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Auteur : Miyuse.
Genre : Shoujo-ai glauque et angst.
Disclaimer : Mwawa. À moi…
Rating : PG ?
Notes : Je peux m’estimer heureuse, j’avais prévu pire à la base.
Fanée
Un jour, elle s’approcha de moi et me demanda de la lâcher. Je ne compris pas le sens de ces paroles énigmatiques, je ne su pas immédiatement pourquoi. Je ne la connaissais pas et l’avait tout au plus entr’aperçue une fois, au détour d’un des couloirs de l’université.
C’est à peine si je me retrouvai étonnée par le fait qu’elle me tutoie. Non, ce qui me surpris le plus furent ses mots.
Je ne répondis rien, je ne remuai même pas les lèvres. Je me contentais de fixer ses yeux émeraudes partagés entre rage et désespoir.
« Relâche-moi, s’il te plait… »
Son ton était suppliant et sans appel.
« Si tu ne me lâches pas, je vais faner. »
Une semaine défila.
Je la passai à laisser traîner mon regard dans les couloirs, le parc et le secrétariat, cherchant à la revoir. Je ne connaissais ni son nom, ni son âge. Elle devait sans doute être étudiante, mais je n’en étais même pas certaine.
Son regard me hantait et je brûlais de demander à mes collègues s’ils ne connaissaient pas cette jeune fille si particulière. Je me retins ; j’aurais eu grand peine à la décrire. Hormis son regard.
Et ses mots.
Un soir, elle sonna à ma porte.
La découvrant, je m’effaçai pour lui laisser le passage. Elle entra et se laissa tomber sur un des fauteuils. Nous n’échangeâmes pas une parole. Un quart d’heure dut bien s’écouler sans qu’aucun mot ne fusse prononcé. Je l’ai ainsi longuement détaillée.
Outre la couleur de ses yeux, ses cils m’envoûtaient. Longs et recourbés, ceux-ci étaient de couleur rousse, semblables à ses cheveux. La chose me fascinait. Cela devait être sa couleur naturelle, ce qui me semblait curieuse car, hormis ce détail, elle avait plutôt le type asiatique. Petite et svelte, les cheveux raides et les yeux bridés. Étrange à y regarder, quand on voyait leur couleur.
Puis ; dépassant mon trouble, je lui proposai à boire. Elle secoua la tête et inspira.
« Je vous aime. »
Ce fut la troisième phrase qu’elle prononçait en ma présence et aussi le troisième choc que j’accusais depuis qu’elle était apparue devant moi.
Cette fois, elle ne m’avait pas tutoyée. Le vouvoiement était-il pompeusement de rigueur ?
Je soupirai, préparais mes phrases. Je devais lui répondre sans la blesser, choisir mes mots avec soins.
« Je ne sais même pas comment tu t’appelles… »
« Ann. Je vous aime. » Me répéta-t-elle, persuadée que cette phrase pouvait tout régler.
Elle leva vers moi ses yeux plein d’espoir, et se voilà.
« Si vous ne me lâchez pas, je vais faner. »
« Pourquoi dis-tu ça… ? »
« Relâchez-moi, s’il vous plait… »
J’essayai de suivre son raisonnement, son mode de pensée. Sans grand succès.
« Je ne te tiens même pas. »
« Non, vous m’avec enchaînée. Relâchez-moi. »
« De quoi parles-tu ? »
« Je vous aime. Je ne veux pas. Rendez-moi la clé… Laissez-moi ! »
Elle gémit. Et tout à coup, sa peau se flétrit. Elle sembla se figer d’horreur alors que des larmes perlaient, ravageant son visage. Un spasme la saisit et elle fut secouée de convulsions. Ses yeux s’agrandirent de peur, ils m’effrayèrent soudain.
Sa chevelure perdit ses couleurs. Ann se recroquevilla sur elle-même, sanglota. Elle me regardait et, désespérée, pointa le doigt vers moi.
« C’est de votre faute, de votre faute ! » Cria-t-elle.
Je courus vers elle, poussant mon dégoût de côté, et la prit dans mes bras, ignorant ses débattements.
« J’ai mal, j’ai mal… »
Son teint vira au gris. Ses mouvements se firent plus lents mais ses cris s’intensifièrent. Elle hurla.
« Mon cœur serre si fort ! »
Sa peau gâtée, putréfiée, me répugna. Je m’écartai et voulus crier, moi aussi.
« J’ai soif, si soif… »
Poussant un dernier râle, elle tenta de se lever. Pour finalement s’effondrer sur le sol.
Sèche et morte.
Fanée.
Fin.
Notes : Et j’en ai marre de faire du glauque ! Ann elle me fait peur ! TT auteur impressionnable Et puis, elle porte des lentilles de couleur. brr brr
Elle cumule…
(25 août 2005)