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Author: Gayana
Fiction Rated: M - French - Romance/Adventure - Reviews: 4 - Published: 12-23-05 - Updated: 02-02-06 - id:2075303

Unicorn’s Univers

By Gayana

Chapitre 1

Paris, 3 janvier 1999. La neige avait étendu son beau manteau blanc, reflétant la faible lumière des lampadaires sur toute la ville et mettant à jour la nuit déjà avancée. A cette période de l’année, l’on aurait dû apercevoir les décorations encore récentes des fêtes de Noël et des étrennes, les illuminations donnant de la joie à cette ville qui perdait chaque jour un peu plus de son âme, des Pères Noël accrochés aux cheminées ou aux toits nous emmenant avec eux dans un pays féerique. La ville aurait dû s’embraser de cette joie, mais au lieu de cela, la faible lueur émanant des lampadaires nous éclairait une ville dévastée, des arbres déracinés, des toitures trouées dont les morceaux ornaient les routes. Les Pères Noël s’étaient envolés vers des contrées lointaines, et les illuminations s’étaient détachées de leur maison. Les rues étaient désertes, et seuls les chats déambulaient encore.

La ville, anciennement surnommée « Ville de Lumière » perdait de son intensité. Le paysage qu’elle décrivait ressemblait fortement à celui représenté dans l’Apocalypse. Et qu’était il arrivé ? On pourrait croire que la folie des hommes les avait amenée à une guerre des plus sanglantes et des plus ravageuses. Mais pour une fois, la cause de tout ces maux n’était pas la faute des hommes ou tout du moins, pas directement. Il est possible que la nature ait décidé qu’elle avait assez souffert de l’inconscience de l’homme, et ait voulu reprendre une place majeure dans ce monde, en éradiquant une partie de l’espèce humaine. Et pour cette raison, dans la nuit du 26 au 27 décembre, avait soufflé une tempête d’une force incroyablement plus élevée que d’ordinaire, détruisant tout ce qu’elle pouvait sur son passage. Mais la Nature avait sous estimé l’espèce humaine, car celle-ci n’avait pas attendu pour commencer à tout remettre en place. Néanmoins, les esprits étaient ailleurs, et les regards, devenus mornes et tristes. Les hommes se relevaient difficilement de cette épreuve.

La Seine paraissait noire, et inerte. Derrière la cathédrale de Notre Dame, on pouvait apercevoir de grands et beaux immeubles. Les immeubles Quai des Fleurs, étaient parmi ceux n’ayant pas trop souffert de cette horrible tempête. Ils s’élevaient sur des vingtaines d’étages, les appartements les plus hauts étant ceux destinés aux riches, ceux où il n’y avait qu’un seul appartement dans l’étage. La porte d’entrée du numéro 9 était entourée de deux statues colonnes datant du 17ème siècle, et représentant l’apôtre Saint Jean l’évangéliste et son grimoire sur la droite, tandis que l’autre coté était gardé par l’apôtre Saint Thomas. Le hall d’entrée était digne d’une nef d’église gothique, avec de hauts plafonds et des reproductions de chef d’œuvres tel que celui de Michael Ange de la chapelle Sixtine. Même l’ascenseur était parfaitement décoré de fil d’or, un banquet en cuir brun ornait le fond de cette petite pièce et tandis que celle-ci gravissait les nombreux étages, une petite voix féminine indiquait gracieusement où elle s’arrêtait, ouvrant ainsi ses portes sur un dix-neuvième étage des plus ornemental. L’étage appartenait autrefois à la prestigieuse famille Le Viste, mais depuis peu, quelqu’un d’autre habitait ces lieux et avait fait changé toute la décoration. Tant et si bien que l’ambiance qui était jusqu’à présent dans une période de la Renaissance, remontait, dans cet étage, jusqu’à des âges bien plus obscurs que sont ceux du Moyen Age. Une table en bois massif trônait au milieu du couloir entourée de deux fauteuils en bois rehaussés de coussin rouge. Seul une reproduction de la tapisserie de la Dame à la Licorne ornait les murs de pierre, faiblement éclairée par deux torches aux extrémités de celle-ci. Tout au fond du couloirs, se trouvait une énorme porte dénuée de sonnette, mais portant un heurtoir en bronze à tête de cheval.

L’appartement était entièrement plongé dans le noir, les volets fermés empêchaient les reflets de la lune d’entrer dans la demeure. L’air y était suffoquant, non pas de chaleur, mais de non oxygénation. Comme si la maison avait été désertée depuis plusieurs années. Et pourtant, quelqu’un y vivait, quelqu’un qui ne ressemblait plus qu’à une ombre. Une ombre affalée sur le divan du salon. Une ombre pleurant. Avait-elle fait ce qu’il fallait faire ? Elle n’en savait rien. Mais l’Autre ne pouvait avoir tord, alors elle avait obéi. Désemparée, elle se servit un énième verre de whisky et le but d’une traite. Cela faisait des jours que l’Ombre n’avait pas vu la lueur du jour, et seul l’alcool la consolait. Allongée sur le divan, les larmes coulant toujours le long de ses joues, elle s’endormie le bras ballant, le verre toujours à la main qui sous le manque de pression, tomba sur le sol roulant jusqu’aux pieds de la large table ronde, tout en se déversant des quelques gouttes restantes.

La rue du Louvre donnait sur un des plus grands et des plus compétents commissariat de Paris. Les statistiques montraient qu’un plus grand nombre d’affaire était résolu et dans des temps des plus acceptables. Le commissaire divisionnaire Yakitoi avait pris le parti de mettre son commissariat à la pointe de la technologie, aidant ainsi ses employés dans leur tâches. Certes, il était extrêmement sévère ne tolérant ni retard d’arrivée ni retard dans les dossiers, tout devait être réglé comme une horloge, cependant il avait confiance en chacun de ses employés, préférant une ambiance familiale quoique patriarcale à une ambiance d’entreprise. Quelques uns le décriraient comme un japonais d’une autre époque. D’autres, comme un homme de pouvoir mais de justice. Mais tous seraient d’accord pour dire combien il était appréciable d’être encadré par un tel homme.

Le seul soucis du commissaire était une recrue de qualité qu’il avait pris sous son ailes depuis déjà quelques années. Il était ressorti premier de sa promotion malgré un dossier des plus controversés. Ses enquêtes étaient toujours menées à bien, les résultats étaient incontestables si l’on fermait les yeux sur les moyens utilisés. Il n’était pas un inspecteur véreux, mais il avait sa propre conception de la justice, celle-ci s’éloignant au fils du temps de celle établit dans le code. C’était pour cette raison que malgré les protestations de Sajhn, le commissaire Yakitoi pris la décision de lui donner un coéquipier.

Celui qui devait arriver aujourd’hui sortait à peine de l’école. Lorsque Yakitoi avait eu vent du dossier de la nouvelle recrue, il était aller voir l’administration pour comprendre comment un bleu pouvait être muté dans ce commissariat. La réponse avait été une signature apposée au bas de la demande de mutation, une signature à laquelle on ne pouvait rien redire. Mr Io Providance était de la lignée de Providance, de la haute société. Et bien que le régime monarchique aie succombé quelques siècles auparavant, devant la haute société, il valait mieux courber l’échine. Il avait donc accepté cette nouvelle recrue.

Le bureau du commissaire divisionnaire se trouvait sur une petite mezzanine, il pouvait donc à loisir observer ses officiers. Tout le monde s’affairait à sa tâche. A 8h, les pervenches sortaient dans les rues habiller les voitures gênantes de petits papiers jaune. L’accueil était déjà surbooké par les coups de téléphone. Et tandis que le commissariat entier était en effervescence, Yakitoi aperçu un homme blond au cheveux court, totalement immobile au milieu du hall d’entrée. Cet homme se contentait d’observer les autres.

Ne supportant pas cet immobilisme, Yakitoi décida de s’occuper de ce jeune homme. Il sorti promptement de son bureau, descendit les escaliers et arriva juste derrière le jeune homme, quelque peu plus grand que lui.

Puis-je vous aider ? dit il muni d’un sourire forcé, mais avec une certaine force dans la voix.

Le jeune homme sursauta ne s’attendant pas à ce que l’on vienne à lui de cette manière.

Euh oui … Bonjour, je me nomme Io Providance, j’ai rendez vous ce matin avec le commissaire Yakikitteo. Pourriez vous m’indiquer où se trouve son bureau ? demanda t-il avec toute la politesse requise.

Je suis le commissaire DIVISIONNAIRE YAKITOI, répondit il en insistant bien sur le titre et la bonne prononciation de son nom de famille. Au lieu de rester planté comme un piquet au milieu de mon commissariat, montez dans mon bureau.

Yakitoi était de fort mauvaise humeur, le bleu avait battu au corneille durant dix bonnes minutes au milieu du hall au lieu de s’empresser de se renseigner sur le lieu du bureau. Cela était inadmissible.

Arrivant devant son bureau, il laissa entrer le bleu à l’intérieur, puis il rentra en claquant la porte derrière lui.

Io sursauta une fois de plus ne comprenant pas pourquoi il y avait tant de brusquerie dans les gestes de son futur patron.

Je vous ai demandé de venir me voir pour une raison simple : « les règles de la maison ». 1) je ne tolère aucun retard le matin, 2) ni aucun retard dans les dossiers 3) aucun débordements d’humeurs et 4) aucun problèmes personnels ne doivent s’immiscer dans le travail. Ponctualité, Rigueur et Discipline. Ayez bien ces trois mots en tête, car si vous vous en écartez, vous serez au mieux muté au pire radié. Est-ce clair ?

Mais … commença Io ahurit

ME SUIS JE BIEN FAIT COMPRENDRE MR PROVIDANCE ?

Oui.

Je suis votre patron, et non votre ami, OUI QUI ?

Oui chef, répondit il sèchement.

Bien. Vous serez le coéquipier de l’inspecteur Merks, bureau 207C. Vous pouvez disposer.

Certes le commissaire avait été dur avec ce jeunôt mais il valait mieux être ferme dès le premier jour et ne pas le laisser prendre de mauvaises habitudes. Son équipe était la meilleure et il n’était pas question que cela change.

Io sorti du bureau ne sachant s’il devait se plaindre, gueuler ou ne rien dire. Il pris le parti d’oublier cet instant, et de partir à la recherche de l’inspecteur Merks.

Suivant les panneaux d’indications, il arriva jusqu’au département des Affaires Criminelles. Les bureaux étaient assez simple, classique, mais une chose ennuyait fortement Io. Ils étaient ouvert, il n’y avait aucune porte pour avoir un peu de calme. Tout le monde pouvait entendre ce qui se disait dans les bureaux voisins, il n’y avait donc aucune intimité. De plus, les bureaux étaient pour deux personnes, ils seraient assis en face de son coéquipier très certainement. Mais cela le dérangeait moins. Enfin, cela c’était avant qu’il parvienne à trouver le bureau 207C. Mais pouvait on seulement appeler cela « un bureau » ? Visiblement l’Apocalypse avait déjà eu lieu dans ce petit espace. Io rentra abasourdi dans le bureau, et se mit en quête d’une minuscule place où il pourrait déposer ses affaires. Après avoir fini par faire de la chaise roulante son bureau, il attendit quelques instants debout que l’Inspecteur Merks arrive, lorsqu’une personne passa devant le bureau et intrigué lui demanda :

Si vous chercher Merks vous ne risquez pas de le trouver ici. Je peux vous aidez ?

Io observa la jeune femme, elle était dans la fleur de l’age. Ses cheveux bruns reposaient délicatement sur ses épaules accentuant un peu plus la finesse de sa silhouette. Ses yeux étaient d’un bleu clair presque blanc, assez troublant, tandis que ses pommettes rougies par le froid contrastaient avec son teint de porcelaine.

Euh bonjour, je suis l’inspecteur Providance, le nouvel équipier de l’inspecteur Merks. Pourquoi ne pourrais –je le trouver ici ?

Oh ! Bonjour, désolé j’avais oublié que vous arriviez aujourd’hui. Je m’appelle Alita, dit-elle en empoignant la main de Io. Hé bien, vous ne le trouverez pas ici pour la simple et bonne raison qu’il ne vous à pas attendu pour aller sur le lieu du meurtre.

Du MEURTRE ??

A peine était-il arrivé, premier jour, première heure, et déjà un affaire de meurtre. C’était tôt, mais il se faisait une joie d’aller sur les lieux du crime.

Eh oui « Du meurtre ». Vous êtes dans la section Affaires Criminelles ! A quoi vous attendiez-vous, à faire descendre les chats de leurs arbres ?? se moqua t’elle gentiment. Merks m’a appelé pour que je vienne, je vous emmène ?

Volontiers.

Alita lui emboîta le pas, l’amenant jusqu’à sa petite 205. Elle n’avait pas fière allure mais roulait encore bien. D’un rouge un peu délavé, la voiture avait encore du tonus à revendre.

C’est votre première affaire ? demanda Alita tout en conduisant.

Oui. Tout à fait. Mais bon il fait bien une première, nan ?

C’est sûr, mais je suis un peu étonnée qu’un bleu sortant de l’école soit déjà inspecteur, dit-elle suspicieusement. Enfin, j’imagine que ce ne sont pas mes affaires.

Io eut un silence gêné, il était vrai que sans l’appui de sa famille, il n’aurait jamais pu espérer avoir ce poste aussitôt. Il n’en était pas réellement fier mais il fallait avouer que cette aide s’était trouvée à point nommé.

Arrivés devant le lieu du crime, Alita et Io essayèrent de passer entre les mailles des journalistes pour rentrer dans l’immeuble.

Mais comment font-ils pour être toujours au courant de tout ?? C’est tout de même invraisemblable, grommela Alita.

Vas-y Io, je vais chercher mes outils, c’est au troisième étage appartement 4, dit elle tout en montrant sa plaque à l’agent posté devant l’entrée.

Io entra prudemment dans l’immeuble, guidé par l’agent qui l’accompagna jusqu’à l’appartement en question.

Tout était plongé dans le noir, seule une lumière se baladait dans le studio. Io prit une grande respiration et entra lentement. Il s’avança dans le couloir, et arriva dans l’unique pièce du studio où flottait une odeur nauséabonde qui lui enleva l’espace d’un instant tout sens de l’équilibre, et dû se rattraper à un petit meuble près de la porte.

NE TOUCHES A RIEN !! Tu vas laisser des empreintes partout, dit une voix proche de lui tandis qu’une lumière l’aveuglait. « Qui est tu ? »

Euh bonjour, je suis l’inspecteur Providance, vous devez être l’inspecteur Merks je présume, dit il peu sûr de lui en tendant la main à l’homme en face de lui.

Hum ! Ouais c’est moi, répondit-il en abaissant la lampe du visage de Io, et repartit sans un mot de plus auprès du cadavre.

Io resta abasourdi devant la froideur de son coéquipier et resta quelques instants debout sans bouger, ne sachant pas trop quoi faire.

Merks s’était accroupi devant le cadavre, lorsque Alita entra en trombe dans le studio, jurant contre l’obscurité et les obstacles qui se mettaient devant elle, et déposa son sac bruyamment.

Oh Oh ! Tu peux pas faire un peu moins de bruit ? Tu réveillerais un mort, grogna Merks.

Mais oui moi aussi je t’adore mon petit Sajhn. En tout cas celle-la elle risque pas de se réveiller, lança-t-elle en reprenant tout son sérieux.

Bon alors que peux tu me dire sur ce corps ?

Hé bien, à première vue je dirai asphyxie mécanique par obstruction des voies aériennes et compression des vaisseaux du cou, répondit elle avec le plus grand sérieux.

Hum ! Excusez moi mais que veux dire ce charabia ? demanda Io d’une petite voix.

Sajhn Merks roula des yeux , on lui avait vraiment coller entre les pattes un bleu de chez bleu. Il lui répondit sèchement « Strangulation ».

Oh c’est tout ! Vu l’odeur je m’attendais à pire, répondit –il pour essayer de détendre l’atmosphère. Malheureusement ce n’eut pas l’effet escompté.

C’est tout ??? s’exclama Alita, se relevant d’un bond, outrée de la réponse de Io. Mais sais-tu seulement ce qu’il se passe lors d’une strangulation ? Essaye d’imaginer, tu es tranquillement chez toi. Tu regardes les imbécillités de la télé quand soudain tu sens un étau sur ton cou qui serre et se serre inlassablement. Tu manques d’oxygène et essayes vainement d’en attrapé une bouffée. Des vertiges te prennent puis tu tombes dans l’inconscience. Ton corps se convulse pendant plusieurs minutes, ton sphincter se relâche et tu pisses dessous. D’où l’odeur je te l’accorde. Et enfin ton cœur lâche devant le manque d’oxygène. Est-ce que tu penses vraiment que cette mort n’a pas assez d’intérêt pour toi ?? Qu’elle n’est pas assez … spectaculaire ??

Io se sentait bête, il n’avait pas dit ça dans ce sens. Mais il était vrai qu’expliqué comme ça cette mort devenait bien moins bénigne que dans ses manuels.

Soudainement les lumières se rallumèrent offrant aux trois inspecteurs un spectacle des plus lugubre.

A suivre …

Réponses aux review :

Lichee : kikoo ma puce, merci d’être toujours présente quand j’update une fic, et de vouloir suivre les aventures de mes nouveaux personnages. J’espère que l’histoire te plaira, même si elle est plus noir que la précédente.

Unicorn (diane-cyrielle) : Eh voila enfin le chapitre que tu attends depuis si longtemps. Sajhn est enfin là et j’espère qu’il collera parfaitement au caractère que tu lui a donné. Bisous ma puce.


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