Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search Login Register Extras
Fiction » Romance » Juste toi font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Melindra
Fiction Rated: M - French - Romance/General - Reviews: 11 - Published: 12-11-05 - Updated: 12-11-05 - id:2067021

Disclaimer : personnages et histoire à Mélindra.

Warning : cette fic met en scène des relations homosexuelles entre deux hommes !!


JUSTE TOI

Il était tard, presque tout le monde était parti et l’appartement de Chris Daven retrouvait peu à peu son calme. Epuisé de la soirée, Chris s’assit dans un fauteuil et prit l’un de ses cadeaux qui y traînait après avoir fait le tour de ses amis. Il le feuilleta, tout en se songeant que fêter son anniversaire n’était sans doute pas l’une des idées les plus brillantes qu’il ait eu. Car pour avoir de tels cadeaux...

Il finit par jeter le livre, écoeuré. « 1001 façons de faire l’amour à une femme » Tout le monde était-il au courant ? Et pourquoi Yann ? Pourquoi était-ce lui qui lui avait offert ça ? Alors qu’il savait combien c’était difficile pour lui... Aurait-il voulu le blesser qu’il n’aurait pas fait autrement !

Furieux, il serra les dents : il se retenait de hurler depuis que Yann le lui avait offert en début de soirée, sous les rires de ses amis. Marie avait paru peinée et s’était éclipsée à la cuisine. Chris avait jeté un regard furieux à Yann mais n’avait pas bougé. Car fuir aurait été avouer. Et il ne voulait pas, puisqu’il ne se l’avouait même pas à lui. Un autre cadeau avait été ouvert et la conversation avait dévié. Heureusement...

Chris ferma les yeux un instant, très las tout à coup. Il se passa la main dans ses cheveux bruns aux boucles souples comme pour y chasser tout cela. Mais des pensées se rassemblèrent en lui : il aimait Marie, sincèrement même. Mais... Peut-être avaient-ils été trop pressés dans leur relation après s’être tant cherché, peut-être... Beaucoup trop de peut-être. Il soupira, se découvrant... amer. Que Yann lui « jette » cela à la figure... Sans comprendre que c’était plus le fait que Yann lui offre cela qui le gênait que la réalité de sa relation avec Marie.

- Tu n’aimes pas mon cadeau Chris ?, se moqua Yann en ramassant le livre.

Avant de s’asseoir en face de lui et de le feuilleter à son tour, presque nonchalant en cette fin de soirée. Son ami le fusilla de ses yeux verts.

- Je me demande surtout... pourquoi m’as-tu offert ça ?

- Ca me semblait... amusant ?, répondit son meilleur ami.

- Oh toi ! Tu le sais bien pourtant !!, fit-il avec amertume, replongeant dans ses pensées.

Seul Yann qui habitait loin, restait passer la nuit chez lui. Ils étaient les derniers à veiller encore car Marie dormait déjà. Chris eut un sourire un peu triste à cette pensée : elle dormait certainement en diagonal dans son lit, prenant toute la place, telle une célibataire. Quoi d’étonnant au fond ? Elle ne dormait pas ici toutes les nuits et... de plus en plus rarement même, maintenant qu’il y pensait. La réalité était là, très simple : leur relation était un échec. Pensée fugitive chassée par une réflexion de Yann :

- Je sais quoi ?

- Yann, je t’en prie...

- Ce n’est qu’un livre. Un simple livre... instructif ?

- Ah oui ? Et est-ce que au moins que ça t’a aidé avec Léa ?, lança Chris, blessé.

Léa. Le visage de Yann se ferma. Léa restait un sujet tabou, même avec son meilleur ami, Chris. Meilleur ami plus jeune que lui de cinq ans.... Il répondit avec calme :

- Laisse là où elle est, tu veux ? Je n’aurais pas du t’offrir ça, tu as raison, reconnut-il. Mais je voulais... t’aider, acheva-t-il très bas.

Chris haussa les épaules, déçu : il le savait pourtant. Yann était secret et il ne lui avait jamais dit comment ses deux ans de relation avaient abouti à cette rupture si brutale...

- Alors ne m’aide plus comme ça, Yann. Marie était bouleversée, elle pensait que tout le monde savait....

- Pour votre problème, finit pour lui son ami.

Chris ne répondit pas tout de suite et dit enfin :

- Je crois que je n’ai pas envie d’en parler si tard...

Yann se leva et vint s’asseoir à côté de son ami.

- Tu sais bien que je suis maladroit...

- Je sais oui. Tu es surtout blessant.

Yann soupira, prêt à tout admettre pour que le jeune homme arrête de... paraître si blessé par son geste. Comme prêt à pleurer. Il le savait bien pourtant que les heures tardives amènent beaucoup de choses à la surface des êtres.

- En temps normal, je t’aurais dit que c’est ce qui fait partie de mon charme, mais... Tu sais, ce n’est pas toujours facile d’être avec quelqu’un de si ouvert que toi.

- Et toi si fermé, si secret ! Maintenant tu vas dire que c’est ma faute.

Yann eut un léger rire :

- Non Chris, non. Tu es plus jeune que moi, voilà tout !, dit-il en matière d’explication.

- J’ai vingt-trois, l’âge que tu avais quand j’en avais dix-huit, répliqua Chris. Je me souviens bien de mes dix-huit ans, ajouta-t-il sans raison.

Il se laissa glisser en arrière dans le fauteuil confortable en fermant les yeux. Yann regarda ses traits aquilins, ses cils fournis, ses lèvres pleines desséchées à cause de la manie qu’il avait de les mordiller sans cesse quand il était mal à l’aise. Ce qui avait été le cas ce soir. Dieu, il le connaissait vraiment trop bien... Chris rouvrit soudainement les yeux et le surprit à le regarder.

- Tu te souviens ?

- Non, mentit Yann en détournant le regard de ces yeux verts bien trop perçants tout à coup.

- Bon, je crois que je vais me débarrasser de cette horreur, fit Chris en reprenant le livre. Je ne veux pas que Marie le voit et le problème sera réglé.

Yann s’abstint de dire que cela ne risquait pas d’être le cas et dit plutôt :

- Tu sais qu’il existe l’autre version, « 1001 façons de faire l’amour à un homme » ?

Chris leva les yeux au ciel, agacé :

- Mouais... Et si on reprenait à Léa ? Tu es toujours célibataire ?, insista-t-il.

Peut-être était-ce la douce ivresse du vin qui lui donnait l’audace d’insister, ce qu’il n’aurait jamais fait en temps normal. Peut-être était-ce l’apparence de Yann : il l’avait toujours connu blond insolent au catogan dont toujours une mèche s’échappait. Et dont les yeux gris semblaient sonder profondément les gens. Mais ce soir... l’insolence avait disparu, ne laissant qu’une sorte de mélancolie désarmante et les cheveux étaient libérés du catogan et adoucissaient son visage à l’ossature dure.

- Qui sait..., fit Yann en levant son verre.

L’atmosphère était devenu intime au fur et à mesure que les gens étaient partis. Une seule lampait brillait encore dans le petit salon telle une veilleuse pour éclairer deux vieux amis qui se chamaillaient doucement après une soirée remplie de rires bruyants et de discussions animées.

- Tu sais je ne suis pas resté longtemps célibataire après Léa, murmura Yann sur un air de confidence.

- Tu ne m’as rien dit, répondit Chris.

- Je sais... Il s’appelait Vincent, répliqua son ami une lueur malicieuse dans le regard.

Chris s’étrangla avec sa gorgée de vin et Yann éclata de rire :

- Ah, mon pauvre, si tu voyais ta tête !!, se moqua-t-il.

- Ce n’est pas drôle !!, protesta Chris en toussant.

- Non ça ne l’est pas.... Je n’avais jamais aimé un homme avant, fit-il songeur.

- Attends.... Tu veux dire que c’est vrai ?!

- Christophe, soupira Yann d’un ton navré. Voyons.... Christophe !

- Arrête de m’appeler comme ça ! C’est vrai ou pas ?, s’énerva le jeune homme.

- A ton avis ?

Les règles du jeu n’avaient pas changé : Yann ne révélait rien de lui. Et répondait par une question.

- C’est faux... Tu es en train de me mener en bateau ! Comme toujours...

Yann ne le démentit pas, un sourire amusé posé sur les lèvres. Mais le gris de ses yeux était bien plus sombre que d’ordinaire. Peut-être était-ce l’obscurité de la pièce. Peut-être...

Chris posa son verre et se frotta les yeux qui le brûlaient de fatigue. Un coup d’oeil à sa montre lui apprit qu’il était plus de trois heures du matin. Paris dormait lentement sous la pluie fine de novembre. Et le silence n’était troublé que par son chuchotement léger.

- Dis, commença Yann rompant le silence, tu n’as jamais envisagé de...

- De ?, répéta Chris en buvant une gorgée de vin.

- Oh rien... Je crois que je commence à être ivre....

- Seulement ? Tu sais bien que tu ne supportes pas bien l’alcool, murmura Chris. Et quand tu es ivre, tu racontes des choses insensées.

- Ou tout ce que je ne peux dire en temps normal, répondit-il plus grave.

Chris resta silencieux, persuadée qu’il s’agissait d’une nouvelle taquinerie. Le silence retomba, paisible. A peine troublé par le passage solitaire d’une voiture dans la rue... ces conversations calmes au coeur de la nuit. Ces heures qui semblent éternelles.

- Envisager... de quoi ?, finit par demander Chris.

Plus pour poursuivre la conversation que par réelle curiosité.

- Tu crois qu’un homme et une femme peuvent rester amis ?

- Bof, oui, regarde le temps que Marie et moi sommes restés amis !

- Parce que tu n’étais pas fichu de faire le premier pas !, lui rappela Yann avec malice.

Le silence revint durant lequel Yann contempla son verre, fixant la couleur chaude du vin avant de dire enfin :

- Et deux hommes ?

- Deux hommes amis ?, répéta Chris sans comprendre.

Sans vouloir comprendre malgré le petit sursaut de son coeur.

- Ben oui, fit-il presque naïf. Regarde nous !

- Tu es idiot..., se moqua Yann.

- Pardon, répondit son ami sans le penser.

- ...et moi au moins autant que toi, finit-il.

Chris le regarda un peu surpris :

- Tu es bizarre ce soir, constata-t-il habitué aux piques de Yann et à son autodérision.

Toujours si difficile à cerner...

Yann posa son verre vide et s’allongea sur le canapé :

- Je crois que je vais bien dormir..., fit-il en s’étirant.

- Tu ne veux pas te changer ?

- Je dors nu. Je peux dormir nu sur ton canapé ?, demanda Yann une lueur taquine dans le regard.

Chris rit :

- Non effectivement. Attends je vais te chercher des draps et un édredon...

Mais quand il revint quelques minutes plus tard, Yann dormait déjà, tout habillé. Il soupira et déposa sur son ami endormi un édredon. Il s’apprêtait à aller se coucher, quand un murmure le retint :

- Chris...

- Oui ?, répondit-il sur le même ton en se penchant.

Mais Yann ne faisait que parler dans son sommeil. Chris resta là à le regarder dormir, son coeur se mettant à battre plus fort. Il soupira, hésita...

Les cheveux bonds de Yann, les traits durs de son visage... La barbe naissante... Ses lèvres...

Et Chris dans un geste fou fit ce qu’il avait désiré depuis si longtemps. Il l’embrassa doucement. Une fois, deux fois... pour être sûr de ne pas oublier la sensation. Pour pouvoir le garder au fond de lui, ce souvenir. Pour que sa curiosité soit enfin satisfaite.

Il s’éloigna, et alla dans sa chambre. Marie y dormait, le souffle paisible. Chris ferma doucement la porte, s’y adossant.

La curiosité ? Non... l’envie. Il s’écoeurait lui-même, d’avoir fait ce qui le hantait depuis si longtemps. S’écoeurait de ne pouvoir regretter. De se coucher et de prendre Marie dans ses bras. Pour oublier son geste insensé.

Et qu’il avait désiré si fort.

Au moment où le sommeil l’emportait, une pensée surgit enfin : « qui était Vincent ? » Une blague de Yann ou.... Ou ?

OOOoooOOOooo

Quand s’est-il rendu compte que quelque chose n’allait pas ? Quand aussi l’avait-il enfoui tout au fond de lui, pour cacher cette fêlure ?

Marie avait quitté l’appartement très tôt, non sans avoir rangé les derniers vestiges de la soirée. Et ce matin-là, seul et nu, Chris se regardait dans le miroir de la salle de bain. Il lui renvoyait l’image d’un jeune homme de vingt-trois ans, les cheveux brun et les yeux verts. Il continua à se dévisager comme s’il se voyait pour la première fois. Il était de taille moyenne, plutôt mince et même... musclé. Il se sourit, comme quoi les salles de sport pouvaient être utiles. Un jeune homme « normal » pour tout le monde ! Les yeux verts dans le miroir redevinrent graves et un pli se dessina sur son front.

Alors... pourquoi ?

Ne pouvant affronter son propre regard à cet instant, il ferma les yeux.

- Pourquoi ?, murmura-t-il. Et pourquoi... lui ?

Il avait fuit ce qu’il devinait enfoui en lui. Tant et si bien qu’il sortait avec Marie. Et que la situation était pire qu’avant. Il découvrait qu’on ne pouvait se fuir bien longtemps. La pensée tentait d’émerger en lui, mais à chaque fois, il l’étouffait, incapable de supporter la dérangeante réalité...

Yann...

Chris se jeta sous la douche pour ne plus penser. Le choc de l’eau froide lui fit oublier ses pensées. Grelottant, il ouvrit le robinet d’eau chaude et essaya de concentrer sur la masse de devoir qu’il avait en tant qu’étudiant : recherches, dissertations, exposés... Et lorsqu’il sortit de la douche et s’essuya, une pensée revint le heurter avec force : combien de temps pourrait-il encore fuir ?

Et puis... et Marie ?

Il contempla à nouveau son image dans le miroir, s’avouant enfin que c’était pour fuir cela qu’il a préféré vivre seul, dans le studio de son oncle. Car Yann habitait la maison voisine de ses parents et le savoir toujours si proche. Si loin... Le voir si souvent. Chris avait senti... qu’il était sur le point de faire une bêtise. Mais fuir n’avait pas empêché cela puisque qu’à la fin de la soirée de la veille il avait cédé à son envie... Sans doute n’avait-il reculé que pour mieux sauter.

Le jeune homme dans le miroir semblait désespéré : comme si son plus profond désir – si inavouable soit-il- ne cesserait jamais de le ronger.

OOOoooOOOooo

Marie marchait à pas rapides dans la rue. Elle était en retard pour son rendez-vous avec Yann... Non rectification faite, elle avait failli ne pas y aller. Alors que c’était elle qui le lui avait demandé. Elle qui se posait des questions.

Elle entra dans le café et se dirigea vers la table où il l’attendait. Marie s’assit en face du jeune homme avec une salutation et un sourire de convenance. Car elle détestait cet homme, désormais, pour tout ce qu’elle subissait à cause de lui. Après quelques mots de politesse rapide et pour rompre ce silence qui menaçait de s’éterniser, Yann se décida :

- Pourquoi as-tu voulu me voir Marie ?, demanda-t-il. Et aussi rapidement ?

Marie hésita : après tout, elle n’avait aucun preuve de ce qu’elle supposait. Elle prit le temps de boire le café que le serveur venait de lui apporter.

Yann la regardait, perplexe. Ils se connaissaient peu, ne s’étant rencontrés que quelques jours plus tôt, à la soirée que Chris avait organisé pour fêter son... Pourtant, la jeune femme l’avait appelé, lui avait donné rendez-vous dans ce café. Il avait hésité, mais elle avait insisté. Puis elle avait dit ces mots-là : « C’est à propos de Chris...

- Je sais que Chris et toi, vous vous connaissez depuis assez longtemps..., commença-t-elle lentement.

Son visage exprimait une certaine gêne, mais elle poursuivit :

- Je sais que tu as rompu il y a deux ans et....

- Je ne vois pas en quoi cela te regarde et quel est le rapport avec Chris, l’interrompit aussitôt Yann.

Il détestait parler de cette rupture. De ce qui avait suivi. De ce qu’il avait compris sur ce qu’il éprouvait pour son meilleur ami...

- Je sais, dit alors Marie.

- Quoi ?, rétorqua Yann avec une brusque appréhension.

Marie décida de le piquer au vif et de savoir enfin si ce qu’elle devinait était vrai.

- Je sais que vous êtes amoureux l’un de l’autre. Que tu as sans doute rompu à cause ça et que lui..., supposa-t-elle.

Il l’interrompit par un éclat de rire qui anima ses fossettes. Le sourire resta sur ses lèvres comme si la plaisanterie était excellente.

- Marie, arrête-toi là, tu veux ?, fit-il amusé.

Il posa un billet de cinq euros sur la table et se leva aussitôt.

- Chris n’est pas gay et tu es bien placée pour le savoir, n’est-ce pas ?

Sa voix avait des accents de colère que son attitude renforçait. Malgré le sourire encore présent. Alors Marie osa dire ce qui la hantait depuis quelques semaines.

- Il rêve de toi toutes les nuits !, lâcha-t-elle.

Quelques clients se retournèrent, surpris par son éclat de voix et ses propos. Yann prit le temps de se pencher vers elle, pour lui dire d’une voix douce :

- C’est ton copain, c’est ton problème, tu ne crois pas ? S’il rêve d’un autre homme, je crois que la personne qui devrait s’interroger, c’est bien toi, non ?

- Je ne peux rien faire, et tu le sais !, répondit Marie furieuse.

Et blessée qu’il lui renvoie son impuissance à résoudre ce qui n’allait pas entre Chris et elle.

- Vraiment ?, sous-entendit Yann en s’éloignant.

Marie l’observa partir : comment pouvait-on être aussi beau que lui et si... énervant ? Elle soupira et contempla sa tasse vide. Peut-être Yann avait-il raison. Peut-être pouvait-elle faire une seule chose : le laisser partir. Etrange comme il est difficile d’admettre ses échecs. Elle aimait Chris depuis si longtemps ! Mais... Chris aimait depuis plus longtemps sans doute son meilleur ami.

A SUIVRE......


Edit 5 septembre 2006 : j'ai honte de mon retard, je me suis laissée débordée par mes fanfics et les commandes de fanzines en pagaille. La suite arrive, je termine un drabble pour quelqu'un et je vais reprendre le chapitre 2 en même temps que ma commande de zine. Vous aurez la réponse à toutes les reveiws que vous m'avez laissé dans le chapitre 2, juré !

Bisous à tous et merci de votre patience.


Return to Top