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Poetry » Fantasy » Lettre à Gilärtsëascet font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Letenastare
Fiction Rated: K+ - French - Fantasy/Drama - Published: 11-28-05 - Updated: 11-28-05 - id:2058376

Notes : ¤ J'ai écrit ce "poème" dans le cadre d'un Jeu de Rôle virtuel ) où j' incarne une elfe à la vie difficile (abandonnée à la naissance par mes parents, recueillie par quelqu'un qui se fit tuer, tout comme les peuples qui m'avait acceptée parmi eux, ayant dû fuir les hommes qui cherchaient à exterminer toutes les races "féériques", ...etc) . Le contexte est le suivant : A un âge déjà avancé, j'ai été adopté par un Elfe d'un monde différent du mien (Tenya) lors d'une de notre première recontre, mais beaucoup d'obstacles se sont mis en travers notre route : Plusieurs fois j'ai dû me séparer de lui et chaque ça a été extrêment douloureux. Bref, ici je lui écris car il est à nouveau reparti, dans son monde cette fois, car l'appel à sonné en son coeur comme un glas funèbre...

¤ Le plus étonnant, c'est que cet échange que j'ai eu avec un internaute (qui est devenu mon ami) a eu une intensité incroyable et que j'ai l'impression d'avoir réellement ressenti toutes ces choses. (Si vous voulez des liens en ce qui concerne notre histoire, dites- le moi, je posterais tout ça...) J'espère en tout cas que j'ai réussi à transmettre les émotions comme elles m'ont touchée...

¤ Si les noms sont étranges, c'est parce qu'ils sont issu d'un elfique inventé par ce même ami qui partage cette histoire merveilleuse avec moi.

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Lettre à Gilärtsëascet

Père,

Par cette soirée d'automne en notre camps tu es arrivé
Et dans mon coeur d'étranges émotions tu as ravivé.
De suite tu m'as captivé avec les histoires de ton monde
Et en m'adoptant, tu m'as baigné d'une félicité féconde.

Je ne voulais plus qu'être avec et auprès de toi,
Mais comme un oiseau migrateur tu es parti,
Me laissant, bien que confiante, anxieuse derrière toi.
J'ai tenté malgré tout de croire à l'infini,

Comme cette vie immortelle qui nous a été donnée ,
J'ai tenté de ne pas abandonner, de ne pas
Baisser les bras. Mais tant de choses dont on ne parle pas
D'horreurs et de massacres m'ont à nouveau rattrapée

Que la seule chose à laquelle je pouvais me raccrocher
Etait tout souvenir de toi, ah les longues soirées
Au coin du feu, légèreté, gravité, rires ou pleurs ;
Tout ne me semblait plus que désolation ou malheur.

Longtemps, ô combien longtemps j'ai erré dans la sauvage nature,
Perdant le peu d'identité que j'avais, et la raison
Presque, torturée de toutes parts par tant de sentiments. Immature ?
L'avais-je été ? Je n'avais plus rien, famille esprit, maison,

Je ne savais plus qui j'étais, perdue dans un gouffre noir
Dont je ne voyais aucune issue, comme le trouble miroir
De mon esprit, enfermé avec ses propres démons.
Le seul espoir que je voyais, comme un radeau à l'abandon

Sur une mer mauvaise, déchaînée, incontrôlable,
Etait ces mêmes souvenirs de toi, ton visage,
Que désespérée je guettais vainement à mes côtés,
Cherchant jour et nuit, sans cesse, jamais lassée.

Et finalement, plus triste que jamais je suis arrivée ici,
Ecoutant les rumeurs, fuyant la guerre, à l'Archipel des Peuples Perdus
Espérant encore te retrouver, être enfin réunis,
J'ai voulu gagner le paix. Et le moment tant attendu

Est survenu. Tu es parvenu jusqu'ici.
Nous avons vécu ensemble un moment encore,
Me comblant de joie. Mais je ne savais pas ce que tu avais vu
Et je t'ai trouvé changé, pensif et soucieux.

Au début je n'y prenais garde, mais le doute s'est installé
Entre nous, bien que je ne l'aurais jamais pensé.
Je te comprenais mal, te sentais comme étranger, et
Dans ce moment difficile où j'avais besoin de toi tu m'as laissé.

Mais comment t'en vouloir de te soucier de ta terre natale ?
Tu avais à près tout passé toute ta vie là-bas,
Tu y avais peut être des amis, de la famille,
Mais cela je ne pouvais pas très bien comprendre cela,

Ayant toujours dû fuir, perdu ceux que j'aimais
N'ayant plus de lieu où vivre, rien d'autre que toi,
Ce fut tellement dur de te voir partir encore une fois,
Dur de subir sans pouvoir comprendre ce destin. (dessein)

Egoïstement, oui, je t'en ai voulu, mais
Je voulais agir, n'importe comment, te dire au revoir,
Mais je ne trouvais pas les mots, je ne savais pas quoi dire,
Combien j'ai pu me torturer avec ça.

Aujourd'hui je ne sais pas où tu es, ni si tu vis encore
Mais il y a tant de choses que je regrette, tant de remords.
Peut être que tu reviendras, peut être pas ; la lettre sera là
En tout cas, et si j'apprends que tu es mort

Elle sera comme un gage de notre histoire ;
Et je n'aurais plus personne. Qui voir ?
A qui parler ? Je ne pourrais que m'effondrer.
Ma seule certitude sera que je t'ai aimé.

Lorëline Letenastärë



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