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Author: Bulle de Savon
Fiction Rated: M - French - General - Reviews: 32 - Published: 09-07-05 - Updated: 10-11-06 - Complete - id:2002756

Titre : Je l’aime…

Auteur : Bulle de Savon.

Résumé : Un petit pas achevé vaut mieux qu'une grande enjambée avortée.

Chapitre Cinq : Je l’aime… pas du tout…

J'aimerais dire que 'c'est fini'...
Mais je me demande si ce sera jamais le cas, dans mes moments de doute, ces instants où j'ai envie de pleurer tellement je me sens submergé.
Heureusement, il y a ces autres moments, ceux où 'ça va'... juste ça.
C'est pas l'extase, ça n'est pas parfait pourtant c'est assez satisfaisant...

On apprend à se contenter de peu…

C'est con.
J'ai la foi, l'espoir, je sais que le bout du tunnel existe... même si je ne peux pas encore le voir.
Il est là, à portée de main.

Et je VEUX l'atteindre, j'ai la rage, je le mérite... ça fait un peu ‘j'me la pète’... Mais rien à battre, j'ai ramé, j'ai saigné... c'est forcé que ça aille mieux.

J'ai pas eu des jours tout rose tout le temps, loin de là.

C'est vachement facile de 'tomber'.
Mais PUTAIN la remontée est dure!!

Encore heureux, rien que du temps, de l'amitié et quelques séances de psy ne pouvaient panser.

Et le temps, dans notre société actuelle, c'est une denrée sans valeur équivalente.
On te laisse pas le temps de reprendre ton souffle.
C'est limite s'il ne faudrait pas que ta dépression plus ta guérison se fassent en... allez!... quinze jours!
Parce qu'attention... Y'a pas le temps pour ça !

La douleur est une des notions les plus personnelles à évaluer (logique !!).
Bien souvent, mon entourage, m’a renvoyé l'image d'un hypocondriaque, d'un comédien, d'un pleurnicheur, d'une personne qui se complaisait dans sa souffrance, sans se bouger le cul.
Alors, à tous ces gens-là, maintenant j'ai envie de dire (entre autre) : merde ! Allez vous faire foutre ! Je vous emmerde ! Et vas chier !

Je veux bien que la douleur d’une personne qu’on aime soit difficilement supportable, d’autant plus quand on ne peut rien faire. Mais ça n’excuse pas certains comportements.

Dire 'pardon' et même le penser de tout son cœur, n'efface pas ce qu'on a fait ou dit, comme sur une ardoise magique.
C'est trop facile.
On ne peut pas toujours faire ce qu'on veut.
Soit on fait attention (au maximum de ses possibilités) aux personnes qui nous entourent, soit on fait face aux conséquences sans demander pitoyablement à être 'pardonné'.

Je crois que je suis devenu aussi plus dur avec les autres comme avec moi-même.
J'apprécie les choses différemment.
Je fais toujours pas partie du club des bisounours, je grogne toujours autant mais le petit nuage noir qui me collait au train est moins 'présent'.

Je serai toujours égratigné, ça... je ne sais pas si ça partira jamais.
En même temps, c'est quelque chose qui m'a permis de me grandir, et de grandir.

Parfois, aussi, il est nécessaire de tout détruire pour reconstruire et repartir du bon pied.
A quoi ça sert de continuer à construire sa vie sur des mauvaises bases... des ruines?!

Parce qu'en plus, sans le savoir, sans s'en rendre compte, on traîne aussi les boulets de nos parents... Ca fait du boulot tout ça...
Il faut du courage pour remettre son existence, son éducation, tout ce qu'on pensait vrai, en question.
Ca n'est pas facile, c'est long, souvent douloureux...
Mais c'est la seule chose à faire.
Parce qu'il faut avancer.

J'pense plus à moi, en culpabilisant moins.

C'est bête à dire mais j'crois aussi avoir perdu encore un peu de mon innocence.
Ce qui n'est pas forcément une bonne chose... J'suis beaucoup plus suspicieux qu'avant, plus beaucoup d'espoir en l'espèce humaine /grimace/.

Tout ça pour dire que c'est pas la pèche, encore, mais que je me surprends à ricaner avec plus d'insouciance que pendant ma 'maladie'.

Le terme 'dépression' m'est toujours aussi douloureux.

J'ai petit à petit repris contact avec mes amis.
J'ai eu droit à quelques piques, mais rien de bien méchant.
Je crois que ceux qui m'aimaient... ou du moins qui tenaient vraiment à moi, sont contents de mon retour.

Je suis pas encore de retour à 100 pour 100 de mes (anciennes) capacités mais... laissons le temps au temps.
Je préfère y aller doucement, à mon rythme de petit vieux, mais sûrement.
Un petit pas achevé vaut mieux qu'une grande enjambée avortée.

J'suis pas pour autant plus patient (je tuerais dans les transports en commun si je m'écoutais certain matin !) mais j'ai développé une petit philosophie, j'oserais presque dire une petite sagesse personnelle.

J'suis pas non plus un grand maître zen et tout le fatras mais... j'me prends un peu moins la tête... juste un peu moins.

Oh!
La meilleure!

J'ai croisé ce connard de Baptiste, un jour, au hasard (putain de hasard de mes roupettes !!).
J'étais pas tout seul... Dieu soit loué !
Sinon la crise nerf était à portée de main.

Bref !

Cet espèce de tocard à osé !!!
Osé !!
Me faire un sourire plein de dents... que je lui aurais bien fait manger, pour l'affront.

Oh !
Le culot du type !

Heureusement, j'étais avec Matthieu, mon meilleur pote, qui, au passage, s’est révélé encore plus génial que mes plus belles espérances.
Il a 'assez' bien pris mes 'préférences sexuelles' (quand le sujet s'est amené) et est même allé jusqu'à me promettre de Lui péter les genoux si jamais j'avais besoin d'aide ''niveau manutention'' sur cette ''espèce de petite bite''

... J'aime mes amis.

Tout ça pour dire que Matthieu, hétéro comme un poteau quand il a vu que je devenais livide après avoir aperçu ''THE ultimate cafard'' (selon ma soeur jumelle)... hé bien... il a fait quelque chose d'assez... inattendue ?!

D'accord !
Quelque chose de complètement tarée.

J'étais au bord des larmes.
Blanc comme un linge.
Je tremblotais façon ‘Parkinson’.

Il a mis un bras autour de ma taille, m'a calé contre son flanc... une main dans la poche arrière de mon jean et il a maté Baptiste comme s'il voulait lui arracher les bras pour le simple plaisir de le frapper avec ses propres membres après.

Je dois préciser que Matthieu fait 1m80, brun, musclé, aux yeux noirs, adepte de karaté... bref, le genre qui te donne envie de changer de trottoir rien que quand il éternue.

Quel plaisir orgasmique de voir ce déchet de l'humanité se ratatiner et regarder ses pompes.
C'est petit.
Mais ça n'empêche que c'était très bon!!

J'suis assez fier de moi, je peux pas dire que je suis sorti totalement indemne de cette relation...
Est-ce qu’on sort seulement d’une seule relation sans avoir changé… ne serait-ce qu’un peu ?!
J’en doute fortement…
On change forcément….
Pour le meilleur….
Ou pour le pire…

Mais j'ai dépassé la grosse haine qui montait en moi rien qu'à l'évocation de son nom.
Et c'est déjà pas mal.

Dans mes meilleurs moments j'essaie de me dire qu'il m'a apporté quelque chose... en cherchant bien... mais bien profond, hein!
Et dans les moins bons... j'pense juste que c'est une espèce de petite bite, sans manière, sans classe et sans tripes. Et que j'ai été bien bête de tomber dans ses filets de minable...
Connard!

Les inconnus dans les parcs qui m'abordent comme ça... c'est fini!

xoxoxoxoxoxoxoxoxox

En attendant Léana (ma petit soeur jumelle de moi) assis, comme un abruti sur les marches qui mènent à l'appart de ma mère, je laisse mon regard se perdre dans le vague.
Mon MP3 me passe une musique douce.

J'écarquille les yeux, soudain.
Je dévisage cette machine de l'enfer.
J'allais plutôt bien... et il a fallu que cette... cochonnerie démoniaque diffuse une chanson qui me fasse penser à... Lui...
Yeurk, yeurk, yeurk, yeurk.

Fais chier.

J'assassine méchamment du regard la boîte en plastique satanique.

Un camion se gare pas loin de l'entrée de l'immeuble et un groupe de jeune en descend.
Ca ricane, ça plaisante, bonne ambiance, bien sympatoche.

Ils s'approchent.
Je repère notamment un brun aux yeux bleus...
Hmm... dont je ferais bien mon quatre heures, au passage.
Nos regards se croisent et il me fait un sourire... auquel je réponds, timidement, avant de vite lorgner ailleurs.
Léana débarque et me secoue l'épaule avec sa délicatesse légendaire (c'est-à-dire aucune) pour gagner mon attention.
C'est quand même pas de ma faute si y'a du spécimen à baver dans le coin.

'' Ben Gaby! Qu'est-ce que t'as?! On dirait que t'es constipé?!''

Et elle se met à glousser comme la dinde sous cellophane qu'elle est.
Je mâte de trav' l'erreur humaine qui partage une partie de mon code génétique et lâche d'une voix dégoulinante de sarcasme, à la limite du fratricide :

'' J'attendais que tu daigne me gracier de ta présence divine et de ta voix d'ange, Ô soeur chérie. Cependant, après une heure de ravalement de façade, je vois que l'attente ne valait pas le résultat. T'as toujours autant l'air d'une pintade!''

Les types du camion ricanent à notre échange, en nous dépassant.

Le temps que l'info monte au cerveau (/toussote/) de ma frangine, j'ai le temps de me replier (stratégiquement, je précise) au coin de la rue.

Le hurlement d'hystérique de Léana me prévient de toutes attaques de représailles.

'' Gabriel Matthéo Grégoire Maurin ! Tu vas me le payer !!... Et cher !! ’’

Je continue de courir en rigolant de l'air outrée de ma dinde préférée.

xoxoxoxoxoxoxox

Quatre heures plus tard, je peux annoncer officiellement que j'ai fait assez de magasins pour toute une année, que mes pieds sont morts, sans espoir de résurrection... et que je hais ma soeur...

Avec Léana et Matthieu, qui nous a rejoint en fin d'aprem (le petit malin !), nous sommes allés récupérer notre repas, commandé au chinois du coin.

Cette épreuve, et peut être aussi cette distance 'physique', nous a permis de prendre du recul par rapport à tous nos différents.
Quand t'es pas 24 heures sur 24 avec les gens, c'est beaucoup plus facile d'être 'coulant'.
Tout ça pour dire que de temps en temps, on se fait un repas en famille...

Je soupçonne d'ailleurs Matthieu d'avoir des vues sur ma petite soeur...
Bref !

On arrive à la maison, Léana se jette comme un chacal sur nos paquets et déballe le tout pour montrer à notre mère pendant que mon soit disant meilleur ami se vautre sur le canap' et que JE me charge de mettre la table.

On sonne.
Personne ne se bouge.

On re-sonne.
Toujours personne.

Je hurle : ''Nan, nan, ça va. J'y vais... Vous dérangez surtout pas!''
Je continue en marmonnant ''Bande de feignasses...''

J'ouvre la porte, boudeur.

Et là...
Le brun du déménagement de tout à l'heure me fait un grand sourire.

Les leçons de politesse que ma mère a réussi à faire rentrer à force de multiples répétitions me reviennent soudain.

'' Bonsoir. Je peux faire quelque chose pour vous?''

Le sourire se fait coquin, il me mate de bas en haut et me répond :

''Oh mais très certainement, Gabriel Matthéo Grégoire Maurin... Et ce sera 'tu'.''

C'est décidé dès que j'ai retrouvé mon cerveau je vais tuer Léana... dans d'atroces souffrances... avec beaucoup de sang et de viscères sur les murs...
Je me racle la gorge, histoire de m'enlever toute cette gêne.

'' Bien... Alors qu'est-ce que je peux faire pour toi...''

Je laisse une hésitation, pour lui signifier que j'attends son prénom.
Il s'humecte les lèvres.

'' Olivier. Premièrement, il paraît que Madame... Maurin... Ta mère je suppose...''

Après un hochement de tête de ma part, il poursuit.

'' Est la responsable de l'immeuble, j'ai besoin de clefs pour ouvrir ma cave. Et deuxièmement... j'ai besoin de ton numéro de portable pour t'inviter à boire un verre.''

Ben putain!
Il manque pas d'audace.
Dans un état second, je lui fais signe d'attendre et vais parler à ma mère de sa requête.
Matthieu, curieux comme un jeune chiot, se ramène dans l'entrée et comme ses origines du Sud et son besoin incessant de tendresse, le caractérisant, m'entoure de ses bras et se vautre sur moi.

Après quelques mots, ma mère se retire et nous laisse, tous les trois, dans le pas de la porte.
Olivier me lance un regard déçu (?!), et lâche, beau joueur :

'' Je vois que j'arrive trop tard alors...''

Matthieu, plein de tact :

'' Trop tard pour quoi ?!''

'' Hé bien, vous êtes ensemble...''

Mon meilleur ami explose de rire bruyamment pendant que je tente de me faire à cette idée.
Je réponds, légèrement vert :

'' Beurk alors! Haa. Mais c'est vraiment crade ça !''

Olivier ne comprend plus rien.
Matthieu me regarde comme si je l'avais insulté.
Je précise en frissonnant :

'' Tu m'excuses Matt , je t'aimes tout plein mais on se connaît depuis les couches... T'es comme un frère. Ca fait très inceste tout ça. ''

Mon camarade me tape, avec 'virilité' (comprendre brutalité) l'épaule et s'éloigne en caquetant comme la hyène sans morale qu'il est, lançant par dessus son épaule, une lueur vicieuse et revancharde dans le regard.

'' Ce que le sexy Gaby veut dire... c'est qu'il est ouvert à toutes propositions.''

Le beau brun arbore un air canaille en me regardant droit dans les yeux :

'' Toutes?! ''

Et merde...

Je m'étais pourtant promis de plus tomber dans ce genre de panneau.

xoxoxoxoxoxoxoxoxox The End

Comme d'habitude, Merci à Kitty-mamourpour sa (énième) béta-lecture et son soutien perpétuel et inconditionnel.
Merci
à toutes les personnes qui ont reviewés ( Kitty, L'ange gardien, Shang Ah, Aqing, Mydaya, Manga Fan, les réponses à vos reviews vous attendent, comme à chaque fois, sur mon blog) et surtout celles qui se sont acharnés malgré mes délais honteux, si cette nouvelle est finie, c'est pour vous.( Kitty (mais t'es partout toi! lol.), L'ange gardien, Shang Ah, Aqing, Mydaya, Manga Fan, Lady Kaoru Anarchy... ).

Je sais que je me suis fait plaisir mais j'espère que vous aussi vous y avez trouvé votre compte.
Que JLM vous a apporté un petit quelque chose, sans prétention, bien sûr.
J'espère trouver l'inspiration pour une autre nouvelle et qu'elle recevra un soutien aussi abondant et fidèle.

Mille mercis.


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