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Author: Luinil Azuretoile
Fiction Rated: T - French - Adventure/General - Reviews: 4 - Published: 01-20-06 - Updated: 12-10-06 - id:2094429

Auteur : Luinil Azurétoile

Genre : ben, heu… school fic, peut-être. Pis un rien S.F, aussi. Et pas mal d’action en vue.

Avertissement : C’est une fic perso, donc tous ses protagonistes sont ma propriété. ( A moi ! D ). J’ai rien contre le fait de les prêter, si ça intéresse des gens. Il faut juste me demander avant, et bien préciser ensuite d’où ils viennent. La routine habituelle quoi.

Résumé : Kathleen n'a rien d'exceptionnel. C'est une adolescente tout ce qu'il y a de plus normale. Oui, mais seulement depuis un an. Avant, c'est le trou noir. Toute sa vie a été effacée par une balle de pistolet. Cela n'empêche pas la célèbre école de la Turok de s'intéresser à elle. Qui sait... peut-être que sa mémoire est enfermée quelque part là-bas...?

Note : Bon allez, je me réveille un peu. ; Merci au revieweurs pour leur patience.

Battle School

2

Kathleen descendit du gravicar d’un pas tranquille. Les cris et les jacassements des nouveaux arrivants l’environnaient. Elle ne s’en préoccupait pas, se tenant à l’écart des petits groupes qui se formaient déjà. Elle récupéra son sac que le chauffeur avait jeté hors de la soute. Elle ajusta son sac à dos sur ses épaules et passa la bandoulière du grand sac contenant le reste de ses affaires. Puis, elle se dirigea vers les bâtiments de la Turok. Elle marqua un temps d’arrêt devant l’imposant portail de pierre, prenant le temps de lever la tête et d’admirer les entrelacs sculptés, avant de reprendre sa route.

L’école était située sur une colline et dominait les alentours. De part et d’autre du portail que venait de passer Kathleen, courait un mur qui délimitait un parc s’étendant à perte de vue. La jeune fille remontait lentement l’allée, les yeux fixés sur l’immense bâtiment principal. Alors que les autres aspirants se précipitaient en masse à l’intérieur, elle laissa son regard courir sur la façade. Les larges fenêtres étaient soigneusement alignées. Comme des soldats. Elles étaient, de plus, surmontées d’une arcade de pierre, comme l’entrée principale. Kathleen se retourna et contempla le parc. Elle n’en distinguait pas la fin.

Combien mesurait-il ? Une centaine d’hectares ? Peut-être plus ?

L’esprit de la jeune fille se vida soudainement, et elle resta là, immobile, les yeux perdus vers l’horizon. Aucune pensée ne venait la troubler. Et elle se sentait tout à coup étrangement sereine.

— Hé les gars ! Visez-moi un peu celle-là ! Plutôt jolie la souris !

— Hé toi là-bas ! Qu’est-ce que tu fais à rester plantée là !

Kathleen sursauta et, se plaçant inconsciemment dans une position défensive, regarda autour d’elle. Un groupe de garçons d’une vingtaine d’années s’avançait. Leurs sourires ne semblaient pas très amicaux. Un mélange de mépris et de moquerie. Kathleen jugea qu’elle ferait mieux de battre en retraite. Le blouson de cuir arborant l’insigne de l’école lui indiquait qu’elle avait affaire des élèves plus expérimentés qu’elle.

Elle pivota sur elle-même et tenta de gagner l’intérieur.

Un jeune homme sortit de l’ombre de l’arcade et lui barra la route en souriant, les mains dans les poches.

— Hé là ! murmura t-il. Pas si vite.

Kathleen recula de quelques pas, l’estomac noué. Les autres l’encerclaient. Avec des regards d’animal pris au piège, elle tenta désespérément de trouver une échappatoire. L’attitude menaçante de ces types ne lui disait rien qui vaille. Et ses sacs qui la gênaient...

Kathleen se dit qu’elle n’avait rien à perdre. Prenant son courage à deux mains, elle se tourna vers le garçon qui l’empêchait d’entrer et dit d’une voix la plus calme possible :

— Laisse-moi passer.

L’autre échappa un rire moqueur.

— Pourquoi ? Tu as peur de nous...? Bouh !!! cria t-il soudainement en se penchant vers elle.

Surprise, Kathleen fit un bond en arrière avec un cri étouffé. Ils éclatèrent de rire.

— Vous avez vu ses cheveux ? lança l’un d’eux. Cette mèche blanche est vraiment ridicule !

Kathleen déglutit avec difficulté. Soudain, ses deux sacs lui furent arrachés et se retrouva dans les bras d’un de ses agresseurs. Elle resta immobile une fraction de seconde, le cœur battant, les yeux agrandis par la peur. Le jeune homme en profita pour écraser ses lèvres contre les siennes. La jeune fille gémit et tenta de se débattre, mais l’autre la maintenait étroitement bloquée. Dans un ultime réflexe, elle lui donna un violent coup de genou à l’entrejambe. Le garçon s’effondra avec un grognement.

— Oh la fille de pute ! ahana t-il.

— Attrapez-la !

Avant d’avoir put faire quoi que ce soit, Kathleen se sentit immobilisée par une personne derrière elle. En face d’elle, le jeune homme qu’elle venait de frapper se remettait péniblement debout, aidé par deux de ses compagnons.

— Tu vas me payer ça, dit-il d’un air mauvais.

Il lui décocha un direct dans l’estomac. Kathleen tomba à genoux, la respiration coupée, tentant vainement de reprendre son souffle. La douleur s’insinuait dans chaque recoin de son cerveau. On l’avait lâchée, mais elle se trouvait incapable de faire le moindre mouvement. La dernière chose dont elle eut conscience fut la vision d’un genou arrivant à toute allure vers son visage...

Le coup allait atteindre son but lorsqu’il se trouva bloqué. Etonné, le garçon regarda la jeune fille à la mèche de cheveux blanche. Elle avait immobilisé son genou à quelques millimètres de son visage. Ses traits étaient étrangement inexpressifs. Elle avait une main posée sur l’intérieur de sa cuisse, l’autre maintenait sa rotule. La rapidité de sa réaction avait été foudroyante. Kathleen serra tout à coup les mâchoires, bandant ses muscles. Elle frappa une unique fois. Il y eut un sinistre craquement. Son agresseur s’effondra en hurlant de souffrance.

Kathleen se releva avec lenteur, les yeux fixés droit devant elle, alors que le garçon à ses pieds ne cessait de geindre.

— Oh merde... souffla un de ceux qui l’entouraient. Elle lui a brisé le fémur...

— On va quand même pas s’en laisser compter par une gamine qui vient juste d’arriver !

L’auteur de cette phrase, joignant le geste à la parole, se jeta sur Kathleen.

Ils distinguèrent à peine les mouvements de la jeune fille. Il y eut un second craquement et un second hurlement. Elle venait de se débarrasser de son second assaillant.

— Qu’est-ce que c’est que ce tout ce boucan ! tonna une voix de stentor.

Kathleen tressaillit. Haletante, elle regarda autour d’elle. Ses agresseurs se tenaient à une distance respectueuse. Des gémissements retinrent son attention. Interdite, elle considéra le garçon qui l’avait embrassée et l’un de ses compagnons. Tous deux à terre, les traits tordus par la douleur. Elle recula de quelques pas et butta contre quelqu’un. Elle fit volte-face, trébucha, et se retrouva brutalement assise sur le sol.

Elle leva sur le sexagénaire devant elle, un regard suppliant. Celui-ci lui tendit la main et l’aida à se relever.

— Qui êtes-vous ?

— Kathleen Olsen. Je viens d’arriver... dit-elle d’une voix penaude.

L’homme leva un sourcil.

— Vous n’êtes pas encore allée vous inscrire ?

— Je n’ai pas eut le temps. Je... j’étais restée un peu pour admirer la vue...

— Je vois... Rentrez en vitesse et inscrivez-vous.

— Oui, monsieur, dit-elle précipitamment.

Kathleen récupéra ses sacs en hâte et s’engouffra à l’intérieur. Elle suivit les flèches jusqu’à la salle d’inscription. Une vingtaine de personnes attendait encore. Elle se glissa dans la file et attendit sagement son tour. Elle était préoccupée par ce qui venait de se passer. Apparemment, elle avait de nouveau utilisé ses capacités de combattante, comme contre les voyous de l’autre fois. Mais elle n’en avait toujours pas eu conscience !

Cela allait être son tour lorsque l’homme de tout à l’heure entra dans la pièce. Il s’approcha à grands pas et parla à voix basse avec l’homme chargé de relever le nom de chaque nouvel élève et qui devait leur donner leurs assignations. Ce dernier considéra son interlocuteur avec surprise puis il dévisagea Kathleen avec suspicion.

— Bien Maître Ramius, l’entendit-elle répondre.

Le sexagénaire sortit, sans un regard pour Kathleen. L’arrêt du bourdonnement de l’imprimante tira la jeune fille de sa rêverie.

— Voilà, dit le secrétaire en lui tendant une liasse de feuilles. Vous avez le règlement et le plan de l’école, le numéro de votre chambre, celui de votre classe, votre emploi du temps ainsi que la carte pour votre Slider. Vous avez une heure pour vous installer, avant de rejoindre votre professeur principal. Dépêchez-vous !

— Oui, monsieur, s’empressa de répondre Kathleen.

Elle allait se lever lorsqu’il la retint.

— Une dernière chose... Vous avez marqué sur votre fiche d’inscription, signes distinctifs : tatouage sur l’épaule gauche, et mèche de cheveux blanche. Passe encore pour le tatouage, mais cette histoire de cheveux... Si c’est une teinture, cela n’a rien d’un signe distinctif.

— C’est pas tout à fait ça, commença Kathleen. J’ai été blessée à la tête, à cet endroit. Mes cheveux ont repoussé complètement blancs.

— Je vois... Dans ce cas, vous avez bien fait. Allez-y, maintenant.

La jeune fille ne se fit pas prier et sortit rapidement. Etudiant son plan, elle constata avec joie que sa chambre se trouvait dans un bâtiment proche de celui dans lequel elle se trouvait. Elle l’atteignit après plusieurs minutes de marche. Elle prit l’ascenseur, traversa le couloir, ouvrit la porte de la chambre et laissa tomber ses sacs sur le sol avec un soupir de soulagement.

— Salut, fit une voix. Tu dois être Kathleen Olsen.

Kathleen sursauta et se rendit compte que deux filles de son âge se trouvaient déjà là.

— Heu... Oui... C’est moi... Comment connais-tu mon nom ?

— Tu n’as pas vu sur ta feuille ? Ils te donnent le nom de tes compagnes de chambre. Je suis Crystal Hobson, et voici Nadia Yakovleva. Par élimination, tu ne pouvais être que Kathleen. A moins que tu ne te sois trompée de chambre.

— Evidement, bredouilla Kathleen.

— Ne sois pas si timide, rit Nadia, dont la voix était teintée d’un léger accent russe. Nous n’allons pas te manger.

— Comme tu es la dernière arrivée, il ne reste que le lit près de la porte. Cela ne te gêne pas au moins ?

— Non, non. Pas le moins du monde.

Kathleen se laissa choir sur le matelas, après avoir poussé la pile de documents qui s’y trouvait, un peu dépassée par tout ce qui arrivait.

— D’après le papier, on est toutes les trois dans la même classe, fit Crystal. Par contre, ils ne précisent pas quels type d’enseignement guerrier on a choisi. Moi, je pratique les arts martiaux, et vous ?

— Je suis dans la section de tir. Et toi Kathleen ?

— Les arts martiaux aussi.

— Super ! Comme ça, on ne sera ensemble, toutes les deux ! Je dois vous avouer que je n’étais pas rassuré à l’idée de me retrouver toute seule.

Kathleen sourit. L’exubérance de Crystal et le caractère tranquille de Nadia la rassurait. Ses deux nouvelles amies l’aidèrent à s’installer, puisqu’elle était arrivée bien après elles. Puis les trois adolescentes tâchèrent de faire plus ample connaissance.

— Qu’est-ce que tu aimes, Kathleen ?

La question de Crystal embarrassa Kathleen.

— A vrai dire... Je n’en ai pas la moindre idée...

— Pourquoi ? T’es une sorte d’extraterrestre ? rit Crystal.

— Non. Amnésique.

Le rire de la jeune fille cessa aussitôt.

— Oh ! Désolée.

Kathleen eut un geste de dénégation.

— Tu pouvais pas savoir. Et puis, si j’ai des réactions bizarres, il ne faudra pas vous étonner.

— Tu ne te souviens vraiment de rien ? demanda Nadia.

— Non. Je ne sais pas qui je suis, d’où je viens, ni quoi que se soit d’autre depuis ma blessure, l’année dernière.

— Ça doit pas être facile, fit Crystal.

— Pas très, avoua Kathleen. Tout me paraît à la fois complètement inconnu et très familier. Je n’ai aucun point de repère.

— Oh, la vache, souffla Crystal en roulant des yeux.

Un profond silence s’installa soudain.

— Mais alors... fit doucement Nadia. Kathleen Olsen. C’est pas ton vrai nom.

Kathleen secoua la tête.

— C’est celui que mes parents adoptifs. Ce sont également eux qui m’ont baptisé Kathleen.

— Et... c’est arrivé comment ?

— Blessure à la tête par balle. On ne sait pas d’où ça vient. Aucune fusillade ou autre chose de ce genre n’avait eu lieu avant qu’ils ne me trouvent. Officiellement, en tout cas. Le seul signe qu’il m’en reste, c’est ces cheveux immaculés.

— C’est plutôt élégant, en plus, jugea Crystal. T’aurais pu avoir des séquelles moins agréables.

Nadia la foudroya du regard.

— Désolée, Kat. Ma langue va souvent plus vite que mon cerveau.

— T’inquiètes pas pour ça. J’ai eut droit récemment, à des réflexions beaucoup moins agréables à entendre.

Nadia jeta un rapide coup d’œil à sa montre.

— Faudrait y aller. D’après les horaires qu’ils nous ont donnés, il faut cinq minutes à un Slider pour atteindre le bâtiment où nous attend notre professeur principal.

— C’est quoi un Slider, demanda timidement Kathleen.

— Le moyen de transport du bahut. C’est expliqué sur le livre qui était sur ton lit. Il contient un historique de l’école, son fonctionnement, la description de chaque bâtiment et de chaque caste, comme ils disent. Ainsi que l’original du plan qu’ils nous ont donné en arrivant. Je viens juste de l’attaquer, pour savoir aussi ce que c’était ces fameux Sliders.

« La Turok couvre à peu près la superficie d’une ville de 400 000 habitants, expliqua Nadia. Les Sliders sont des transporteurs électromagnétiques robotisés. Leurs lignes sont souterraines et relient tous les bâtiments entre eux. Chaque élève en a un qui lui est assigné. D’ailleurs, il faut que nous ayons toujours sur nous la carte magnétique qui l’appelle.

— Pffiou ! soupira Crystal. Ça fait beaucoup de choses à retenir en une seule journée.

— Attend Crys. C’est pas fini. Il y a encore tous les profs, en particulier notre futur prof des arts guerriers.

— Quand je pense qu’on en a prit pour dix ans ! s’écria Crystal avec accablement.

Kathleen et Nadia ne purent s’empêcher de rire.

— Trèves de bavardages ! Allons-y ! Vous imaginez la catastrophe si on est en retard dès le premier jour ? lança Nadia.

— On préfère pas ! répliquèrent les deux autres d’une même voix.

Attrapant leurs vestes, leurs cartes pour les Sliders et celles qui commandaient l’ouverture de la chambre, elles se ruèrent dehors.

Une fois dans l’ascenseur, Crystal décida :

— Dès qu’ils nous laissent sortir en ville, je file m’acheter un nouveau portefeuille. Le mien ne sera jamais assez grand, s’ils continuent à nous donner des cartes en pagaille.

— Et bien... Il reste encore la carte pour le self, celle pour la bibliothèque, et celle qui te désigne comme étant une élève de la Turok. Sans compter les carte d’identité et de crédit qu’il vaut mieux toujours avoir avec soi.

— A l’aide, c’est l’invasion ! s’écria Crystal sur un ton faussement désespéré, déclenchant l’hilarité de ses deux amies. Sans rire, Nadia, tu es une véritable mine d’info. Les ordinateurs n’ont qu’à bien se tenir.

La jolie russe haussa les épaules d’un air évasif.

— Disons plutôt que j’aime bien savoir à quoi m’en tenir lorsque je débarque quelque part. Ça fait des mois que je me renseigne sur la Turok. J’estime être incollable, maintenant.

— Incollable, hein ? Crystal réfléchit un instant. Quelle est la longueur totale de la tuyauterie de l’école ?

Nadia la dévisagea, prise au dépourvu. Puis, elle sourit.

— Un point pour toi. Bon ! Mettons que je suis pratiquement incollable.

Crystal pouffa, tout comme Kathleen.

La porte de l’ascenseur s’ouvrit sur les sous-sols. Les trois jeunes filles arrivèrent dans un immense couloir. Sur les deux murs, se trouvaient, à intervalles réguliers, des ouvertures rondes. Deux ou trois personnes attendaient devant chacune de celles sur la paroi gauche.

— Super ! Il y a déjà la queue ! grogna Crystal.

— Surtout que ça prend plus de temps de normalement. Le temps d’initialiser chaque Slider.

— Notre Slider restera le même durant tout le temps où on sera là ? demanda Kathleen.

— Apparemment, oui. C’est bien. Comme ça, on va pouvoir les personnaliser.

— Je vous propose de nous répartir. On se retrouve là-bas ?

— Sans problème.

Kathleen trotta jusqu’au bout du couloir. Elle trouva une porte où il n’y avait qu’une personne qui patientait. Elle ne s’était pas plus tôt mise derrière elle, que la porte s’ouvrait, pour laisser le passage au garçon devant elle.

C’était ce qui s’appelait avoir un coup de chance.

Quelques minutes plus tard, ce fut son tour. Elle pénétra à l’intérieur d’un minuscule sas, et la porte se referma derrière elle. Les parois d’acier étaient de couleur jaune orangé, et les deux portes de la pièce, d’un orange tirant sur le rouge. Une fente dans le mur attira l’attention de la jeune fille. Elle compris sans mal qu’elle devait y glisser sa carte.

Il y eut un léger bourdonnement, puis sa carte réapparue. Kathleen la prit, et la seconde porte s’ouvrit devant elle. Elle aperçut de l’autre côté, une sphère orange clair qui patientait. Une large bande blanche courrait sur la ligne médiane de l’engin. Il y eut un léger sifflement et un pan de la carrosserie se détacha et se replia au-dessus de la sphère, dévoilant une ouverture. Kathleen vit un confortable fauteuil qui l’attendait. Elle s’installa à l’intérieur avec une légère méfiance. Avec le même sifflement, la portière se referma, faisant sursauter Kathleen.

— Veuillez introduire votre carte S, fit une voix métallique venant des haut-parleurs du tableau de bord.

Kathleen obéit et mit la carte dans la fente qui clignotait devant elle.

— Veuillez introduire votre carte d’identité.

Un mince tiroir apparut sur sa gauche, et elle y déposa le carte demandée.

— Veuillez décliner votre identité.

— Je m’appelle Kathleen Olsen.

Il y eut un léger bourdonnement venant du tableau de bord.

— Reconnaissance vocale enregistrée. Bienvenue, Kathleen Olsen. Je suis le Slider 12X4330. Tu peux récupérer ta carte d’identité.

Le tiroir s’ouvrit et Kathleen récupéra son bien et le rangea.

— Quelle est ta destination ?

— Euh... Bâtiment 273C.

Elle ressentit une légère secousse alors que l’engin démarrait, puis elle le sentit prendre graduellement de la vitesse.

— Arrivée prévue dans cinq minutes, estima la voix métallique du Slider.

Kathleen s’agita un peu dans son fauteuil, regardant autour d’elle. Le tableau de bord était large d’une trentaine de centimètres et occupait toute la largeur de la cabine, ronde comme le Slider. L’intérieur était du même orange que l’extérieur, et Kathleen décida qu’elle aimait bien cette couleur chaude.

— La première porte que j’ai empruntée a du déterminer la couleur de mon Slider, se dit-elle à voix basse.

— Affirmatif.

Kathleen sursauta en entendant la voix robotisée.

— Tu comprends ce que je dis ?

— Mon IA est très développée. Veux-tu plus de renseignements sur moi ?

— Et bien... J’aimerai bien savoir ce que tu es capable de faire.

— Je peux te transporter n’importe où à l’intérieur de la Turok. Tu peux m’appeler à partir d’une des cybergares. La cabine offre de nombreuses options. Je peux plus reculer ton fauteuil, si tu le souhaites, mais ce sera au détriment du coffre.

— Ah bon ! Il y a un coffre ?

La plage arrière, large de cinquante centimètres se scinda en son milieu, et les deux parties se replièrent sur le côté, dévoilant le coffre.

— Pratique pour y mettre ses affaires, estima Kathleen. Quoi d’autre sinon ?

— Je dispose également d’une radio, et d’un téléviseur pour les trajets les plus longs.

— Génial ! Où sont-ils ?

De part et d’autre du fauteuil de Kathleen, deux portes coulissèrent, révélant deux enceintes, et un petit écran apparut sur le tableau de bord.

— Tu peux également sélectionner une voix différente de celle-ci, et me donner un nom, acheva le Slider en remettant tout en place.

— Celle-ci convient très bien pour l’instant, quant au nom, on verra plus tard. Peux-tu reculer mon fauteuil de dix centimètres, s’il te plaît ?

Le Slider obéit aussitôt, et Kathleen put étendre complètement ses jambes sous le tableau de bord. Son attention se porta ensuite plus précisément sur le fauteuil spacieux dans lequel elle se trouvait. Rouge, fait d’une matière douce et confortable, il était incrusté dans une sorte de bloc, aussi haut que le dossier, et qui occupait environ la moitié de la cabine. Le dessus du bloc était constitué par la plage arrière. Ce bloc, tout comme le tableau de bord étaient d’un orange clair mais lumineux.

Avec un soupir d’aise, Kathleen s’enfonça un peu plus dans son fauteuil, et c’est avec une pointe de déception qu’elle entendit le Slider annoncer :

— Arrivée dans vingt secondes.

Le véhicule s’arrêta, et s’ouvrit. Kathleen s’en extirpa avec souplesse, sans oublier son sac à dos. Elle passa de nouveau dans un sas, puis dans la Cybergare, et constata que Crystal et Nadia n’étaient pas encore arrivées. Elle s’adossa à la paroi, de sorte à pouvoir voir tous ceux qui débarquaient. Nadia fut la première à la rejoindre, puis arriva Crystal.

— C’est un vrai palace cet endroit ! s’exclama t-elle aussitôt.

— Etrange, d’ailleurs, remarqua Kathleen. Si on forme des soldats, pourquoi autant de confort ? Je veux dire... Ça me parait inutile.

— Vrai. Autrefois, tout le monde devait passer quelques temps dans l’armée. On appelait ça le service militaire. La Turok forme ce qu’on pourrait appeler des soldats, c’est vrai, mais nous n’allons pas seulement apprendre à nous battre. Ils vont également nous former en tant que diplomates. Et puis, vous savez que les guerres sont rares à présent. Les différents entre les pays se règlent dans des combats amicaux entre les Prime Fighters et les Marksmen.

— C’est qui ça ?

— L’élite de chaque école de combat en arts martiaux et en tir. Les castes inférieures servent en tout dernier recourt, ou pendant les Battle Schools.

— Ah ! Oui ! les combats inter-écoles. C’est très médiatisé. J’adore ça ! Et puis, la majorité des combattants sont ce qu’on peut appeler des beaux mecs...

— Crystal ! rit Nadia. Il n’y a pas que ça qui compte. Les multiples techniques qu’ils utilisent sont fascinantes.

— A quoi servent ces... Battle Schools ? demanda timidement Kathleen.

— Tu ne... Ah oui, c’est vrai ! se reprit Nadia à temps. Une fois tous les deux ans, toutes les écoles comme la Turok se rencontrent et s’affrontent.

— Pour quoi faire ?

— Déterminer qui est la meilleure, bien sûr.

— Et puis, c’est une bonne excuse pour faire la fête. Sans parler du spectacle ! ajouta Crystal.

— Tu verras Kat. La prochaine est prévue pour dans moins d’un an. Avec du bol, on risque d’y participer en tant que candidats.

— Les affrontements les plus spectaculaires et les plus appréciés sont ceux des Marksmen et des Prime Fighters. Normal, ce sont les meilleurs.

Tout en parlant, elles atteignirent la salle où les attendait leur professeur principal. Imitant ceux qui se trouvaient déjà là, elles se choisirent un bureau et se tinrent debout à côté de lui, très droites, attendant un signe de l’homme à l’air sévère qui les toisaient, debout sur l’estrade.

— Asseyez-vous ! ordonna t-il au bout d’un moment à la trentaine d’élèves présents.

Ceux-ci obéirent dans un parfait ensemble.

— Je vais vous appeler un par un, et vous lèverez à la mention de votre nom. Vous aurez à répondre à quelques questions si besoin est.

Les adolescents observèrent un silence poli et attentif. La plus forte majorité d’entre eux étaient des garçons. Les filles étaient à peine une dizaine.

Leur professeur égrena les noms un à un. Kathleen attendait son tour avec appréhension. Elle aurait sûrement à expliquer le mot amnésique sous la rubrique particularités. Elle était mal à l’aise, rien qu’à l’idée d’y penser.

— Olsen Kathleen.

La jeune fille se leva, et soutint le regard scrutateur de son professeur. A sa grande surprise, il ne lui posa aucune question, et lui fit signe de se rasseoir.

Elle fut la seule à laquelle il ne demanda rien.

Une fois l’appel fini, il commença à parler rapidement du fonctionnement de la Turok, puis il éclaircit quelques points du règlement, et distribua les ordinateurs portables et les différents mini-disques pour les cours, les cartes pour le self, et celles qui prouvaient leur appartenance à l’école.

— Vous commencerez l’entraînement dès cet après-midi. Et le reste de votre emploi du temps entrera en vigueur à partir de lundi. Sur ce, bon appétit, jeunes gens.

Les adolescents rangèrent leurs affaires et sortirent.

— Kathleen ! Tu peux rester un instant s’il te plaît ?

La jeune fille obéit, un peu inquiète. Son professeur avait son dossier dans les mains. Elle n’avait pas remarqué qu’il l’avait mit de côté.

— Assied toi, veux-tu.

Kathleen s’exécuta. Du coin de l’œil, elle aperçut Crystal et Nadia qui regardaient, avec curiosité, sur le pas de la porte.

— J’ai préféré ne pas te poser de questions sûrement embarrassantes, devant les autres... Alors comme ça, tu es amnésique ? Comment cela se fait ?

— J’ai été blessée à la tête, par une balle de 9mm. La partie de mon cerveau contenant ma mémoire personnelle a été endommagée. Les médecins disent, par contre, que ma mémoire générale est intacte. Ils disent également que j’ai une chance de retrouver la mémoire... mais ce n’est pas certain... acheva t-elle d’une faible voix.

Son professeur l’observa un instant.

— Ça ne va pas être facile pour toi, ici. Les anciens, les Prime Fighters en particulier, ont tendance à mener la vie dure aux nouveaux. Pour quelqu’un qui ne souvient pas de son passé, cela risque d’être très, très difficile...

— Maintenant que je suis là, j’espère bien y rester, fit Kathleen avec un timide sourire, et en haussant les épaules.

Elle se leva, devinant que l’entretien était fini.

— Oh ! Encore une chose. J’ai appris ce qui s’est passé tout à l’heure. Ton exploit t’a attiré l’intérêt du meilleur professeur de combat de l’école, mais il se pourrait aussi qu’il t’ait attiré l’hostilité des Prime Fighters. Sois prudente.

Kathleen hocha la tête, rendue inquiète par cette mise en garde.

A suivre

Une petite review, ça serait pas de refus. ;)



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