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Wow, désolée! Ça fait des siècles que j'ai rien posté! Je m'excuse! Sérieusement, en plus que ce chapitre m'ait donné du fil à retordre, j'ai été débordée à l'école. Mais j'ai quand même réussi à terminer ce fameux chapitre 8! J'espère que vous ne m'en voulez pas trop :S
Milii : Coucou, j'espère que je suis toujours une faiseuse de grand sourire, malgré cet énorme retard! Moi aussi j'adore Lucas "dans le privé" Tu vasle revoirdans le chapitre 8, je t'en dis pas plus! HockeyPlayer36, on va bientôt savoir qui c'est!
Martine : Oulalalala? lol l'auto blanche oui, même elle, elle y est! Si la chimie entre Lucas et Jenny pouvait évoluer aussi bien dans la réalité que dans cette fic... ça serait vraiment trop cool! Alex et Aude, ça s'en vient? Tu crois? ;) HockeyPlayer36 toujours lui lol... tu vas bien voir! Merci pour cette pluie de compliments lol À la fin du chapitre, y'a une p'tite scène qui risque de te rappeler quelque chose!
Lyz : Héé j'en reviens toujours pas comment je l'ai eu easy cette adresse là, j'en ri encore! Merci bien :) En attendant, voici le chapitre 8 tant attendu! Tu peux toujours lire ça en attendant de trouver la "bonne" question à poser a guigui :)
hdonela : Serait-ce Lucas? J'en sais rien ;) Tu crois? Les signes, toujours les signes Voici la suite, et peut-être un autre indice? :) Bonne lecture!
Chat de minuit : Je suis vraiment heureuse de toujours te compter parmi mes lectrices D Merci pour tous ces compliments !! Chapitre prochain pour HockeyPlayer36 si tout va bien! J'espère que tu vas apprécier le chapitre 8! Bonne lecture!
miss you : Merci! Le rapprochement semble commencer effectivement! Heureuse de ne pas être la seule qui ris toute seule quand je lis ou j'écris! J'opte pour l'option où on est folles toutes les deux !! Bonne lecture!
Minelly BlackWater : Il est chou hein ce Lucas :) Je l'adore, moi! HockeyPlayer36 c'est pour le prochain chapitre! Voici la suite! J'espère que tu vas aimer!
The Other Stefouu : C pas Lucas? Ah ben! Voici la suite! J'espère que tu vas apprécier! Donne moi en des nouvelles!
k-rots : Merci pour ta review! Voici le prochain chapitre, avec BEN du retard! mais... Présente D Jtm fort cocotte!
Mariannedu30 : Tous les chapitres d'une traite?? WOW! comment t'as fait?! La suite a mis du temps à arriver, je sais, je m'en excuse! Mais la voilà! Merci pour ta review!
Bonne lecture à vous!!
CHAPITRE 8
La fin de semaine avait passée. Puis lundi était venu. Pour la première fois depuis plusieurs semaines, il n’avait pas plu, cette journée là. À l’école, les étudiants étaient tous morts de fatigue, typique d’un lundi. Lucas n’avait pas reparlé à Jenny de la soirée de vendredi, elle n’avait pas cherché à en parler non plus. Donc ils faisaient comme si de rien n’était. Par contre, Jenny y pensait sans arrêt. Un peu comme quelques mois plus tôt, lorsqu’elle avait fait le rêve, celui qui avait marqué le commencement de toute cette histoire. Les souvenirs des années passées refaisaient surface en grand nombre. Ce qui expliquait pourquoi elle était dans la lune extrêmement souvent.
Le mardi avait été une journée comme les autres. Aude avait parlé à Jenny d’Alex. Cette dernière croyait bien que ces deux là s’appréciaient de plus en plus, même si Aude se tuait à lui répéter qu’ils n’étaient qu’amis. Jayson avait essayé de narguer James, le mercredi, mais ce dernier ne s’était pas laissé faire. Il lui avait envoyé une réplique cinglante et le pauvre n’avait rien osé ajouter. Aude étant absente, Jenny était allée manger avec Christina, Kimberly et Samantha, mais elle se sentait de trop. Ne les ayant pas côtoyé pendant plus que quelques minutes depuis environ deux mois, elle n’était pas au courant des dernières nouvelles. Elle voyait bien qu’elle ne faisait plus partie du groupe, mais pour être honnête, ça ne la dérangeait pas plus que ça, elle leur parlait toujours, mais elle ne se tenait plus avec elles. Jeudi avait été une journée vraiment pénible pour les professeurs! Ils n’arrêtaient pas de répéter qu’il y aurait probablement une tempête de neige, tellement les étudiants étaient excités. Le professeur de biologie, qui avait la classe de Jenny à la dernière période de la journée, avait abandonné l’idée de donner des cours et avait fait une période de bavardage. Et finalement, vendredi était arrivé!
Jenny se leva sans difficulté, c’était une des rares fois où elle y arrivait. Elle se prépara en vitesse grand V, un autre miracle. Quand elle s’arrêta, enfin prête à partir, elle regarda l’heure. Sept heures vingt cinq. Elle s’étouffa presque, découragée.
-Bordel, j’aurais pu dormir une demi heure de plus! s’exclama-t-elle à voix haute.
Ne sachant quoi faire pour s’occuper pendant trente minutes, elle se dirigea vers sa chambre et alluma son ordinateur. T’es vraiment accroc, ma fille, se dit-elle intérieurement. Elle se connecta à MSN, et contrairement à son attente, il y avait quelqu’un de connecté à cette heure. HockeyPlayer36 engagea la conversation.
HockeyPlayer36 : Ouah! T’es même là le matin?
JennyGirl19 : Haha, bonne blague! Non, c’est la première fois, sinon je dors comme une bûche le plus longtemps possible! Salut, en passant!
HockeyPlayer36 : Salut! Moi non plus je ne suis pas là le matin, habituellement. T’es là pour quelle raison, toi?
JennyGirl19 : Simple et bonne raison que, pour une fois, je me suis levée avant l’heure, et je me suis préparée sans traîner de la patte, résultat : j’ai 30 minutes à griller avant d’aller prendre le bus! Toi?
HockeyPlayer36 : Hahaha! Même chose pour moi! Je me réveille toujours plus tôt quand y’a une sortie avec l’école…
JennyGirl19 : Ouais, moi aussi, va savoir pourquoi!
HockeyPlayer36 : En ce qui me concerne, le karting, j’adoooore!
JennyGirl19 : Je peux pas en dire autant, j’en ai jamais fait!
HockeyPlayer36 : Non! T’es sérieuse?! J’y vais souvent avec mes 2 meilleurs potes.
JennyGirl19 : Chanceux! J’adore conduire, alors je ne doute pas que je vais apprécier!
HockeyPlayer36 : T’as déjà ton permis de conduire?
JennyGirl19 : Non, mais ça s’en vient!
HockeyPlayer36 : C’est quand ta fête?
JennyGirl19 : Dimanche, mais je vais passer mon examen la semaine prochaine pour le permis temporaire!
HockeyPlayer36 : Wow, chanceuse, j’en ai encore pour trois mois à attendre, moi! M’enfin, pour le karting, je te proposerais bien une course, mais…
JennyGirl19 : …mais je ne sais pas qui tu es!
HockeyPlayer36 : Exact.
JennyGirl19 : M’enfin, on va tous courser contre à un moment ou à un autre, alors… bonne chance d’avance!
HockeyPlayer36 : Ah, ben, merci! J’ai bien hâte de voir comment tu te débrouilles!
JennyGirl19 : Ouais, pour ça, moi aussi!
HockeyPlayer36 : Je peux te dire un truc?
JennyGirl19 : Bien sûr.
HockeyPlayer36 : J’en ai marre des filles qui se prennent pour des Barbies!
JennyGirl19 : Ouah! Quelle déclaration! Tu dis ça pour une raison particulière?
HockeyPlayer36 : Bah, elles sont 25 à m’avoir demandé pour s’asseoir avec moi dans le bus ce matin, et à peu près 25 autres pour le retour! Non mais je suis pas un trophée de chasse, moi!
JennyGirl19 : Ça, j’en doute pas. Je déteste ce genre de fille, non pas parce que je suis moins jolie qu’elles, mais parce qu’elles aiment se faire prendre pour des objets, et elles n’ont que leur corps!
HockeyPlayer36 : Non mais c’est vrai, hein! J’aimerais bien en voir quelques unes au réveil! Sans maquillage ni rien!
JennyGirl19 : Si t’as la chance, prend une photo, je t’en conjure!!
HockeyPlayer36 : Haha! Pour ça, tu peux compter sur moi!
JennyGirl19 : Tu sais ce qui est bien avec les gars comme toi?
HockeyPlayer36 : Non, quoi?
JennyGirl19 : C’est qu’ils arrêtent pas de me surprendre!
HockeyPlayer36 : Qu’est-ce que tu veux dire?
JennyGirl19 : Simplement qu’on vous juge trop sévèrement, même parfois sans le vouloir. Et y’a rien qui me fait plus plaisir que de me rendre compte que j’ai mal jugé!
HockeyPlayer36 : Tu dis « on », ça t’inclus aussi?
JennyGirl19 : Oui, malheureusement, sauf que je suis une de celles qui savent que les gars ne sont pas nécessairement que la copie conforme de l’image qu’ils projettent, mais qui trouve ça très dommage qu’ils ne se montrent pas tels qu’ils sont. Mais c’est un peu pareil pour les filles, sauf en plus compliqué, je crois!
HockeyPlayer36 : Quel genre de jugements tu peux porter, par exemple?
JennyGirl19 : Je vais prendre un exemple bien concret. Tu dis que t’as des problèmes avec ta famille, mais que ça paraît pas quand on te regarde. Que t’as l’air heureux. Et j’ai réalisé, dernièrement, que je portais un jugement sur les gens qui semblent toujours heureux. Comme si je me disais que parce qu’ils ont toujours l’air heureux, premièrement ils le sont, et deuxièmement ils prennent pas la vie au sérieux. Mais j’avais totalement tord, et tu me l’as prouvé toi-même! J’ai été super heureuse de me rendre compte que j’avais tord!
HockeyPlayer36 : Ok, ouf, je m’attendais à pire…
JennyGirl19 : Mais non, t’inquiètes, je fais attention et j’essaie de connaître avant de juger!
HockeyPlayer36 : C’est bien, merci!
JennyGirl19 : J’aimerais bien ne porter aucun jugement, mais c’est quasi-impossible…
HockeyPlayer36 : Ouais, je comprends, moi aussi j’en porte trop, selon moi.
JennyGirl19 : Si tu cherches quelqu’un qui n’en porte aucun, je crois que tu vas chercher longtemps, à mon avis!
HockeyPlayer36 : Ouais, t’as raison, je crois que c’est impossible!
JennyGirl19 : Je crois aussi! Bon, le bus me prend dans 10 minutes, faut que je te laisse!
HockeyPlayer36 : Moi aussi! Ciao, bonne journée!
JennyGirl19 : Merci!
Elle éteignit son ordinateur, même si elle avait pu le mettre en veille, parce que les factures d’électricité étaient de plus en plus élevées, et elle pouvait bien faire faire des économies à ses parents! Elle enfila un manteau et sortit. Lorsqu’elle arriva à l’arrêt de bus, il n’y avait personne d’autre. Quelques secondes plus tard, elle aperçut Lucas qui marchait contre le vent, en regardant ses pieds. Lorsqu’il fut assez près, il releva la tête. Leur regard se croisa et resta accroché un instant. À ce moment, Jenny lui demanda silencieusement « à quoi tu peux bien penser, toi? ». Elle eut l’impression que, les quelques secondes qu’avait duré ce contact visuel, le temps avait ralenti. C’était étrange. Elle détourna le regard, intimidée. Les autres étudiants arrivèrent tranquillement. Puis, vint l’autobus. Pour une fois, il n’était pas en retard! Les étudiants se bousculèrent pour y monter les premiers, ce fut Lucas qui remporta la bataille, suivi de Jenny. Malheur, il ne restait qu’un seul banc libre dans tout le véhicule, les autres étant déjà occupés par une ou deux personnes. Lucas, bien entendu, s’en empara. Jenny pesa le pour et le contre pendant une fraction de seconde, balayant du regard les autres places libres. Elle prit finalement place aux côtés de… Lucas. Ce dernier la regarda s’asseoir avec un air mi-intrigué, mi-surpris. Après tout, elle ne s’était jamais assise avec lui de façon totalement volontaire. Elle n’osa pas regarder dans sa direction. Si quelqu’un lui avait demandé pourquoi, elle n’aurait même pas su quoi répondre. Elle s’interrogea sur la nature de son geste pendant un moment puis, ne trouvant pas d’explication rationnelle, elle abandonna l’idée. Pendant tout le trajet, son regard alla de la fenêtre avant à ses mains, se dirigeant parfois subtilement vers Lucas.
Une fois arrivés à l’école, les étudiants se ruèrent à l’extérieur pour retrouver leurs amis. Jenny se dirigea vers Aude qui venait juste de débarquer de la voiture d’Alex. Elle adressa un signe de main à ce dernier, qui lui répondit par le même signe, accompagné d’un large sourire. Aude ferma la porte de la voiture et Alex se dirigea vers le CEGEP.
-Coucou toi, dit Aude.
-Salut ma grande, ça va bien?
-Certainement, j’ai hâte de faire la course!
-Hahaha moi aussi, mais tu me battras pas!
-Ohhh, j’en suis pas certaine!
-Pas de chicane, les filles, c’est moi qui vais vous battre, dit une voix.
Elles se retournèrent et aperçurent Kurtis qui venait de faire apparition dans leur dos.
-Oh tu crois ça, toi? répliqua Jenny, avec le sourire aux lèvres.
-Certes!
-Eh bien à ta place, j’en serais pas si sûr, renchérit Aude.
-Qu’est-ce qui se passe ici? demanda James en se joignant à eux.
-Seulement qu’elles croient remporter la course, aujourd’hui.
-La course? s’interrogea James.
-Celle qu’on va faire contre elles!
-Ah parce qu’on va courser contre vous? demandèrent les filles.
-Mais oui!
-Ah bon, répondirent Jenny, Aude, James et Lucas, qui venait de se joindre au groupe.
-Voilà que tout le monde est au courant, sourit Kurtis.
-Vous êtes dans quel autobus, les gars? demanda Aude.
-Euh, la sept, je crois, répondit James, et vous?
-La sept aussi.
-Excellent!
La conversation continua jusqu’à ce que les autobus arrivent. Ils montèrent à l’intérieur, Jenny et Aude les premières, les gars ensuite. Elles prirent place dans le dernier banc tout au fond du véhicule. James et Lucas choisirent le banc voisin, et Kurtis s’assit en avant d’eux. Les filles discutèrent entre elles tout au long du trajet. La conversation dériva vers Alex.
-Vous allez toujours au resto ce soir? demanda Jenny.
-Oui oui.
-Génial! Tu vas me raconter, hein?
-Bien sur!
-J’ai bien hâte de voir ce qui va se passer…
-T’es convaincue qu’il va se passer quelque chose, hein? dit Aude en riant.
-Bien sur!
-Quoi?
-Quoi quoi? demanda Jenny, perdue.
-Qu’est-ce que tu crois qui va se passer?
-Bah j’en sais rien, moi!
-Je sais que t’as une idée, allez, parle!
-Mais… je disais ça comme ça, moi! Je veux pas m’aventurer à faire une prédiction!
-Ah d’accord, d’accord, répondit Aude avec un sourire mystérieux.
Elles continuèrent leur bavardage jusqu’à ce qu’ils soient arrivés à destination.
Pendant toute la journée, les filles, James, Lucas et Kurtis enchaînèrent course après course. La première fut gagnée par Jenny.
-La chance du débutant, bouda Kurtis.
-Ouais! renchérirent Lucas et James.
-Bravo ma grande! Dans leur dents, pauvres types à la tête enflée! se moqua Aude.
-Eh! répliquèrent les concernés.
-Attends de voir… lança Lucas en resautant dans sa voiture.
-Tu tiens à te faire humilier une deuxième fois par une fille? le défia Jenny.
-Au contraire, je tiens à humilier la fille en question!
-Hahaha, c’est ce qu’on va voir!
Ils disputèrent une course acharnée, seulement un contre l’autre, avec Aude, James et Kurtis comme spectateurs. Ce dernier prit plaisir à commenter la lutte.
-Et voici le grand Lucas Taylor qui prend les devants sur la championne Jennifer Mathers à la sortie d’un tournant, s’exclama-t-il avec une voix de commentateur de match de hockey. Mais miss Mathers n’abandonne pas pour autant, elle lui fait mordre la poussière dans un virage en U. Qu’en pensez-vous, mes chers associés?
-Eh bien je dirais que… commença James, avant d’être interrompu par Kurtis qui se remettait à débiter un flot de parole incroyable.
-Oh, monsieur Taylor n’a pas dit son dernier mot, il vient pour doubler la belle Mathers mais cette dernière ne se laisse pas prendre, elle appuie sur le champignon. Vous dites, mademoiselle Aude?
-Rien du tout, très cher, corrigea-t-elle en tentant de camoufler son rire dans une toux peu convaincante.
-C’est vous qui le dites! Que vois-je?! Le grand Taylor vient de repasser miss Mathers à pleine vitesse. Il ne reste qu’un tournant et la ligne d’arrivée s’impose. Monsieur Taylor semble avoir pris une bonne avance! Quelle détermination de la part de miss Mathers qui effectue un virage parfait pour venir rejoindre son concurrent! Mathers prend les devants, mais Taylor ne veut rien entendre, il la repasse, puis Mathers, blessée dans son estime, reprend les devants… Ils ne sont qu’à quelques pieds de la ligne d’arrivée. Et le vainqueur est… eh bien merde ils sont arrivés en même temps, lâcha-t-il lorsque la course prit fin.
-Oh, monsieur le commentateur laisse tomber son grand vocabulaire, se moqua James.
Jenny et Lucas sortirent chacun de leur véhicule respectif pour se serrer la main solennellement.
-Belle course, Taylor.
-Pareillement, Mathers, répondit le dit Taylor.
-Bah, au fond, c’est une chance que vous soyez arrivés en même temps, conclut Kurtis.
-Pourquoi? s’étonnèrent Jenny et Lucas.
-Ben parce que j’ai pas de podium à ma disposition!
Tout le monde éclata de rire et le reste de la journée se déroula dans la même ambiance. Quand le temps fut venu pour les étudiants de regagner les autobus, ils étaient tous épuisés.
-Alex passe te prendre à quelle heure? demanda Jenny à Aude.
-D’ici dix minutes, c’est bon, tu peux embarquer dans le bus, je suis une grande fille!
-Tant mieux, parce que je tiens à avoir la place du fond!
-Allez, vas-y!
-Merci! Bonne soirée!
Jenny courut jusqu’à l’autobus numéro sept et arriva un quart de seconde avant Lucas et ses deux acolytes.
-À moi le dernier banc! se vanta-t-elle.
-Ahhh t’as pas fini de toujours me battre, aujourd’hui?! soupira Lucas d’un air dramatique.
-On dirait bien que non, sourit Jenny.
Quand le conducteur ouvrit les portes, Jenny monta la première et se rua sur le dernier banc. Ensuite vinrent respectivement Kurtis et James. Quand Lucas embarqua à son tour, il jeta un regard désespéré vers le fond du bus et chercha une place où s’asseoir.
-Lucas, l’interpella Jenny en lui faisant signe de venir s’asseoir avec elle.
-Merci, souffla-t-il une fois assis.
-Pourquoi il s’assoit avec elle?! Je lui avais pourtant offert de s’asseoir avec moi, s’indigna une pimbêche située quelques bancs devant celui de Jenny.
Ni elle ni Lucas ne l’entendit, par contre. Ces deux derniers restèrent silencieux les cinq premières minutes du trajet, jusqu’à temps que Jenny dise à Lucas :
-Tu peux parler à tes amis, tu sais. C’est pour ça que je t’ai gardé la place.
-Ok, dit-il ne sachant quoi répondre d’autre.
« Quelle réponse, mon vieux » se réprimanda-t-il intérieurement. « Elle te réserve un siège et tout ce que tu trouves à dire pour la remercier c’est ‘ok’. »
Jenny, quant à elle, tourna la tête vers le paysage qui défilait sous ses yeux. « C’est drôle, quand on est avec Aude, James et Kurtis, on rigole comme les meilleurs amis du monde, mais quand on se retrouve tous les deux seuls, on n’a rien à dire alors un lourd silence s’installe, ça devient gênant! » Ses pensées vagabondèrent ensuite jusqu’à Aude et Alex : « Ils sont tellement mignons à voir! Ils se complètent si bien qu’on pourrait croire qu’ils sont faits pour être ensembles. Je me demande bien ce qu’Aude va avoir à raconter en revenant! » puis jusqu’à HockeyPlayer36 : « Qui ça peut bien être? Probablement pas James, il a toujours le sourire collé au visage et raconte des blagues dès qu’il en a la chance. Kurtis, bah je ne le connais pas énormément, alors c’est possible que ce soit lui. Sinon, Lucas? J’en doute toujours, même si Aude amène de bons arguments, on dirait que je suis incapable de croire qu’il pourrait réellement être HockeyPlayer36… Oh et puis merde, j’en ai marre de me creuser la tête avec ça. Déjà que de respirer l’odeur du gaz toute la journée m’embrouillait les esprits à l’avance, je n’ai pas besoin d’un mal de bloc en prime! »
Alors qu’elle allait s’endormir, l’autobus s’arrêta devant le collège. Elle reprit ses esprits et attendit que Lucas se lève pour débarquer. Maintenant, elle devait trouver un moyen de se rendre chez elle. Elle n’avait pas pensé demander à ses parents de venir la chercher. Elle tourna donc en rond pendant quelques minutes, avant de se diriger vers l’intérieur de l’école question de téléphoner à partir d’un appareil publique. Elle chercha de la monnaie dans ses poches de jeans mais ne trouva qu’un dix dollars en papier. Elle sortit donc en rageant du bâtiment.
Après quelques minutes de réflexion, elle se dirigea vers le terminus d’autobus le plus près et regarda l’horaire qui y était inscrit. Prochain bus : dans cinq minutes. Quelle chance. Elle prit place sur le banc de l’abri aux fenêtres vandalisées et attendit. Cinq, dix, quinze minutes. Vive la ponctualité… L’autobus finit par se pointer. Elle y monta et paya le conducteur. Pendant le trajet, elle se remit à penser à tout et à rien, jusqu’au même arrêt où elle était débarquée, une semaine plus en compagnie de Lucas. Elle resongea à cette soirée un instant. Un sourire se dessina automatiquement sur ses lèves sans qu’elle s’en rende compte. Elle sortit cependant de sa rêverie lorsqu’elle remarqua qu’un passant la dévisageait bizarrement. Elle marcha jusque chez elle, sans toutefois croiser le fou de la voiture blanche.
Une fois arrivée, elle salua ses parents et monta prendre une douche. Elle n’eut même pas le temps d’atteindre la dernière marche que sa mère la rappela.
-Jenny?
-Oui maman?
-Dépêche-toi, on part dans vingt minutes.
-On va où, demanda Jenny, surprise.
-Souper chez tes grands-parents!
-Hein? Depuis quand? En quel honneur?
-Ils nous ont invités.
-Quand ça? J’étais pas au courant, moi! J’ai quelque chose de prévu!
-Tu ne les vois jamais! Ils vont encore faire une scène si tu ne viens pas…
-Mais maman, tu m’en as jamais parlé. Je suis désolée mais j’ai quelque chose de prévu.
-C’est quoi, pour être plus important qu’un souper de famille?
-C’est pas plus important, c’est juste une question de principe. J’ai planifié d’aller voir la première partie du Tournoi Midget à l’aréna avant que tu me parles de ce souper. Transmet leur mes salutations, d’accord?
-C’est bon, j’ai oublié de t’en parler. Je leur dirai que tu avais quelque chose de prévu.
-Merci maman.
Elle finit de monter les marches pour se diriger vers sa chambre afin de prendre des vêtements. Elle prit ensuite la direction de la salle de bain et s’y enferma. Une fois dans la douche, quelqu’un toqua à la porte.
-On y va, ma chérie, bonne soirée!
-Bonne soirée à vous aussi!
Une fois propre et habillée, Jenny descendit à la cuisine et ouvrit le réfrigérateur à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent en guise de repas du soir. Il ne restait pratiquement rien de potentiellement intéressant à manger alors elle se dit qu’elle achèterait quelque chose à l’aréna. Elle remonta à sa chambre, prit un peu d’argent, enfila son manteau et sortit dehors.
Il neigeait! La première vraie neige tombait enfin! Jenny retomba en enfance un instant, leva la tête au ciel avant d’ouvrir la bouche pour sortir la langue. Après avoir attrapé un flocon et avoir réalisé que la neige, de nos jours, devait probablement être beaucoup plus acide que lorsqu’elle avait cinq ans, elle referma sa bouche et se mit à arpenter les rues en direction de l’aréna. Son pas se fit cependant beaucoup plus lent qu’à l’habitude, étant donné qu’elle observait le paysage qu’elle avait sous les yeux. Qui a dit qu’on devait payer une fortune pour voir des beaux paysages?
Lorsqu’elle poussa la porte du centre sportif elle fut abasourdie de voir à quel point l’endroit regorgeait de gens comparativement à l’habitude. Elle s’aventura dans la foule et arpenta les estrades jusqu’à ce qu’elle trouve une place libre.
Cinq minutes plus tard, l’intensité de l’éclairage diminua et un gros projecteur éclaira l’entrée de la patinoire. Le gardien de but de l’équipe locale fit son apparition alors qu’une voix annonçait son nom et son numéro au micro. Les autres joueurs suivirent, un après l’autre, chacun présenté par l’homme derrière le micro. Les trois quarts de la foule éclatèrent en applaudissement, le quart restant attendant que l’équipe adverse apparaisse à son tour. Quand ils furent tous sur la glace, prêts à commencer, l’arbitre siffla et la partie débuta.
Pendant la première période, les joueurs semblaient plutôt endormis, les passes étaient sans cesse interceptées, il y avait plus d’arrêts de jeu qu’autre chose. Mais ils se reprirent en deuxième. Période pendant laquelle les buts fusèrent de partout. L’équipe locale marqua les deux premiers, réveillant ainsi la foule, l’équipe adverse égala la marque après quelques minutes, mais les Warriors reprirent l’avance en fin de période. Le pointage était donc de 3 à 2 en faveur des Warriors. Par contre, Lucas n’avait pas joué de façon exceptionnelle comparativement à d’habitude. Wilson, pour sa part, avait marqué deux des trois buts des siens.
À la deuxième entracte, Jenny se leva de son siège.
-Pourriez-vous garder ma place pendant que je vais m’acheter quelque chose à manger, s’il vous plaît? demanda-t-elle gentiment à son voisin.
-Bien sur aucun problème, allez-y mademoiselle, répondit ce dernier.
-Merci, sourit-elle.
Elle se fraya un chemin du mieux qu’elle put à travers tous ceux qui s’étaient levés, tout comme elle, pour se dégourdir les jambes. Elle se mit en ligne à la cantine. En attendant son tour, elle se demanda comment était l’ambiance dans les arénas de la NHL¹. Elle n’avait jamais eu la chance d’assister à un match des Canadiens de Montréal², mais elle en rêvait. Elle ne put rêvasser plus longtemps car c’était son tour de commander.
-Une poutine avec un cola s’il vous plaît.
-Ça fera quatre et soixante cinq, lui dit la caissière.
-Voilà, répondit Jenny en lui tendant un billet de cinq dollars.
La caissière lui remit les trente cinq sous qu’elle lui devait en même temps que son repas. On repassera pour la bouffe santé! se dit-elle. Juste comme elle regagnait son siège, la partie recommença. Dès la première mise au jeu on sentit qu’il y aurait plus d’action dans cette période que dans les deux premières. Comme pour le prouver, un joueur adverse étampa Lucas dans la bande. Mais voyons, qu’est-ce qu’il a celui-là, ce soir? Il ne réplique même plus! Effectivement, Lucas n’était pas du genre à se laisser rentrer dedans sans répliquer. Mais ce soir, il ne semblait vraiment pas là.
Elle sortit de ses réflexions juste à temps pour voir Lucas, qui était défenseur, se faire déjouer par un joueur adverse avant que ce dernier ne fasse de même avec le gardien de but, pour finalement égaliser le score. Elle leva les bras au ciel en signe de désespoir.
Il ne restait que deux minutes à jouer en troisième période. L’équipe adverse (Jenny ignorait son nom et d’où elle venait) était en plein contrôle de la rondelle dans la zone des Warriors. Un tir, bel arrêt du gardien. Second tir, rate la cible. Wilson tenta un dégagement, raté. Troisième tir, arrêt de justesse. Soupir dans la foule. Passe, passe, passe, tir, arrêt, sifflet. Mise au jeu à la droite du gardien des Warriors, gagné par l’autre équipe. Passe d’un défenseur à un attaquant, interceptée! Lucas, qui semblait maintenant en totale possession de ses moyens, s’empara de la rondelle qu’il venait d’intercepter, se fraya un chemin entre les deux défenseurs adverses qui tentaient de lui barrer la route et se retrouva seul devant le gardien de but. L’atmosphère était tendue au maximum dans les gradins, plus personne ne semblait respirer. Feinte habile de la part de Lucas et… BUT! L’assistance explosa en applaudissements alors que les joueurs sautaient tous sur l’auteur du but gagnant pour le féliciter. Ce dernier leva les yeux vers les estrades, croisa un instant le regard de Jenny, et continua de célébrer avec ses coéquipiers. Jenny esquissa un sourire. Ben voilà, tu vois, c’était pas si compliqué! Elle regarda l’heure -21h30- se leva et prit la direction de la sortie.
Dehors, il neigeait toujours, et rien ne semblait vouloir fondre! C’était tellement beau! Des milliers de gros flocons tombaient d’un ciel noir. Elle s’éternisa un peu à regarder ce magnifique spectacle. Lorsqu’elle décida enfin de prendre le chemin du retour, elle vit Lucas sortir de l’aréna avec d’autres joueurs qu’elle ne connaissait pas. Elle n’osa pas aller lui parler, mais lui fit tout de même un sourire en guise de félicitations. Un instant plus tard, Wilson sortit à son tour, seul. Il vint de lui-même voir Jenny.
-Salut, dit-il.
-Salut, répondit-elle. Beau match, malgré tout!
-On aurait pu faire mieux, effectivement, mais c’est la marque finale qui compte.
-Tu l’as dit! 4 à 3, c’est excellent!
-Merci. J’ai vraiment eu peur que ça se termine mal en fin de troisième, avec tous ces tirs, et les dégagements qu’on arrivait pas à compléter.
-L’important c’est que cette fameuse passe ait été interceptée.
-Effectivement! Ça nous fait un match de gagné, maintenant on ne peut plus perdre.
-Alors vous n’avez qu’à gagner les autres aussi, lui dit-elle tout bonnement.
-Facile à dire!
-Je sais, plus facile à dire qu’à faire… J’ai qu’un conseil pour toi, t’en fais ce que tu veux.
-C’est quoi?
-Dors bien, la veille du prochain match. On sous-estime souvent l’importance du repos.
-Euh, ok… si tu le dis, je vais essayer ça.
-C’est bien. C’est pas que j’aime pas parler avec toi, mais il faut que je rentre, et si je veux arriver à la maison avant minuit, je ferais bien de partir tout de suite.
-T’es à pied?
-Oui, pourquoi?
-Il neige à plein temps et on gèle!
-Je crèverai pas, t’en fais pas pour moi.
-Si tu le dis!
-Merci de t’en faire… Salut Andersen, lança-t-elle au concerné qui venait de sortir à son tour.
-Salut Mathers, répondit-il en se dirigeant vers la voiture de ses parents.
-Bon, alors bonne marche, dit Wilson.
-Merci bien! À lundi.
-À lundi.
Il alla rejoindre Lucas et les autres gars alors que Jenny entama sa marche vers chez elle. Elle ne croisa pas l’auto blanche, à sa plus grande joie. En arrivant chez elle, elle constata que la maison était déserte. Ses parents n’étaient toujours pas rentrés. Aucune surprise, elle savait qu’ils reviendraient aux alentours de minuit. Elle alla prendre sa deuxième douche de la soirée, cette fois pour se réchauffer. Elle enfila un pyjama et alla directement se coucher, ressentant une énorme fatigue due à la journée qu’elle venait de passer. Une fois étendue dans son lit, elle ferma les yeux, prête à rejoindre Morphée.
À peine cinq minutes plus tard, elle était couchée sur le dos, les yeux grands ouverts. Pourtant un instant plus tôt elle tombait de sommeil, où était la logique dans tout ça? Elle referma tout de même ses yeux dans une deuxième tentative. Au bout de vingt minutes, rien à faire, elle ne dormirait pas de sitôt. Elle se leva donc et regarda dehors. Il neigeait toujours! Ne pouvant résister, elle se rhabilla, laissa une note à ses parents, enfila son manteau, ses bottes et sortit à l’extérieur. Elle s’aventura dans les rues de la ville pour la deuxième fois ce soir là. Ses pas la conduisirent vers l’aréna… c’était devenu une habitude ou quoi? Au lieu de changer de parcours, elle continua dans cette direction. Plus elle approchait, plus elle croyait apercevoir une silhouette sur le terrain normalement gazonneux mais maintenant enneigé du complexe sportif.
C’est seulement à quelques mètres de la silhouette en question qu’elle reconnut Lucas, ou du moins son manteau. Il était assis sur son sac d’équipement, son bâton dans une main, sa tête appuyée sur l’autre. Il ne semblait pas bouger.
-Lucas? risqua-t-elle.
Il sursauta, se tournant dos à elle. Ok, c’est lui...
-Lucas…
-Vas-t’en, répondit-il d’une voix rauque.
-Ça va?
-Ça a l’air d’aller? répliqua-t-il.
Effectivement, ce n’était pas la question à poser.
-Je vois bien que non…
-Quelle observatrice, commenta-t-il d’un ton sarcastique. Maintenant vas-t’en, ajouta-t-il, toujours dos à elle.
Elle ne bougea pas, réfléchissant à un moyen de lui demander ce qui n’allait pas sans qu’il s’énerve encore plus.
Il se retourna pour voir si elle était partie, mais à son plus grand désespoir, elle était toujours là. Ce geste permit à Jenny de voir son visage, particulièrement ses yeux remplis de larmes. Son cœur rata un battement. Il pleure? Quelle observatrice, aurait-il répliqué. Elle s’approcha et mit une main sur son épaule.
-T’es contente? lâcha-t-il.
-Contente? demanda-t-elle, incrédule.
-Y’en a qui payeraient cher pour voir Lucas Taylor pleurer, et toi, t’es aux premières loges, rit-il ironiquement.
-Écoute, je suis pas là pour rire de toi. Les années t’ont effacé la mémoire, tu me prends pour une de ces commères qui ne cherchent que des potins à raconter à toute l’école.
Elle se mordit les joues à cette allusion au passé, mais c’était dit, elle ne pouvait plus reculer. Elle fut tout de même soulagée qu’il ne réponde rien.
-Tu peux commencer par me dire ce que tu fais assis sur ton sac de hockey en plein milieu de la nuit alors qu’il fait un froid de canard?
-Ça te donnerait quoi de savoir? marmonna-t-il.
-Rien, mais j’aimerais quand même savoir.
-Mon père, j’imagine qu’il était en furie, j’ai mal joué jusqu’à une minute de la fin de la partie. J’en sais rien, tout ce que je sais, c’est qu’il est parti sans moi.
-Tu es ici depuis 21h30?!
-Ouais…
-Tu sais quelle heure il est?
-Non.
-Minuit. Ça fait deux heures et demie que t’es ici.
-On dirait bien.
-Tu me fais une place? demanda-t-elle.
-Hein?
-Sur ton sac, j’en ai marre d’être debout.
Il se tassa un peu pour que Jenny puisse s’asseoir. Ils restèrent en silence pendant de longues minutes, jusqu’à temps qu’elle brise le silence.
-Tu sais, ton père il peut penser ce qu’il veut, mais il ne peut pas nier que ton dernier jeu était magnifique.
-…
-Je veux dire, reprit-elle, ni toi ni moi pouvons dire que tu as joué comme tu joues d’habitude, ce soir, mais qu’est-ce que ça fait? Tu as marqué le but de la victoire, en tant que défenseur. Normalement, c’est le truc des attaquants, les feintes et tout. Mais toi, tu t’es improvisé attaquant sur cette séquence. Tu as feinté probablement mieux que le capitaine de ton équipe l’aurait fait. Tes copains étaient tous fiers de toi. Laisse toi pas abattre, tu as été génial.
-Merci, murmura-t-il.
Elle le sentit frissonner.
-Hé, regarde-moi, dit-elle.
Il daigna enfin se retourner pour se rasseoir à côté d’elle cette fois, et non dos à elle.
-Y’a autre chose qui va pas?
-Il n’est jamais content, ces temps-ci…
-Et tu sais pourquoi? Ça ne doit pas être seulement à cause du hockey, tu joues bien normalement.
-Bien. C’est pas assez pour lui, bien. Il aimerait que je joue dans une meilleure catégorie que le A. Il m’a demandé de faire les essais pour l’espoir le printemps dernier. Mais je savais que je ne serais jamais choisi. J’ai joué A toute ma vie. Comment, tout d’un coup, j’aurais le talent pour jouer dans l’équivalent du AA? J’ai l’impression qu’il se rend compte que je ne suis pas de calibre pour avoir une chance de jouer dans la NHL, et ça le frustre.
-Il aurait aimé que tu joues dans la NHL?
-Oh oui.
-Et toi?
-Quoi moi?
-T’aimerais jouer dans la NHL?
-C’est le rêve de tous les jeunes joueurs de hockey, je ne fais pas exception à la règle…
-Alors fait ce qu’il faut pour réaliser ton rêve.
-T’es marrante, je suis rendu à quinze ans, bientôt seize. Les gars avec de l’avenir pour la NHL, à cet âge, jouent au moins dans l’espoir, si ce n’est pas dans le midget AAA. Et moi, je joue dans le A. Y’a une différence.
-Et tu crois pas en la persévérance?
-Oui, mais c’est pratiquement impossible qu’en deux ans je passe du A au AAA…
-Je croyais jamais dire ça un jour mais… rien n’est impossible tu sais. T’as un rêve, qu’est-ce que ça fait que des milliers d’autres gars aient le même que toi? Si tu y tiens, tu vas faire tout ce qui est en tes moyens pour le réaliser.
-…
-T’as froid?
-Oui.
-Viens ici.
Il la regarda sans comprendre. Elle lui sourit et lui frotta le dos avec sa main droite. Ils restèrent un moment sans parler, avec seuls les reniflements de Lucas comme bruit de fond. Elle lui tendit un mouchoir.
-Ça va mieux?
-Ouais.
-Tu prévois rester ici encore combien de temps?
-Je sais pas.
-Je t’aide à tout transporter jusque chez toi, ça te va?
-Oui, ça serait gentil.
-Passe moi ton bâton, et sors tes patins de là dedans, ça va faire moins lourd.
-Ok.
Ils prirent donc la direction de la maison de Lucas. Jenny avec les patins de ce dernier sur l’épaule, son bâton dans une main. Lui, traînait son sac avec le reste de son équipement à l’intérieur. Ils ne dirent pas grand-chose. Rien, en fait. Ils se contentèrent de marcher en regardant la neige qui continuait de tomber. Lorsqu’ils furent arrivés à destination, il était une heure du matin. Jenny lui remit ses patins et son bâton et comme elle allait partir, il l’interpella.
-Hé… Jen…
-Oui? demanda-t-elle en se retournant.
-Merci…
-De rien, sourit-elle.
¹ NHL : National Hockey League. C’est la ligue de hockey professionnel de l’Amérique du Nord. pour les intéressés.
² Canadiens de Montréal : Équipe de la NHL ayant comme aréna le Centre Bell à Montréal, au Québec.
Finii! Maintenant je veux vos reviews!
Bisous
April