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Auteur : Miyuse.
Genre : Angst, point de vue, sérieux, futurement yaoi (si je continue un jour).
Disclaimer : Vous voyez mon pseudo ? Y a marqué Miyuse ? Ohohoh, c’est donc à moi ! Bref, pas touche, je suis très possessive et mord très fort quand on prend mes affaires ! ;D
Notes : Je vais finir par me dire que j’aime les plumes…
Je veux voler
Je veux voler.
Comme les oiseaux. Avec les ailes blanches et les douces plumes. Un peu comme les Anges aussi. Prendre mon envol tout en veillant sur les autres…
Maman dit que je suis fou. Les humains restent au sol, me répète-t-elle sans cesse. Mais ce n’est pas vrai, je le sais. J’en ai, des ailes, moi… Elles sont petites et douces et soyeuses et blanches et blanches et blanches… Si blanches qu’elles font mal aux yeux. J’ai encore du mal à les faire bouger ; c’est plus dur que de remuer les bras.
Je veux voler.
Mais je n’y arrive pas encore. Pourtant, je suis sûr qu’un jour, je partirai haut. J’irai retrouver Aelis au ciel. À la différence que moi je pourrai redescendre ; grâce à mes ailes. Mais lui restera dans ses nuages.
Papa ébouriffe mes cheveux lorsque je lui parle de mes ailes. Il a un petit sourire triste et il dit que c’est de sa faute si je me crois Ange. Et maman surenchérit en faisant remarquer que s’il n’avait pas pris l’habitude de me surnommer ainsi lorsque j’étais encore petit, je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui.
Quand Aelis était encore avec nous, il ajoutait toujours que si l’on me prenait pour un Ange, c’était à cause de mon physique. J’ai les cheveux blonds, presque blancs. Mes yeux sont si grands et si bleus qu’on pourrait aisément se noyer dedans. Je suis assez petit aussi, et très mince. Je garde encore mes traits enfantins malgré mes quinze ans. Aelis disait que je venais d’ailleurs. Qu’il voyait mes ailes et les trouvait rassurantes.
Mais Aelis est mort. Il s’est endormi un soir et n’a plus voulu se réveiller. Malgré mes cris. Alors, j’ai juré qu’un jour, un jour, j’irais lui montrer que je savais voler. Que je le retrouverais, où qu’il soit. Et je le ferai car je tiens toujours mes promesses. Enfin, j’essaye.
Papa est venu me trouver dans ma chambre, hier soir. Il m’a demandé si changer d’école me dérangerais. Je lui ai répondu que non. De toute façon, où que j’aille, personne ne me croit pour mes ailes. Tout le monde me prend pour un menteur. Mais je m’en fiche, je sais bien que je dis la vérité. Si les autres ne les voient pas, c’est parce qu’ils ne le veulent pas. À moins qu’ils ne soient jaloux… ?
Je ne sais pas… De toute façon, le savoir ne m’avancerait à rien. Ça ne me ramènerait pas Aelis, mon frère de deux ans mon aîné… Le seul qui me croyait et ne me jugeait pas fou.
Pourquoi… Pourquoi a-t-il fallu qu’il m’abandonne ? Est-ce que j’ai fait quelque chose qui lui a déplu ? Aelis, reviens… S’il te plait, reviens-moi… Je crie. J’ai mal au cœur.
Maman rentre dans ma chambre et me prend dans ses bras. Je me débats. Qu’elle me lâche et me rende Aelis ! Rendez-le-moi, rendez-le-moi ! Je hurle et les larmes ne tardent pas à venir.
Maman me serre de plus en plus fort. J’ai l’impression qu’elle veut m’étouffer. Mais elle ne le fera pas. Elle ne peut pas. Personne ne pourra me tuer avant que je n’aie appris à voler. Je ne veux pas.
- Lâche-moi, lâche-moi !
Mais elle résiste malgré mes coups. Elle me caresse les cheveux et me dit des mots rassurants.
- Là, là, c’est fini… Calme-toi…
Je laisse finalement retomber mes mains le long de mon corps. Je suis fatigué. Je me dégage doucement de ses bras pour lui montrer que ça va mieux et me recule jusqu’à me retrouver dos au mur.
- Tu veux que j’appelle papa pour qu’il te monte un verre d’eau ?
Je fais signe que non et, alors qu’elle se dirige vers la porte faisant mine de quitter la pièce, je lève la main pour lui montrer que j’ai encore besoin d’elle.
- Elle sera comment, ma nouvelle école… ?
Maman tourne lentement la tête vers moi. Je vois à ses yeux qu’elle est partagée. Je me demande bien pourquoi.
- C’est un très bel endroit, me répond-elle en souriant.
Je sais bien qu’elle ment. Elle ne sait rien cacher aux autres. Ça se repère tout de suite quand elle se risque à le faire. Elle joue avec ses mains, baisse les yeux et son sourcil droit se fronce un peu trop fort. Enfin, je ne relève pas. Je m’en fiche après tout.
- Et c’est où ? Tu as des photos ? lui demandé-je d’une petite voix.
- C’est assez loin… Mais tu t’y plairas, j’en suis sûre !
- Comment ça « assez loin » ?
- Hé bien, c’est en internat.
J’écarquille les yeux et me laisse aller à rire. Internat… Interné, c’est ça… ? Alors elle me pense vraiment fou ? Mais elles sont là, mes ailes. Il suffit d’ouvrir les yeux…
- Merci maman, ça me fait plaisir. Et la blouse blanche, où est-elle ?
- Non, ce n’est pas ce que tu crois ! Ce n’est ni une clinique, ni un asile, je t’assure ! C’est une école suivant un programme adapté à chaque élève, avec un suivi psychologique impressionnant… Le cadre est très joli ; ça se passe dans un château – quelque peu à l’écart, certes – mais le décor est impressionnant…
J’ai une boule dans la gorge et des difficultés pour respirer. Je ne veux pas aller là-bas, ça me fait peur…
- Si j’y vais, je serai toujours seul ?
Je ramène mes jambes contre mon torse et les enserre de mes bras. Maman scrute mon visage ; elle est inquiète. Elle a raison de l’être.
- Mais… Mais non, voyons ! Tu sais, si ça se trouve, tu te feras plein d’amis, là-bas ! Une des choses dont je suis sûre, c’est qu’on ne te laissera jamais seul. Et puis, tu rencontreras peut-être quelqu’un qui a des ailes. Qui sait… ?
Je relève la tête, intéressé. Si elle avait raison… Ce serait merveilleux… J’aimerais tant y croire. Peut-être qu’en fait, on pourrait même m’apprendre à voler ? Je fais remuer mes ailes pour bien me prouver qu’elles sont là. La droite ne bouge pas beaucoup. « Aile boiteuse » disait Aelis. Il avait sans doute raison.
-Écoute, réfléchis-y. Nous ne te forcerons pas à y aller, papa et moi, mais donne-nous une réponse demain. La rentrée approche…
Maman sort de ma chambre sans un bruit.
Elle n’a pas encore fermé la porte que je connais déjà ma réponse.
Fin ?