. Je n’oublierais jamais ce regard. Il ne savait pas comment me le dire, il avait peur de me blesser. Puis… il me l’a dit.
« Tu sais… Je ne sais pas vraiment comment te dire ça… mais… J’ai rencontré quelqu’un. Et je me suis rendu compte que ce que j’éprouvais pour toi… Ce n’était pas de l’amour. Tu es… plutôt comme un frère, tu vois ! Je t’aime énormément, tu sais… Mais je ne veux pas trahir ton amour. Je sais ce que tu éprouves pour moi. C’est pour cela que je ne veux pas continuer ainsi. J’aurais l’impression de te tromper, car mes sentiments n’ont pas la même force. Je ne suis pas la personne qu’il te faut… Je… Je regrette… Tu es vraiment quelqu’un de bien et… J’aimerais que l’on reste ami ! Tu es… plus qu’un frère pour moi. »
Je ne sais pas d’où me sont venus ces mots. Mais je lui ai dit que je comprenais, que j’étais d’accord. Je lisais dans son regard qu’il s’inquiétait pour moi. Je lui ai dit que je voulais être seul. Il m’a demandé si j’en étais sûr. Je lui ai dit que oui, et je lui ai répété que je comprenais. Mais c’était un mensonge. A ce moment-là, je ne comprenais plus rien. Je ne savais plus où j’étais. C’est tout juste si je me rappelais qui j’étais ! Nous nous sommes séparés. Je suis rentré chez moi. Et je n’ai pas cessé de pleurer. Je savais qu’il faisait ça pour moi, que ce n’était pas de sa faute s’il n’avait plus de sentiments pour moi. Mais la douleur était trop violente, trop récente. J’avais mal. J’avais atrocement mal. J’ai pleuré des journées entières. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Je ne mangeais presque plus, je ne dormais presque plus. Je ne faisais que pleurer. Mais petit à petit, les larmes se sont taries. En mon cœur, la souffrance s’est peu à peu transformée en une violente haine et une insatiable soif de vengeance.
Et j’ai tout préparé. Je les ai enlevés, lui et son nouvel amoureux. Je les ai séquestrés. Durant trois jours. Mais ce n’était qu’une partie de ma vengeance. J’étais devenu complètement fou. Et alors même que je le retenais prisonnier…
Je l’ai violé.
Je me souviens très bien. Le plaisir cruel que j’ai pris à le violer devant celui qu’il aimait ; Le plaisir sadique que j’ai pris à le faire souffrir, à le voir pleurer, me supplier d’arrêter. J’étais devenu comme fou. Ma haine me brûlait et me transperçait le cœur. Je voulais lui faire tout le mal possible. Et moi, j’y prenais du plaisir. Un plaisir infiniment coupable. Je voulais le déchirer, le salir à jamais. Je voulais détruire le lien qu’il avait avec cet autre ! Je lui en voulais tant. Je leur en voulais tant ! Je les haïssais. Lui surtout. Je ne pouvais pas lui pardonner de m’avoir trahi. Je voulais le détruire. J’étais devenu complètement fou. Un dément. Je l’ai violé. Sauvagement. Comme un monstre. Avec un violence haïssable…
Le troisième jour, il pleurait, pleurait. Il pleurait et souffrait autant que j’avais souffert, même mille fois plus. Ma haine flambait. Il était sali, humilié. Ces souillures que je lui avais infligées, elles lui colleraient à la peau toute sa vie, je le savais bien. Je n’en avais cure ; sa souffrance me satisfaisait à peine. Et puis… Il m’a apostrophé. Son ami. Il m’a apostrophé. La haine se lisait dans ses yeux. Pour ce que j’avais fait à celui qu’il aimait, celui qu’il avait été incapable de protéger. Ses mots m’ont transpercés. Je ne m’en souviens plus exactement. Ils étaient comme des lames de poignard, qui se plantent dans une plaie brûlante. Ils m’ont rappelé ce que je ressentais réellement pour lui, l’amour que j’avais éprouvé. Et surtout, ils m’ont rappelé qui était l’enfant que je venais de briser. Ils m’ont fait comprendre ma violence et ma folie. Je ne savais plus que faire. Je les ai relâchés. J’étais comme fou. Je ne savais plus rien.
Je suis rentré. Ils n’ont rien dit. Je suis sûr que c’est lui qui m’a protégé. Par honte peut-être… ou à cause de son éternelle gentillesse. Mais ce secret m’étouffait. Je n’en pouvais plus. J’avais mal. Je souffrais de ce que j’avais fait. En rêve, ces scènes me revenaient souvent. Et le pire, c’est que le plaisir que j’avais éprouvé ne s’estompait pas, bien au contraire. Il revenait plus fort, à chaque fois. J’avais honte, je souffrais ; mais je ressentais toujours ce plaisir cruel. C’était plus fort que moi.
Et maintenant… Je veux mourir. Je veux mourir, pour tout ce que j’ai fait et ressenti. Je veux mourir. Parce que… Il était la personne la plus gentille au monde. Et je l’ai détruit."
Le silence se fit à ces derniers mots. Que dire ? La psychologue savait très bien ce qu’elle allait devoir faire. Elle ne pouvait pas garder le secret professionnel dans ce cas-là. Le jeune homme la regardait. Il savait. Il n’attendait que cela. Il voulait payer pour cette faute qu’il n’expierait jamais…
Lors du jugement, le jeune homme l’avait revu. La douleur marquait à jamais son doux visage. Le jeune homme avait honte. Parce que cet enfant qu’il avait jadis tant aimé, souffrirait éternellement, par sa faute… Et pourtant… En passant auprès de lui, l’enfant avait posé un léger, tremblant petit baiser, mouillé de larmes. Le jeune homme posa sur lui un regard désormais éteint. Le pardon… Le ferait regretter éternellement. Comment peut-on pardonner à un homme qui vous a souillé, blessé, humilié ? D’une plaie profonde et ineffaçable ?
En prison, la psychologue vint le voir.
"J’espère que vous avez compris que je ne pouvais pas garder cela pour moi…"
"Je sais. Ne vous inquiétez pas. Je voulais payer. De plus… C’était la meilleure chose à faire."
"Hein ?"
"Voyez-vous… La folie s’était peut-être emparée de moi, mais… Le plaisir que j’ai ressenti… n’était pas dû à cette folie. La violence, la cruauté… J’ai peur… d’y avoir pris goût. Ce plaisir cruel… Les gens comme moi ne devraient plus être relâchés. J’ai peur d’avoir encore envie de voir la souffrance déformer le visage d’un innocent. Lorsque l’être humain a dépassé les limites imposées une fois, il n’a plus peur de les franchir à nouveau. Lorsqu’il goûte au sang et à la douleur, il en garde à jamais la saveur. Et il veut l’apprécier à nouveau, cette folle saveur. Lorsqu’on a perdu l’innocence, on ne la retrouve jamais. Lorsqu’il découvre cet irraisonné plaisir de faire souffrir, l’humain ne s’en débarrasse jamais. Quelqu’un qui prend un tel plaisir à faire le Mal, devrait être constamment surveillé… ou être éternellement enfermé."