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Author: Mydaya
Fiction Rated: T - French - General/Romance - Reviews: 16 - Published: 10-04-05 - Updated: 05-01-06 - id:2020548

Auteur : Mydaya

E-mail : mydaya2000yahoo.fr

Site : nex84.ath.cx/mydaya

Couples : Yaoi, yuri et hétéro donc, comme allant de soi, pour toute personne n’aimant pas un des styles, je vous déconseillerais de lire l’histoire, sauf si vous voulez vous y essayer, mais ne m’insultez pas, merci.

Genre : Romance, intrigues, suspens, complications, meurtres, traumatismes, etc. Bref, pas de quartiers, lool ! Sinon, pas de lemon. Lime à la limite, mais pas plus loin.

Disclaimers : Tous les personnages de cette histoire allant du chien, du chat, de l’arbre, de la pâquerette, jusqu’à la vache qui broute dans le pré, en passant par les humains qui se baladent et qui jouent à Dallas, tout cela, c’est à moi. Si vous désirez quoique ce soit, veuillez me prévenir.


Résumé des chapitres précédents :

Chapitre 1 – Michael écrase le chien d’aveugle de Vincent et fait la connaissance de sa famille, les Lichor.

Chapitre 2 – Vincent a un frère, Damien, et ses parents sont à fond dans la religion chrétienne.

Chapitre 3 – Damien sort en boîte le soir avec sa petite amie, Eva Mantola, le frère de celle-ci, Benoît Mantola, et des amis (Christophe, Chloé et Léa qui sont des jumelles) Eva est jalouse de Chloé qui s’approche de son copain. Damien voit Benoît et Michael s’embrasser à la sortie de Red Sky.

Chapitre 4 : Damien remarque qu’il plaît au frère de sa copine, Benoît, ainsi qu’à Chloé. Il est rassuré par son meilleur ami, Christophe.


Note : Ce chapitre est maintenant dédié à Christophe et les complications s’enchaînent, lool ! J’espère que vous ne vous embrouillez pas trop... Le résumé juste au-dessus devrait normalement vous permettre de ne pas trop décrocher. Pour les relations des uns des autres, je comptais fais un graphique sur mon site, si ça intéresse les gens.

Un grand merci à Manga Fan, Cerbère, L'Ange Gardien, Nass (Oui, pauvre Damien et la suite ne va pas l'arranger - enfin, tout est relatif ;p), Crev' et Yohgami pour vos gentilles reviews !

Bonne lecture


Boys’ & Girls’ Revolution

Chapitre 5 : Le confident attitré


Chris se passa une main sur le visage, puis rabattit la couverture sur sa tête. Il voulut se rendormir, mais le sommeil ne vint pas tout de suite, contrairement à d’habitude.

Bon, que Damien ait ses petites questions sur l’existence, ce n’était pas très important, ce genre d’incidents ne pouvait que s’altérer avec le temps et il se marierait plus tard avec Eva, auraient cinq gosses, etc. Non, ce qui le turlupinait, c’était Benoît. Chris connaissait vaguement le frère d’Eva, mais à chaque fois qu’il l’avait rencontré, ce n’était que pour confirmer ses hypothèses.

Christophe était quelqu’un d’assez empathique et donc arrivait bien à comprendre en un regard les situations et les personnes. C’était d’ailleurs pour cette raison, sûrement, que Damien lui avait confié ses incertitudes. C’est avec un sourire que le roux se remémora le temps où il avait servi légèrement d’intermédiaire entre Damien et Eva. Tous les deux l’avaient téléphoné pour lui confier qu’il aimait l’autre, mais qu’il avait des doutes, des hésitations, etc. Il leur avait à peu près dit la même chose – qu’en gros, ils devaient se débrouiller et que, de toute manière, s’ils ne demandaient pas à l’autre, ils ne sauraient jamais, que les choses ne bougeraient pas – et à présent, ils étaient très heureux en couple. A part le problème de Benoît...

Peut-être l’avait-il mal jugé alors, les fois où ils s’étaient parlés. Pourtant, il avait cru dur comme fer – et il lui avait semblé avoir détecté des preuves – que Benoît était amoureux de sa sœur. Le fait qu’ils s’entendaient si bien ne devait pas lui être étranger, essayant de rester le plus longtemps possible proche d’Eva. La preuve : elle avait organisé une fête et elle l’avait tout de suite invité. C’était mignon, mais bon... ce n’était pas le même amour, ça se voyait.

Heureusement pour Benoît, personne n’avait remarqué ses coups d’œil prolongés, ses regards attendris et ses gestes affectueux, pas même sa sœur. Mais rien n’échappait au regard franc de Christophe. Il n’en avait parlé à personne car, comme il le disait lui-même, ce sont les affaires des autres. Chris en avait quand même parlé avec Benoît alors qu’ils avaient été seuls une fois. Benoît avec tout nié en plaisantant, mais il avait toujours eu cette lueur de détresse. Chris n’avait pas tellement insisté, car il avait simplement voulu prévenir le frère qu’il était au courant.

Mais s’était-il trompé ? Est-ce que Benoît était proche de sa sœur, seulement pour voir un peu plus Damien. Il était vrai que Damien avait un charme que lui-même ignorait – Eva avait de la chance. Il y avait quelque chose qui clochait.

Chris soupira et tomba dans un profond sommeil. Ce fut son père qui vint le réveiller, le secouant dans tous les sens dans son lit. C’est avec un grommellement que le roux agita la main en l’air pour essayer de chasser l’intrus, en vain.

— Debout Chris ! fit la voix grave de Mr Todet. Il est deux heures de l’après-midi, tu ne vas quand même pas rester au lit toute la journée ?! Hier, tu n’as pas fait tes devoirs, alors je compte sur toi pour te mettre à jour.

— Mmhmmh...

— Je n’ai pas bien entendu.

— Ouais, ouais...

Christophe émergea de sous sa couette et vit son père en contre-jour avec la lumière du dehors – son père ayant lâchement ouvert le volet. Raymond Todet ne faisait absolument pas son âge. Qui aurait pu imaginer que sous sa carrure imposante se cachait un homme près de la cinquantaine ?

A la maison, ils avaient spécialement une salle de musculation où son père passait pas mal de temps. Chris y allait de temps en temps, juste pour se maintenir en forme. Mais son corps dynamique n’était rien comparé à celui plus musclé et plus travaillé de son père. Chris n’avait jamais compris pourquoi il tenait à avoir une forme olympique alors qu’il était simplement un des dirigeants d’une grosse boîte de téléphone mobile.

Dans ses années de collège, Chris avait fait un stage dans son entreprise, mais Mr Todet ne l’avait pas pris dans son service. Les gens là-bas étaient très sympas et parfois, quand il avait le temps, il passait leur rendre une visite. Mais aucun n’avait une carrure comme son père – ou en tout cas, il n’en croisait jamais.

Raymond Todet était blond aux yeux bleus, ce qui le rajeunissait encore un peu. Il était habillé d’un pantalon noir, ainsi qu’un pull bleu sur une chemise blanche. Même quand il était chez eux, il avait la classe. Oui, Mr Todet avait la classe dans n’importe quelle circonstance et c’était assez énervant, parfois.

Chris sortit totalement de ses couvertures en bâillant tandis que son père le laissait se préparer. Le roux se demanda un instant s’il allait vraiment se recoucher, maintenant que son père était reparti, mais finalement, il opta pour la solution la plus pénible qui était de se lever. Il choisit des vêtements au hasard dans son placard, puis se dirigea d’un pas lent vers la salle de bain. De là, il prit une de ses mèches de cheveux et, se regardant dans le miroir, décida de parfaire sa coloration car elle commençait déjà à partir. Sous la douche, il profita du jet d’eau chaude qui dénouait ses muscles de leur nuit.

Enfin plus ou moins réveillé, le jeune homme se pencha à nouveau sur Benoît Mantola. Vraiment, il l’intriguait beaucoup ! Il n’aimait pas ne pas comprendre le comportement de quelqu’un et à présent, il savait qu’il allait être de mauvaise humeur toute la journée, car il savait qu’il n’allait pas découvrir ce qui n’allait pas.

Lavé et habillé, il descendit manger un petit quelque chose car il commençait à avoir faim ! Il était 15h. Il trouva dans le frigo un reste de pâtes qu’il fit chauffer. Son père apparut, un verre de bière à la main :

— Ah enfin ! soupira-t-il. Tu penseras à faire le ménage de ta chambre aussi.

— Quand j’aurais fini mes devoirs. Où est maman ?

— Partie acheter un livre dont elle a entendu le mérite à la radio. Elle doit être en train de papoter avec la libraire, sûrement.

— Ok. On l’attend pour 16h alors ?

Mr Todet rigola. Il posa son verre sur la table et tint compagnie à son fils.

Son père n’était pas son père, et sa mère n’était pas sa mère. Ca n’avait jamais été un secret. Chris aurait bien voulu partir à la recherche de ses vrais parents, mais après l’avoir abandonné dans un orphelinat, ils avaient eu un accident de voiture. Il s’était alors intéressé à ses grands-parents, mais il n’avait pu rencontrer que sa grand-mère paternelle qui était morte un an après. Quant à ses tantes et ses oncles, il n’en avait pas, sa mère et son père étant tous deux enfants uniques.

Tout ce qu’il arrivait à penser, c’était « Tant pis. » car ses parents d’adoption étaient plaisants. Tout plutôt que l’orphelinat. Mme Todet, en fait, était stérile et sa petite bouille à l’époque leur avait plu.

La période la plus difficile avait été le passage à l’adolescence où Chris avait eu beaucoup de mots durs avec son père. Ils n’en étaient jamais venus aux mains, mais c’était limite. La couleur de ses cheveux avait envenimé un peu le tout, mais c’était passé et Raymond Todet avait accepté au bout de quelques années, cette bizarrerie. Ce qui n’était pas passé du tout, c’était les quelques piercings que le jeune homme s’était fait – sans l’accord de ses parents, il allait de soi. Mr Todet avait presque essayé de lui arracher ces boucles argentées. Mais au bout d’un an, Chris s’était calmé et les avait enlevées. Bref, c’était assez violent.

De plus, c’était dans cette période-là que Chris avait découvert qu’il préférait la gente masculine à celle féminine. Il n’en avait parlé à personne et n’était jamais sorti avec quelqu’un, étant trop renfermé. Alors effectivement, il avait gueulé sans cesse qu’ils ne le comprenaient pas – et il y avait une partie de vraie, puisqu’il ne leur avait rien dit. Mais maintenant, même s’il parlait tranquillement avec son père, il ne lui avait toujours pas avoué ce détail, ni à sa mère.

Indirectement grâce à Benoît, Chris savait maintenant que ce genre de détails ne choquait pas son meilleur ami. Bien entendu, Damien n’était pas au courant et à présent, avec cette certitude, peut-être que Chris lui avouerait qu’il préférait les hommes aux femmes. Un jour, sûrement.

— Qu’est-ce qu’il te reste à faire ? demanda Mr Todet.

— Réviser mon éco. J’ai un devoir mardi.

— Tu veux que je t’aide ?

— Non. Je pense que ça ira. Et comment va ta boîte, papa ?

— Le chiffre d’affaire avait un peu baissé, mais on s’est repris et c’est en légère augmentation. Le pire, c’est que j’ai du faire face mercredi dernier à une petite grève de salariés. Heureusement, tout s’est arrangé, mais il faut faire attention.

— Je vois.

— Au fait, nous avons des invités ce soir (1). Tu veux manger avec nous ou pas ?

— Je commence tôt demain, je ne préfère pas. Je mangerais simplement un petit truc à côté et ça ira. Qui est-ce qui vient ?

— Un ami avec qui j’ai fait des affaires un moment. C’est un employé de Red Sky, il me semble. Tu sais, la boîte de nuit dans laquelle tu es allé hier – ou avant-hier.

— Oh. Ce ne serait pas un qui traîne dans des affaires louches ? Tu sais qu’aux infos de 20h, ils en ont parlé.

— Il est très gentil. Il vient avec sa femme à 20h. Je veux que ta chambre soit rangée quand ils arriveront car ils voudront certainement vouloir visiter.

— Pff...

— Sinon il faudra que tu penses à bien fermer ta porte car il fume le cigare.

— Pouah ! Ca va empester la maison (2) ! Et je parie que tu vas l’accompagner ?

— C’est bon, un cigare, protesta Mr Todet.

— Il n’y a que toi qui trouves que c’est bon.

— Et mon ami.

— Et ton ami, concéda Chris en soupirant.

— Alors tu me promets que tu vas la ranger ta chambre ?

— Oui, c’est bon !

Christophe se leva et mit ses couverts au lave-vaisselle. Mr Todet repartit avec son verre devant la télé, tandis que son fils remontait dans sa chambre. Il aéra la pièce et fourra le maximum de bazar sous son lit ou dans on coin qu’on ne voyait pas depuis l’entrée. Puis, fermant la fenête de sa chambre, il se mit à son bureau, posa son casque de musique sur ses oreilles, et ouvrit son trieur pour en sortir ses cours d’éco.

Il entendit sa mère rentrer et ses parents commencer à faire la cuisine pour le soir.


Avec un gros soupir, Christophe posa ses écouteurs et se massa les tempes. Il rangea ses affaires et regarda l’heure. 21h. L’ami de son père devait être là alors. Chris entendit effectivement des rires à l’étage d’en dessous. Ils avaient du oublier de visiter la maison, trop pris par les discussions et les plats. Le roux s’étira puis descendit lui aussi pour manger.

Trois adultes étaient assis autour de la table dans le salon. Son père était en tête et à sa gauche se trouvait Mme Todet. Blonde, elle aussi, elle avait néanmoins des yeux foncés et elle gardait toujours ses cheveux dans un chignon pas très bien serré. Elle s’était habillée simplement – un long pantalon noir et un haut rouge.

L’homme assis en face d’elle, et qui était à la droite de son père, était presque chauve. Lui, il suffisait de le voir pour connaître son âge. Il était bien bâti, quand même, mais gardait un petit ventre avec quelques rondeurs. Ses quelques cheveux frisottaient sur le côté.

— Oh mais qui voilà ? demanda-t-elle d’une voix un peu bourrue.

— C’est Christophe, répondit Raymond.

— Il a bien grandi depuis la dernière fois que je l’ai rencontré. Ca va ? Tu es en quelle classe cette année ?

— Je suis en première année de fac de droit, répondit-il poliment en lui serrant la main.

— Ouh, c’est dur. Tu comptes suivre les pas de ton père ?

— Je ne sais pas. Je suis plus porté sur le droit, plutôt que sur la téléphonie mobile. J’aimerais faire avocat.

— Mais tu peux très bien faire avocat pour sa société, répliqua l’homme.

— Il n’est pas encore très sûr de ce qu’il veut faire, compléta Martine Todet. Chris, tu veux manger quoi ce soir ? Il y a des restes de carottes avec du filet mignon. Sinon, tu peux te faire une conserve.

— Ouais, je vais voir, acquiesça le plus jeune

— Bon appétit, sourit l’homme.

— Merci. A vous aussi.

Le roux rentra dans la cuisine, fermant la porte derrière lui et laissant les adultes entre eux. Sur la table, il y avait un bazar monstre, avec un cadeau de l’invité en plus. C’était un panier garni de bouteilles de bière de marques différentes, avec un verre spécial tout au dessus. Au moins, c’était original. Chris regarda un peu, mais ne reconnut que peu de bières. Il mangea rapidement, puis retourna dans sa chambre, saluant d’un sourire l’invité au passage.

Parfois, c’était un peu ennuyeux d’être enfant unique... Il enviait Damien et Eva qui pouvaient faire partager de bons moments avec leurs frères. Un jour, Chris avait demandé à ses parents une sœur ou un frère, mais ses parents n’avaient jamais satisfait son souhait. Pourtant ils avaient les moyens, alors il ne comprenait pas tellement leur décision. Mais à chaque fois qu’il essayait d’en parler, son père réussissait à éluder la question de façon si subtile qu’on ne pouvait y échapper.

Chris allait allumer son ordinateur mais son téléphone portable sonna à ce moment précis, le faisant sursauter. Il fronça les sourcils en reconnaissant le numéro d’Eva. Avait-elle deviné que son petit copain se faisait draguer par son frère ? Si tel était le cas, il ne saurait pas quoi dire pour la rassurer... Il décrocha quand même :

— Allo ?

« Salut Chris, c’est Eva. »

— Salut Eva. Ca va ?

« Euh... oui, oui... »

— Ok. Raconte-moi ce qui ne va pas, alors.

« Je ne veux pas t’embêter avec ça, c’est un peu un problème de fille quand on y repense... »

— M’en fiche. Accouche. C’est bien pour ça que tu m’as téléphoné, non ?

« Oui... c’est vrai... »

— Alors ? pressa-t-il alors qu’un grand silence se faisait à l’autre bout du fil.

« Je crois que je deviens ignoble, Chris. »

Ouf, elle ne savait toujours pas pour son frère. Si elle savait, elle ne s’en remettrait certainement pas. Mais que le problème la concerne, ça pouvait être grave. Eva n’était pas très bien dans sa peau et c’était seulement Damien qui avait réussi à la sortir de son trou, à la faire s’ouvrir aux autres.

Chris s’allongea confortablement sur son lit, étouffant un soupir.

— Pourquoi tu dis ça ? Il est arrivé quelque chose ? demanda-t-il.

« Je... Tu sais que j’aime Damien. »

— Oui. Et alors ?

« Et alors, je me rends compte que je deviens de plus en plus possessive, de plus en plus jalouse. J’ai peur de l’étouffer, alors je ne dis rien, mais ça m’étouffe, Chris ! L’autre soir, à Red Sky, J’ai pris à part Chloé et je l’ai carrément menacée de ne pas s’approcher de mon petit ami ! »

Ah oui, c’est vrai... Benoît n’était pas le seul à avoir des vues sur Damien, il y avait aussi Chloé. Chris se massa les tempes. Damien lui donnait plus de fil à retordre que prévu... Mais qu’est-ce qu’il faisait pour attirer autant de personnes !?

Chris avait été attiré par lui, certes, quand ils s’étaient rencontrés, mais c’était plus de l’amitié et Chris ne regrettait rien. Mais il avouait volontiers que son ami avait un charme fou. La chance, pensa-t-il avec déception.

— Toi ? Menacer quelqu’un ? Eh ben, elle devait vraiment le coller, alors !

« Pour ma part, je trouve qu’elle le collait vraiment trop, mais je ne suis pas objective du tout. Mais maintenant que j’y repense, je crois que j’ai fait une scène pour presque rien et je ne suis toujours pas satisfaite. Je me rends de plus en plus compte que j’ai... besoin d’avoir Damien à mes côtés et que je ne supporte pas de le voir traîner avec d’autres filles ! »

Elle devrait se soucier également des garçons, songea avec humour Chris en changeant son téléphone d’oreille.

— Ecoute, Eva, ce n’est pas la fin du monde, je t’assure. Il arrive toujours un moment où le couple tangue un peu, où on n’est plus sûr de l’autre, etc. En fait, il faudrait juste que tu fasses davantage confiance à Damien.

« J’ai confiance en lui ! C’est seulement que je n’ai pas confiance aux autres. Que lui reste stoïque devant leurs jeux, je le sais bien, mais c’est juste que... que savoir que d’autres filles posent des mains aguicheuses sur lui, ça me révulse ! J’ai une envie meurtrière et je serais prête à frapper la malheureuse si elle s’y essayait. »

— Où est passée ma douce Eva ? Allez, respire un grand coup, ma puce. Ca va passer. Je pense que c’est juste une période. Tu ne voudrais quand même pas que Damien soit jaloux de moi si je traîne avec toi, non ? Bon, alors essaye de te calmer. Essaye dans ces situations-là d’inspirer un grand coup et de réfléchir posément.

« C’est tellement dur... »

— Je sais que tu peux le faire. Et puis ne préfères-tu pas un Damien libre, plutôt qu’un Damien enfermé ?

« ... C’est vrai... »

— Ca va aller ?

« Oui, je pense. Encore désolée de t’avoir impliqué là-dedans ! »

— Mes deux amis sont en jeux, je ne vais quand même pas laisser passer ça sans rien dire !

« Merci, Chris. »

— De rien, ma puce. Au fait, question plus concrète : tu as révisé le devoir de mardi ?

« Quel devoir ? »

— Eva, Eva, Eva..., soupira-t-il. Tu es au courant qu’il y a un devoir sur table en éco mardi ?

« Mince !! J’ai totalement zappé ! Et j’ai passé ma journée à ressasser mon histoire avec Damien, et à regarder la télé ! Je vais mourir ! »

— Bon bah, je vais te laisser à tes révisions, alors...

« Oui, c’est ça, merci beaucoup de m’avoir prévenue ! Pff, je ne sais pas à quelle heure je vais me coucher avec tout ça... »

— Bon travail.

« Ouais, merci. A demain. »

— Salut.

Après avoir raccroché, Chris alluma quand même son ordinateur. Le matin, Damien l’avait appelé car il avait des doutes sur son couple. Le soir, Eva l’avait appelé car elle avait des doutes sur son couple. Le roux passa une main lasse dans ses cheveux. Ils n’étaient pas sortis de l’auberge avec tout ça !

Mais il avait confiance en les deux concernés : ils se débrouilleraient. S’ils avaient su les doutes de l’autre, leur couple aurait coulé, mais normalement, si tout se passait bien, Damien et Eva devait remonter la pente. Normalement...


Eva raccrocha en soupirant. Elle regarda ses mains tremblantes. Cette histoire lui faisait peur, mais elle suivrait les conseils de Chris et irait de l’avant ! Elle se battrait pour être une petite amie idéale ! Il fallait juste qu’elle soit plus tolérante. Ca ne devrait pas être si compliqué que ça, non ?

En attendant, elle devait se pencher sur son devoir de mardi ! Comment avait-elle pu l’oublier ?! La blonde se précipita vers sa chambre.

Dans le couloir, elle y croisa une jeune fille. Elle ralentit le pas. L’intruse se rongeait distraitement les ongles. Elle était brune et avait de grands yeux bleus. Ses cheveux foncés étaient libres dans son dos. Elle avait un air de ressemblance avec Eva. Celle-ci s’arrêta à sa hauteur.

— Euh..., commença la blonde. Damien a vu ta chambre. Tu pourrais la fermer à clef la prochaine fois ?

— Ah, oui, bien sûr.

— Merci.

— ...

— Et maman a laissé un bol avec des restes pour quand tu auras faim.

— J’ai vu, oui. Je l’ai déjà mangé.

— Ok.

— ...

— Tu veux téléphoner, c’est ça ? demanda soudain Eva.

— Oui. J’aimerais remercier ma cousine pour m’avoir hébergée quelques temps chez elle.

— Ok. Pardon, je te laisse la place.

— Ce n’était pas pressé.

Eva reprit tout de même son chemin, sans un regard en arrière. La fille la regarda disparaître dans sa chambre, puis prit le combiné pour composer un numéro. Au bout de cinq sonneries, le répondeur se mit en marche :

— Allo Gaëlle, c’est Manu. C’était pour te dire que j’étais bien arrivée et ma mère m’a laissé de quoi manger – elle est plus compréhensive que mon père. Merci de t’être occupé de moi ce week-end. A la prochaine, sûrement.

Elle raccrocha puis retourna dans sa chambre presque vide. Elle regarda l’heure et décida de se coucher. Elle ouvrit un placard et sortit son pyjama. Elle enleva ses vêtements, mais avant de s’habiller à nouveau, elle se regarda dans le miroir.

Ses traits étaient un peu durs, mais ça ajoutait à son charme. Avec une certaine hésitation, elle passa la main dans ses cheveux pour en retirer des épingles. La perruque tomba, dévoilant le même visage qu’Eva Mantola, encadré d’une chevelure mi-longue blonde.

Si ce n’est la poitrine inexistante...


A suivre...

(1) : L’art et la manière d’être prévenu au dernier moment... Chez moi, c’est tout le temps comme ça. Bon, on s’y fait bien sûr...

(2) : C’est de l’expérience personnelle que je mets, là, loool ! Et puis l’odeur avait imprégné toutes les chambres et les tissus... Horrible ! o.O

Mydaya : Un chapitre plus court que les précédents, mais c’est pour y ajouter ce suspense. Le sentez-vous ? Hein ? Si, si, je suis sûre que vous le sentez ! (lol) Bon, un chapitre avec un nouveau personnage que je vais développer dans le chapitre prochain ! On verra un peu moins Vincent et Michael, mais je les garde pour plus tard ;p



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