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Bonjour, je vous avertis à l'avance, je le publie sur un coup de tête. J'ai écrit ça ce matin (9 octobre 2005) à 4h30 parce que je n'arrivais pas à dormir. Et tout ce qui est écrit ci-dessous est bien réel, je n'ai rien imaginé. C'est le souvenir d'un matin, il y a 8 mois, qui va rester gravé dans ma mémoire pour bien longtemps... C'est quétaine, je sais... m'enfin... Pour finir, si la personne concernée lit ça un jour, je suis morte! Alors vite vite, que je poste avant de changer d'idée!
Bonne lecture!
Un matin
Je marche tranquillement, comme tous les matins, du lundi au vendredi, jusqu’à l’arrêt d’autobus. Je suis encore endormie, avec raison, ça ne fait que trente minutes que je suis réveillée. Il fait beau en cette journée d’hiver, le soleil brille. Je pense déjà à toi, comme tous les matins, encore. Je pense à tes yeux, tes cheveux, ton visage, ton nez, ta bouche, ton sourire, tes joues, tes mains… Voilà un an que je pense à toi sans arrêt, un an que c’est la même chose tous les matins. Que je me lève en pensant à toi, avec un certain nœud quelque part dans la cage thoracique, pour la simple et bonne raison que je suis incapable de t’adresser le moindre « salut ». Que chaque matin, tu me regardes dans les yeux en arrivant à l’arrêt d’autobus, que je te regarde du coin de l’œil pendant tout le trajet. Mais ce matin, c’est différent. Je compte trois lignes sur le trottoir après la fissure en Z et je m’arrête. Tu n’es pas encore arrivé. Je regarde vers la droite, c’est par là que tu habites. Après deux minutes qui me semblent durer deux heures, tu apparais au loin, avec ton sac de sport. Je te reconnais à ta façon de marcher, et à ton profil. Ça fait sept ans que je te connais, mais quatre que nous ne nous sommes pas parlés. Tu me manques, même si je te vois cinq jours semaine, dix mois par année. Ton rire me manque, ta voix, ton amitié… Tu approches, tu me regardes déjà. Notre regard se croise, s’accroche, et ne se décroche plus jusqu’à ce que tu passes devant moi pour t’arrêter à ma gauche, comme à ton habitude. Tu déposes ton sac de sport par terre et attends en regardant autour. Je sens ton regard posé sur mes souliers pendant quelques instants. Je tourne la tête vers toi, tu me regardes une fraction de seconde et détourne le regard, je fais de même. L’action se répète quelques fois. Les autres autour parlent entre eux, nous sommes les seuls silencieux. Dix minutes doivent s’être écoulées depuis mon arrivée puisque le véhicule jaune après lequel nous attendons se pointe à notre droite. Par habitude, nous nous approchons de la rue, espérant tous être les premiers à embarquer. Je me place à ta droite, comme toujours depuis maintenant deux ans et demi. Je ne sais trop pour quelle raison, tu tournes la tête dans ma direction et me regarde droit dans les yeux. Je m’accroche à ton regard dans ciller. Vingt centimètres nous séparent, pas plus. Tu as le soleil dans les yeux, mais ne détourne pas le regard pour autant. Pour moi, à cet instant, le temps s’arrête. Il n’y a plus que toi et moi. J’ai l’impression qu’on communique, qu’on se comprend. Que pour nous deux, les mots sont inutiles. Nous n’avons pas besoin de parler pour nous dire quelque chose, tout est dans notre regard. En cet instant, j’aimerais que le temps s’arrête à jamais, que nous restions ainsi, à nous regarder. Je détaille tes yeux, d’un bleu irréel, présentement couleur du ciel, en cette journée ensoleillée de février. Toutes les teintes de bleu y sont présentes, de la plus foncée à la plus pâle, ce qui me fait croire que tu as les plus beaux yeux au monde. Tu me regardes de cette façon, qui me donne l’impression d’être spéciale, et que tu ne réserve ce regard à personne d’autre que moi. Je ne sais pas si c’est le cas, mais j’y crois. J’ai l’impression d’avoir de l’importance pour quelqu’un, et que cette personne sait que j’existe. Ça me rend heureuse. Je repense aux années où nous étions amis, il y a longtemps. J’aimerais tant que tout redevienne comme avant. Je brise à contrecoeur le lien qui unit nos regards parce que l’autobus s’apprête à arrêter devant nous. Tu regardes le véhicule s’approcher. Et y monte le premier, une fois qu’il est complètement immobile. Je monte après toi, te regarde t’asseoir, nos regards se croisent encore. Je vais me placer derrière toi et repense à ce regard qui n’a duré que quelques secondes, et qui pourtant me semblait avoir duré bien plus longtemps…
Voilà! Qu'est-ce que vous en pensez? Soyez indulgents, j'ai écrit ça à 4h30 du mat...
Bisous!
April