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Chapitre premier
Quinze minutes... Quinze minutes et je vais enfin la voir. Bon, pour n’importe quel autre humain, quinze minutes, c’est l’heure à laquelle il va prendre l’autobus, où encore celle où il va dîner. Pour moi, c’est la fin de son cours de piano. Juste penser à elle me donne des frissons. Pourtant, je ne devrais pas. Elle ne m’est tellement pas destiner.
Quand je repense à notre première rencontre, et à son air de dédain, je ne peut m’empêcher de sourire. Oui, elle à toujours su ce qu’elle voulait. Je revois miroiter sa belle chevelure blonde, scintillante comme des diamants, sous le beau soleil d’avril. Du haut de ses douze ans, elle m’avait regardé avec un dégoût tout particulier, parce que j’avais oser lui demander son nom. Comme si demander le nom de quelqu’un était un pécher! Puis elle m’avait jauger, en commençant par mes souliers griffés, attardant son regard sur mon jeans propre, puis sur ma montre à mille dollars, en lançant un bref regard à mon polo Calvin Klein puis, d’un sourire sarcastique, elle m’avait lancé, indifférente : ‘ Et qu’est-ce que ça t’apporterais?’ Déjà deux mois que je la regardais entrer et sortir, trois fois par semaines, du petit studio situé devant le parc, où j’allais m’asseoir tranquille pour réfléchir. Sur le coup, je n’ai su quoi lui dire. Je la regardais béatement, comme une incarnation. Ce que ça m’apporterais? Mais tout! Et rien en même temps! Je ne cesse de rêver à toi, le sais-tu? ‘Une réponse à ma question...’, lui avais-je répondu timidement. Elle m’impressionnait, moi qui était de quatre ans son aîné.
Mon cœur manque un battement. La voilà, qui sort finalement d’un pas gracieux. Dans sa petite robe-soleil jaune, sa longue chevelure lâché grossièrement sur ses frêles épaules, elle marche paisiblement. Mais je vois dans ses yeux une imperceptible étincelle qui s’allume, puis s’éteint automatiquement.
Quelque chose de louche se trame... Je me lève, effrayé de savoir une vérité, car aucun sourire n’a franchit son cœur, allant jusqu’à ses douces lèvres.
‘James, comment vas-tu?’
Ses yeux bleu ciel trahissent son ton neutre et détaché.
‘Alexee, qu’est-ce qu’il y a?’
Je n’aime pas du tout ce regard. Déjà trois mois que je la fréquente, ce petit humain à toujours des mystères à me faire découvrir.
‘Je pars. Ce soir. Pour New-York.’, me dit-elle en évitant mon regard. ‘Maman m’a trouvé un professeur célèbre qui m’accepte.’
Là, mon cœur n’a pas manqué un battement! Il a tout bonnement arrêté de battre! Elle ne peut pas partir... Je serais perdu sans elle. Elle est tout pour moi. Le bonheur, le soleil, le rire, les pleurs, la colères, la honte! Elle est ma vie! Si je n’étais pas si orgueilleux, je pleurerais.
‘Je suis heureux pour toi.’
C’est faux... Comment pourrais-je être heureux, alors que ma vie est en train de s’effondrer, sans issue de secours, avec comme seule bouée, déménager à New-York. Mais qu’irais-je faire à New-York, à seize ans, sans études finient?
‘Merci.’
Un merci timide, sans grande conviction. Comme ma phrase sans vie, précédemment dite.
‘Bon, je vais rentrer, Maman m’attends pour préparer le reste des choses...’
Je la regarde, le cœur en morceaux, tourner les talons et partir lentement, sa petite robe virevoltant derrière elle. Je suis certain que de toute ma vie, je ne ressentirai jamais un tel abandon. Puis, sans crier gare, mes larmes coulent à flots. Aucuns sanglots, aucun spasmes... Que des larmes qui roules sur mes joues, sur un être décharné, à présent sans but et sans vie.
Nous ne sommes pas des amoureux. Elle ne me doit rien. Mais, je me sens tellement trahie, que je n’ai qu’une envie; la détester. Et je sais que jamais, je ne réussirai. Jamais je ne pourrai l’oublier.