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Titre : Un ange passe
Auteur : Himitsu.
Genre : Yaoi .
Source : discussion Msn avec ma bêta Carole.
Disclaimers : pour me faire pardonner de mes délais misérables çç
Warning : il s’agit ici d’une séquelle à 1PM.
Statut : One shot
Musique de fond : New Found Glory – The Minute I Met You
Quand un ange passe…
-Nils, bon dieu ! Arrête tes conneries et descends de là tout de suite !
Dans l’évolution humaine, certains êtres acceptent plus ou moins bien leurs origines animales.. Mon fils n’avait lui aucun complexe à se prendre pour un macaque et me narguait du haut de son perchoir.
-Il est monté tout seul là haut ? demanda une mère qui passait avec un spécimen poupin moins agité que le mien.
L’envie me démangea de lui répondre que la meute de chien enragés qui le poursuivait sur mes ordres l’avait un peu aidé.. Mais je me contentais de soupirer. Les gazouillis mouillés qu’elle émettait attiraient plus efficacement l’attention de Nils que mes pitoyables essais. Il y avait certaines fois où Suzanne me manquait plus que d’autres, des situations où j’étais tellement paumé que hurler me semblait une bonne idée.. Mais comme j’étais un type raisonnable, je préférais m’abstenir.
J’avais voulu sortir Nils, lui faire prendre l’air de cette magnifique après-midi d’automne. J’étais veuf, fauché et j’habitais un quartier pourri, mais un brin de soleil peut transformer le plus.. « gothique » des jardins de jeu en un espace plaisant. J’avais donc laissé Nils jouer dans le sable où les chiens et chats du quartier avaient certainement enterré nombre de « trésors », ses cris de rires avaient ressemblé un instant à ceux d’une mouette, frôlant les ultrasons en réponse aux autres enfants qui piaillaient pareillement. Le temps que je cligne des yeux, il était monté sur ce foutu toboggan rouillé, branlant, et diablement plus haut que la normale. Il finit par s’élancer sur l’étroite surface lisse et je me précipitais à la réception, elle avait peut-être un temps été sûre, mais à présent le béton était presque apparent sous la fine couche de sable.
Nils sous le bras je pris le chemin du retour. Le soleil commençait seulement à décliner mais la température chutait de façon sensible. Je tentais en sortant du square de ne pas me faire écraser, le bac à sable cerné de bancs était enchâssé entre un supermarché en liquidation et une usine de mise en boîte. La seule façon de savoir ce que cachaient ces murs de tôle étant d’être rentré dedans. Travaillant depuis deux ans dans cette boîte de conserve géante, à l’image de sa production, je décelais les signes d’activité avec un mélange de reconnaissance et de répulsion, autrement appelé : « l’appel du lundi matin ».
Devant mon immeuble, je rencontrais madame Magnot, la quinquagénaire qui ne manquait pas à chaque fois qu’elle me voyait de m’abreuver de conseils et suggestions.
-Oh ! Mais c’est que vous rentrez bien tard..
-Il est 16 heures.
-Oui, mais vous auriez dû l’habiller davantage..
-Je n’ai pas réussi à retrouver sa combinaison de ski.
-Vous savez ce qu’il lui faudrait à ce garçon ?
Nils cligna des yeux dans ma direction, fit la moue et tira sur mon bras en direction de l’ascenseur. Parfois mon fils est encore plus génial que d’habitude.
-Je pense que oui, et pour l’instant ça se résume à un goûter.
-Mais vous savez ma filleule est là aujourd’hui ..
-C’est dommage, je suis très occupé ce soir, une autre fois peut-être.
Je fis un signe d’excuse en direction de Nils et le suivis rapidement vers les portes qui s’ouvraient juste. Je manquais bousculer une personne qui attendait devant et m’excusais.
-Vous pouvez avancer, les portes sont ouvertes.
Un énorme sac à dos sur les épaules, un grand sac dans les bras, sa vision était totalement occultée. Il émit un son que j’interprétais comme un remerciement et j’appuyais comme un parkinsonien sur le bouton de fermeture des portes pour éviter de me retrouver coincé avec ma poursuivante dans l’espace exigu de l’ascenseur.
-Mais vous savez, elle reste jusqu’à samedi prochain, et puis elle est puéricultrice, j’ai lu dans un magazine que les enfants en bas âge doivent avoir une figure de mère ..
La logorrhée fut tranchée par la fermeture des portes. Je soupirais bruyamment et Nils s’enroula autour de ma jambe.
-Quel étage ? demandais-je aux sacs.
-Neuvième s’il vous plait.
J’appuyais sur le bouton et patientais.. A ma grande inquiétude, l’ascenseur marqua un temps d’attente qui m’inquiéta mais démarra quand même, pour s’arrêter brusquement, projetant tout le monde à terre.
-Naan ! Pas aujourd’hui !
Le jeune homme qui se retrouvait compressé entre ses deux charges protestait vigoureusement tout en tentant de s’extraire. Je soulevais le sac à dos et il reprit son souffle.
-Merci. Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
-Réparateur ?
-D’accord, comment ?
Je fixais avec dépit la touche d’appel arrachée par des vandales il y a au moins deux semaines. Il prit une grande inspiration et appela à l’aide.
-Ohé, on est coincés dans l’ascenseur, est-ce que quelqu’un pourrait nous aider ?
Il n’y eut pas de réponse. Fatigué, au bout d’un moment je m’assis et pris Nils sur mes genoux. Le jeune homme continua périodiquement à appeler mais il finit par s’asseoir aussi.
-Vous avez l’heure ?
-Mmh.
-Hein ?
-Mmnon.
-C’est con un ascenseur.
-Mmh.
-Mais pourquoi j’ai fait mes courses aujourd’hui ?
-Pour manger ?
Il prit le temps de nous regarder attentivement, suivant le regard de Nils et lui donna une des crêpes au chocolat qui dépassait de son chargement.
-Au moins on ne mourra pas de faim. Quelque chose vous tente ?
Je le remerciais et fis signe que non. Il avait l’air enjoué et j’aurais pu tomber bien plus mal comme compagnon de panne.. Madame Magnot par exemple, au hasard. Un frisson d’effroi rétrospectif me traversa.
-Il doit bien y avoir un moyen.. C’est quoi le bouton là ?
-Mmh ?.. nanpastouche.. trop tard.
Au même moment la lumière du plafonnier s’éteignit.
-J’ai peur dans le noir..
-J’en connais un autre, tiens.. mon chien.
Je laissais planer un silence indigné pendant lequel je l’entendis presque articuler un « oups » muet. Le jeune homme entama une autrecrêpe au chocolat et m'en offrit une. Elle était un peu sèche mais c’était ce dont j’avais besoin pour me réconforter de la situation, et calmer la fringale de Nils.
Il ne faisait pas complètement noir mais la faible lueur de la veilleuse tremblotait périodiquement, aussi marquée par les ans que l’ascenseur lui-même. Peut-être était-elle d’origine ? La cabine grinçante, tremblante et clignotante m’angoissait tellement que je m’étais résolu la plupart du temps à prendre les escaliers, sauf certains soirs où la fuite était nécessaire. Visiblement ça avait été un soir de trop visiblement. Un curieux effet visuel me donnait l’impression de sentir les murs se rapprocher. Sous moi, les quelques étages gravis avant la panne me semblaient tout aussi oppressants. J’avais peur d’esquisser le moindre geste de peur de décrocher la cabine… Peur irrationnelle m’a-t-on souvent assuré, mais que j’étais incapable de maîtriser, tout juste d’orienter.
-Il a quel âge ?
-Cinq ans.
Il est très sage.
J’acquiesçais, Nils avait toujours été un enfant facile, mais depuis la mort de Suzanne il n’avait plus prononcé un mot. Ses grands yeux noirs imprégnaient le silence d’une présence écrasante.
-Je me présente, je m’appelle Nicolas.
-Je serrais la main chaude et calleuse.
-Clément et mon fils Nils.
-Ca fait un bon moment que je vous vois dans l’immeuble. D’habitude les gens repartent rapidement… Ou bien ce sont des fauchés chroniques.
-C’est un peu mon cas.
-Pourtant… J’ai comme une impression que vous n’avez rien à faire là.
-C’est un peu compliqué.
-A moins que vous n’ayez quelque chose à faire dans l’heure qui suit ou des tendances suicidaires…
Nicolas rit avec une pointe d’ironie et je soupirais. Nils et moi étions devenus deux sauvages et parler ainsi à un inconnu me gênait. Pourtant le personnage engageant était plaisant.
-J’ai des dettes… J’ai perdu ma compagne il y a deux ans, et les frais d’hôpitaux étaient exorbitants.
-Oh, désolé fit-il d’un air contrit. J’aimerais vraiment savoir comment je fais pour toujours atterrir les pieds dans le plat du premier coup.
-Le talent ?
Il resta un instant interloqué et éclata d’un rire surpris. Cette vieille machine trop usée qu’est mon cœur fut émue par la pureté de ce rire franc et apaisant. L’étau de la peur relâcha un peu de son emprise. Depuis quand ces phobies de plus en plus nombreuses dévoraient-elles ma liberté ? Non, pas vraiment besoin de poser la question, tout avait commencé lorsque la vie de Suzanne s’était achevée. Ca avait été discret au début, un frisson de mise en garde lorsque mes pensées se faisaient trop noires… le besoin de laisser la porte entrouverte pour Nils, puis une infinité de détails qui en étaient venus à régenter ma vie.
Dans la pénombre tiède, Nils lové sur moi et la voix berçante de Nicolas, une chose étonnante se produit. Pour la première fois depuis une éternité, je lâchais prise et m’apaisais jusqu’à sombrer dans un sommeil lourd mais habité, les souvenirs enfouis consciencieusement se réveillèrent en même temps que le silence m’écrasait.
Quand un ange passe, on n’entend même pas le bruit de ses plumes. L’angoisse qui me rongeait les tripes dans ces moments de vide venait du premier ange que j’avais vu passer ; un ange de mort, un ange de miséricorde… celui qui m’avait enlevé Suzanne et volé les rires de Nils.
Je revoyais encore le corps tellement changé qu’il m’était inconnu, sanglé sur le lit étroit, à peine recouvert d’une chemise de nuit d’un blanc terne. Ils avaient tenté tout ce qui était possible pour la sauver. Moi j’avais du mal à croire que tout ces « possibles » ne l’aient pas tuée. Comme ses lèvres ne pouvaient pas sourire, ses yeux le firent.
Elle ne pouvait pas parler mais son corps hurlait à n’importe quel regard une souffrance désespérée.
Mes semelles avaient accroché le lino avec un bruit de ventouse, j’avançais un pas après l’autre, tentant de m’habituer à cette vision qui m’aveuglait. Nils avait remué dans mes bras et j’avais approché son visage de celui de sa mère. Leurs immenses yeux noirs avaient plongé dans ceux de l’autre et semblé tenir un discours secret. Une boule dans ma gorge m’avait empêché d’émettre le moindre son un long moment. Suzanne avait levé une main minuscule et transparente à force d’être fine, caressant la joue de Nils du bout des doigts. Je regardais avec malaise les perfusions accrochées au dos de sa main, diffusant dans ses veines nettement visibles un liquide brûlant censé la soigner…
L’odeur de la chambre hésitait entre le caoutchouc et le désinfectant et couvrait toutes les autres. Aucune odeur humaine n’était décelable. Suzanne accrocha mon regard et j’essuyais l’unique larme qui s’échappa de ses paupières sans cils. Elle soupira profondément puis tout se mit à clignoter, vibrer, s’agiter…
Elle ne reprit jamais son souffle.
Même lorsque tous s’acharnaient sur elle je n’entendais plus que ce soupir qui n’en finissait pas de s’éteindre encore et encore dans mon esprit. Je ne distinguais plus que les puits sans fond de ses pupilles qui se voilaient, les sons ne me parvenaient plus que déformés, très lointains… Les gens qui s’agitaient autours de nous disparurent et un vide blanc me happa.
Lorsque je repris conscience, j’étais toujours planté à la même place, Nils tentant d’échapper à ma prise trop étroite. Je refusais de le tendre à des bras qui s’offraient. J’écartais une mèche de cheveux qui retombait sur mes yeux et la contemplais. Je ne sais pas trop à quel moment je me suis mis à hurler, je perçus les sanglots de Nils avant de comprendre que c’était ma voix qui l’accompagnait, cassée, rauque et inhumaine.
Des mains m’agrippèrent pour m’entraîner loin de Suzanne et je me débattis.
-Hé ! Du calme Clément.
Je passais progressivement de la lumière aveuglante à la nuit profonde et de la poigne des infirmiers à celle de Nicolas qui me secouait fermement.
-Ca va ?
-Mmmh…
-Oui ou non ?
-Non.
Il eut un instant de réflexion.
-Enlever quoi ?
-Mmmh ?
-Pendant que vous cauchemardiez, vous répétiez « enlevez ça ».
Je frissonnais au souvenir de tout l’attirail d’aiguilles, de tubes et de bips qui constituaient le « ça » mais je me contentais d’hausser les épaules. Inquiet, Nils m’observait derrière l’épaule de Nicolas.
-C’est vraiment rare qu’il s’approche d’un étranger.
-Mais je ne suis pas exactement un étranger, nous nous voyons presque tous les jours.
-Comment ça ?
-Le soir nous rentrons quasiment à la même heure, du moins lorsque vous n’êtes pas en retard… et je connais bien votre baby-sitter, la fille de Sylvie qui habite au septième.
Je grognais une protestation à laquelle je ne croyais pas moi-même.
-Et le matin quand je me lève très tôt je peux vous voir partir au boulot. Vous avez toujours l’air si pressé…
-Je suis toujours en retard.
-Je peux vous poser une question indiscrète ?
-Encore ?
Nicolas marqua un temps d’arrêt mais surmonta son trouble pour demander quelque chose qui lui tenait visiblement à cœur.
-Pourquoi ne chantonnez-vous plus ?
-Mmh ? Quoi ?
-Le matin, lorsque vous partez travailler.. vous passez devant ma porte avec un air qui me reste dans la tête toute la journée.
-Tous les jours ?
-Au début vos scies me rendaient fou, mais je m’aperçois que ça me manque.
-Je crois que je vais utiliser mon jocker pour cette question.
-Même pas un avis du public ?
Nos regards convergèrent vers la masse immobile qui occupait mes genoux. Je ris doucement en prenant garde de ne pas remuer.
-Le public est assez crevé et a déclaré forfait.
-Il n’a pas froid ?
-Il ne risque pas, je savais bien que je ne manquerais pas de croiser cette chère Madame Magnot. J’ai enfin réussi à lui faire comprendre que je savais m’en occuper, c’est pas pour tout gâcher maintenant. Si seulement elle pouvait oublier ses prétentions de marieuse..
-Pas avant qu’elle ne trouve une nouvelle victime, à moins que vous ne trouviez une parade radicale.
-Laquelle ?
-Ma botte secrète, je la garde précieusement pour moi. Et puis c’est tellement amusant de la voir harceler les autres, surtout vous en fait.
-Moi au moins je ne claque pas des dents.
-C’est très petit comme attaque, en plus de changer totalement de sujet. Je n’avais pas prévu de passer la nuit dans cet ascenseur.. Enfin, j’ai connu pire comme situation. Au moins..
-Mmh ?
-Non rien.
Je restais à spéculer sur la fin de sa phrase tandis que son regard s’était fait fixe et me dévisageait. Certes au moins il avait de la compagnie, si j’avais été coincé seul dans cette boîte, il y a longtemps que mes nerfs auraient craqué. Sa présence avait le don de tenir à distance les peurs qui emprisonnaient mon quotidien, et sans que je ne me rappelle nettement son visage, il me paraissait familier.
A bien réfléchir, le nombre de détails qu’il connaissait à notre sujet me troublait, mais après tout.. n’avait-il pas sous-entendu être notre voisin de pallier ? Bien possible que je ne m’en souvienne pas avec mes horaires de fou et ma vision de taupe borgne.
En tout cas Nils semblait bien l’aimer, chose rare entre toutes, et moi aussi il me plaisait bien .. Je me collais une paire de beignes mentales pour redonner un cours plus orthodoxe au flot de mes pensées. Bien, comment lui proposer de profiter de notre chaleur sans que ça ne paraisse louche .. pour lui comme pour moi.
-Dites ?.. vous permettez que je me rapproche ? Il fait vraiment froid et je n’ai pas bien de place.
-Mmh mmh, acquiesçais-je, un peu surpris de la coïncidence.
Il sentait le chèvrefeuille et était à peu près de la même taille que moi. Au début il ne s’approcha pas plus près qu’il n’était absolument nécessaire, mais petit à petit, imperceptiblement alors que je sombrais de nouveau dans le sommeil, une pression discrète et de plus en plus tiède se faisait sentir contre mon bras. Une main hésitante se fraya un passage sous mon bras. Je restais incrédule, curieux et indolent. Je me sentais comme confortablement piégé entre rêve et réalité. Oubliées mes phobies, rien n’importait plus que cette chaleur à portée de main que je désirais de tout mon cœur sans avoir la force de la saisir.
Le contact finit par s’étendre de l’épaule où il avait posé sa tête au bras qu’il serrait doucement mais intimement, jusqu’à la jambe qui s’appuyait contre la mienne. Dans son sommeil, Nils se déplaça pour occuper nos cuisses à tous les deux et son poing saisit un pan de l’écharpe de Nicolas. Il remonta sur l’épaule de mon fils le blouson qui avait glissé et soupira profondément.
Sans laisser deviner que j’étais toujours conscient, je rassemblais toutes mes forces et fis glisser ma tête pour l’appuyer contre la sienne, respirant avec une gourmandise coupable le parfum si unique qu’il dégageait. Contre ma joue, la cale chevelue se dégagea doucement et j’en grognais presque.
-Pardon mais .. pardon s’il vous plait c’est plus possible, je suis humain merde !
Croyant qu’il allait partir, je resserrais discrètement mon bras sur le sien, mais au lieu de cela, quelque chose effleura mes lèvres. C’était un peu rugueux, chaud et humide.. c’était électrique. J’en étais venu à cette constatation à cause de la décharge qui parcourut mon corps, semant le chair de poule sur son passage et donnant un rythme irrégulier aux battements de mon cœur. Je remarquais avec détachement qu’il était toujours en état de marche alors que je le pensais cassé, réduit en cendres et remplacé par un ersatz depuis longtemps.
L’effleurement revint, plus hardi. Il posa une main le long de mon visage et la fit glisser le long de la mâchoire avec légèreté. La pulpe moelleuse de ses lèvres se pressa sur les miennes avec une telle délicatesse qu’elle traduisait par là même la passion violente qui restait maîtrisée. Son souffle se saccada un peu et il reposa la tête sur mon épaule, soulevant la mienne pour retrouver sa place originelle.
-Je n’aurai pas dû profiter de votre sommeil, je le regretterai promis, mais plus tard.
-M..
Le sommeil m’avait à nouveau embarqué et je ne sais si ma dernière approbation avait été perceptible.
On a fini par nous libérer en milieu de nuit. Le concierge était un vieil ami intime de la mécanique de bric et de broc qui actionnait l’ascenseur. Ils avaient donc parlementé longuement, à coup de clef à molette et de mécanisme grippé pour finalement parvenir à un accord. La cabine s’abaissa brusquement d’un mètre et la porte s’ouvrit avec son bruit de clochette sur le spectacle de notre réveil en fanfare.
Je remerciais notre sauveur, souhaitais la bonne nuit à tout le monde et filais me coucher et grappiller un reste de sommeil. Lorsque quelques heures plus tard je me chaussais dans l’entrée, je repensais à la remarque de Nicolas. Malgré mes efforts, un anniversaire douloureux m’avait rendu triste et morne. C’est pourtant sans mal que je trouvais une scie à chantonner dans le couloir.
Alors que la porte de l’escalier se refermait sur mes pas, il me sembla entendre un rire qui résonna jusque dans la cage d’escalier et figea mes pas pressés. Quand un ange passe, on n’entend même pas le froissement de ses ailes, mais le silence fut rompu par un bruit de porte qui claqua sauvagement contre un mur.
-Bonne journée ! me cria une voix joyeuse qui résonna avec force entre les murs.
-Merci, toi aussi Nicolas.
Pour la première fois depuis trop longtemps, le sourire me monta jusqu’aux yeux et je dévalais de plus belle les volées de marches en ne pensant qu’au retour.
éééééèèèèè
Owari !
Pardon pour cette trop longue attente, mais en plus je n’avais plus de connexion çç
Précision pour ceux qui en douteraient : voui Clément est un boulet qui voit pas plus loin que le bout de son nez, et voui Nicolas est un stalker diablement culotté.
Un grand merci pour Béa qui m’a gentiment fait le bêta lecturage, et cadeau à tout ceux qui ont attendu patiemment.