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Fiction » General » Les garçons ne pleurent jamais font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: pivoine
Fiction Rated: M - French - Angst - Reviews: 180 - Published: 09-01-05 - Updated: 12-25-07 - Complete - id:1998341

Voilà le dernier chapitre. Je sens que beaucoup vont être frustré(e)s. désolée...mais bon...j'essaierai de répondre à toutes les questions (j'ajouterais un chapitre explicatif s'il le faut, enfin j'espère que je serais cohérente dans mes propos).

J'ai eu beaucoup de mal à écrire ce chapitre. Je l'ai recommencé plusieurs fois. Je ne suis pas sure que j'aime le résultat, mais j'en avais assez de revenir sans cesse dessus.

Voilà merci beaucoup pour toutes les reviews. merci à tous les lecteurs/lectrices qui ont suivi cette histoire. Ne désespérez pas! ce n'est pas la fin! Je prévois une seconde partie, mais qui sera racontée d'un point de vue autre que celui de Thomas.

Je ne sais pas quand je vais poster la suite...je dois vraiment réfléchir la trame de l'histoire!

Certainement je ne commencerai qu'en aout ou en septembre prochain. Je voudrais d'abord updater d'autres de mes histoires que j'ai délaissé...

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez; et s'il y a des lecteurs qui ne se sont jamais manifesté jusqu' à présent, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, vue que cette histoire est maintenant terminée!

Je répondrais aux reviews par e-mails ou par le bouton reply!

Saaeliel : merci encore pour ta review! bien sûr je vais revenir sur cette histoire! ne t'inquiètes pas! seulement la deuxième partie ne sera plus dite du point de vue de thomas (et je sais que ça va me manquer mais bon j'espère que mon autre perso sera tout de même intéressant). Je pense que la deuxième partie va tourner autour d'un cliché qu'on retrouve dans bcp d'histoires yaoi : l'amnésie...cependant moi, je vais l'utiliser d'une façon particulière...ça me permettra d'explorer un thème qui m'est cher et qui m'a toujours intéressé...peut-on vraiment pardonner? voilà...mais je n'en dis pas plus...il y aura de la "haine" dans cette deuxième partie et un étrange amour qui se développe...ça va être de loin être très difficile à écrire...car je ne sais pas si ce sera crédible...mais bon je vais essayer...


Cette étrange mélopée…

Au loin, les arbres chantent. Tout proche, mes pensées sonnent comme un blues âpre. Les feuilles frémissent. Les branches craquent. La brise chaude est une amante fidèle, jamais avare de caresses. Je les entends, ces voix plaintives. Je l’entends, cette ballade aigre-douce. Elle me berce. Je m’attendais à rencontrer un silence complet, ici. Détrompez-vous. Cela danse, cela fredonne, cela pétille, et puis, il fait beau. Grand ciel bleu. Plein soleil. Vous voyez le tableau ?

Le sable du chemin crisse sous mes chaussures. Le son brise un peu l’harmonie ambiante. Quelques pas encore…Je ronge un ongle. Je pousse une mèche rebelle. J’inspire un grand coup. L’air brûle mes poumons un instant. Un alcool inconnu embrase mes sens. Mes épaules s’affaissent. Un trou noir dévore la lumière. Un puits sans fond se creuse en moi.

Je m’arrête devant cette dalle grise, simple.

On pourrait presque la manquer si on ne faisait pas attention. A côté, les tombes marbrées, luxuriantes, débordent de fleurs, les croix rivalisent entre elles, les épitaphes en lettres dorées s’accumulent. C’est une orgie d’adieux, un festin pour les yeux. La tombe d’Elise est bien modeste en comparaison. Elle se fond dans la masse et elle se distingue. Elle est discrète et remarquable.

Sur le sol blanc, aveuglant, je vois mon ombre allongée, cet aplat noir qui quitte le chemin et chevauche une marche morne pour couvrir les dates creusées dans la pierre. Je me penche abruptement. Je pousse quelques pots. Une rose blanche rencontre le granit sombre. L’innocence est enveloppée du froid de la terre. C’est vraiment la fin. Ma paume essuie quelques larmes. Je me racle la gorge. Ca fait vraiment bizarre d’être face à cette pierre. Je frissonne.

« Elle vient du jardin.», je murmure en fixant la fleur et ses épines.

Je lève les yeux. J’englobe du regard le reste du cimetière, les allées poussiéreuses qui tranchent l’espace, le gardien qui fait son tour, une personne qui ouvre un robinet à proximité et se lave les mains. Je compte jusqu’à trois et je laisse de nouveau mes pensées m’envahir. Elles fusent de toute part, assaillant mon cœur.

Elise, ton vœu ne s’est pas réalisé. C’était la flamme tremblante d’une bougie. Elle s’est éteinte si vite. Comment la rallumer ? Je crois que je n’en veux plus. Je suis cynique. Je suis pessimiste. Ne me le reproches pas. Après tout, ce n’est pas anormal, avec tout ce qui s’est arrivé ?

Je pense à ces jours, à ce qui s’est passé. Tu t’es retrouvée dans cette folie. Tu as été emportée par cette tempête. Je t’ai perdue. Je n’ai pas suffisamment retenu ta main. Le vent t’a enlevée. Il s’est moqué de moi et de mes pitoyables efforts. Un désir a causé tout cela. La malchance court dans nos veines, décidemment.

M’entends-tu ? Ma voix résonne-t-elle suffisamment ? Dois-je crier ? C’est vrai, tu es sourde. Et pourtant, je continue…Je ne peux pas m’arrêter. Toutes ces questions, je te les pose…bien trop tard…jamais mes yeux n’ont été aussi humides. Jamais les tiens ne m’ont autant hanté. Les iris verts sont des éclairs qui traversent mes nuits, les transforment en des cauchemars sans fin.

L’aimais-tu ?

Tu n’aurais jamais dû. Tu n’aurais jamais dû montrer ton intérêt. C’est un fantasme qui s’est basé sur une ombre. Comment as-tu pu croire son frère ? Quoique…Je n’ai pas de leçons à te donner. Je me suis trompé aussi. Ca me semble si loin maintenant, et j’entends encore Jude me parler.

Je vais t’apprendre la nouvelle. Elle est sidérante.

Au bout du compte, un seul amour a existé.

Un seul.

Ce n’est pas celui qu’on croit.

Je vois encore la silhouette de Jude, son boitement continuel, ses épaules avachies, sa tristesse. Il avait les yeux rouges, rouges à force d’avoir pleuré, lui qui a toujours gardé son sang-froid. Personne n’est épargné, je suppose. Un vent mauvais peut à tout instant faire basculer une vie. Rien n’est stable. C’est comme un château de cartes qui risque de s’écrouler d’un jour à l’autre.

Et mes pensées continuent de tourner, de virevolter dans ma tête.

Quelques brins d’herbes ont poussé sur le chemin. Ils sont jaunes au bout, un peu secs. Ils font vraiment pitié à voir. Ici, c’est pourtant bien entretenu. C’est impeccable. On s’occupe bien des morts, mieux que des vivants. Ironique, n’est-ce-pas ?

Tu es choyée, Elise. Il faut que quelqu’un soit mort pour qu’on le traite avec plus de considération. Je trouve cette idée insupportable, alors je me perds à nouveau dans la contemplation de ce magnifique paysage qu’offre un cimetière.

Une coccinelle se promène tranquillement, à côté de moi. Ses ailes rouges se lèvent et des voiles noirs se mettent à vibrer. Elle s’envole et se pose sur un petit caillou. Je souris. J’oublie pendant de brèves secondes l’amertume des souvenirs. Malheureusement, mon répit est de courte durée.

Une voix se met à résonner dans ma tête. Ma gorge se sèche. J’ai l’impression que de la cendre roule sous ma langue.

« Je pars. Je ne supporte plus de vivre ici. J’ai longtemps hésité. Plus maintenant. »

Une nouvelle trahison. Je l’ai ressentie ainsi. Pourtant, je n’ai rien dit. Jude a continué à parler. Moi ou quelqu’un d’autre…ça n’avait pas d’importance. Il avait envie de se confier. J’étais l’aimable récepteur de ce mélodrame.

Le vide s’est agrandi en moi au fur et à mesure de son récit. Jude s’en foutait bien. Le suicide de son frère avait délié sa langue. J’ai compris, ensuite. Elise ou moi dans ce fiasco, on était les victimes innocentes d’une longue querelle.

« Hier, il est venu me voir. J’ai refusé de le laisser entrer. J’ai refusé de le laisser parler.»

Mon visage est en sueur. Il fait chaud aujourd’hui. Heureusement, il y a un peu de vent pour rafraîchir mon corps en ébullition. Il me faudrait un mouchoir pour éponger mon front mouillé. Tant pis. C’est pas bien grave. Je peux supporter cet inconfort.

« Une fois, je l’ai laissé parler. Il a dit ça. Je me suis barré de la maison, après. Je jouais au piano. J’adorais jouer. Il m’écoutait toujours. Il l’a dit à ce moment-là. Ca m’a définitivement enlevé l’envie. »

Ce jeu est cruel. Cette histoire est cruelle. Elise, t’avais rien à faire là-dedans.

«Je ne lui ai jamais pardonné. C’était de la folie. Il ne devait pas parler ainsi. C’était…ces sentiments…Je ne voulais plus voir sa gueule. Il me dégoûtait. »

Quelques nuages passent devant le soleil, jetant une ombre sur le monde. La coccinelle est en train de monter sur ta tombe.

« Hier, j’ai pas voulu le laisser entrer, au départ. Et puis, j’ai remarqué…il avait l’air différent. Il avait l’air vraiment heureux. Je me suis dit qu’une page avait été tournée, enfin. Et…il a recommencé à dire ça…alors, je me suis énervé. Il m’a raconté…Thomas…il riait en disant ça…il se foutait de moi… »

Je lui ai montré les photos. Il ne voulait pas y croire. Je suppose que je suis méchant. Je sentais qu’il refusait encore d’y croire. C’est pas une question de croire. C’est un fait. Ca s’est passé. Jeff était en train de prendre les photos. Pour lui, c’était encore un autre jeu.

Il aimait détruire. Il était féroce. Il ne supportait pas que quelqu’un puisse revendiquer la place qu’il voulait avoir. Pour moi, il n’en a pas été ainsi. Après tout, je le lui ai montré avec mon corps. Il l’a senti. J’en suis encore étonné.

Son suicide, c’est une claque, une moquerie. Je ne pourrais plus l’atteindre maintenant, le salaud. Ma rage ne sert à rien. Ma colère, non plus. Si…il reste une seule chose…trouver le connard qui te faisait ça, sur ces photos. Seul Jeff aurait pu me le dire. Il a gardé son secret. Il a révélé en parti les choses à Jude mais pas tout. Jeff sera pour toujours silencieux, maintenant.

Que me reste-t-il alors?

Oui, maintenant, que me reste-t-il ? Les cyprès ne répondront pas à cette question, certainement. Et ce silence environnant…

Oui, Jude va partir. Il déménage. Il fuit. Il ne sait pas pourquoi son frère s’est pendu, là-haut dans le grenier, avec ce cordon passé à travers un anneau. Moi, je pense que…à vrai dire, je ne sais pas comment l’expliquer. Qui peut comprendre Jeff ? Comment puis-je le comprendre après ce qu’il a fait ?

Jeff est parti. Cette moquerie m’a sauté à la gueule. Elle continuera à me sauter à la gueule. J’entends le croassement d’une pie. J’ai l’impression d’entendre un rire. Oui, c’est amusant, n’est-ce-pas ? Je tordrais bien le cou à cet oiseau de malheur. Ils sont partis, tous les deux. Tu es partie, ma sœur.

Que me reste-t-il alors ?

Je murmure tout doucement, m’adressant à cette tombe et ma voix s’étrangle dans ma gorge : « Tu vois…Elise…ta promesse…il ne me reste que ça…ce vœu…il n’est pas réalisable ! Le bonheur ? Elise ! Tu étais bien naïve d’y croire !»

La coccinelle parcoure les courbes de ton prénom gravé dans la pierre. Son chemin semble bien ardu. Pourtant, cette idiote continue, courageuse. Je me dis alors que je ferais bien de suivre son exemple. Je ne sais pas si j’aurais autant de force. C’est beaucoup plus facile de laisser venir les choses, de les laisser s’écouler, de les laisser se terminer. Alors, je pense que je vais attendre. Peut-être, un jour, il y aura une réponse. Peut-être ou peut-être pas…

Je soupire. Le désespoir m’envahit à nouveau, âcre et cruel. Mes yeux me brûlent. Encore. Je ne sais pas pourquoi ça ne veut pas s’arrêter. Mon corps tremble. J’ai envie de m’endormir, de rester là pour toujours, de fixer cette pierre, de toujours la regarder pour ne pas oublier, pour me punir. Les souvenirs seront ma punition à cause de cette faiblesse, cette faiblesse du cœur qui m’a fait accepter tout de lui, tout supporter. A cause de lui.

Elise, me hais-tu ?

Je sursaute lorsque des bras protecteurs m’enveloppent soudainement. Je me penche en arrière, acceptant l’étreinte, cherchant la chaleur qui m’avait déserté auparavant, me réfugiant dans ce cocon familier.

Je souffle faiblement : « Je croyais que tu ne voulais pas venir. »

« J’ai changé d’avis.»

Je me retourne. Mon regard rencontre le sien, si doux, si triste. Je fais un petit sourire et je dis : « C’est dur. ».

Hochement de la tête. Cela me suffit. Je l’enserre fortement. Que me reste-t-il ?

« Thomas…je vais divorcer, et…je crois qu’on pourra commencer quelque chose de meilleur, de nouveau. »

Je ferme les yeux. Quelque chose de meilleur. Quelque chose de nouveau.

Maman me caresse brièvement les cheveux.

« J’espère. », je réponds.

Et les arbres continuent de chanter…

Fin.


Voilà the end! pour l'instant...je prévois plus...l'histoire d'amour est pour la deuxième partie

mais bon vous me connaissez, j'ai l'esprit tordu donc ce ne sera pas facile!

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!

A bientôt!



© Copyright 2005 pivoine (FictionPress ID:470753).


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