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Fiction » Romance » Le songe d'une nuit d'été font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Ivrian
Fiction Rated: M - French - Romance/Angst - Reviews: 22 - Published: 01-28-06 - Updated: 01-28-06 - Complete - id:2100193

Le songe d’une nuit d’été

Auteur : Ivrian.

Genre : Threesome.

Rating : Heu… laissez-moi réfléchir… Q ? Donc, avertissement, ceci est une histoire entre trois mâles qui font plus que tricoter de la petite laine pour se tenir chaud, compris ? Si ce n’est pas votre tasse de thé, ou si vous n’avez pas l’âge… Hasta la vista !

Résumé : Deux jeunes hommes de vingt ans se découvrent et s’aiment, sous les yeux de leur employeur, qui en crève à petit feu. Jusqu’au jour où…

Note de la perverse, heu… l’auteuze : Ce one-shot m’a été inspiré par « Brokeback Mountain », le magnifique film de Ang Lee. Un film que les mots me semblent trop vides pour décrire, donc je ne vous dirai qu’une seule chose : ALLEZ LE VOIR !! Pour ma part, je ne m’en suis pas encore remise… Et cette petite histoire qui me trottait dans la tête après avoir vu ce film, il a fallu que je l’écrive ! Une idée inspirée par un film, peut-on appeler ça du plagiat ? (Question hautement philosophique, vu que l’on est toujours le plagiaire de quelqu’un, parait-il…)

Au fait, j’ai piqué le titre de ce One Shot à Shakespeare… vous croyez que ce bon vieux Will m’en voudra ? LOL

Ce fut l’été 2003, celui de la canicule, que tout commença. Mon divorce avait été prononcé huit mois auparavant, et je me retrouvais seul à la tête d’un ranch de dix mille têtes de bétail. J’avais trente-sept ans, des cicatrices – aussi bien physiques que morales – et un dos en compote, conséquence de ma carrière dans le rodéo.

Une carrière qui m’avait tout de même permis d’amasser suffisamment d’argent pour me payer ce domaine. Oh oui, j’avais un beau domaine, un troupeau plus que conséquent, une maison accueillante, assez d’argent dans mes poches… mais personne pour réchauffer mon lit les soirs d’hiver.

Shanna, mon ex, était partie sans demander son reste. Je me demandais encore pourquoi je l’avais épousée, et surtout, comment le mariage avait pu durer aussi longtemps. Elle n’était pourtant pas la première fille que je rencontrais, ni la meilleure au lit. Et dans ma vie, je ne m’étais pas limité à la seule option de la gent féminine…

Non, je suis peut-être un cow-boy, un mâle, un vrai selon les clichés yankee, mais j’aime autant les courbes dures et viriles que les formes douces et fragiles. Chaque sexe a ses avantages et ses inconvénients.

La vérité, c’est que Shanna m’avait vraiment tourné la tête. Au point de lui passer la bague au doigt.

Seulement voila, c’était une fille de la ville, et passer de longs mois dans un ranch oublié des dieux en compagnie d’un sauvage comme moi avait fini par la lasser. Il faut bien avouer que je n’étais pas souvent là, trop accaparé par mon boulot. Alors elle avait pris des amants, avant de finir par se barrer avec l’un d’eux. Et je bénissais le ciel chaque jour de ne pas lui avoir fait un enfant… ça aurait été l’enfer !

Depuis, plus de nouvelles.

Je crevais à petit feu, de solitude et de mal-être.

Et puis… les gosses arrivèrent.

Chaque année, pour les trois mois d’été, un lot d’étudiants débarquait dans les ranches avoisinants pour filer un coup de main aux propriétaires. Greg O’Rourke était l’un d’entre eux. Grand, des cheveux blonds perpétuellement décoiffés, des yeux noisette toujours pétillants de malice et une fossette au menton, il venait depuis deux ans déjà travailler chez moi. Le salaire que je lui versais lui permettait, en complément de sa bourse universitaire, de se payer ses études d’ingénieur.

A vingt ans, le gamin savait ce qu’il voulait dans la vie. Et il était déterminé à l’obtenir. C’était une qualité que je respectais énormément.

Et c’est cette qualité qu’il mit à profit lorsque Wyatt Blake arriva à son tour pour se faire engager comme saisonnier. Blake était un grand brun dégingandé, aux yeux bleus, du genre silencieux et taciturne. Un « beau ténébreux », comme se plaisent à dire les filles.

Ils avaient le même âge. Mais Wyatt n’eut pas l’ombre d’une chance lorsque Greg se mit en tête de lui mettre le grappin dessus.

Moi, j’étais le patron, l’homme aux lourdes responsabilités, et aucun de mes employés ne s’imaginait un seul instant que rien de ce qui se passait autour de moi ne m’échappait. Non, personne ne soupçonnait qu’aucune amourette ne m’était inconnue, que je remarquais chaque faits et gestes. Un sourire par ci, un regard un peu trop appuyé par là, une main qui s’attarde plus longtemps que nécessaire sur un avant-bras… Et si parfois, certains regards se posaient longuement sur ma personne, je feignais de ne pas m’en apercevoir.

Je captais même les non-dits dans certaines conversations, et peu à peu, la jalousie et le désir commençèrent à me dévorer le coeur.

La nuit, il me semblait que j’avais la fièvre, seul dans mon lit. Je les imaginais, dans la magnificence de leurs vingt ans, nus, amoureux, se touchant, se caressant et se chuchotant des bêtises au creux de l’oreille.

Ma main se posait alors sur mon sexe douloureux tandis que j’imaginais chaque centimètre de peau, chaque mèche de cheveux collée par la sueur. Je pouvais presque sentir leurs bouches l’une contre l’autre, se donnant du plaisir, et cette seule pensée m’amenait à l’orgasme.

L’orgasme le plus puissant et le plus insatisfaisant qui soit.

Parce que je n’étais pas là.

Parce que je ne participais pas.

Et que ça me rongeait littéralement de l’intérieur.

Une véritable obsession.

Alors, pour ne plus les voir, je les expédiai tous deux vers les pâturages. Ils resteraient dormir là-haut, désormais, ne revenant qu’une fois par semaine au ranch pour se ravitailler. Je revois encore leur réaction, dans mon bureau. Ils y étaient entrés avec un sourire timide, mais dès que je leur annonçais la nouvelle, Wyatt se ferma comme une huître, et le visage de Greg refléta une tristesse que je me refusais à analyser. Je ne voulais pas imaginer, ne serait-ce qu’une seule minute, la possibilité de représenter un quelconque intérêt à leurs yeux.

Mon divorce avait réduit mon ego à néant.

J’étais encore plus esquinté moralement que physiquement.

Alors je me fermais aux autres et à moi-même. Première erreur.

Je pensais stupidement que le fait de ne plus avoir leur maudit bonheur sous les yeux arrangerait les choses. Deuxième erreur.

Ce fut pire.

J’en étais venu à me torturer moi-même, mon imagination devenant chaque jour plus vivace. Mon cerveau en ébullition était prêt à exploser. J’en riais moi-même. D’un rire jaune. Un vieux pervers courrant après deux jeunes pleins de vie… C’était d’un pathétique !

La situation se dénoua fin juillet, mais… pas vraiment de la manière dont je m’y attendais.

Clarke, mon contremaître, vint me signaler d’un air gêné qu’une ou deux bêtes avaient été tuées, certainement par des loups, et me fit comprendre à mots couverts, avec ce sale petit sourire d’hypocrite que je commençais à haïr, que j’avais eu tort de confier le soin de s’en occuper à deux gamins, qui, de plus, avaient certainement mieux à faire de leur temps.

Il savait.

Et cette évidence me frappa de plein fouet.

A un je-ne-sais-quoi dans sa posture, dans son attitude déplaisante, je compris qu’il les avait surpris. Et j’en conçus une haine, une envie et une rage telles que je crus vomir tripes et boyaux.

Ce qu’il avait vu, je n’en savais rien. Peut-être une caresse, un baiser furtif, ou une scène plus crûe encore ? Aucune importance, car la jalousie me tordait les entrailles. Alors je lui recommandais de s’occuper du ranch pour moi, et je partis explorer mon domaine. A son sourire satisfait, je compris qu’il espérait un licenciement rapide des deux tourtereaux.

Je pris mon fusil, une paire de jumelles, et je me mis en route.

J’arrivais au campement à la fraîche. Le soir n’était pas encore tombé, et je laissais mon cheval à quelques mètres de là pour observer la scène qui se jouait devant moi. Ils étaient ensemble, se chahutant et se taquinant comme les deux gosses qu’ils étaient encore. Tellement pris l’un par l’autre qu’ils ne m’entendirent même pas approcher…

Greg s’amusait à balancer de l’eau sur Wyatt, dont l’expression austère et taciturne avait complètement disparu. Leur petit jeu continua encore quelques minutes, puis brusquement, le brun attrapa le blond et colla sa bouche contre la sienne.

De là ou j’étais, j’avais une vue imprenable sur le spectacle de leurs langues s’enroulant sensuellement l’une autour de l’autre.

Ils s’abattirent sur le sol, chacun gémissant contre l’autre. La chemise de Wyatt vola dans les airs.

Je me sentais dur, rien qu’à les regarder.

Envahi d’un désir pur, et d’une rage folle.

Un voile rouge passa devant mes yeux. Comment ces deux petits fumiers osaient-ils être heureux alors que j’avais gâché ma vie, et mon mariage ?! Comment ?!

Je voulais… Je voulais de nouveau avoir vingt ans. Je voulais qu’ils me voient, moi, comme un amant potentiel, et non comme le vieil emmerdeur qui leur versait leur salaire. Je voulais tant de chose que je n’aurais jamais !

Je ne me souviens pas grand-chose de ce qui se passa dans les secondes qui suivirent.

Je nageais dans un brouillard de colère, d’auto apitoiement et d’injustice.

Je crois que j’ai hurlé quelque chose comme «Sales lopettes ! Vous croyez que c’est pour ça que je vous paye ?!» ou en tous les cas une phrase dont je ne suis pas très fier, avec le recul.

Et puis mes poings entrèrent en action, dans une frénésie de violence aveugle. Je cognais, encore et encore, jusqu’à en avoir mal aux bras. Lorsque la raison me revint, ma respiration était erratique, la bouche de Wyatt pissait le sang et Greg avait la joue écorchée.

J’étais à cheval sur le premier, prêt à cogner encore, et le second retenait mon poing, tout en hurlant et vociférant.

— Arrêtez, espèce de salaud ! Vous allez le tuer !

Je plongeais mon regard dans les saphirs de Wyatt, son corps toujours bloqué sous le mien, et j’y lus quelque chose qui me fit frémir. De la colère, de la souffrance… et un désir similaire au mien.

Avant que je n’aie eu le temps de me relever, il m’avait saisi par la nuque, avait posé ses lèvres sur les miennes et m’embrassait. Le goût du sang se mêlait à notre salive, mais aucun de nous n’y prêta attention. Il y a des baisers réussis, des baisers passionnés, des baisers sensuels… et puis il y a des baisers où vous avez l’impression de partager l’âme de l’autre.

De vous noyer dans sa bouche.

Et c’est un moment d’une telle beauté que vous souhaiteriez de toutes vos forces que le temps suspende son envol.

En moins de trois secondes, mon jean m’avait pris en flagrant délit d’érection. Lorsque Wyatt se détacha de moi, je me tournais vers Greg, hésitant, incertain de sa réaction. Ses yeux noisette exprimaient un mélange de douleur et de résignation qui me fit mal.

Lentement, il recula, et se détourna comme pour partir, nous laisser, mais je le retins violemment par sa chemise, au risque de la déchirer. J’étais allé trop loin pour reculer. Il fallait qu’il comprenne. Qu’ils comprennent que je les voulais tous les deux.

Alors je l’attirais à moi et j’envahis furieusement sa bouche, ma langue fouillant sa douceur humide. A ma surprise, il me répondit avec une égale passion, et je sentis bientôt les mains de Wyatt déboutonner mon jean, libérant mon sexe tendu de sa prison de toile.

J’entendis le bruit de la fermeture éclair que l’on baisse, le froissement du tissu dont on se débarasse, et gémissant dans la bouche qui dévorait la mienne, je compris que Wyatt était nu, prêt pour moi. Je saisis violemment ses hanches, les meurtrissant dans ma hâte, sans jamais quitter les lèvres qui se pressaient contre les miennes.

Le reste fut un accouplement brutal, mélange de douleur et de plaisir délirant.

J’allais et venais furieusement en lui, l’empalant à grands coups de boutoir, tout en engloutissant la virilité de Greg dans ma bouche avide, et leurs cris de jouissance étaient pour moi comme autant de symphonies.

Heureusement que nous étions tous les trois clean, parce qu’aucun de nous ne se soucia de mettre un préservatif. Tout au moins, la première fois…

Je suis resté avec eux au campement, cette nuit-la. Pourtant, je me souviens que nous n’avons pas beaucoup dormi, tout à notre découverte mutuelle.

Plus tard, bien plus tard, alors que le crépuscule s’enfuyait sur la pointe des pieds pour laisser place au petit jour, et que je sentais le souffle régulier de Wyatt sur ma peau, Greg caressa doucement les muscles de mon dos mal en point, s’arrêtant du bout des doigts sur chaque cicatrice.

— Sais-tu depuis combien de temps je te veux ? murmura-t-il, sans vraiment attendre de réponse de ma part. Depuis le tout premier jour ou je suis venu travailler au ranch, il y a deux ans. Ça me tuait de voir que tu ne t’intéressais qu’à elle

Il se tut un instant, avant de reprendre presque tendrement.

— Et l’incroyable dans tout ça, c’est qu’il te veut au moins autant que moi… On en a souvent discuté, lui et moi, tu sais.

Je fermais les yeux, envahi par un sentiment d’une déchirante douceur. Ces deux jeunes gens magnifiques, qui avaient toute leur existence devant eux, me désiraient, moi, un vieux type aigri. Incroyable.

J’avais du parler à haute voix, car Wyatt me répondit d’une voix ensommeillée.

— Tu n’es pas vieux. Et tu n’es pas aigri. Juste un peu cynique. Mais on te pardonne…

Sa main glissa lentement le long de mes fesses, et il ajouta avec un demi-sourire :

— … parce que tu es diablement sexy !

C’était la première fois que je l’entendais parler autant. Je fermais les yeux et m’endormis ainsi, Wyatt dans mes bras et le corps chaud de Greg collé contre mon dos.

Ce ne fut pas la dernière fois ou je me retrouvais dans cette position, loin de là. J’ai passé bien des nuits coincé entre mes deux lascars.

Avant la fin de l’été, j’en étais arrivé à me redécouvrir à travers leurs yeux. J’appréciais de nouveau ma peau tannée par des années de vie au grand air, ma mâchoire trop carrée, mes cheveux châtains commençant à se clairsemer aux tempes, mes yeux gris plissés par des lignes de rire, et surtout, mon corps, et la chance inouïe qu’il ne compte que du muscle et pas un gramme de graisse en trop grâce au travail physique qui faisait ma vie.

Croyez-moi, deux amants jeunes et plein de fougue font beaucoup plus pour l’ego que n’importe quel psy !

En y réfléchissant, il y eut certainement pas mal de racontars, cet été 2003. Il faut dire que je passais plus souvent mes nuits à la belle étoile plutôt que dans mon ranch. Mais je dois admettre que je me suis toujours moqué du qu’en dira-t-on. Et à mon âge, dans ma situation, on n’a plus rien à prouver à personne.

Donc, en ma présence, personne n’eut l’audace d’ouvrir son claque-merde.

Ça fait déjà trois ans que ces événements se sont déroulés. Je viens d’avoir quarante ans.

Le temps est comme un cheval au galop. Il file à une vitesse folle. Greg réussit brillamment ses études d’ingénieur. Wyatt poursuit tout aussi brillamment un cursus de médecin.

Et moi ? Oh, moi, j’attends avec impatience l’été.

Parce que je sais que, comme chaque année, nous allons tous les trois nous retrouver… et que tout va recommencer.

FIN

Je vous entends d’ici… Comment ça « Et la suite » ?! Et bien, la suite est à la libre interprétation de chacun… c’est ce que l’on appelle une fin ouverte. Je sais, je sais, arrêtez de vous répéter, vous me l’avez déjà dit : il faut avoir un esprit bizarre et pervers pour écrire de tels OS. Mais n’en sommes-nous pas tous et toutes au même point ?

Et puis, comme le dit si bien mon beau-père : « Il n’y a pas d’esprits sains, il n’y a que des fous ».

Allez, dites-moi vite ce que vous en avez pensé, en bien ou en mal… Et à bientôt pour de nouvelles bizarreries !



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