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Titre : Aiuto
Auteur : Cerbère
Disclaimer : Ses personnages sont à moi, merci de ne pas y toucher sans en avoir demander l’autorisation.
Note 1 : Parallèle à « Alone in the day ». Le premier colocataire d’Ilme. Une personne a été curieuse de savoir comment il en est arrivé là. Voilà un petit aperçu. Rien de très joyeux. Désolé. A la demande de MangaFan.
Aiuto
Emeric se leva, un troupeau d’éléphant dansant dans sa tête. Il avait pleuré une bonne partie de la nuit et cela se voyait. Ses yeux étaient rouges. Trop rouge pour passer inaperçu. Le brun coiffa ses cheveux afin que ceux-ci lui tombent sur les yeux. Ce matin, mardi, il n’irait pas en cours. Ni le lendemain, ni jusqu’à la fin de la semaine. La veillé ayant lieu jeudi et l’enterrement vendredi. Le brun passa par la chambre de son petit frère. Vide, bien sûr. Martin était parti la veille. Au retour d’un week-end où ils s’étaient encore battus. Au retour d’un week-end où il lui avait encore dit qu’il le détestait et qu’il n’était pas son frère. Emeric s’assit sur le lit de Martin. Il attrapa l’ours en peluche qui s’y trouvait et le serra dans ses bras. Non, bien sûr qu’il n’avait jamais détesté Martin. Après, tout, il était son petit frère. Le brun sentit les larmes arriver encore une fois, il les essuya du revers de sa manche. Pourquoi ce genre d’accident était-il si courant ? Martin s’était fait faucher par une voiture en traversant la route. Il aurait dû attendre. Il n’avait pas obéi, comme toujours.
OoO
Le brun passa devant la cuisine, l’ours toujours dans ses bras. Dans la pièce, s’élevait une odeur de café, ainsi que la voix de ses parents, s’engueulant, encore. Ils n’avaient pas arrêté depuis la veille, de se rejeter la faute l’un sur l’autre. Et s’ils ne s’engueulaient pas, ils se lamentaient. D’ailleurs, sa mère recommençait encore.
« Oh mon Martin ! » Sanglota-t-elle, mettant ainsi fin à la scène de ménage. « Pourquoi ont-ils prit mon Martin ? Lui, si… Intelligent, vif, affectif… ».
À chacun de ses mots, c’était comme un poignard dans le cœur d’Emeric. Martin avait trois ans de moins que lui. À peine 12 ans. Mais il était clairement plus intelligent que lui. Il n’avait pas redoublé, LUI, comme l’avait souvent répété son père. Martin était affectif, LUI.
« Pourquoi était-ce Martin qui avait traversé cette foutue route et pas Emeric ? » C’était ce que comprenait le brun à chacune des plaintes de ses parents et il se posait lui-même cette question. Il retourna vers sa chambre, lançant un regard haineux à ses parents. Oh oui ! Martin et lui étaient si différents. Martin était si parfait et lui… Si brouillon !
« Mais merde, je suis votre fils moi aussi » Cria Emeric, après avoir refermé la porte de sa chambre.
OoO
L’enterrement était passé et la fin de semaine aussi. Emeric avait repris les cours et retrouvé son cercle d’amis. Pas son sourire, ni son humour. Bien sûr ses amis savaient pour son frère, mais Emeric avait toujours dit le haïr. Combien le brun regrettait-il ses phrases à présent ! Plus pour le défunt que pour la compassion qu’il n’obtenait pas. N’était-il pas dans l’ordre des choses de détester son frère pendant une période ? Le temps passait, et ses amis lui reprochaient son éloignement. Pas un seul n’avait compris. Pas un seul ne pouvait comprendre. Il était le seul dans le groupe à ne pas être fils unique. Peut être cela aurait-il mieux valu, au moins, il n’aurait pas eu la douleur de perdre un être cher.
OoO
« Écoute Emeric ! J’ai passé de bons moments avec toi, mais tu as l’esprit trop noir pour moi maintenant. C’était ton frère, pas ta copine ! T’arrêtais pas de dire que tu le détestais, tu devrais être content ! ».
Le brun accusa le coup en silence. Était-il possible d’entendre pareille connerie de la part d’une fille de 16 ans ? Cela lui enleva l’envie de pleurer la perte de sa petite amie qu’il aimait. Moins que son frère, sans aucuns doutes.
OoO
Un à un, ses amis lui tournaient le dos. Il n’arrivait pas à reprendre le dessus. À la maison, les engueulades allaient bon train. Le brun regrettait de ne pas avoir été à la place de son frère. Qu’auraient dis ses parents alors ? Peut être auraient-ils pris Martin contre eux, témoignant, ô combien ils étaient heureux que ce ne soit pas lui… ? Sûrement ! La fin de l’année approchait et Emeric allait redoubler. Les professeurs avaient été indulgents. La perte dans la famille était toujours une épreuve. Ils essayaient de le réorienter. De lui trouver quelques centre d’intérêt.
« Le Russe ? » Proposa un professeur.
Le Russe ? Pensa Emeric, pourquoi pas ?
Le problème étant l’école. Il avait beau se trouver à Paris, les lycées enseignants la matière ne courrait pas les rues. Et à Paris, c’était sur dossier. L’un des professeurs pris peut être plus à cœur le problème. Elle fit ses propres recherches quant aux lycées, avant d’en trouver sur le littoral. Emeric n’aurait qu’à se prendre un appartement. Peut être cela lui changerait-il les idées de changer d’environnement, de partager un appartement avec un autre adolescent. L’enseignante prit en main l’affaire et régla les problèmes avec les parents. Elle fut déconcertée par la facilité qu’elle avait avec eux. C’était comme s’ils s’étaient arrêtés à la mort de Martin, comme s’il n’y avait plus personne après. Mais le problème était là, il y avait quelqu’un. Il y avait Emeric.
OoO
Emeric termina d’installer sa chambre. La pièce était petite mais elle lui suffisait. Il parti à la petite cuisine pour rejoindre sa colocataire. Celle-ci était installée à la table, fumant un joint en lisant distraitement les inscriptions sur une boîte de céréales. Justine releva la tête et lui sourit.
« Tu verras, la cohabitation, c’est le pied. Je suis pas difficile, j’espère que toi non plus ».
Le brun secoua la tête.
« T’es pas bavard… Tu veux tirer un coup ? » Demanda-t-elle en tendant son joint.
Emeric hésita. Puis le pris. Au point où il en était… Il attrapa le spliff et aspira. Il ne toussa pas, il avait déjà fumé quelques années auparavant. Il se sentit plus décontracté et se laissa aller à la conversation.
OoO
L’année se passa rapidement. Emeric n’était pas un crac, mais il s’en sortait avec la moyenne et était accepté en première Littéraire. Il opta pour rester passer son été dans son appartement avec sa colocataire et leurs amis en commun. Il n’avait pas spécialement envie de retourner dans cet univers familial. Il avait emporté le petit ours en peluche de son frère, c’était la seule raison pour laquelle ses parents l’avaient appelé un week-end pour le sommer de le rendre. Emeric n’en avait eu cure et ses parents ne s’étaient pas déplacés d’eux même pour le récupérer. En retournant sur Paris, il avait retrouvé ses anciens amis. Il s’en désintéressa très vite. Il était trop différent d’eux à présent. Dans la maison, il laissait traîner ses joints, ou parfois quelques feuilles de cannabis. Son père ne pouvait pas feindre de ne pas connaître, après tout, il était flic. Mais le temps passait et l’adulte ne disait rien. Emeric maigrissait. Il arborait un regard vitreux, un air las et était toujours fatigué. Toujours embrumé par le cannabis qu’il fumait à longueur de journée. Ses parents s’en étaient rendus compte, puisque que lorsqu’il revenait d’une course ou autre, tout avait disparu. Ainsi donc ses propres parents préféraient se voiler la face. Le brun enrageait. De douleur d’avoir perdu le meilleur de leurs fils, ils abandonnaient le second. Le second qui ne demandait pas grand chose : REGARDEZ-MOI, JE SUIS VIVANT ! AIDEZ-MOI ! J’AI BESOIN DE VOTRE AMOUR !
Sans réponses…
OoO
Au milieu de sa première, Justine dû rentrer chez elle. Ses parents venaient de découvrir sa passion. Ils en alertèrent même les parents d’Emeric. Ceux-ci ne se manifestèrent pas. Le brun chercha quelqu’un avec qui partager son appartement. Il rencontra alors Alix. Celle-ci était en terminale et ne resterait donc que six mois. Tout comme lui, elle partageait le goût pour tout ce qui n’était pas du tabac et se fumait. L’année passa aussi vite que la première. Emeric se dégradait de plus en plus, s’en rendait compte mais s’accrochait toujours au même espoir : que ses parents l’aident. Il réussit par il ne sût quel miracle à avoir la moyenne au baccalauréat. Son passage en terminale était donc validé. D’un côté il se réjouissait. Oui, il avait redoublé, mais il n’était pas si stupide que cela. Ses parents verraient-ils cela un jour ? Avant qu’il ne soit trop tard ? Durant l’été, il s’inscrivit de lui-même à des cours d’italien. Le Russe ne suffisait plus à occuper ses pensées.
OoO
L’année de terminale commença sur les chapeaux de roues. Emeric séchait. Il n’allait plus qu’en cours de Russes, d’anglais et d’Espagnols. Il passait ses journées au sol de son appartement, à remplir le cendrier à son côté et enfumer l’atmosphère, parfois à étudier les langues, la seule chose qu’il affectionnait. Fin septembre, une famille vint visiter l’appartement. Peut être un nouveau colocataire pourrait lui donner envie de retourner en cours. Peut être celui-ci pourrait-il l’aider. Ilme s’installa dans l’ancienne chambre de Justine et Alix. Il y passait quasiment sa vie. Emeric fut déçu d’être tombé sur un bosseur. Le rouquin ne séchait jamais et n’avait essayé d’engager la conversation qu’une seule fois avec lui.
Quoi d’étonnant à cela ? Pensa amèrement Emeric. Qui voudrait sympathiser avec un déchet ?
Sa seule compagnie était le chat –Enojo- qui passait sa journée dans l’appartement, toujours près de lui. Il avait l’impression que l’animal compatissait à sa douleur. Un jour, il tenta de le faire fumer. Enojo en tomba raide mort. Emeric paniqua avant de se rendre compte que la bestiole était juste endormie. La dose était peut être trop grosse pour lui. Par la suite, le brun roula un petit joint pour l’animal. Il se sentait avec lui, comme s’il était avec un ami. Un ami qui ne parlait pas. Un jour par désespoir, il lui raconta l’histoire de son petit frère. Ce fut la dernière fois qu’il le vit. Dès le lendemain, Enojo restait enfermé dans la chambre d’Ilme. Le rouquin s’était-il rendu compte de quelque chose ? Deux week-ends plus tard, Enojo partait pour Bordeaux. Emeric se sentit abandonné encore une fois. Mais cela faisait longtemps qu’il ne cherchait plus l’aide. Qu’il ne cherchait plus cette aide qui ne viendrait jamais.
OoO
Un matin, le brun se leva et s’installa à même le sol comme à son habitude. L’appartement était des plus silencieux dans ses heures là, car les voisins dormaient encore. Emeric tendit l’oreille à une voix lointaine. Pas tant que cela finalement, remarqua-t-il en la situant à la chambre d’Ilme. Le rouquin était au téléphone.
« … Oui tata, j’en suis sûr… Il est trop camé… Il a même fait fumer Enojo… J’ai juste besoin d’une décharge… Je ne veux pas en parler aux parents… J’ai déjà un nouvel appart, il faut juste un garant. Dès que ce sera bon, tu pourras échanger avec les parents, ok ? … S’il te plait !… L’aider ? Mais je n’y arrive pas… Oui j’ai essayé… Les trois quarts du temps, quand je reviens des cours il est déjà mort. Essaye de parler à quelqu’un dans ce genre de cas là… Que veux-tu que je fasse… Je m’appelle pas sœur Thérèse… Je lui ai tendu la main… Si… Bon, t’es d’accord ? … C’est vrai ?… Génial… T’es super… ».
Emeric n’écouta pas la fin de la conversation. Il était de nouveau perdu dans ses pensées. Il avait essayé de lui tendre la main ? Oui, c’était vrai, il se rappelait maintenant. Et parfois, le rouquin essayait encore. Mais Emeric était trop enchaîné dans sa descente rapide aux enfers, il n’avait plus envie… Plus envie de s’en sortir. Lorsqu’Ilme sortit de la chambre quelques minutes plus tard, il trouva son colocataire allongé au sol, dans un rêve agité. Le rouquin n’était pas rancunier et était bien conscient que le brun avait plus besoin d’aide que de critique. Aussi, il le releva comme il put, et le fit marcher jusqu’à sa chambre. Emeric se laissa tomber sans aucune retenu sur son lit et marmonna :
« Lorsque je demandais qu’on me tende une main, on m’a laissé crever et maintenant que je veux crever, on me tend la main… C’est trop tard... J’ai plus envie d’en sortir et je ne peux plus en sortir, c’est trop tard… Je veux juste te rejoindre Martin ».
Ilme ne bougea pas. Qui était Martin ? De quoi parlait le brun ? Non, bien sûr, il n’était pas trop tard pour s’en sortir. Il le savait. Même s’il n’avait jamais était aussi dépendant qu’Emeric, il savait qu’avec un vrai coup de main, le brun s’en tirerait. Mais ce n’était pas à lui de l’aider. Le rouquin sorti de la chambre en emportant avec lui le portable d’Emeric. Il trouva le seul nom qui lui parut pouvoir appartenir à l’un de ses parents. S’en suivit une conversation. Le père ne semblait pas voir le problème, ni même être très réceptif. Ilme commençait à mieux comprendre l’état du brun, et regrettait de ne pas avoir essayer de comprendre plus tôt. Mais comme il l’avait dit à sa tante, il n’était pas sœur Thérèse. Après avoir raccroché, il reposa le portable dans la chambre du brun.
« Ils s’en foutent, hein ? » S’éleva une voix.
Ilme sursauta avant de se retourner vers Emeric qui lui tournait le dos.
« Cela fait presque trois ans, que je leur crie « à l’aide » et qu’ils restent dans l’illusion d’avoir perdu leur seul et unique fils… Et ça, personne ne pourra jamais rien y faire. Je veux juste crever… Je veux rejoindre Martin ».
Le rouquin sorti de la chambre, déconcerté. Il ne savait pas quoi faire. Il ne pouvait pas le laisser comme ça. Prévenir son lycée ? Non, il ne ferait qu’avertir les parents, qui ne feraient rien de plus. Un centre de désintoxication alors ? Peut être… Mais, est-ce que le brun le lui pardonnerait ? Il devait bien exister un moyen. Ilme termina ses cartons pour déménager. Ce fut alors qu’il senti sa conscience lourde d’abandonner le brun.
OoO
Emeric restait seul dans son appartement et n’avait reçu que deux visites depuis le départ du rouquin : le rouquin lui-même. La première fois, celui-ci avait oublié quelques affaires et venait les récupérer, la seconde, il passait dans le coin comme il l’avait si bien dit. Le brun se rendait compte que quelque chose clochait. Depuis le départ du rouquin, il se laissait aller. Il n’y avait personne de nouveau pour l’appartement et il ne ressentait pas l’envie de bouger. La présence d’Enojo lui manquait, remarqua-t-il.
OoO
Emeric se leva avec flemme de son lit et se dirigea vers la porte d’entrée. Il sourit au rouquin qui attendait devant la porte, un félin dans les mains.
« Comment va ? ».
« Un peu mal au crâne » Répondit le brun en grimaçant.
Ilme acquiesça en silence. Ils avaient passé un marché. Emeric stoppait petit à petit la fumette et il lui trouvait un chaton. Le brun devait promettre d’en prendre soin et de ne jamais le faire fumer. L’aîné avait promis et pour le moment s’y tenait. Il avait besoin d’une présence. Celle d’un chat ferait l’affaire. Emeric attrapa le petit félin et le détailla : quasiment entièrement blanc avec une large tache noire sur le ventre.
« Comment tu vas l‘appeler ? » Demanda Ilme.
Le brun le toisa. Il savait que le nom était important. Mais il n’y avait pas songé. Il regarda un peu plus la bestiole.
« Aiuto, je crois ».
« Du Russe ? ».
« Non, Italien ».
« Ok… Je vais te laisser. Tu as trouvé un nouveau colocataire ? ».
« Normalement. Dans deux semaines. Une fille de seconde. Adorable. Quand tu la vois, tu as envie de la protéger ».
« Protége la de ton univers alors. Je te fais confiance pour Aiuto… ».
Ilme ouvrit la porte de l’appartement.
« Eh » L’interpella le brun. « Merci ».
« Y’a pas de quoi… Si un jour tu passes vers l’Insolite et que je suis dans le coin, viens me dire bonjour… Ok ? ».
« J’y manquerais pas ».
« Et bonne chance pour tes langues ».
Ilme referma la porte derrière lui. Il se sentait soulagé. Le brun allait probablement redoubler mais peut-être le chat et la nouvelle fille pourraient l’aider à s’en tirer, plus que lui. Déjà plus d’un mois qu’il avait quitté l’appartement et il trouvait que le brun avait quelque peu changé. Perdu l’espoir de recevoir de l’aide de ses parents mais pas celui de s’en sortir.
Fin
Note 2 : Une grande partie des personnages « d’Alone in the day » sont visibles sur le blog « Yaoistes » dont le lien est sur ma biographie. Pas d’Emeric, désolé, mais peut être un jour y aura-t-il le droit. J’espère que cela vous aura « plu ». Jusqu’où la douleur peut entraîner…
Note 3 : Aiut veux dire "Au secour"
Réponses aux review de « Pilgrim » :
Tordue : Et oui, même au chat. J’avais des scrupules à donner ce chat à Ilme en l’arrachant à un autre propriétaire. Grâce à Milii, cela n’est plus le cas. Puis pour avoir des nouvelles d’Enojo, rendez vous à après « Alone », dans un extra treminé aujourd’hui (je fais de la pub). Bisous.
Milii : Bah, tu peux pas toujours être derrière ton PC quand je poste. Pauvres tête et pauvres yeux. Je parle en connaisseuse. Les premiers proprios comme tu as dis ne le sont pas vraiment. La mère d’Enojo est au choix une chatte sauvage, u alors vivant ailleurs, mais qui a juste donné naissance au mauvais endroit… Bisous.
À la prochaine, s’il y a des intéressés, bien sûr…
Cerbère