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Author: kokoroyume
Fiction Rated: K+ - French - Romance/General - Reviews: 10 - Published: 12-02-05 - Updated: 12-09-05 - id:2061029

Auteur : Kokoroyume

Base : Originale

Genre : Death yaoi

Disclaimer : Mes persos !

Un grand merci à LadyKaoru Anarchy et à Petite Sally pour leur reviews!

Voilà la suite !

Revers du destin

Chapitre 2

La première personne à qui je confiai mon amour pour André fût bien entendu Emilia. Et comme je m'y étais attendu, elle l'avait très bien pris. Elle était très heureuse pour moi.

Elle a toujours eu une tolérance incroyable envers tous les sujets et d'ailleurs c'est pour ça qu'elle est restée ma meilleure amie jusqu'à la fin.

Bien sûr, sur le moment elle en était restée bouche bée mais, en voyant à quel point j'étais heureux, ses hésitations à se réjouir pour moi s'envolèrent bien vite. Et, quand je lui demandai de n'en parler à personne, elle accepta naturellement car elle savait très bien que tout le monde n'accepterait pas la chose aussi facilement.

Je revis André une semaine après au Fleuret.

Nous n'avions pas l'intention de nous cacher ni d'être insolent avec les gens qui nous entouraient. Nous nous fîmes seulement la bise et nous assîmes.

Pendant un moment le silence s'installa entre nous tandis que nous nous observions mutuellement, subjugués l'un par l'autre. Puis, je rompis ce doux silence pour lui parler de la révélation que j'avais faîte à Emilia. André posa alors ses mains sur les miennes et me souris.

- Tu as bien fait, me dit-il. C'est bon pour toi que tu ais une confidente comme elle et comme ça tu ne t'isole pas.

- Et puis, continua-t-il, je serais prêt à rencontrer tes amis lorsque tu jugeras le moment opportun. Je te fais totalement confiance pour le saisir.

Je lui souris plus chaleureusement encore. Il me comprenait parfaitement, m'approuvait ; j'étais heureux.

Comme réponse à ses affirmations, j'entrepris de lui décrire ma bande d'amis mais en lui faisant comprendre qu'une mauvaise réaction de leur part ne changerait en rien l'amour que j'éprouvais pour lui.

Au soir, il me proposa de louer un film pour le regarder dans son appartement. J'acceptais mais avec une certaine appréhension à l'idée de me retrouver seul avec lui.

En nous dirigeant vers son appartement, nous passâmes devant la librairie où travaillait André. Son bras autour de mes épaules, il me parlait de quelques anecdotes qu'il y avait vécu. J'y étais déjà venu plusieurs fois et en avais assez apprécié l'ambiance.

C'était la première fois qu'il m'invitait chez lui et, avant d'y entrer, il me prit tendrement la main.

Son appartement était des plus simples : un divan dans un coin du salon (pièce qui servait aussi de salle à manger), une petite cuisine avec de nombreuses fenêtres, quelques photos de pyramides égyptiennes... C'était à peu de choses près comme je me l'étais imaginé.

Il m'indiqua le porte-manteaux et j'y accrochai ma veste tandis qu'il ouvrait le meuble où était dissimulée la télévision. Je m'assis sur le divan et André s'installa à mes côtés.

Le film commença. Nous l'avion tous deux déjà vu mais, n'ayant pas réussi à choisir, nous avions opté pour un film d'horreur. Je laissai ma tête reposer contre l'épaule d'André et il passa son bras autour de mes épaules.

Au bout de quelques minutes, je sentis ses doigts remonter vers mon cou. Je me tournai alors vers lui et l'embrassai doucement. Ses cheveux effleuraient mon front de temps à autre et ses lèvres se refermaient lentement et régulièrement sur les miennes.

Nous avons passé à peu près deux mois à vivre ainsi, au rythme de nos rendez-vous au Fleuret, de nos soirées vidéos, de plusieurs sorties au cinéma, de quelques dîners dans des restaurants et d'autres distractions qui nous plaisaient.

Je ne me suis jamais vraiment considéré comme un artiste mais André trouvait que j'avais un certain talent. Il avait vu par hasard les quelques portraits de ma famille que j'avais réalisés et m'avait fait promettre qu'un jour je le prendrai pour modèle. Je n'étais pas très enthousiaste car je ne me trouvais pas très doué mais un après-midi je m'acquittai de ma promesse.

Nous nous trouvions dans sa chambre ; le temps étais serein, la chaleur du printemps inondait la pièce et un léger filet d'air passait par la fenêtre entrouverte.

Je déposai mon petit matériel sur le bureau d'André et m'y installai. Il m'embrassa tendrement puis s'assit sur son lit. Il me souriait et son regard amoureux m'envoûtait.

Je commençais mon esquisse.

Nous restions silencieux mais j'étais pleinement heureux par le simple fait de sa présence et je supposais qu'il en était de même pour lui.

Les derniers coups de crayons donnés, je m'assis à ses côtés.

- Waou ! C'est magnifique ! me dit-il en regardant le portrait. Tu as vraiment du talent !

- Ce n'est pas si bien que ça. Et puis n'importe qui avec un peu de patience peut arriver à ce résultat là.

- Ne te dévalorise pas. Tu n'as jamais pensé à diriger ton avenir dans un domaine artistique ?

- Eh bien, commençai-je, je dirais simplement que ce n'est pas une activité où je souhaite avoir des limites !

- Ca c'est bien répondu mon cher François.

Il passa son bras derrière mon dos et posa doucement ses lèvres contre les miennes. Nous nous séparâmes un instant, restant front contre front, puis, je l'embrassais à mon tour. Je m'allongeai lentement sur le lit tandis que ses baisers descendaient sur mon cou. Je passai les mains dans ses cheveux tout en embrassant tendrement sa nuque. Il s'écarta et me regarda. Ses mains étaient posées sur le lit de chaque côté de mes épaules. J'étais allongé et il se trouvait au-dessus de moi, ses cheveux touchant presque mon visage, ses yeux me dévoilant tout le désir qu'il éprouvait pour moi. Je levai mes bras vers lui et je commençai à déboutonner sa chemise ; il se laissa faire. Je découvris son torse lisse et magnifique. Il se pencha à nouveau vers moi et, tandis qu'il m'embrassait, je laissais mes doigts caresser son dos. Il finit par m'ôter mon t-shirt et ma chaîne, avec mon pendentif à l'effigie de mon signe zodiacal, retomba sur ma poitrine. Le métal me donna un léger frisson mais le torse nu d'André me réchauffa instantanément. Il me couvrait de baisers et de caresses et je faisais de même. Je me trouvai à mon tour sur lui et je lui tins les poignets contre les draps pour embrasser ses lèvres plus passionnément encore. Il se donnait totalement à moi. Enfin, je m'étendis, laissant mes phalanges explorer sa poitrine, observant son si beau visage.

- Ah ! C'était merveilleux ! dis-je. J'aime beaucoup la façon dont évolue notre relation !

- C'est vrai, tout se passe parfaitement. Tu n'as pas envie d'aller plus loin, n'est-ce pas ? me demanda-t-il.

- Pourquoi cette question, m'étonnai-je, tu sais bien que je pense comme toi.

- Je voulais simplement être sûr que tout se déroulait comme tu l'espérais.

Puis il me sourit et m'embrassa tendrement.

Cet après-midi avait provoqué un déclic en moi.

Mon anniversaire approchait et j'avais de présenter André à mes amis durant la soirée où je le fêterai. Par la même occasion, j'avais l'intention de leur dévoiler ma relation avec lui. Et c'est ce que je fis.

Nous nous étions donnés rendez-vous dans une petite boîte assez conviviale.

André et moi arrivâmes vers 22h et la petite bande, qui pour une fois était entièrement réunie, me souhaita un joyeux anniversaire. Puis, je me décidai à présenter André, au moment où le volume de la musique diminuait.

- Bon, tout le monde, je vous présente André. Il est psychologue, je ... je l'aime et c'est mon petit ami.

Quel soulagement se fut de leur dire !

Mais malheureusement, dans ma vision des choses, je m'étais arrêté là.

Ils étaient tous abasourdis. Emilia me félicita pour accélérer les réactions alors Philippe et Lise se présentèrent à André. Les autres semblaient plus réticents. Paul et Marc se décidèrent à le saluer mais très sobrement. Enfin, Margot fit de même. Elle me lança au préalable un regard glacial puis, face à André, n'esquissa même pas un semblant de sourire.

Durant le reste de la soirée, je fis face à la situation comme je le pus. J'avais le soutien d'André et d'Emilia mais la distance qui s'imposait entre moi et mes amis m'attristait profondément.

Lise et Philippe semblèrent essayer de connaître mieux celui que j'aimais. Même s'ils n'avaient échangé avec lui que quelques mots c'était plus que n'en avaient fait Paul, son frère et Margot.

La semaine qui suivit, Elizabeth et Philippe vinrent chez un moi. Je me doutais bien de la raison de leur venue et j'attendis donc qu'ils abordent le sujet.

- Tu sais, commença Lise, nous ne nous attendions vraiment pas à ce qui s'est passé le week-end dernier.

- Ca vous a choqué ? demandai-je inquiet.

- Disons plutôt que ça nous a surpris, me répondit Philippe. On ne savait pas que tu avais ce genre de penchant...

- Penses-tu vraiment que c'est une relation sérieuse ? me questionna Lise.

- Bien sûr ! Je l'aime de tout mon cœur, dis-je.

- Tu parles sérieusement ? insista Philippe.

- Je suis amoureux, lui répondis-je, vous plus que n'importe qui vous devriez comprendre.

- Si tu es amoureux, c'est certain que nous comprenons, déclara Elisabeth. André nous a paru très sympa, n'est-ce pas Phil ? (Elle retourna vers lui et il acquiesça.) Mais la situation risque de nous demander un certain temps d'adaptation.

Elle se tût et le silence s'installa.

- Mais au fait, je suppose qu'Emilia a bien pris tout cela ? me demanda-t-elle.

- Eh bien, en fait, elle était au courant depuis quelques temps, dis-je un peu gêné.

- Alors comme ça tu as préféré la mettre au courant avant nous, me dit Philippe sur un ton faussement accusateur.

Lise rit doucement puis son expression changea.

- François, je dois quand même t'annoncer une mauvaise nouvelle, me dit-elle. Je n'approuve pas du tout son comportement mais Margot ne veut plus...te revoir... elle a dit ... elle a dit...

- Dis-le, ne t'en fait pas pour moi, la pressais-je, j'encaisserai.

- Elle a dit que les homosexuels étaient contre nature et qu'elle ne voulait pas en côtoyer, lâcha-t-elle gênée.

J'étais abasourdi par la dureté de ces paroles. J'aurais pourtant dû être préparé à ce genre de réactions.

- Elle n'aurait pas dû réagir comme ça, mais malheureusement, la connaissant, je sais qu'elle le pensait, me dit tristement Elizabeth.

- Et Paul et Marc ? Vous ne savez pas ce qu'ils en pensent ? dis-je hésitant.

- Eh bien, me répondit Philippe, la situation ne semble pas vraiment déranger Paul mais son frère est un peu perdu. Il ne sait pas comment réagir. Je crois que c'est lui qui a été le plus déboussolé par tes révélations.

- Il faut lui laisser du temps. Je suis sûre qu'il ne tardera pas à accepter tes choix, m'affirma Lise.

- Oui, ajouta Philippe, Lise à raison. Tout ça ne tardera pas à s'arranger.

Du temps passa, deux mois à peu près.

J'avais passé la plupart des week-ends chez André. J'avais réussi mes examens et après les vacances d'été j'entrais en 6ème année.

Je n'avais pas revu Margot et d'ailleurs je n'attendais pas de ses nouvelles. Elle avait toujours eu des idées bien arrêtées sur certaines choses et n'acceptait jamais l'avis des autres lorsqu'il était contraire au sien.

Quant à Paul et son frère, eh bien, ils ne m'avaient plus parlé depuis près d'un mois et demi. Le week-end qui avait suivi leur rencontre avec André, nous nous étions retrouvés avec eux, Lise et Philippe pour faire un bowling.

La soirée s'était bien passée, le naturel de Paul l'avait d'ailleurs repris et il m'avait parlé comme si rien n'avait changé. Mais Marc m'avait pris à part avant que nous nous quittions. Il était majeur depuis quelques mois et je pense que cela à beaucoup influencé son comportement vis-à-vis de moi. Sans doute devait-il avoir l'impression d'avoir de nouvelles responsabilités, de nouveaux devoirs. Qu'il ait eu raison ou tort, ce n'est pas à moi d'en juger.

Nous étions donc à l'écart des autres et il commença à me parler.

- Je ne sais pas trop comment te dire ça mais ce que tu fais avec ce mec, qui est bien plus vieux que toi d'ailleurs, c'est juste pour t'amuser, n'est-ce pas ? Pour essayer de nouveaux trucs tant que tu es jeune, comme certains le font avec la drogue ou bien comme Paul quand il exagère si souvent avec l'alcool ? C'est ça, n'est-ce pas ?

- Non. J'aime André. Les sentiments que j'éprouve pour lui sont plus forts que n'importe lesquels de ceux que j'ai ressentis auparavant, répondis-je sincèrement.

- Je crois que... Mon frère est très influençable et je pense que la situation risque... Enfin, tu comprends ce que je veux dire.

Je n'avais pas réagi pendant quelques instants, essayant d'analyser ces quelques mots.

- Je ne dis pas que je veux détruire notre amitié mais il faudrait que nous prenions nos distances pendant quelques temps. Juste le temps de s'habituer à la situation, ajouta-t-il.

- Si cela est nécessaire pour que nous restions amis, prenez le temps dont vous avez besoin. Tu as ta façon personnelle de voir les choses et je n'ai aucun droit de la contredire, lui dis-je tristement.

Nous nous quittâmes ainsi. Paul me salua chaleureusement et je crois que son frère ne lui avait pas parlé de sa décision avant de m'en informer.

Les vacances arrivaient et je n'avais plus de nouvelles. J'étais en pleine période d'examens et je n'avais plus l'occasion de voir les autres régulièrement. Bien sûr, j'allais souvent chez André. Même s'il avait insisté deux ou trois fois sur l'importance des études, il savait très bien que c'était un domaine où j'avais toujours était sérieux.

Le mois de juillet arriva rapidement.

Lise et Philippe étaient partis pour les deux mois dans le sud de la France et Marc et son frère m'avaient souhaité de bonnes vacances avant de partir passer les leurs chez leur père. Quant à Margot, eh bien, elle avait totalement coupé les ponts avec toute la bande, c'était à peine si elle parlait encore à sa cousine. Emilia était la seule à être restée. D'ailleurs avec son éternelle joie de vivre, elle était déjà parée pour profiter à fond des vacances.

Et moi, demanderiez-vous ? Je nageais dans le bonheur ! Je ne passais pas un jour sans voir André. Que ce soit chez lui, à la piscine, sur la terrasse d'un café ou encore à la plage, je profitai de chaque seconde que je passais avec lui. A la mi-juillet, André m'invita à passer un week-end dans la capitale pour que je puisse rencontrer sa sœur.

Je mentis une fois de plus à mes parents. Je n'avais pas encore eu le courage de leur parler d'André, même si j'étais certain qu'ils n'auraient pas mal réagi, alors je leur racontai, avec l'accord d'Emilia, que je partais avec elle à la mer.

Laura, la sœur d'André, nous accueillit chaleureusement lorsque nous arrivâmes dans son appartement spacieux. Elle avait les yeux verts comme son frère et les cheveux courts noir corbeau parsemés de mèches rouges.

- Alors voilà donc le jeune homme qui a su séduire mon frère, dit-elle après que les présentations furent faites. Je suis vraiment ravie de te rencontrer.

- Moi aussi je suis enchanté, répondis-je, André m'a souvent parlé de vous...

- Pas de vouvoiement entre nous, dit-elle avec le plus grand des enthousiasme, appelle-moi Laura. Allez déposer vos affaires dans la chambre que je vous ai préparée. Et après, nous allons dîner au restaurant. Vous devez avoir faim après votre trajet en train. Allez, allez, j'ai de nombreuses questions à vous poser.

- Tu as toujours autant d'énergie, lui dit joyeusement André. J'avais oublié à quel point elle était communicative.

J'entrai dans la chambre avec lui. Il n'y avait qu'un lit. Je frémis un instant à l'idée de passer la nuit dans les bras d'André ; ce serait la première fois.

Nous déposâmes nos valises, André passa son bras autour de mes épaules puis nous rejoignîmes sa sœur.

Au restaurant populaire où nous dînâmes, qui se trouvait à quelques pas à peine de l'appartement de Laura, nous parlâmes de nombreuses choses. La curiosité de Laura était telle que nous finîmes par lui raconter les moindres détails de notre première rencontre et puis cette fameuse soirée au cinéma où tout s'était mis en place. Elle trouvait ça extrêmement romantique mais ne nous enviait pas vraiment. Elle était une célibataire endurcie et était très heureuse ainsi. Elle nous raconta quelques anecdotes de son travail qui, grâce à l'humour dont elle faisait preuve, nous firent laisser échapper quelques éclats de rire. Elle travaillait dans le domaine de la coiffure et de l'esthétique et la description qu'elle nous faisait de certaines de ses clientes excentriques ne pouvait nous laisser de marbre. Laura avait 32 ans mais, lorsque je la voyais rire si naturellement, je ne pouvais m'empêcher de penser à l'énergie si semblable d'Emilia.

Nous restâmes un long moment dans ce restaurant ce samedi de juillet. Nous fîmes un tour dans la capitale puis nous rentrâmes chez elle.

En début de soirée, la sœur d'André nous quitta car elle devait aller coiffer une cliente pour une soirée. Nous restâmes un moment devant la télévision puis nous prîmes chacun notre douche avant de nous mettre en pyjama.

J'entrai lentement dans la chambre. Soudain, je sentis la main d'André sur mon épaule et je sursautai légèrement.

- Tu sais, dit-il plein de douceur, si tu préfères je peux aller dormir sur le canapé du salon, ça ne me dérange pas.

- Non ! dis-je rapidement. C'est juste que je ne pensais pas que ces moments arriveraient si tôt. Mais je n'ai aucune envie de les repousser.

Il m'embrassa alors langoureusement dans le cou et m'ôta doucement mon t-shirt. Je caressais tendrement son torse qui était resté nu et il m'emmena lentement vers le lit. Nous ne cessions de nous embrasser, totalement embrasés par la passion. Ses doigts et les miens s'entrelaçant sans fin. Il s'allongea sur moi laissant son torse frôler le mien et se retournant contre cette chaîne que je n'avais plus quittée depuis notre premier rendez-vous au Fleuret. Il me regarda un instant droit dans les yeux puis posa une fois de plus ses lèvres contre les miennes. Ses cheveux frôlaient mon visage et mes doigts couraient lentement sur sa nuque.

Je ne sais pas combien de temps durèrent ces instants et, une fois ces moments terminés, je laissai ma tête reposer contre l'épaule d'André. Il se redressa et ramena une couverture légère sur nos torses nus.

- Je t'aime, me dit André en posant un baiser sur mon front.

- Moi aussi je t'aime André, lui répondis-je en fermant les yeux.

Ce fut la première fois que nous dormîmes ensemble.

Le lendemain matin, Laura vint nous réveiller. Je n'ai jamais su si elle avait compris à quel point nous avions avancé dans notre relation en venant chez elle.

Nous passâmes le dimanche tous ensembles. A midi, nous proposâmes d'aider Laure pour le dîner mais notre peu d'expériences en cuisine, à André et à moi, entraîna quelques fous rires. Heureusement, Laura rattrapa facilement nos bêtises et nous dînâmes copieusement. Nous dormîmes encore une nuit chez la sœur d'André puis nous partîmes tôt, juste avant qu'elle parte travailler, pour reprendre le train.

- Je suis vraiment heureuse de t'avoir rencontré, m'avait dit Laura avant de nous quitter. Et tu rends mon frère vraiment heureux alors je t'en remercie.

- Je n'ai jamais rencontré quelqu'un avec qui je pouvais être si bien. C'est vraiment une personne exceptionnelle. Merci de m'avoir accueilli ce week-end, ces quelques jours étaient vraiment parfaits. Tu es vraiment sympathique, merci encore, fini-je.

- C'était vraiment un plaisir de vous avoir pour le week-end! me répondit-elle.

Puis André revint avec les billets de train et nous nous quittâmes en promettant de revenir bientôt.

Nous en eûmes jamais l'occasion.

Les jours passèrent rapidement au rythme des journées que je passais avec André et des nuits, pour lesquelles je prétextais dormir chez Emilia.

La mi-août arriva. Je dormis chez André la veille du départ d'Emilia pour sa semaine de vacances. Et ce soir là je pris la décision, avec son accord, de présenter André à mes parents. Depuis le temps que j'y pensais, je m'y lançais avec les encouragements d'Emilia.

Le lendemain, je souhaitai bon voyage à mon amie. Puis, directement, je rentrai chez moi, accompagné d'André, en ce dimanche d'août.

C'est ma mère qui nous vit en premier, s'arrêtant de jouer du piano en apercevant André. Puis, ce fût au tour de mon frère dont l'expression me parût tout de suite effrayante. Mais j'y allai quand même.

- Bonjour maman et papa, commençai-je. Je vous présente André.

Ma mère lui sourit mais mon père semblait de plus en plus bizarre. Se doutait-il de la chose que je voulais leur annoncer ?

- Ces derniers mois, je n'ai pas était très franc avec vous, continuai-je. Surtout ces dernières semaines... Quand je vous disais que je dormais chez Emilia, en fait, j'étais... chez André. Nous nous apprécions beaucoup... Nous sortons ensemble depuis plusieurs mois et... (je pris la main d'André) et nous nous aimons.

Ma mère était sous le choc. Quant à mon père... son regard semblait voilé... son visage n'exprimait plus rien. Puis soudain, il se leva.

- Je vais le tuer... Je vais le tuer. Je vais le tuer ! Je vais LE TUER ! ! ! explosa mon père.

Il s'était levé et se dirigeait vers nous.

- Richard ? s'étonna ma mère. Richard, que comptes-tu faire ?

Il l'ignora et jeta son poing dans le visage d'André. Il s'écroula devant moi.

- Papa... papa arrête ! Pourquoi ? Je ... je crois qu'on va s'en aller. Il ... il faut que tu te calmes.

Et je me mis entre lui et André qui se relevait.

- Ecarte-toi François ! Laisse-moi le tuer ! cria-t-il.

- Non ! dis-je. André, partons. Je... je suis désolé. Je... je...

Puis je me dirigeai vers la porte complètement perdu.

- Monsieur, je suis désolé que vous le preniez ainsi, dit André. Je vous jure que...

- Vous n'irez nulle part ! Je vais vous exterminer vous et votre engeance ! François, reste ici !

Je ne reconnaissais plus mon père. Il me faisais peur et je n'avais jamais eu aussi peur de ma vie.

- André allons nous en. Vite, insistai-je.

Nous sortîmes rapidement puis entrâmes dans sa voiture. Lorsqu'il allait démarrer, mon père sorti de chez moi et courut vers la voiture.

- Fléau ! Parasite ! Virus ! Je vais te détruire ! cria-t-il.

André démarra rapidement et mon père nous suivit pendant quelques dizaines de mètres puis disparut.

Durant ces quelques instants, ma mère m'avait semblé aussi perdue que moi.

Soudain quelque chose percuta la voiture. Je me retournai et j'aperçus mon père, enragé, au volant de la sienne. Puis un second choc nous secoua. André ne cessai d'accélérer mais il ne nous lâchait pas. Les secousses devenaient de plus en plus violentes. J'avais les larmes aux yeux tant la situation me semblait monstrueuse. J'avais nagé dans un tel bonheur ces derniers mois, comment tout avait pu se dégrader si rapidement ?

La voiture de mon père arriva à notre hauteur et il commença à crier. Je baissai la vitre de la portière pour lui parler.

- Arrête papa ! criai-je. Pourquoi fais-tu ça ? Ca risque de mal finir !

- Je vais le tuer ! ! ! Salaud ! Tu as corrompu, tu as détruis mon fils ! répétait-il.

Je vis le pont puis la voiture de mon père nous percuta avec une violence terrible. André tenta de garder le contrôle de son véhicule mais il n'y parvint pas. Je ne sais plus si j'ai crié mais ensuite les ténèbres sont arrivés et puis tout s'est arrêté.

Je me suis réveillé à l'hôpital. J'ai d'abord vu André sur le lit d'à côté puis ma mère qui s'approchait de moi.

- François...

Elle était en larme.

- Et... et p... papa... prononçai-je difficilement.

Elle sanglota et ses larmes coulèrent de plus belle.

- Ton... ton père n'a pas survécu.

Un médecin et des infirmières arrivèrent et l'écartèrent pour pouvoir s'occuper de moi. Je commençai à ressentir la douleur qui engourdissait tout mon corps. Tout mon corps sauf mes jambes. Je ne les sentais plus.

Ma mère semblait être sortie de la chambre.

- Comment va-t-il ? demandai-je en tournant ma tête vers le lit d'André.

- Il ne va pas tarder à se réveiller, me rassura le médecin.

Je me sentis partir et me rendormis.

Quand je m'éveillai , je vis qu'André l'était aussi. Un médecin était à ses côtés. Dans les minutes qui suivirent, ce cauchemar sembla atteindre son paroxysme.

D'abord, on m'expliqua que la voiture de mon père était passée par-dessus le pont ; il était mort sur le coup. Quant au véhicule d'André, il s'était écrasait contre une façade puis avait pris feu. La conséquence directe était qu'André avait eu les poumons brûlés ; il devait rester branché sur un respirateur à vie. Mais pour ça, il fallait qu'il reste en vie. L'accident avait abîmé son cœur, il lui fallait une transplantation assez rapidement et il n'était pas parmi les premiers candidats. Moi, j'étais paralysé des membres inférieurs et des lésions irrémédiables au cerveau ne me laissaient au plus que quelques mois à vivre.

André et moi avons demandé pour que nos lits soient rapprochés. Je voulus m'excuser auprès de lui pour toutes ces catastrophes mais il mit tout son cœur à me réconforter en m'assurant que tout ceci n'était en rien ma faute et que nous n'aurions pas pu le prévoir.

Ma mère revint me voir, plus malheureuse que jamais. Elle ne savait pas pourquoi mon père avait été pris de folie. Je sentais que la situation commençait à l'étouffer.

- Maman, lui dis-je, pourrais-tu me trouver un cahier et un stylo ? Je ne veux pas que tu sois malheureuse alors appelle tes sœurs et oncle Thomas, ils doivent être là pour te soutenir.

Elle m'écouta et s'en alla.

André n'avait pas appelé sa sœur ; ils en avaient depuis longtemps décidé ainsi. Le cancer de leur mère les avait trop marqués et ils s'étaient promis de ne pas se refaire subir le décès d'une personne chère à l'hôpital. En plus, elle était parti en vacances au Brésil et il ne savait pas où la joindre.

Quant à mes amis, je décidai de ne pas les obliger à me voir souffrir pendant plusieurs semaines avant de me voir disparaître. Je les appellerai lorsque je sentirai la fin approcher.

Depuis lors, j'écris.

La famille de ma mère est arrivée et la réconforte.

J'accepte peu à peu le fait que je vais bientôt mourir et André ne cesse de m'entourer de son amour.

Je crois que vais m'arrêter là pour l'instant. Ma tête commence à me faire horriblement souffrir, je me sens vraiment mal

Je viens de reprendre conscience, il y a quelques heures, un masque à oxygène sur le visage.

On m'a annoncé que mes voies respiratoires ne fonctionnaient plus normalement et que j'étais condamné à vivre mes derniers mois sous respirateur. L'état d'André était aussi arrivé à un point de non retour car la transplantation d'un autre cœur était devenue impossible.

Nous prîmes alors une décision et celle-ci clôturera ce récit.

Nous n'avons plus d'avenir et si nous en avions un il ne serait que souffrance. Il est donc temps pour nous de partir. Nous avons réglé les dernières formalités pour que tout se passe pour le mieux, si je peux dire les choses ainsi.

André à signé un document pour ne pas être réanimé lorsque son cœur s'arrêtera. Et moi, j'ai demandé à ma mère de m'accorder ce choix. Elle avait pleuré longuement mais avait accepté.

Avant de vous quitter, je tiens encore à vous dire quelques mots.

J'ai conscience que pour beaucoup notre décision sera considérée comme de la lâcheté mais j'ai vécu ma vie pleinement. J'ai rencontré et aimé quelqu'un qui me comprenais vraiment et m'aimait d'un amour identique au mien. Il serait absurde que ces moments s'effacent à cause de souffrances résultant d'une lutte inutile pour une vie sans espoir.

J'espère que l'histoire de ma vie vous aura fait envie, pas forcément dans sa forme mais dans son fond.

Il fait nuit et je me suis glissé maladroitement dans le lit d'André ; nous allons en finir ce soir.

Adieu à tous, ma mère, ma famille, mes amis que j'ai toujours aimés et à qui je demande de me pardonner... et adieu à vous.


On pourrait dire que j'écris ici un épilogue mais je veux simplement que l'histoire de mon fils ne soit pas jugée.

Le lendemain de la fin de son récit, je les ai retrouvés, lui et André, morts. Je savais qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps à vivre mais je ne m'étais pas préparée à le perdre si vite.

Déjà le décès si tragique de son père m'avait laissé dans un état presque dépressif et puis la mort de François aurait pu totalement me détruire. Mais, en lisant ce qu'il avait écrit, j'ai accepté sa mort. Il avait été heureux avant de disparaître. Il avait pu choisir l'heure de sa mort et avait pu s'en aller sans douleur dans les bras de celui qu'il aimait.

Je sais aujourd'hui que nous n'aurions vraiment pas pu prévenir la réaction de son père lorsqu'il nous avait présenté André.

Je suis partie vivre un moment dans ma famille le temps de remonter la pente et, ce n'est que plus tard, que j'appris, par l'intermédiaire de sa famille, que le frère de Richard était mort du Sida. Il avait eu une vie de débauche avec les hommes les plus louches que l'on pouvait trouver. Et mon mari, qui y était extrêmement attaché, avait fait à la mort de son frère une incroyable crise de violence. Il avait alors tenté d'agresser le dernier petit ami de son frère qui, étant bien plus âgé que lui, n'était nullement inquiété par l'adolescent. Il était ensuite tombé en dépression pendant plusieurs mois puis il était redevenu stable. Mais sa plus grande haine s'était toujours dirigée vers la débauche dont avait fait preuve son frère.

Si François avait pu lui expliquer ce qu'il vivait avec André, peut-être Richard n'aurait-il pas réagi ainsi, qui sait ?

De toutes façons les regrets ne servent à rien ; on ne peut pas changer le passé.

J'ai rencontré la sœur d'André et, avec Emilia, elles m'ont assurée que François avait été très heureux durant ses derniers mois.

Tous les amis de mon fils ont été fortement touchés par sa mort. Même Margot est venue à son enterrement. Mais Emilia, plus que les autres, a eu dur à accepter la situation.

Si j'écris ces quelques lignes c'est pour demander à ceux qui ont lu l'histoire de mon fils de simplement essayer de la comprendre. Pas de la condamner ou de la glorifier mais seulement la comprendre.

Je suis heureuse pour lui même s'il a disparu car je sais qu'il a vécu. Qu'il a vraiment vécu. Peu de personnes ont cette chance mais François a connu le vrai bonheur avant de mourir et j'espère que tous ceux qui auront lu son histoire comprendront que c'est le plus important dans l'existence.

En hommage à mon fils qui avait compris le vrai sens de la vie.

Fin

... Malgré les années je n'aime toujours pas cette fin... Mais bon, je la laisse tel que dans mon délire d'ado... J'espère que cette fiction vous a plu quand même ( euh, y a-t-il au moins quelqu'un qui lit ces lignes ?)
Sinon, j'ai une autre fic yaoi qui doit traîner dans un de mes tiroirs, peut-être vais-je la publiée si je me sens motivée. Alors, à bientôt peut-être : )



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