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Titre : Je l’aime…
Auteur : Bulle de Savon.
Résumé : Je me suis laissé tomber à terre, me suis roulé en boule et j’ai dis ‘pouce’.
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Chapitre Un : Je l’aime… un peu…
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Je suis assis sur un banc d’un parc quelconque, les coudes sur le dossier, le visage penché en arrière, offert aux doux rayons du soleil de cette fin de matinée.
J’avais besoin de sortir.
J’en avais ‘besoin’.
Je suis en troisième année de psychologie à la fac… et je viens d’apprendre que je suis recalé…
ET MERDE !
En même temps, c’est pas comme si c’était une grande surprise.
Quand on va pas en cours, qu’on récupère tout juste les notes des fameux cours qu’on a loupé, qu’on suit à peine quand on ‘daigne’ être présent…
Je m’attendais même pas à passer en année supérieure… mais c’est pas ça qui avance les choses.
Ca fait quand même mal.
Tu te dis que tu dois être plus débile que tu ne le croyais. Qu’en fait, les autres, ceux qui t’ont fait chier en te disant que « t’avais pas le ‘contexte familial’ nécessaire pour y arriver dans cette branche »… avaient un peu raison quelque part…
Ouais, parce qu’en plus faut avoir des parents super intelligents derrière toi.
Comme si un gamin ne pouvait pas se démerder tout seul et était obligé par ses parents de rester dans le même niveau de ‘médiocrité’ que les personnes qui l’ont ‘produits’…
Conneries !
Ce genre de généralités me file la gerbe… Comme ceux de qui elles viennent.
Faut pas s’étonner de toute façon que je redouble…
Il m’est arrivé pas mal de choses cette année…
Pas mal de merdes pour être précis.
Ca a été une sorte de désillusion pour moi, dernièrement.
Les potes de fac qui se révèlent moins ‘désintéressés’, moins sincères que ce qu’ils prétendaient.
Un déménagement.
Les attentes de la famille sur mon dos.
Une envie d’indépendance.
La découverte d’une sexualité pas tout à fait comme une mère la voudrait pour son fils.
Ma sœur jumelle qui me gave d’être si superficielle et collée à moi à longueur de temps.
Ect …
Enfin, le médecin dit que mon état provient d’une « accumulation de problèmes » qui déjà, pris un à un est difficile à gérer mais alors quand tu les as tous qui te tombent sur le coin de la gueule…
En tout cas, je sais pas pour les autres mais moi j’ai pas pu.
C’était trop.
Le ras le bol.
L’effondrement.
Je me suis laissé tomber à terre, me suis roulé en boule et j’ai dis ‘pouce’.
Heureusement que je suis tombé sur un médecin compétent.
Ca faisait des mois que j’allais pas bien.
Je dormais plus beaucoup.
Je mangeais quand j’y pensais… Et je pensais pas beaucoup à cette période.
J’étais dans une sorte d’apathie.
Je parlais plus beaucoup.
Envie de rien, marre de tout le monde, de tout.
Pas simple pour l’entourage, j‘en conviens… et pour moi, alors ?!
Personne comprenait ce que j’avais.
Pourtant, faut pas être sorti de la cuisse de Jupiter pour calculer A B.
Perturbation du sommeil, de l’appétit, du comportement, apathie…
Tous ces ‘symptômes’… c’était une dépression.
Et moi, j’ai rien vu.
De toute façon, je percutais pas grand-chose.
C’est comme si j’avais, en quelque sorte, mis mon cerveau en ‘stand-by’.
Je voulais pas réfléchir. J’en avais pas envie.
Parce que quand tu réfléchis, tu prends conscience de plein de choses.
Parce que quand tu réfléchis, tu entames un processus de changement.
Je voulais pas savoir, pas changer, ni évoluer.
Je voulais me rouler en boule sous la couette, tout au fond de mon lit… et attendre.
Attendre quoi ?!
Peut être que le temps passe, qu’on m’oublie un peu, que les choses changent…
Qu’en sais-je ?!
En tout cas, les choses n’ont pas changé, les gens n’ont pas changé.
Et moi, je me traîne toujours.
Je traîne mon mal être avec moi, partout où je vais.
Et j’ai l’impression que rien n’avance, que rien ne change.
Et moi, je suis là. Sur ce banc à me prendre la tête parce que je ‘redouble’ alors que je le savais.
Mais tout me lourde.
Une année à se retaper…
J’ai envie de partir.
Aller ailleurs.
Mais ça reste dans le domaine du ‘j’aimerais’.
Parce que dans la réalité, je vais recommencer une année, comme le ‘bon petit garçon’ que je suis.
Je vais, comme d’habitude, faire ce qu’on attend de moi.
Mais je veux pas qu’on attende des choses de moi.
Je veux qu’on m’oublie.
Je veux vivre pour moi.
Je veux me sentir aimé.
Je veux des bras, de la chaleur, des baisers.
Ce genre de conneries qu’on te vante sur l’amour mais que personne n’a vraiment gouté un jour.
L’amour, c’est un mensonge tout prêt qu’on te sort de temps en temps pour que tu tiennes le coup, que tu continues à vivre en te disant que toi aussi, un jour, tu connaitras…
Foutaises !
Je crois plus en grand-chose.
Je suis blasé.
Je l’étais déjà… mais là… je deviens cynique.
Le petit bonheur plein de faux semblants des autres m’écorche.
Je veux pas les voir sourire hypocritement alors qu’ils sont malheureux comme des pierres.
Je veux pas les voir se bécoter comme des condamnés, rester avec quelqu’un pour pas rester tout seul, alors qu’ils s’aiment pas vraiment.
Tout me paraît faux maintenant.
Alors que j’ai envie de croire que des gens peuvent être heureux.
Une partie de moi veux y croire.
Parce qu’après tout, si tout est faux, si l’amour n’existe pas…
Pourquoi rester en vie ?!
Ca doit être un lambeau de mon instinct de conservation qui se fait entendre…
Parce qu’il faut pas rêver.
Manque de sommeil.
Manque de nourriture.
Manque d’envie…
Ca mène où si ce n’est à la tombe ?!
Le pire, c’est que même ça, j’ai pas été capable de m’en rendre compte tout seul.
C’est sorti de la bouche de ma mère pendant une engueulade… une méchante, pas une chicane…
Elle m’a dit… ou plutôt hurlé à la figure que si je continuais comme ça, si c’était pas du suicide… ça y ressemblait drôlement. Simplement, je me tuais à petit feu…
Ca m’a fais un sacré choc.
Tiens…
Le soleil n’atteint plus mon visage.
Va falloir que j’ouvre les yeux pour dire à l’abruti congénital qui me prend mon soleil qu’il va vite devoir jerter s’il veut pas apprendre à voler.
Ouais, parce qu’il paraît que le soleil, ou plutôt la lumière du soleil, c’est bon pour le moral…
Ca fait vraiment désespéré mais après tout… c’est ce que je suis, non ?!
Je décolle un œil, puis le deuxième.
Effectivement, on me cache de l’astre du jour parce que je viens pas de me niquer les yeux.
Alors, voyons le spécimen de sous être de l’espèce humaine à qui il va falloir apprendre la vie.
…
Nom de dieu !
Un pur beau gosse.
Un mec carrément canon me dévisage, comme je suis en train de le faire.
Il est blond.
De magnifiques yeux verts, pour ce que je peux en voir.
Bien fringué.
Bien foutu d’après la manière dont ses vêtements se collent à son corps.
Je sens que je vais me mettre à rougir comme une collégienne.
Pitié, si je me mets à glousser comme ma sœur au collège quand elle parlait à des mecs… Qu’on m’achève !
Il me fait un grand sourire, charmeur.
C’est fait.
Je rougis… enfin, je crois.
Etrangement… ‘ce’ sourire, ‘son’ sourire… je ne le trouve pas hypocrite.
Je m’affole.
Où est passé mon cynisme.
Mon écriteau autour du cou ‘Allez tous vous faire f….. !’ ?!
Merde.
Je sens qu’il va me parler.
…
C’est possible de tomber amoureux en 14 secondes ?!
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à suivre...
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