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Author: Zelena
Fiction Rated: M - French - Romance/Angst - Reviews: 29 - Published: 01-04-06 - Updated: 02-20-07 - id:2083107

Au bord des lèvres

Auteur : Zelena
Genre : Gay fic,Romance, Angst
Rating : M
Updated :
23/12/05

Synopsis : Ah les potins ! On croirait un couple qu’il a dit… il croit pas si bien dire ! Mais si jamais ma mère l’apprend... Je sortirais avec une fille jamais il n’aurait songé à ça. Ce jour là c’était la première fois que j’ai senti que je le blessais réellement. Pourtant il a continué de sourire, même lorsqu’il m’a fait cette proposition…


CHAPITRE 1


POV Alex

« Aie aie...

- Quoi ? Je t’ai fait mal ? Je suis désolé.

- Nan c’est pas toi mais… c’est dur ici. Attends viens. »

Je me lève, me dirige vers le chariot au fond de la pièce et tire deux tapis que je dispose sur le sol.

« C’est mieux comme ça non ? »

A travers cette semi obscurité, son visage baigné par les rayons de lune qui traversent la baie vitrée plafonnière du gymnase, je perçois son sourire. J’adore quand il sourit. Surtout de cette manière. Son sourire, ses yeux, exprimant quelque chose entre espièglerie et désir.

« Ouais… beaucoup mieux » dit-il en s’agenouillant en face de moi.

Ses mains se posent sur mes épaules puis il m’allonge doucement sur le sol. Je ferme les yeux. Il m’embrasse. De petits baisers enfantins, chaque fois à un endroit différent. Sur mon front, mes paupières, mes joues, mon nez, mon menton, le coin de mes lèvres sans jamais réellement les toucher. Juste effleurer comme il aime souvent à le faire pour me taquiner. Je me mets à grogner. Il rit.

« Tu n’es pas patient… chaton.

- Si. Mais pas là » je réponds en le renversant sous moi.

Mes lèvres se plaquent brutalement sur les siennes. Je l’ai presque mordu. Il ouvre la bouche. Sa bouche que ma langue envahit aussitôt. Pressante. Avide. Je l’ai poussée aussi loin que possible, explorant avec délice le moindre recoin de son antre chaud et humide. Mais bientôt je sens une main s’enfouir dans mes cheveux et s’y agripper fermement, m’obligeant à pencher la tête en arrière. Je le regarde. Il halète tout autant que moi. Un sourire malicieux se dessine sur ses lèvres brillantes et il me fait brusquement basculer sous lui. Ses doigts se referment sur mes poignets, les tenant en respect de chaque côté de ma tête.

« Je te trouve bien excité aujourd’hui.

- Plains-toi.

- Je ne me plains pas. Au contraire... » répond-il en m’embrassant aussi violemment que je l’avais fait précédemment, sa bouche dévorant la mienne avec une passion toujours plus grande.

Sa main s’insinue sous ma chemise et ses doigts glacés au contact de ma peau me donnnet des frissons. Toutefois ses caresses expertes distillées avec empressement ont facilement réussi à me faire oublier ce petit désagrément. Soudain il se redresse et commence à fiévreusement déboutonner ma chemise. Chacun des boutons. Un à un. Les uns après les autres. Je sens que ça l’énerve parce que plus ça va plus il a du mal à les défaire. J’ai envie de rire, mais je me retiens.

- Putain, c’est chiant ton truc… Merde tant pis.

D’un coup il tire violemment sur le tissu et je vois tous les boutons qui me restaient sauter joyeusement dans les airs avant d’atterrir dans un bruit étouffé sur les tapis.

- Hey ça va pas ! Pour quelqu’un qui se plaignait que j’étais impatient… Qu’est ce que je vais dire à mes parents maintenant ?...

- Qu’ils s’en tiennent à t’acheter des t-shirt. C’est plus pratique, rétorque-t-il en découvrant mon torse avec une satisfaction non dissimulée.

Je ricane.

- T’es bête. Viens là.

Je l’attire contre moi, enfouissant ma tête au creux de son cou, effleurant de mes lèvres sa peau. Je respire avec délice son odeur, son parfum aux senteurs fraîches et indéniablement masculines. Je goûte de ma langue la saveur de sa peau avant de la mordiller tendrement. Pendant ce temps Akira en profite pour me débarrasser de mon pantalon et curieusement je dois dire qu’il se débrouille mieux qu’avec la chemise. Il le fait glisser sur mes jambes. Je commence à défaire le sien. Ses lèvres se posent sur les miennes pour un baiser beaucoup plus tendre que le précédent. Mais soudain un bruit me fait sursauter et je le repousse doucement.

- Qu’est ce qu’il y a ?

- Je sais pas. T’as pas entendu un bruit ?

Il tend l’oreille un instant puis hausse les épaules.

- Nan. C’est rien, juste le vent, il déclare d’un air détaché avant de reprendre notre baiser.

Je me détends. Un peu. Rien qu’un peu avant de le repousser à nouveau, me redressant à bout de bras.

- Et là t’as rien entendu ?

- Quoi ? Non. Hey arrête de flipper je te dis qu’y a personne.

- …

- Alex…

- Là ! Tu vas pas me dire que t’as pas entendu cette fois-ci !

Il se retourne. Un gros vacarme retentit, comme si quelqu’un était lourdement tombé au sol. Un cri étouffé.

- Merde. Bouge pas je reviens, me lance Akira en se rhabillant en un éclair.

Il se lève et disparait dans la pénombre. Je ne le revois que lorsqu’il ouvre la porte avant de la refermer aussitôt derrière lui dans un claquement qui résonna dans toute l’immensité de la salle silencieuse.

POV Akira

Je cours comme un dératé ! Je cours derrière cette silhouette qui s’est redressée et enfuie à toute jambe aussitôt qu’elle m’a vu approcher. Mais s’il croit m’échapper alors là il rêve ! J’accélère et visiblement de nous deux c’est moi le plus sportif ou tout du moins le plus endurant. Je cours beaucoup plus vite que lui, je n’ai eu aucun mal à le rattraper. Dès que je suis assez proche, je lui saute littéralement dessus. Il pousse un cri, croisement entre étonnement et effroi, avant de s’écraser sur le bitume. Sans ménagement je le retourne et le maintiens fermement au sol.

- Sale petit voyeur ! je peste alors qu’il tente en vain de se dégager.

A la lumière du lampadaire j’observe son visage. Un garçon de mon âge. Blond, les yeux bleus. Mais ce qui me frappe le plus c’est son expression. Il a l’air de crever de trouille !

- J’ai rien vu, j’ai rien vu !

- Ah ouais, dans ce cas pourquoi tu t’es enfui ?

- Je… je sais pas.

- Alors qu’est ce que tu sais ?!

- R-rien. Je dirai rien, je te le jure, je dirai rien…

Pfff quel nul. Je lui assène une claque sonore sur le crâne avant de l’agripper violemment par le col de son manteau. Ensuite je prends l’expression et la voix la plus menaçante que j’ai pu. Et sans me vanter je dois dire que je suis plutôt doué pour ça.

- T’as intérêt pour ta gueule p’tit con. Si tu caftes quoi que ce soit à quelqu’un je te jure que je te le ferais payer très cher. Si mon copain a des ennuis à cause d’une quelconque rumeur sur le sujet je saurais que ça vient de toi. Je ferais de ta vie un vrai calvaire, à tel point qu’à chaque fois que tu te lèveras le matin tu chialeras rien qu’à la pensée de devoir remettre un pied dans ce lycée. Pigé ?

Il ne répond pas. Apparemment je suis encore meilleur acteur que je le croyais. Il est totalement tétanisé le pauvre ! Comme pour enfoncer le clou, je redemande s’il a bien compris en le secouant un peu et il acquiesce immédiatement. J’en profite pour l’observer un peu plus attentivement. Sa tronche me dit vaguement quelque chose. Alors je demande :

- Je te connais, non ?

- …

- Ouais je me souviens, je t’ai croisé dans le couloir y a quelques jours et à la cafet près du parc hier… et dans le métro aussi…

Je le vois rougir et il détourne la tête.

- Je vois… C’est intéressant ça. Lequel de nous deux tu suis ?...

Je le sens gigoter sous moi. Ma question le met mal à l’aise apparemment. Tant mieux.

- C’est quoi ton nom ?

- …

- Dis.

- Jo-Joshua.

- Joshua hein. Tu aimes les garçons Joshua ?

- …

- Oui ou non ?

Il a soupiré. Ses paupières se sont peu à peu baissées.

- Oui.

- Ok. C’est cool.

Je souris.

- Tout finit par se savoir dans ce lycée si on n’est pas assez prudent. Surtout pour ces choses là. Mais toi… je ne me souviens pas que tu aies été répertorié comme étant homo alors je suppose… que c’est parce que tu ne veux pas que ça se sache toi non plus. Hein Josh…

Je susurre son nom avec une extrême douceur, me penchant un peu plus au dessus de son visage. Juste par curiosité… Savoir… lequel de nous deux. Je n’ai pas à attendre longtemps. Avec hésitation, sa main légèrement tremblotante se met à caresser ma joue. Comme s’il avait tout à coup enfoui sa peur au plus profond de lui pour laisser place à autre chose de complètement différent. Ses yeux se sont mis à briller. Une expression presque… extatique.

Ça me fait penser à ce jour où tout a changé entre Alex et moi. Ce jour où la guerre qu’on se menait depuis des mois s’est fini d’un coup. J’en avais rêvé tous les jours à partir de notre première rencontre. Totalement mon genre ! Décontracté, tout en restant classe. Très sexy et carrément beau. Au début bien sur je ne le connaissais pas du tout. Alors j’ai commencé à l’observer. Durant les cours, à la pause, au déjeuné. Quels étaient ses amis, ses loisirs, ses passions, ses points forts, ses points faibles, sa façon de se comporter, etc… Et je dois dire qu’après ça, il ne m’a intéressé que plus encore. Alors j’ai voulu qu’il pense à moi autant que moi je pensais à lui. Et quel meilleur moyen pour ça que de jouer la carte de la provocation ! J’ai l’ai cherché pendant des semaines. Pour tout et n’importe quoi. La seule chose qui importait c’était d’attirer son attention. Que je finisse par le hanter de jour comme de nuit. Et j’avoue que ça a plutôt bien marché ! En tout cas si j’en juge par la situation actuelle et… ce fameux jour.

On sortait de l’entraînement de basket. Parce que oui, quand j’ai su qu’il en faisait en tant qu’activité extrascolaire, évidemment je me suis aussitôt inscrit. Je suis plutôt bon pour ça en plus alors ça tombait bien. Je me rappelle sa tête quand il m’a vu arriver. A mourir de rire. Ça l’a bien fait chier ! Et au bout du quatrième mois je crois qu’il m’aurait trucidé s’il avait pu ! Enfin… heureusement pour moi c’est pas ce qu’il a fait dans les vestiaires… enfin pas uniquement.

Comme d’habitude il était le dernier, et comme d’habitude j’étais venu l’agacer (D’autant plus que son équipe venait de perdre contre la mienne, alors il était encore un peu plus sur les nerfs que d’habitude). Généralement il se contentait de répliques acerbes ou encore de ce fameux regard digne des plus grands serial killers. Mais là, c’était comme si l’accumulation de toute cette pression avait tout à coup fait sauter le bouchon. Le joli chaton a sorti ses griffes. Il s’est littéralement jeté sur moi ! On s’est battu. D’ailleurs j’ai été surpris de voir qu’il savait aussi bien se défendre. Il m’a fait un de ces cocards à l’œil. Je l’ai gardé pendant un mois ! J’en ai pris plein la tronche. Lui aussi d’ailleurs. Mais au final c’est quand même moi qui ai eu le dessus. D’un point de vue pratique… comme d’un point de vue positionnel. J’étais complètement crevé et lui, le visage rougi, haletait comme s’il avait couru un marathon à plein régime. Je n’avais même plus la force de bouger. Je suis resté penché en avant, agenouillé au dessus de lui. Trop épuisé il n’a même pas essayé de se dégager. Alors j’en ai profité pour le contempler. Il avait une coupure à la lèvre, une autre à l’arcade sourcilière et un bleu commençait à se former sur sa pommette gauche. Pourtant même comme ça je l’ai trouvé magnifique. Ses cheveux noirs ébène décoiffés au possible dont quelques mèches restaient collées à son front par la sueur. Ses yeux clairs d’un bleu éden, légèrement plissés à cause de l’effort qu’il fournissait pour respirer. Son nez fin. Sa bouche entrouverte d’une teinte encore plus carmin que ses joues, désirable, même malgré sa blessure. Puis mes yeux sont remontés, rencontrant les siens sans pour autant les avoir réellement cherchés. Et… soudain ce n’était plus de la haine que je lisais dans son regard mais de la curiosité, du désir. J’ai senti ses doigts effleurer timidement ma joue, ma bouche. Aussi léger qu’un battement d’aile. Je l’ai laissé faire, sans le quitter des yeux. Il a dégluti avant de mordiller machinalement une seconde sa lèvre inférieure. Alors j’ai pas réfléchi. Je l’ai embrassé. Doucement, innocemment, lèvres contre lèvres pour ne pas le blesser d’avantage. Et il a répondu à mon baiser. Ça n’a duré que quelques secondes, mais ce sont les secondes de ma vie les plus chères à mon cœur. A partir de là lui comme moi avons su qu’entre nous ça ne serait plus jamais comme avant.

C’est pour ça qu’il m’y fait pensé. Joshua. Il a eu le même changement brusque de comportement. Presque le même cheminement. Presque la même situation. Presque. Sauf que lui pour rien au monde je ne l’embrasserais.

Je repousse sa main et me dégage lorsqu’il tente de poser ses lèvres sur les miennes. Je sais ce que je voulais savoir. Je me redresse, l’entraînant avec moi avant de le pousser sans ménagement contre le pied du lampadaire. Sa peur revient aussi vite qu’elle était partie.

- Ecoute-moi bien parce que je ne te le répèterai pas. Tu m’intéresses pas, alors arrête de me suivre tu entends ! Lâche-moi ! A partir de maintenant si jamais je revois encore ta gueule d’ange roder autour de nous je te la retape façon Quasimodo, compris ?! Maintenant dégage et tiens ta langue surtout. Dis-toi bien que si tu fais du mal à mon ami d’une façon ou d’une autre, ce sera rien à côté de ce que je te ferais subir, Joshua... Allez casse toi !

Je le bouscule un peu. Il manque de trébucher et pour finir part en courant. Je le suis du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse de ma vue. Un vent frais me frissonner. Je soupire. Quand même, c’est vrai que la vie serait beaucoup plus simple s’il n’y avait pas tous les autres !

POV Alexandre

Ça va faire 10 minutes qu’Akira est parti. Je suis inquiet. Pas tellement pour lui parce que je sais très bien qu’il sait se débrouiller mais… si quelqu’un nous a vu et si ça vient à se savoir… si mes parents l’apprennent… j’ose même pas y penser ! ça va faire maintenant presque 8 mois que lui et moi sortons ensemble et je ne leur ai toujours rien dit. Pour eux Akira n’est que mon meilleur ami, rien de plus. Plusieurs fois j’ai essayé de leur en parler, mais devant le sourire de ma mère et ses questions taquines sur mes futures potentielles petites amies… ben ça loupe pas : à chaque fois je me dégonfle ! A vrai dire je crois que ça ne lui viendrait même jamais à l’idée que je puisse aimer un autre garçon. Pas qu’elle soit intolérante (enfin j’espère pas !...) mais bon je sais qu’elle n’est pas non plus complètement ouverte sur le sujet. Cela dit étant donné que je suis déjà sorti avec plusieurs filles avant lui, forcément c’est tout de suite plus difficile à imaginer.

Akira est mon premier petit ami. Au début j’ai eu du mal à me faire à cette idée. L’idée de sortir avec un garçon. L’idée de sortir avec lui surtout en fait. Au fond on était censé se haïr, et se mettre à aimer son pire ennemi c’est assez déroutant. C’est même complètement illogique ! Mais au final je ne regrette rien, parce qu’Akira est non seulement mon premier petit ami mais aussi sans aucun doute mon réel premier amour pour autant que je puisse comparer.

Alors honnêtement je ne sais pas ce qui serait le pire : que mes parents me considèrent comme un paria ou me foutent à la porte, ou alors qu’ils me gardent avec eux mais m’empêchent de revoir Akira kit à jouer les vigiles. L’un comme l’autre pour moi ce n’est pas quelque chose d’acceptable.

C’est pour ça je ne veux pas qu’ils sachent. Pas encore. Et c’est pour ça aussi… que je continue aussi à voir des filles.

Depuis qu’on est ensemble Akira et moi on est toujours scotchés tous les deux, à tel point que j’en ai un peu délaissé tous mes autres amis. Mais ce jour, ce fameux jour ça m’a fait un de ces chocs ! C’était à la fin des vacances, genre mi-août, Romain m’a invité pour la nième fois à aller à une fête avec les autres mais comme d’habitude…

- Laisse-moi deviner : tu ne peux pas parce que tu as promis à Akira de le voir demain donc tu ne peux pas venir, c’est ça ?

- Euh… oui, c’est à peu près ça, j’avais dit dépité de tant de perspicacité. Mais je passerais peut-être en fin de soirée ok ? j’avais ajouté précipitamment.

- C’est ça… Franchement j’aime bien Akira tu le sais, mais depuis que vous êtes devenus amis on te voit pas beaucoup hein. Vous êtes toujours fourrés tous les deux ou presque. A croire que vous êtes maqués ensemble ! Nan sans rire si vous venez pas à l’anniv de Jérem la semaine prochaine, on ira squatter de force chez l’un de vous pour le fêter !

Il avait ri. Moi aussi… mais pas le même rire du tout !! Un rire crispé dû au fait que moi j’en étais surtout resté à la phrase précédente… Même si c’était pour plaisanter franchement moi ça m’avait fait flipper !

Le soir même j’en avais parlé à Akira.

- Et alors, laisse-les dire on s’en fout, il avait déclaré en haussant les épaules.

- Comment tu peux dire ça !

- Qu’est ce que tu veux que je te dise ?! C’est la vérité que je sache, non ?

- Akira…

Pourtant il savait que je ne voulais que personne ne le sache. Au moins au lycée. Dans la rue ça ne me dérange pas si les gens nous voient main dans la main, au contraire. Tout ce que je veux c’est que ça n’arrive pas aux oreilles de mes parents. Et ça ça se serait su à la rentrée y a pas de doute ! ça commence en blague et ça finit en rumeur bien persistante. Je sais ce que je dis c’est déjà arrivé au moins 3 fois dans notre groupe ce genre de chose. Jamais encore des trucs qui portent à trop de préjudices, mais bon c’est chiant quand même. Et je ne veux pas que mes parents l’apprennent comme ça. Ma mère fait partie du conseil des parents d’élèves. Alors tout ce qui se passe dans cet établissement, le moindre incident, le moindre potin, elle est au courant. Surtout qu’ici ça se propage à une allure folle. Et les potins, ça, ma mère en est très avide !

Voyant mon expression désespérée, Akira m’avait pris par les épaules et s’était excusé.

- Ecoute on sera plus prudent voilà tout.

- Prudent ?! Mais tu te rends compte qu’on n’a rien fait encore, qu’est ce que ça aurait été si on nous avait surpris en train de s’embrasser !

- Hey je te rappelle que c’est toi qui te plains de tout ça, pas moi. Il y a une minute t’étais au bord des larmes et voilà que maintenant tu t’énerves.

- Je sais… Je suis désolé, j’avais soupiré en me lovant dans ses bras. C’est juste que… j’ai pas envie… tu sais…

- Mais il plaisantait Alexandre.

- Oui au début c’est toujours comme ça. Mais demain tout le monde va le savoir, mes parents vont le savoir ! Ça m’énerve si tu savais… … Si seulement je sortais avec une fille je suis sur qu’il n’aurait même pas songé une seule seconde à ça.

Et voilà. En fait c’est comme ça que tout à commencer. Je sais c’est assez dégueulasse et j’avoue qu’encore aujourd’hui je m’en veux d’avoir fait ça. Parce qu’Akira n’est pas bête, il a tout de suite compris où je voulais en venir. Seulement j’avais tellement honte de lui demander directement, que j’ai fait exprès de le lui suggérer par sous-entendu de façon à ce que ce soit lui qui finisse par me proposer cette solution et pas moi. Et je sais… qu’il le sait également.

Ce jour là c’était la première fois que j’ai senti que je le blessais réellement. Pourtant il a continué de sourire, même lorsqu’il m’a fait cette proposition. J’aurais pu faire semblant de refuser au départ, comme si cette idée était ridicule. Alors il aurait insisté et j’aurai fini par accepter. Mais ça n’aurait fait qu’enfoncer un peu plus le clou et là ça aurait été vraiment dégueulasse de ma part de jouer les innocents et de faire comme si c’était lui qui s’était spontanément dirigé vers le bûcher.

Alors j’ai accepté, à condition qu’il fasse pareil de son côté. Parce que pour moi il était hors de question qu’il soit le seul à souffrir de me voir avec quelqu’un d’autre. C’est juste… pour les apparences. Rien d’autre. Evidemment on ne sort jamais avec des filles de la classe parce sinon c’est chaud si on veut pouvoir les éviter. Et on s’est juré de ne rien se cacher, même si ça allait plus loin qu’un simple baiser. Mais ça n’est encore jamais arrivé. Heureusement…

Au début ça a été très dur. Beaucoup plus que je ne me l’étais imaginé. Mais cependant ce n’était pas comme-ci désormais on passait chacun notre temps avec nos… pseudo copines respectives. ça n’avait rien changé de ce côté ou presque. On était pratiquement toujours ensemble. Simplement maintenant il n’y avait plus d’ambiguïté vis-à-vis des autres…, il n’y en a seulement plus eu qu’entre nous.

Ça je dois dire que ça a été super difficile. Akira est assez jaloux et comble du ridicule je le suis pas mal moi aussi. Le voir flirter avec une autre sous mes yeux… Je savais bien que ça ne signifiait rien pour lui, mais au fond je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir ce petit doute dès que je le voyais en train de la plotter, l’embrasser et tous les trucs de ce genre. C’est normal, non ? Qu’est ce que vous penseriez si vous voyiez votre petit copain en train de rouler une pelle magistrale à une autre ?! C’est vrai c’était pas la peine d’être aussi… démonstratif ! Du coup je faisais pareil de mon côté, surtout quand je le sentais m’observer. C’est nul je sais mais je pouvais pas m’en empêcher. Alors dès qu’on se retrouvait seuls tous les deux ça commençait ! Les petites taquineries, les piques amères, les sous-entendus, les questions du genre « est ce que tu la trouves jolie ?», «est ce qu’elle te plait ?», « Plus que moi ? », « est ce que tu as envie de coucher avec elle ? De la baiser ? »…

Lorsqu’il me demandait de les quitter, je le faisais toujours. Même si j’en avais envie moi je ne le lui demandais jamais. Parce que je n’en avais pas le droit. Mais je n’en avais pas besoin de toute façon. Akira les larguait toujours quand il était en colère contre moi pour que je fasse la même chose de mon côté. Je le faisais, j’attendais que ça se calme et je ressortais avec une autre. Et tout recommençait. Un cycle éternel.

C’était réellement insupportable. Pour l’un comme pour l’autre. A cette époque j’aurais voulu que tout redevienne comme avant, parce que dès qu’il me touchait ce n’était plus de l’amour, juste de la vengeance, de l’amertume.

Ça a duré 2 mois. Je n’avais jamais autant pleuré de toute ma vie en si peu de temps. Malgré tout on n’a jamais évoqué la possibilité de se séparer. Je ne le voulais pas et lui non plus. Après chaque dispute, il se jetait sur moi en me répétant sans cesse q’il m’aimait, qu’il était désolé… Il me demandait pardon alors que tout était de ma faute. Ça me faisait culpabiliser un peu plus à chaque fois. Et c’était bien fait pour moi.

Mais au fil du temps finalement ça s’est peu à peu arrangé. On a commencé à se faire confiance. Et à partir de là, quand il était avec elle, au lieu de l’épier pour trouver les éventuelles failles de sa fidélité, je le cherchais du regard rien que pour le plaisir de le contempler. Je ne détournais plus amèrement la tête dès que, se sentant observé, son regard croisait le mien. Je ne faisais plus non plus exprès de sourire de toutes mes dents à ma copine juste à ce moment là pour qu’il voit à quel point on s’entendait bien. Je ne faisais plus tout ça, au contraire. Encore aujourd’hui j’attends que son regard finisse par se lever sur moi et je lui souris alors sincèrement pour qu’il voie que je n’ai pas oublié que c’est lui que j’aime. Et ça, c’est ce qui a apaisé la situation je crois. Pour le moment en tout cas.

-

Soudain un bruit me tire de mes pensées. Je vois la porte s’ouvrir puis se refermer. Un instant je dois dire que j’ai tressailli. Je suis resté collé contre le chariot, attendant que les pas se rapprochent et que la silhouette apparaisse dans la lumière.

- Bon ça y est c’est réglé ! me lance Akira en me rejoignant.

Je lui souris.

- Alors ? Tu l’as tué ?

- Ouais presque, il était mort de trouille ! Il ne dira rien.

- Tu es sur ?...

- Certain, affirme Akira en déposant un baiser sur mes lèvres. Surtout qu’il est gay lui aussi. Ça ne l’arrangerait pas non plus que tout le monde le sache.

Je lève un sourcil, suspicieux.

- Ah ouais ? Comment tu le sais ?

- De quoi ?

- Qu’il est homo bien sur !

- Oh. Crois-moi c’est tout.

- Hpmf… Tu le connais ?

- Non. Il m’a dit qu’il s’appelait Joshua.

- Oh… Un blond aux yeux bleus ?

- Ouais. Comment tu sais ? Tu le connais ?

- Pas vraiment en fait, je sais juste qu’il est en première. Et… est ce que…

Je soupire.

- Est-ce qu’il m’a vu ?

- J’en sais rien. Mais de toute façon faut pas rêver il est pas con non plus hein.

- Ouais… Evidemment… Oh quelle galère ! j’ai soupiré.

- Allez fais pas cette tête. C’est rien du tout. Tout ira bien.

Ses lèvres se posent sur les miennes. Légères, indécises, chaudes… Je sens cette chaleur cheminer lentement vers mon cou et ses mains se poser sur ma taille puis mes cuisses. Soudain il se redresse.

- Hey !... Mais pourquoi tu t’es rhabillé toi au fait ??

- Bah… t’en as de bonne toi ! Si quelqu’un était entré j’aurais eu l’air fin ! Et puis je me les caillais moi à t’attendre à moitié nu !

Il rit.

- Tu as froid, chaton ? Attends tu vas voir je vais arranger ça.

Sa langue se promène sur ma peau avant de rapidement se frayer un chemin pour flirter avec la mienne. Mais… je ne sais pas, quand il commence à dégrafer mon jean, j’ai un sursaut. Je le repousse un peu et il lève la tête, un air interrogatif sur le visage.

- Je… C’est p’tet pas très prudent de faire ça là, non ?

- Pourquoi ? C’est bien là qu’on a commencé.

- Je sais bien mais… et s’il revenait ?...

- Mais non, t’inquiète.

Sur ce il reprend là on en était. Mais moi par contre, je n’y suis plus du tout ! Si encore il ne nous avait pas interrompu en plein milieu tout à l’heure et si seulement j’étais sur qu’il ne m’avait pas vu.

- Attends, je finis par murmurer dans un souffle.

- Mm ?

- Tu veux pas… qu’on remette ça à un autre jour ? C’est pas que je veux pas mais… enfin tu vois… d’être interrompu comme ça…

Il me regarde, silencieux. Ça le contrarie je le vois bien. Pas tellement parce que je l’interrompe, mais à cause de la raison pour laquelle je le fais. La vraie raison. Puis il soupire avant de déposer un baiser sur mon nez.

- Ok. C’est pas grave. Ça va ?

- Ouais. Excuse-moi.

- C’est rien. C’est pas parce qu’on ne le fait pas un soir que je vais en faire une syncope tu sais. Etre avec toi me suffit amplement.

Il va ramasser nos manteaux. Décidément il a toujours les mots pour me rendre heureux… et cacher en même temps son propre malaise. Je sais que je l’ai un peu froissé, mais je me ferais pardonner.

- Hey Alex, mes parents sont là mais… tu veux dormir chez moi ce soir ? Je te recoudrai ta chemise…

Je souris.

- Tu sais coudre toi ?

- Bien sur, puisque toi tu ne sais pas. Il faut bien qu’on se complète, il a expliqué en nouant ses bras autour de mon cou. Je suis bon en maths, toi pas.

- J’ai pas eu de bol jusque là c’est tout…

- Menteur… Je préfère le chocolat, toi la vanille

- C’est moins calorique.

- Je suis bien meilleur que toi en basket aussi…

- Hey ! Là non je ne suis pas d’accord, JE suis meilleur que toi.

- Ah oui ? Qui a perdu ces trois derniers match alors ?...

- C’est parce que tu triches !

- Je triche ?

- Si tu ne faisais pas exprès de me distraire je gagnerai tout le temps !

- Alors là tu rêves.

- Si si. Depuis le début de toute façon tu as toujours tout fait pour me perturber !

- Vraiment ?... Dis plutôt que depuis le tout début je t’attire et que c’est pour ça que ça te perturbe, non ?...

Je souris.

- Tu es trop machiavélique, je murmure contre ses lèvres.

- P’tet bien… J’ai raison ou pas ?...

- … P’tet bien…

Je lui tire la langue, il m’embrasse.

- Viens chez moi ce soir Alex.

- Ok. Mais j’ai pas prévenu ma mère aussi. Et puis tu sais avec l’épisode de la dernière fois…

- Ouais je sais. Mais ça fait pile un mois aujourd’hui.

- Va lui dire toi. Remarque si tu la charmes… je ne suis pas sur qu’elle puisse résister.

J’enfile ma veste avant de chercher mon portable dans mon sac de sport.

- Il est quelle heure ?

- Mmm… 19H30.

- C’est bon. Viens on sort. C’est toi qui as les clefs ?

- Ouais.

Je le précède tandis qu’il ferme les portes une à une derrière nous. Une chance que le prof de gym m’ait toujours apprécié. Comme je suis le capitaine de mon équipe de basket et qu’à l’époque je venais souvent m’entraîner, même en dehors des heures prévues à cet effet, il m’a fait un double des clés du gymnase. N’empêche je ne pensais pas qu’elles me serviraient un jour pour ça. Mais je sais que, sauf quand on déplace un entraînement à ce jour, normalement tous les vendredi soir il n’y a personne ici alors…

Je tends la main. Il pleut. Rien qu’un peu mais si on se dépêche pas on va prendre la sauce à coup sur avec le bol qu’on a aujourd’hui. Je tapote sur mon portable avant de poser une main sur mon oreille libre pour mieux entendre.

- Allo ?

- Maman c’est moi.

- Ah chéri ! Tu appelles tôt, tu as déjà fini l’entraînement ?

- Oui. On a terminé en avance aujourd’hui.

- Et qui a gagné cette fois-ci ? Ton équipe ou celle d’Akira.

- Euh… ni l’une ni l’autre à vrai dire. On a fait match nul.

- Match nul ? Ce n’est pas terrible ça…

- Maman…

- Je plaisante, mon poussin.

- Maman !! M’appelle pas comme ça.

- Oui oui. Au fait qu’est ce que tu veux manger ce soir ?

- Non bah justement, je voulais te demander, je peux dormir chez Akira ?...

- Quoi ? Tu me demandes ça maintenant ? Tu ne crois pas que tu aurais pu le dire avant ?

- Je sais mais il vient de me demander…

- Mm… je ne sais pas…

- S’te plait ‘man… S’te plait, S’te plait, S’te plait…

Elle soupire.

- Bon bon tu peux y aller. Mais n’oublie pas vous avez cours demain matin, je ne veux pas que tu sèches comme tu l’as fait la dernière fois.

- Mais oui je sais…

- Je suis sérieuse Alex.

- Mais ‘man ce n’est arrivé qu’une fois. Et puis d’abord on n’a pas séché on ne s’est pas réveillé.

Bon bien sur c’est un mensonge et même si je m’obstine ma mère n’est pas dupe… A cause de ça pendant 1 mois elle m’a interdit de dormir en semaine chez Akira. Mais par contre lui pouvait venir chez nous sans problème. Cela dit ce n’est pas pareil parce que mes parents eux sont presque toujours à la maison le soir. Ceux d’Akira en revanche sont un peu plus fêtards et sortent assez souvent si vous voyez où je veux en venir…

- Evidemment… De toute façon tu es prévenu. N’oublie pas d’appeler à l’occasion pour qu’on sache où tu en es quand même. Je te rappelle que tu dois être là à 14H demain

- Mais oui ne t’inquiète pas.

- Bon je vous laisse alors et ne vous couchez pas trop tard. Bisous chéri. Embrasse Akira pour moi tu veux.

- Ouais. Bye.

Je raccroche tandis qu’Akira se penche vers moi, attendant le verdict.

- Alors ?

Je souris et dépose un chaste baiser sur sa joue.

- Ma mère t’embrasse. Et c’est ok ! ça a été plus facile que je ne le pensais.

- C’est parce que tu dramatises toujours tout. Tu as vu ? Il ne pleut plus, il ajoute en regardant le ciel, la main tendue.

- Ouais…, je murmure vaguement sans me détourner de son visage.

Son expression, calme et souriante, son geste, la délicatesse de son mouvement qui lui donne cette apparente fragilité, les éclats de lumière qui se reflètent sur sa peau légèrement mate et la blondeur de ses cheveux. Même si je sais que c’est idiot parfois quand je le regarde il m’y fait vraiment penser… à un Ange. C’est dommage que je n’ai pas mon appareil photo sur moi… Et avec mon portable ça ne va rien rendre… Bon tant pis ce sera déjà mieux que rien.

- Alex ? Qu’est ce que tu fais ? me demande Akira au son du déclencheur.

- Je fige l’instant présent. Ce ne sera pas génial mais peut-être qu’en faisant un agrandissement je pourrais en tirer quelque chose. Ça fera un dessin super !

Je l’entends ricaner.

- Tu ne t’arrêtes jamais, hein.

- Jamais. Je n’y peux rien si tu es le modèle parfait.

Je l’attire contre moi, cherchant ses lèvres des miennes.

- Tu es beau tu sais, murmurai-je en nouant mes bras autour de son cou.

- Ah oui ?...

- Oui. Ma petite muse adorée.

Mon expression le fait sourire et il dépose un baiser sur mon nez.

- Je t’aime, chaton.

- Moi plus encore…


FIN CHAPITRE 1


La suite est en cours d’écriture ! Et si vous en avez envie vous pouvez me laissez une chtite review . En attendant , Merry Christmas and happy new year ! Bizzzz



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