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Author: Ivrian
Fiction Rated: M - French - General/Humor - Reviews: 51 - Published: 01-30-06 - Updated: 05-25-06 - Complete - id:2101708

Last chance

Auteur : Ivrian.

Genre : Romance contrariée et humoristique (enfin, je l’espère !) sur fond de poulailler. Romance entre flics, quoi ! SLASH/YAOI !!

Rating : Bon, ben, mon rating perso… Q, ou si vous préférez… X. Mais uniquement pour le dernier chapitre !

Résumé : Le jeune sergent Dominic LaFiamma a fait des pieds et des mains pour entrer dans la police et gagner le respect de ses pairs. Pas évident lorsque l’on est un fils de mafioso de se construire une vie « rangée » ! Mais Dom a réussi, à force de patience et de boulot acharné. Le seul à surveiller ses moindres faux pas et à lui refuser sa confiance, c’est son supérieur, le lieutenant Roman Maverick. Il attend depuis le début que Dominic fasse une erreur. Et bien, ce jour est arrivé… Et dire que tout ça est arrivé par la faute de ce maudit caniche !

Nombre de chapitres : 3.

Chapitre 1/3

Le jet d’eau s’écoulant le long de ses muscles noués lui procurait une bienveillante sensation d’apaisement. Sensation agréable, mais trompeuse… « Le calme avant la tempête » était peut-être un cliché, mais Dominic LaFiamma savait qu’il s’appliquait parfaitement à son propre cas.

Et la fameuse tempête qui allait s’abattre sur lui ne portait pas de doux nom féminin, comme ceux que l’on offrait aux tornades et aux cyclones en dépit du bon sens. Non, sa tempête à lui s’appelait Rome. Lieutenant Roman « Rome » Maverick, ni plus, ni moins que son supérieur hiérarchique. Le seul dans ce lieu à ne lui avoir jamais fait confiance.

Lorsque Dominic, tout jeune sergent, avait intégré le commissariat du 14ème district de New York, il avait su d’emblée que ce ne serait pas facile. New York n’était pas Chicago, sa ville d’origine, mais les flics étaient partout les mêmes, et le bouche à oreille fonctionnait à plein régime, quel que soit l’endroit.

Le fait que Dominic soit le fils unique de Sonny LaFiamma, un caïd de Chicago, était connu de tous, bien avant qu’il n’ait posé le pied sur la première marche du commissariat. De plus, l’arrestation de LaFiamma senior avait eu lieu à New York, sept ans auparavant, et les faits étaient encore bien présents dans les mémoires.

Dominic avait compris d’entrée de jeu qu’il lui faudrait conserver une impassibilité totale, quoi qu’il advienne. Il avait encaissé sans rien dire les brimades et les moqueries de ses collègues, se tenant tranquille et faisant son job du mieux qu’il le pouvait.

Le rumeur avait alors couru dans le commissariat que « le gosse » ne s’occupait pas des affaires des autres, qu’il rendait service dès qu’il le pouvait, et que l’on ne trouvait rien à redire sur son boulot. Et petit à petit, Dominic avait gagné la confiance de chacun.

Excepté celle de Rome.

Dès le premier entretien, le lieutenant avait mis les choses au clair, annonçant d’un ton glacial au jeune sergent qu’à la moindre connerie, même infime, il prenait la porte. Et maintenant, presque deux ans après, ça y était. Il en avait fait une belle, et elle était tout ce qu’on voulait, sauf minime.

Dominic soupira, faisant rouler ses épaules dans le vain espoir de chasser le stress qui nouait ses muscles. Lorsque lui-même et sa coéquipière, Tamsyn, étaient revenus de ce qui devait être une simple mission de routine, ils avaient été accueillis par une salve d’applaudissements moqueurs qui lui avaient fait monter le rouge aux joues.

D’accord, il avait peut-être été accepté par les autres flics, mais ce n’était pas pour autant qu’ils allaient louper le plaisir de se payer sa tête !

Ce qui l’inquiétait le plus, c’est que tout au long du trajet de retour, Tamsyn n’avait pas desserré les dents. Et ça, c’était très mauvais signe. Plus l’explosion tardait, plus elle était violente. Surtout chez sa coéquipière !

Tamsyn Blake, plantureuse matrone noire de cinquante-cinq ans, avait été son principal allié et son soutien tout au long de ces deux années. Mère de quatre enfants élevés « au carré » comme elle le disait elle-même, le sergent Blake avait senti son instinct maternel se réveiller devant ce petit blanc un peu paumé avec qui personne ne voulait travailler. Attendrie par son apparence de gosse mûri prématurément, ses yeux bleus qui semblaient en avoir bien trop vu, et sa blondeur, elle s’était proposée spontanément en tant qu’équipière.

Et aucun d'eux ne l’avait regretté.

Tamsyn connaissait tout de sa vie, passée et présente. Lui, en retour, avait tout appris de la sienne. Il était régulièrement invité dans sa famille. Son mari Charles et leurs enfants l’avaient tout de suite accepté sans poser de questions. Dominic se disait souvent avec un humour mêlé d’émotion que leurs relations ressemblaient à celles de Riggs et Murtaugh dans les quatre films « L’arme fatale ».

— Les couilles en moins, en ce qui me concerne ! avait répondu Tamsyn ironiquement un jour où il lui faisait part de cette observation.

Dominic avait éclaté de rire. Il ne se sentait pas l’âme d’un Riggs, de toute manière. Il avait trop vu ce genre de tête brûlée dans les rangs de son père, de l’autre côté de la barrière.

Revenant au présent, le jeune homme soupira. Il ne pouvait pas rester éternellement sous la douche, à laisser l’eau le laver de ses fautes et à ressasser ses erreurs. Il devait faire face à l’explosion de colère qui l’attendait, tant celle de Tamsyn, que celle – plus lourde de conséquences – de Rome.

Nouant sa serviette autour de ses hanches, il sortit de la cabine. Le silence qui y régnait n’avait rien de rassurant. Croisant le regard compatissant des deux seuls autres officiers présents, il comprit qu’il ne pourrait échapper davantage à ce qui l’attendait.

Là, en plein milieu des vestiaires pour hommes, Tamsyn, les poings sur les hanches, le fixait d’un air furieux. Avec un petit sourire d’excuse, les deux autres mâles filèrent sans demander leur reste. Aucun n’eut l’audace de lui faire remarquer qu’elle se trouvait dans un temple hautement protégé de la virilité masculine. Personne ne tenait à rester dans les parages quand Blake était furieuse.

« Merci pour le soutien, les mecs ! pensa Dominic avec un peu d’amertume. »

Tamsyn le toisa quelques secondes, secouant la tête comme si elle avait affaire à un spécimen inconnu d’alien.

— Bordel de merde ! vociféra-t-elle soudain. Mais qu’est-ce qui t’as pris, LaFiamma ?!

Dominic déglutit avec difficulté et passa immédiatement en mode puppy dog eyes, espérant contre toute logique attendrir sa partenaire.

— Heu… je te demande pardon, Tam…

— Ah non !! Non, mon coco ! Si tu crois que tu vas t’en sortir aussi facilement, tu te mets le doigt dans l’œil !

Dominic leva les yeux au ciel, cherchant désespérément les mots qui pourraient la calmer, mais elle ne lui laissa pas le temps de prononcer une seule syllabe.

— Bon sang, Dom ! Pourquoi crois-tu qu’on fait appel à la brigade de déminage en cas d’alerte à la bombe ?! Tu crois qu’ils sont là pour se tourner les pouces ?! Je vais te dire, moi, pourquoi on fait appel à eux !! Parce que ce sont des professionnels !! Tu comprends ce mot, Dominic ?! Des PRO-FES-SION-NELS !! Ils en désamorcent tous les jours, de ces putains de bombes !!

Dominic déglutit péniblement. Les veines du cou de sa coéquipière étaient gonflées, ses yeux exorbités, et il se prit à craindre un infarctus.

— Calme-toi, Tamsyn, s’il te plait…

— Me calmer ?? Tu veux que je me calme ?? Alors que mon foutu imbécile de coéquipier a failli se faire tuer en désamorçant une nom de dieu de bombe !!

Dominic eut une grimace gênée.

— Tu me crois si je te dis que j’avais une bonne raison ? hasarda-t-il.

— Une bonne raison ?! Bordel, elle a sacrément intérêt à être EXCELLENTE, ta raison ! Parce qu’on avait fait évacuer ce bon dieu d’immeuble, plus personne à l’intérieur, il n’y avait plus qu’à attendre… Mais attendre quoi, au fait ? OH OUI, c’est vrai… L’équipe de DEMINAGE !!

Elle avait prononcé la dernière phrase sur un ton faussement doucereux, mais l’ironie, elle, n’était pas feinte.

Dominic ferma les yeux.

« Je suis mort, pensa-t-il tout en ouvrant la bouche pour répondre. Que je lui dise la vérité ou pas, elle va me tuer. »

Il opta néanmoins pour la franchise.

— Ecoute, avoua-t-il, en fouillant le parking, j’ai entendu du bruit, et je me suis rendu compte qu’il y avait encore… quelqu’un dans l’immeuble.

— Quoi ?! sursauta sa coéquipière. Mais qui ça, bon sang !? On avait pourtant tout vérifié !!

— Et bien, en fait, reprit Dominic, au désespoir, c’était… un chien, un caniche, coincé dans une des voitures. Le pauvre hurlait à fendre l’âme, et je n’avais pas le temps de le libérer. Et comme la bombe était aussi placée dans le parking… tu comprends, il y serait resté, si je n’avais rien fait !

Tamsyn ne put que le regarder, bouche bée. La pauvre femme ne savait plus s’il fallait se mettre en colère ou embrasser le pauvre idiot. Brusquement, sa colère tomba, et elle passa une main tremblante sur la joue du jeune homme. Elle avait parfois tendance à oublier qu’il n’avait que vingt-cinq ans, et un passé douloureux.

— Oh, mon dieu, Dom… Tu as désamorcé cette bombe, au risque d’y passer… pour un chien ? Est-ce que tu réalises que toi et ce maudit clébard vous auriez pu partir en fumée ?!

Il acquiesça, embarrassé et pourtant étrangement sur de lui. Il tenta tant bien que mal, avec ses mots à lui, de lui expliquer ses raisons d’agir.

— Tamsyn… J’ai grandi dans un milieu où l’on faisait trop peu de cas de la vie, tu comprends ? J’ai vu tout de suite que la bombe était artisanale, et comme j’avais certaines … connaissances sur le sujet, j’ai compris que j’étais de taille à m’en occuper. Alors je l’ai fait. Même un chien a le droit de vivre…

Elle hocha la tête, la gorge trop nouée pour parler, puis remit machinalement en place une mèche blonde qui tombait devant les yeux bleus du jeune homme.

— Habille-toi, fit-elle avec douceur. Je doute que Rome soit aussi indulgent que moi.

« En parlant du loup, pensa Dom avec ironie. »

La porte des vestiaires venait en effet de s’ouvrir à toute volée – faisant sursauter sa coéquipière – sur un homme grand, svelte, aux traits taillés à la serpe et aux cheveux bruns en bataille, dont les yeux noisette lançaient à cet instant précis des éclairs de fureur : le lieutenant Rome Maverick.

Visiblement, l’info des exploits de Dominic venait de remonter jusqu’à son bureau.

— LaFiamma, articula-t-il entre des dents tellement serrées que comprendre une seule parole relevait du tour de force. Je veux te voir dans mon bureau d’ici cinq minutes ! Capice ?

Dominic hocha la tête, et la porte claqua de nouveau.

Tamsyn lui adressa un coup d’œil compatissant.

— Dépêche-toi. Quand il disait cinq minutes, il ne plaisantait pas. Si tu n’es pas prêt, il est capable de venir te chercher et de te traîner en serviette jusqu’à son bureau.

Le petit démon malicieux qui sommeille en chacun de nous se réveilla, et celui de Dominic lui souffla à l’oreille que ce ne serait pas une si mauvaise initiative. Surtout si le lieutenant avait en prime la bonne idée de lui ôter sa serviette. Rougissant, le jeune homme se détourna pour aller chercher ses affaires…

Vous avez aimé, détesté? Vous voulez me flanquer des baffes, me faire des bisous ? Faîtes-m'en part ! Et à Lundi prochain pour la suite...



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