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Masamune
Titre : Le collier de Morann
Auteur : Cro
Source : Originale
Genre : fantastique,
Disclaimer : à moi, à moi, à moi…tous les persos présents m’appartiennent
Chapitre 1 : où on se dit que la pêche est bonne et où on manque pas de culot…
Il aurait pu être comme les autres mais décidément, l’idée ne lui plait pas. Le destin va l’aider à sortir du lot, mais finalement… le désirait-il tant que ça ? Il commence sérieusement à en douter.
La cloche sonna en un cri strident. Les étudiants quittèrent les gradins de l’amphithéâtre dans un brouhaha de chaises et de sacs déplacés et de discussions vives. Il se leva, indifférent aux autres jeunes, rangeant avec calme ses affaires, loin de l’excitation ambiante.
Il était le plus jeune de l’université avec ses deux ans d’avance. Il se sentait à l’écart de part cette différence d’age autant que par leurs préoccupations si insignifiantes à ses yeux. Il ne cherchait même pas à faire connaissance.
Déambulant dans les couloirs sans réelle motivation, il repensait au cours, ingurgitant toutes les données avec la facilité d’un ordinateur. Sa tresse brune fouettait l’air derrière lui, ses yeux verts fixaient les autres sans les voir.
Il passa l’immense porte et se dirigea vers le parking. Alors qu’il ouvrait sa voiture, il se crispa en entendant une voix qui l’appelait.
« Masa ! Attends moi ! »
Il se tourna pour observer la jeune femme qui courrait vers lui. Les cheveux blonds coupés courts, de grands yeux bleus rieurs, elle lui sourit en le rejoignant.
Il grommela un peu tout en s’installant sur le siège du conducteur. La femme stoppa sa course à ses cotés essoufflée, pliée en deux, les mains sur les genoux.
« Dis, tu veux pas me ramener ? »
Masamune eut un soupir avant de lui désigner le coté passager tout en mettant le contact.
« Allez monte, Ningyo. »
Elle était la seule présence qu’il supportait sans trop de mal. Il la connaissait depuis l’enfance, sa mère étant une amie de la sienne et habitant à moins de cent mètres l’un de l’autre. Pleine de vie, elle restait cependant une compagnie acceptable.
Elle prit place et la voiture prit la route, sous la musique techno que Ningyo avait mis à fond au détriment de Masamune qui ne pouvait même pas penser à se boucher les oreilles en conduisant.
« En fait, tu veux pas passer chez moi pour m’expliquer deux-trois choses sur le cours ? » cria la femme pour couvrir le son.
Masamune, avec son calme habituel, baissa le volume avec un certain plaisir, ne voulant pas s’égosiller pour répondre.
« Impossible, j’ai quelque chose de prévu. »
Elle fit la moue.
« Sûr ? »
« Sûr et certain, c’est important. »
« Ahhh ? tu vois une fille en ce moment ? »
« Non… », soupira-t-il avec la force de l’habitude, la jeune femme ayant visiblement un grand intérêt à savoir qui fréquentait son compagnon.
« Bon, tant pis alors », souffla-t-elle.
Le jeune homme gara la voiture devant chez lui.
« Allez, à demain », fit-elle en lui posant une bise sur la joue.
Masamune soupira une nouvelle fois en la regardant s’éloigner puis ferma la voiture.
Il était à peine rentré qu’il se reçut un gamin d’une demi-douzaine d’années dans les jambes. Le petit s’agrippait de toute la force de ses petits poings au pantalon de l’uniforme de Masamune en l’observant avec ses grands yeux son grand frère.
« Kinzo, qu’est ce qu’il y a ? »
Le gamin lui tendit les bras et le jeune homme le prit dans ses bras et le souleva, refermant la porte d’un pied.
« Alors, bout de chou, ça ne va pas ? » demanda-t-il de nouveau face au silence de l’enfant.
« Maman, elle veut pas que je regarde la télé parce qu’elle est devant ! »
Masamune eut un petit rire devant la mine attristé du petit.
« Allez, viens, on va la voir dans ma chambre. »
« Ouais !!! »
Les deux frères montèrent les escaliers, le petit accroché de toute la force de ses petits bras au cou de Masamune. Kinzo s’installa devant l’écran aussitôt que son aîné eut ouvert la porte et l’ai déposé au sol. Le plus âgé s’installa alors devant son ordinateur portable, l’ouvrant et attendant quelques instants avant de taper son mot de passe. Il déclencha alors sa boite mail, survola rapidement la liste des nouveaux messages pour en supprimer une grande partie, n’en conservant qu’un petit nombre. Il sourit au nom d’un certain Skyfox74, un pseudo qu’il connaissait bien, un collectionneur d’objets d’arts, un bon client donc.
Il parcourut le message avec un sourire satisfait. Une demande simple et facilité par l’envoi des plans du bâtiment, ça lui convenait bien même s’il fallait avouer que ça le frustrait légèrement.
Une pierre précieuse, un rubis finement taillé, une belle pièce à n’en pas douter s’afficha sur son écran.
Il jeta un regard distrait à son frère concentré sur ses dessins animés pour être sûr qu’il n’avait rien vu, puis se lança dans une observation détaillée des plans.
Le temple était immense. Après une visite guidée, Masamune, réfugié en hauteur, à l’abri des regards, installé sur une haute branche d’un arbre du parc, observait depuis un long moment maintenant les touristes qui s’attardaient au crépuscule. Sur son perchoir, il avait une vue imprenable pour examiner les allées et venues des gens. Bientôt, le bâtiment serait presque désert. Il n’y avait plus qu’à attendre. Il alluma son téléphone portable et y examina une fois de plus le plan pour comparer avec ce qu’il avait sous les yeux. Il ne lui fallut guère de temps pour cela et il se réinstalla aussi confortablement que possible contre le tronc de l’arbre centenaire, maudissant d’un juron sa tenue qui à son grand malheur avait une tendance plus que légère à coller à sa peau, le soleil tapant dur malgré l’ombre des feuilles. Il se mit alors à pianoter sur son téléphone et à jouer au jeu minable qu’il avait, essayant d’exploser son record de quelques millions de points.
Quand il leva le regard de son occupation pour la neuvième fois consécutive, il hocha la tête avec un air décidé. Il descendit avec prudence de sa planque pour poser pied à terre. Il se dirigea à pas de loup, profitant au maximum des ombres pour se diriger vers l’entrée. Une voix le fit frémir un instant et il se plaqua quelque peu nerveux contre une colonne d’un portail. Le bruit s’éloigna et il jeta un bref coup d’œil pour voir une silhouette disparaître dans l’ombre du temple. Il resta un moment immobile pour être sûr que rien ne viendrait l’ennuyer. Une fois assuré de cela, il s’approcha du bâtiment qui l’intéressé. Prenant légèrement son élan, il bondit souplement pour attraper la balustrade du niveau supérieur et s’y hisser. En équilibre sur la barrière, accroupi, il scruta une fois encore les environs. L’endroit lui paraissait lugubre, sombre. Pas un bruit ne lui parvenait hormis celui de petites clochettes de bronze qui teintaient doucement sous les caresses du vent.
Il eut une lueur d’excitation dans le regard. Les choses pouvaient s’avérer amusantes. Il s’introduisit à l’intérieur avec une démarche de félin en chasse. Il pouvait voir que les couleurs rouges et or dominaient la pièce même malgré la faible lumière qui filtrait à travers les petites fenêtres. Il ne s’attarda pas sur les objets sacrés qui se trouvaient là et continua son chemin : le client d’abord, le reste était secondaire.
Le rubis devait se trouver en arrière-salle sans doute, puisque de toute évidence les objets déposés dans la pièce étaient là plus en exposition qu’autre chose. Il eut un sourire ironique : décidément, qui pouvait encore bien parler de culte ? Le temple n’était plus qu’un musée de temps révolus au final.
Il passa à coté de l’énorme statue d’un dragon enroulé sur lui même, au regard courroucé. La sculpture attira un bref instant son attention par la grâce et la souplesse de l’animal céleste.
« Ce gamin commence à sérieusement me chauffer les nerfs… Il vole tout ce qui l’intéresse, même les artefacts sacrés, aucun respect ! »
« Allons allons, attends un peu la suite… on pourra bientôt rire, si je ne me trompe pas. »
Sa main se referma sur la pierre précieuse avec satisfaction après une série de manipulations. Temple ancien ou pas, la sécurité y régnait quand même et plus technologique qu’il n’y paraissait au premier abord.
Il enfourna le joyau dans une sacoche avant de se lancer à la recherche d’objets plus intéressants, pour son propre intérêt. Il récupéra ainsi une petite statuette de platine représentant une déesse qu’il prendrait le temps d’identifier plus tard, un magnifique collier d’or massif, épais et lourd mais définitivement à son goût par la présence d’espèces de griffes qui, telles une main devaient se refermer sur le torse de son porteur et enfin, une fine bague ciselée avec savoir faire à l’effigie d’un dragon. Il mit le tout dans son sac à dos et eut un sourire. La pêche avait été bonne. Sortir serait un jeu d’enfant.
L’être garda un long moment le silence, sa bouche s’étirant en un sourire sadique au fur et à mesure.
« Bien bien… »
« Tu vois… »
« Je crois que là, tu viens de frapper un grand coup… »
Il ne s’était toujours pas départi de son sourire quand il déposa son butin sur son bureau après une escalade le long de la vigne vierge montant jusqu’à sa chambre. Au final, le plus dur dans cette commande, c’était bien de rentrer sans réveiller Kinzo qui dormait dans la chambre à coté de la sienne. Il prit son ordinateur pour donner une réponse positive à son acheteur pour ensuite se laisser tomber sur son lit, avec un grognement de contentement, enlevant son tee-shirt trop moulant, à son goût, sur son corps.
« Voyons voir un peu ce que j’ai là… »
Il saisit le sac, mettant le rubis de coté avant d’observer le reste. A y regarder de plus près, la statuette représentait sûrement Benten, l’un des dieux de la chance, s’il en jugeait au serpent que la jeune femme portait sur les épaules. Il pourrait en tirer un certain prix. Pour ce qui était des deux autres, il comptait bien les garder pour sa collection personnelle. Il prit le collier en main et l’observa un long moment. La prise était magnifique. Il fit claquer le fermoir pour ouvrir le bijou et le passa autour de son cou.
« Un objet sacré, hein ? J’aimerai bien voir ça moi… Si des êtres supérieurs gouverneraient véritablement le monde, je les trouve des plus minables. Et vous ! Si vous existez… montrez vous donc, qu’on rigole ! »
Le fermoir claqua de nouveau alors que Masamune se redressait face au miroir de sa chambre, l’air sûr de lui, le poids du collier pesant sur ses épaules et contre sa poitrine. Il sourit, défi muet à quiconque aurait oser renier sa supériorité, humain ou divin.
Quelque part, une faible étincelle en lui, lui souffla que quelque chose n’allait pas dans ses réactions.
Il eut un léger sursaut face à la chaleur qui se dégageait soudainement du collier sur sa poitrine nue. Il eut un rire nerveux.
Il n’eut guère le loisir de s’en inquiéter : une profonde lassitude et une grande fatigue s’emparèrent de lui. Il s’endormit en tombant lourdement sur son lit après un dernier regard au miroir.
Le réveil fut dur. L’alarme de son radio-réveil hurlait à l’agonie au sol. Masamune se retourna dans ses draps et enfouit la tête sous l’oreiller avec un grognement capricieux. L’appareil se tut dans un bruit de métal déformé et le jeune homme ouvrit un œil.
Il mit un moment à comprendre tout ce qui n’allait pas en se souvenant de la veille et aussitôt quelque chose frappa son esprit encore assombri par le sommeil. Que faisait-il bien au chaud sous ses couvertures ? Il s’était endormi comme une masse, non ?
Et pourquoi diable, ce crétin de réveil ne lui exploser plus les oreilles ? Et surtout quelle étrange folie lui avait pris la veille ?
Un nouveau bruit derrière lui et il se retourna, commençant à paniquer. Il eut un petit cri de surprise en apercevant l’assassin de son réveil qui le regardait de sa place, assis sur le bureau. L’autre eut une sorte de sourire et Masamune resta figé.
Les notes de l’auteur :
Pourquoi ce titre ? Je suis tombée dessus par hasard dans le dictionnaire des symboles. Il s’agit d’un artefact magique de la religion celte. Quand à savoir ce qu’il fait, je l’expliquerai plus tard. Il faut juste savoir que c’est juste une symbolique utilisé dans cette histoire.
Les personnages : j’aime bien Masamune avec son ‘petit’ coté « j’m’en fous », vous en pensez quoi vous ? Pour ce qui est de Ningyo, une vraie pile électrique celle-là…
Pas de yaoi ? attendez donc un peu, on est au tout début !!!
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