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Author: Luinil Azuretoile
Fiction Rated: M - French - Adventure/Sci-Fi - Reviews: 6 - Published: 01-20-06 - Updated: 01-03-08 - id:2094436

Auteur : Luinil Azurétoile

Genre : cyberpunk, S.F

Avertissement : C’est une fic perso, donc tous ses protagonistes sont ma propriété. ( A moi ! lol ). J’ai rien contre le fait de les prêter, si ça intéresse des gens. Il faut juste me demander avant, et bien préciser ensuite d’où ils viennent. La routine habituelle quoi.

Résumé : Nom de code : Panthère. Profession : Chasseur de primes. Et l'une des meilleurs sur le circuit par dessus le marché. Jusqu'au jour où tout bascule pour la secrète Tamara. Et la voilà, évoluant sur le fil du rasoir, entre légalité et ombre, flanquée des trois plus grands "marginaux" de la Mégalopole. Leur but ? Mener à bien leur mission... et garder leur tête sur leurs épaules, bien sûr !

Death Hunter

7

Avec un soupir, Dodger mis les clés dans la serrure. Il ouvrit la porte avec un grincement. Il ne s’inquiétait pas de réveiller Ivan. Le russe ouvrirait un œil puis se rendormirait aussi sec, peut-être après avoir posé une question pour la forme. Question où il n’attendrait aucune réponse, d’ailleurs.

Le hacker referma la porte derrière lui, et s’immobilisa. Il planait dans l’appartement une odeur aisément reconnaissable, qui se mêlait à celle de la sueur humaine. La ventilation ici était vraiment pourrie, et c’était pas nouveau.

Le jeune homme se dirigea aussitôt dans la pièce minuscule appelée pompeusement chambre.

— Putain Ivan, tu fais chier ! dit-il rageusement, en entrant. On avait dit pas de pute ici ! T’es vraim…

Ces récriminations moururent dans sa gorge, lorsqu’il croisa le regard ambré de Panthère. Celle-ci était assise, lui souriant d’un air amusé et cachant négligemment sa nudité derrière un pan de drap. A ses côtés dormait Ivan, qui ne s’était même pas réveillé et qui ronflait bruyamment.

— Ça alors, tu es humain finalement, railla t-elle gentiment, ça t’arrive quand même d’être en colère.

— Je… Je suis désolé, bégaya t-il, rouge de confusion, je savais pas que c’était toi…

Panthère eut un rire doux.

— Et maintenant, te voilà embarrassé. Et bien, je n’aurais manqué ça pour rien au monde !

— Encore désolé, souffla Dodger en quittant aussitôt la pièce.

La jeune femme rit de nouveau, un peu plus fort. Elle se leva, et ne trouva rien de mieux à se mettre que la chemise d’Ivan : Sa combinaison de combat moulante en synthécuir allait être bien trop agaçante à enfiler.

Elle passa dans la pièce d’à côté. Dodger était en train de se brancher à son terminal. Il lui jeta un coup d’œil coupable, mais resta silencieux. Panthère se contenta de sourire. La réaction du hacker l’avait surprise mais surtout beaucoup amusée. Le genre de gars qu’elle avait l’habitude de fréquenter aurait éclaté de rire devant la scène, et en aurait sûrement profité pour la peloter ( enfin ils auraient essayé, et il n’était pas sûr qu’elle se serait laissée faire ), mais jamais au grand jamais ils ne se seraient sentis coupables ! C’était la première fois qu’elle voyait un mec piquer un fard aussi rapidement !

Direction cuisine, frigo. Elle se prit une bière, revint dans l’autre pièce. Le staccato léger du clavier s’y élevait, régulièrement couvert par le ronflement d’Ivan, venant de la chambre. La jeune femme alla ouvrir l’unique fenêtre de l’appartement. Une bouffée d’air plus frais ( mais pas forcément moins nauséabond ) lui sauta au visage. Panthère s’assit sur le rebord, et contempla la ruelle faiblement éclairée en contre-bas. Seul un chien errant s’y trouvait, fouillant les poubelles à la recherche d’un maigre repas. Rien de bien passionnant. Elle avait presque envie de prendre ses cliques et ses claques et partir en une chasse nocturne improvisée. Presque… En fait, elle ne savait pas trop quoi faire. Le fait d’être entrée dans cette histoire de traque de Yakuzas avait changé beaucoup plus de choses qu’elle ne l’aurait cru. Non… En fait, c’était la mort d’Ellis qui avait tout changé… Elle avait vraiment, mais vraiment pété les plombs ce jour là. Une parfaite sonnette d’alarme pour lui dire de prendre ses distances… Mais l’avait-elle réellement fait ? Bordel ! Il fallait sérieusement qu’elle arrête de se prendre la tête avec ça ! Ça commençait franchement à tourner à l’obsession ! Elle DEVAIT penser à autre chose !

— Je croyais que tu passais la nuit chez toi, dit-elle à l’adresse de Dodger.

Elle savait qu’une petite partie de l’esprit du hacker, gardait un contact ténu avec la réalité. Juste de quoi percevoir les sons. Il y eut un petit temps de latence avant qu’il ne lui réponde. Le rythme de ses doigts ne ralentit même pas.

— J’ai du changer mon programme…

Panthère se demanda si elle devait traduire ça par : je me suis fait jeter dehors.

— Ça doit être bien d’avoir une famille, que tu retrouves tous les soirs…

Elle, ça faisait une éternité qu’elle avait oublié ce que cela signifiait.

Dodger ne lui répondit pas.

Etait-ce parce qu’il n’avait pas entendu, ou parce que cela le dérangeait de répondre.

Panthère abandonna la partie. Elle n’avait apparemment pas choisi le meilleur sujet de conversation.

— Vous avez l’air de bien vous entendre, Ivan et toi.

Panthère sursauta, surprise qu’il lui adresse la parole.

— Ça peut aller. C’est un bon coup et je ne lui en demande pas plus. Lui non plus, d’ailleurs.

Du coin de l’œil, elle le vit tressaillir. Apparemment, ce n’était pas la réponse qu’il attendait.

Qu’est-ce qu’il s’imaginait ? Qu’elle était amoureuse d’Ivan ? Trop drôle ! Voilà que Dodger s’avérait être un idéaliste, peut-être même romantique, de surcroît.

— T’es complètement atypique comme mec, rit-elle.

— Ça te gène ?

— Non, je trouve ça drôle, c’est tout.

— …

— Te vexe pas. Ça n’avait rien de péjoratif.

Elle quitta la fenêtre et retourna en direction de la chambre. Passant au niveau de Dodger, elle lui tapa amicalement sur l’épaule.

— Te tue pas à la tâche non plus, et dors un peu. ( Elle savait par Ivan que le hacker ne se reposait que deux ou trois heures par nuit. ) Bonne nuit, ajouta t-elle avant de disparaître dans la pièce à côté.

Lorsque Panthère se leva le lendemain, Dodger était toujours devant sa console. Ce mec était vraiment un dingue de boulot. C’était même limite effrayant.

Cessant de l’observer, elle se dirigea vers la cuisine, et mit son nez dans le frigo. Sans grande surprise, elle ne trouva rien qui puisse faire un petit déjeuner digne de ce nom. Juste des bières et des restes d’un vieux repas chinois. Très vieux, apparemment. Elle grimaça. Allez ma vieille ! Si tu veux manger, va faire les courses !

Ah ! Les mecs !

Avec un soupir résigné, elle fit une rapide escale dans la minuscule douche et s’habilla. Ivan ronflait toujours. Dodger était toujours scotché à son écran.

Génial !

Quand elle sortit ( elle avait pourtant laissé la porte claquer ostensiblement ) aucun des deux ne réagit.

Ça lui donnait vraiment envie de les massacrer !

Elle parvint à trouver une épicerie pas trop sordide ( un exploit quand on voyait les environs ) et prit de quoi manger pour au moins trois jours.

Son retour à l’appartement n’occasionna toujours pas de réaction chez l’un ou l’autre de ses compagnons. Panthère décida de laisser tomber. Ça ne valait même pas la peine de s’énerver. Au moins, ils s’étaient chargés de faire régulièrement la vaisselle. Tout était rangé impeccablement dans les placards.

La jeune femme prépara rapidement le petit déjeuner. Une bonne odeur de toasts grillés envahit bientôt l’appart. Elle retourna dans la pièce à côté et s’accouda négligemment sur les épaules de Dodger.

— Le petit dèj est prêt, lui chuchota t-elle à l’oreille, alors débranche.

Le hacker pianota un truc et se tourna vers elle, la dévisageant avec surprise.

— Hein ?

— A table.

Il se pencha un peu sur le côté et jeta un rapide coup d’œil vers la cuisine. Toasts grillés, céréales et confitures en tous genres trônaient sur la table. Dodger la dévisagea de nouveau, incrédule.

— Décolle un peu de ton écran ! lança Panthère, agacée par sa réaction.

— Désolé, balbutia Dodger. J’ai pas l’habitude…

— Que quoi ?

— Qu’on me fasse le petit déjeuner quand je bosse…

— Vous êtes limite désespérants, les mecs, grogna la jeune femme en retournant dans la cuisine.

Un léger sourire passa sur les lèvres de Dodger. Il se leva et lui emboîta le pas.

— C’est sympa de t’occuper de nous, comme ça.

— Commence pas à y prendre goût, Dodger, répliqua Panthère. Mais bon ! Tant qu’à faire la bouffe, j’allais pas vous laisser mourir de faim !

L’autre émit un petit rire en s’asseyant face à elle. En tout premier lieu, il attrapa la cafetière et se servit un bol entier de café noir. Panthère reposa sa tasse de thé, une expression soucieuse sur le visage.

— Tu sais, dit-elle doucement, ce serait peut-être mieux que tu dormes un peu plus, plutôt que de marcher à la caféine pure.

Dodger lui jeta un regard surpris, son bol suspendu à mi-chemin entre la table et ses lèvres. Il le reposa sans heurt et sourit d’un air doux.

— Ne t’inquiète pas pour moi, Tamara. J’ai l’habitude, la rassura t-il.

Un frisson parcourut l’échine de la jeune femme. Elle ne pensa même pas à reprendre Dodger. C’était agréable d’entendre quelqu’un utiliser son prénom. Cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Pas depuis qu’elle avait coupé les ponts avec ses anciens compagnons Hunters.

— N’empêche, répliqua t-elle à mi-voix.

L’autre se contenta de lui sourire à nouveau avant d’attaquer enfin son petit déjeuner. Ils mangèrent en silence durant quelques instants, jusqu’à ce qu’Ivan passe la porte en s’étirant avec un grognement de satisfaction.

— Bonjour tous les deux, dit-il dans un bâillement.

Sa main s’attarda un instant sur l’épaule de Panthère, alors qu’il passait derrière elle pour prendre une tasse dans un placard. Il ne fit rien de plus et elle lui en fut gré. La nuit avait été sympa, mais elle n’avait pas envie de flirter plus longtemps avec lui. Apparemment, il avait compris le message.

Le russe s’assit à son tour et se servit également du café.

— Alors Dodger ? demanda Panthère. C’est quoi la suite du programme ?

— Grâce à toi, on sait que notre cible se rend régulièrement aux matchs de Fast Ball, pour parier. Ça me paraît facile de l’approcher discrètement là-bas, vu le monde qui s’y trouve.

— L’approcher oui, mais le tuer c’est autre chose, remarqua Ivan, faisant écho aux pensées de Panthère. On aura affaire à des centaines de témoins potentiels. Tu as réfléchi à l’arme du crime ?

— Pour le poison dans son verre on repassera, plaisanta à moitié Dodger, ça ne sera sûrement pas jouable.

— Tu parles, souffla Panthère. Et l’abattre à distance signifierait prendre trop de risques de toucher quelqu’un d’autre, ajouta t-elle.

Les deux hommes hochèrent pensivement la tête.

— Corps à corps ? demanda le hacker en la regardant d’un air interrogateur.

— Avec ça ? s’enquit-elle moqueusement en faisant jaillir les griffes d’une de ses mains. C’est une marque de fabrique assez connue, je te signale. Sans compter que de toute façon sa mort sera quasi immédiate. C’est un coup à se faire prendre en flagrant délit. Et franchement, je n’ai aucune envie de me retrouver avec toute la mafia japonaise aux fesses.

Un silence méditatif se fit.

— Et si on restait sur cette idée de poison, fit Dodger plus sérieusement. Il existe pas mal de poisons de synthèse qui ont un effet différé. Il suffirait de lui en injecter une dose suffisante discrètement, et nous serions loin une fois que la substance commencerait à agir…

— Ça me paraît déjà plus faisable, dit Panthère les yeux rivés au plafond. On pourrait utiliser une simple seringue; ça se planque assez bien. Il faudra juste passer ses hommes de main, mais ça devrait être réalisable.

— Et où penses tu pouvoir te procurer ce poison ? demanda Ivan.

— Kurt est un ancien agent secret. Il doit bien lui rester quelques contacts capables de lui procurer ce genre de chose. Par contre, ça va être un peu risqué de lui demander, vu où il se trouve.

— Génial, l’idée de l’agent infiltré, railla gentiment Panthère.

— Oh ça va, rit Dodger. Ça nous as déjà rendu quelques services de l’avoir là-bas.

— Si tu le dis, répliqua t-elle l’air amusée.

— Sois pas médisante, tu veux, sourit Dodger.

Panthère leva les mains avec un petit rire, signalant qu’elle abandonnait la partie.

A suivre

Reviews please. ;)


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