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C'est une nouvelle que j'ai écrite en Décembre, inspirée par l'esprit de noel lol.
Bonne lecture!
Le père Fouettard (11/12/05)
« Il faut être gentil avec son papa et sa maman, et bien travailler à l’école, sinon le Père Noël ne viendra pas et les méchants enfants n’auront pas de cadeaux ! »
Depuis quelques semaines déjà les rues, les lieux publics, les magasins et les salons se décoraient de multiples lumières clignotantes, angelots rouges, or et argent, d’énormes boules colorées –qu’il ne fallait surtout pas toucher car elles étaient fragiles- et autres ornements divers et variés.
La ville semblait se vêtir à la manière d’une vieille dame préférant les coloris populaires afin de se faire remarquer un maximum.
La météo quant à elle, n’avait pas été informée de l’approche de Noël et s’obstinait à bleuir son ciel et à mordre les doigts sans daigner accorder ses précieux flocons blancs, refusant ainsi d’enrichir « l’esprit de Noël » de clichés supplémentaires.
Et les adultes, jouant à la perfection leur rôle de parents honnêtes avec leurs enfants, scandaient en chœur les commandements répétés inlassablement aux enfants dès leur plus jeune âge.
Rémi, lui s’interrogeait. C’était un enfant sage et il le savait. Et malgré cela, mystérieusement, chaque année, le père Noël semblait le bouder, et comme pour se moquer de lui, ne laissait jamais que des oranges sous le minuscule sapin artificiel, chaque année, toujours le même.
Son père lui avait expliqué que c’était normal : lui, étant petit, se réjouissait de ces succulentes oranges pulpeuses ! Pourtant Rémi ne constatait qu’une chose : le plus nul de la classe, Greg, avait découvert à Noël dernier une superbe Gameboy Advance violette, exactement comme il l’avait commandée. Rémi lui avait demandé l’adresse du père Noël, mais Greg avait donné sa lettre à sa mère pour qu’elle la poste. De plus Rémi n’avait décidément rien gagner à avoir poser la question car ses camarades s’étaient moqués jusqu’à la fin de la journée : qu’il avoue ce qu’il avait fait, comme craché dans le café de son père ou insulter le professeur ! Mais non, le garçon n’avait rien fait de tout ça. Il l’avait peut être penser très fort, mais jusqu’à des actes…Non.
-Peut-être que tu es le dernier sur sa liste, avait suggéré Lucie, comme ton nom commence par Z, et à chaque fois, il ne lui reste plus que des oranges ?
-Peut-être.
Mais c’était injuste ! Parce que son nom était ce qu’il était, il serait condamné ? Il avait pris sa décision. Le jour de Noël, il attendrait fermement son débiteur négligent et parlementerait. Avec l’aide de Lucie, il rédigea même une liste d’argument. La veille des vacances, Lucie l’embrassa sur la joue et lui souhaita bonne chance.
-Tu me raconteras, hein ?
-Promis.
Quelqu’un s’écria : « Oh les amoureux !» Le garçon s’empressa de partir, intérieurement flatté mais les joues rouges.
Les premiers jours de vacances furent longs, la veille de Noël, Rémi n’avait pas dormi de la nuit.
Comme chaque année, ils mangèrent avec son père une bûche Leader Price, et comme tous les ans, son père avala une bière d’une qualité un peu meilleure qu’à l’accoutumée, puis enchaîna sur une vodka. Les mots percèrent le silence.
-T’en veux ?
N’osant répondre, Rémi secoua la tête de gauche à droite. La fête ne dura pas très longtemps. Quand son père entamait sa cinquième bouteille, Rémi préférait gagner sa chambre.
Quant au bout d’un moment le silence fut parfait, le petit garçon descendit sur la pointe des pieds et se cacha sous la table, apeuré. Il n’avait pas osé allumer la lumière, et dans le salon, seuls résonnaient les tics tacs lugubres de l’horloge murale. Le temps passait et les membres de Rémi s’engourdissaient. Lucie lui avait bien dit qu’il était le dernier sur la liste, hein ? Il serra la liste sur sa petite liste d’argument, essayant de se les réciter intérieurement.
Soudain, des bruits de pas se firent entendre et au bout de quelques instants une silhouette apparut sur le pas de la porte. Elle tenait un paquet dans les bras. Rémi prit son courage à deux mains et rampa du dessous de la table et se redressa.
Alors à son halène écoeurante et à la démarche chancelante il reconnut son père. Mais celui-ci l’avait vu.
-Qu’est ce que tu fous là ? Sa voix était pâteuse, un peu surprise, mais surtout méprisante. Rémi fut incapable de prononcer une parole correcte, mais néanmoins bredouilla « Mais…le père Noël ? » Le père esquissa un rictus.
-Je ne te pensais pas si impatient de recevoir tes oranges.
Rémi eut envie de pleuré, soudain une intense désillusion l’avait envahit, froide et douloureuse comme si une allégorie du vide, gelée dans sa viscosité s’était infiltrée par son nez et sa bouche pour obstruer les voies respiratoires, et peut-être, l’étouffer.
Son père dut entrevoir la détresse de sont enfant, il la vit, mais son cœur paralysé par le temps et l’alcool ne se remit pas à battre pour lui. Cependant une partie de son cerveau paternelle prit conscience de leur misère, à lui et à son fils. Alors il prit une décision.
Cette nuit, comme toute les nuit, prit fin et laissa place au jour. Le matin, quand Rémi se réveilla et voulu aller aux toilettes, il ne put pas. Car son père se balançait au dessus de celles-ci, pendu par un câble de chargeur de téléphone portable. Comme ça, il ne serait plus un fardeau pour son fils. C’était beaucoup mieux ainsi.
Fin
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