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Note : Comme "Lettre à Gilärtsëascet, ce texte vient du Jeu de Rôle sur forum auquel je joue... Je ne pense pas écrire une suite, mais ce texte aurait pu faire un prologue sympathique...
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Chroniques de L'Archipel des Peuples Perdus
Au commencement, ou du moins ce que j’ai choisi comme tel, il y eut une rencontre. Une rencontre impromptue, mais fabuleuse. Celle comme on n’en fait rarement dans sa vie, qui tomba sur le chemin du destin comme une pierre – un obstacle – mais plutôt comme un bâton laissé sur le côté, et pourtant robuste et fiable si bien qu’il devient vite nécessaire pour avancer, et qu’il donne envie d’aller toujours plus loin. Puissante lumière perçant les ténèbres qui m’assaillaient, phare dominant violente la tempête qui m’habitait, ce fut une véritable bénédiction pour moi qui cherchais désespérément à éliminer mes conflits intérieurs. Marthosë Tempilë Gilärtsëascet, homme mystérieux mais bon répandant, le bien autour de lui. Mon père adoptif. Il m’a apporté tant que je n’essaie même plus de compter, et m’a aidé dans un moment vraiment critique…et tant d’autres fois encore. Il est tout et a tout fait pour moi, plus qu’il ne peut l’imaginer. Mais vous devez vous demander où je veux en venir. C’est que nous aimions beaucoup, assis dans la bibliothèque – celle des Temples ou du Cästël Elfique – l’un en face de l’autre, échanger nos impressions, nos pensées, philosopher, nous raconter des histoires… et surtout écrire. Conserver sur no parchemins le plus grand nombre possible d’informations. Lui en chroniqueur accompli, et moi… en amatrice. Cependant, je pense que c’était plutôt à cause d’un sentiment de faire mon devoir, car d’une part j’avais été élevée dans l’érudition – la magie étant une discipline qui l’obligeait – et d’autre part parce que j’ai vécu beaucoup de traumatismes, dont celui d’avoir tout perdu et d’avoir vu des peuples disparaître sans laisser ni traces ni héritage, à cause du temps, de la guerre, … - et aussi pour avoir été sauvée de l’extermination par mes parents. La rage faisant fureur sur le continent, et les tensions régnant sur l’archipel à l’époque m’y poussant avec un mauvais pressentiment, j’écrivis sous le coup du devoir, et je m’étais mises en tête de vouloir tout conserver : que ce soit des informations sur le domaine des mages, l’histoire de l’Archipel lui-même – de ses « petits incidents » survenus de notre temps, à l’Histoire de ses origines, celle qui remonte à des temps si éloignés qu’elle avait fini par être presque oubliée, et que nous avons eu beaucoup de mal à décrypter – ou bien encore celle de la Guerre, et donc, de l’arrivée et installation de tous les réfugiés. J’ai donc recentré toutes mes notes, toutes les feuilles de parchemins sur lesquelles j’ai écrit quoique ce soit qui se rapporte à ces éléments, et les aient réorganiser pour les assembler finalement en un seul volume. J’en fais le présent à tous les peuples qui vivent ici et l’expose dans la bibliothèque royale car je pense que c’est l’endroit le plus approprié. J’espère qu’il y sera bien conservé, et consulté avec soin. Le mieux serait encore de le copier pour en faire plusieurs exemplaires afin de faciliter ainsi sa conservation : Cela lui permettrait de traverser plus facilement les ans…
Les livres
s’effritent et se consument souvent avec le temps, tout comme la
mémoire faiblit quand elle n’est pas entretenue. C’est à
vous de tout faire pour que ces souvenirs perdurent : ils
doivent vivre et être transmis car l’Histoire ne doit pas
mourir avec nous, les derniers réfugiés. Les nouvelles
générations doivent savoir d’où viennent leurs
terres, et la paix relative qui régit l’Île. Nous
avons acquis toutes ces choses non sans mal, dans l’incompréhension,
la colère, et le sang…
On doit
connaître l’Histoire et vivre avec elle pour avoir en tête
les erreurs commises par le passé afin d’éviter de
les reproduire.
Votre
toujours dévouée,
Lorëline
Letenastärë.