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Salut! Alors ça fait... et bien... très longtemps. J'avais effacé cette fanfiction pour la retaper un peu... et je dois dire que je suis fière du travail accompli jusqu'à présent.
Je lance en ce moment une autre de mes oeuvres, toute nouvelle celle-làLes Sentiers Verts. Le titre est bof, mais bon, regardez celui-là, hein... C'est du fantastique donc ceux qui aiment...
Sinon, je vous mets enfin le deuxième chapitre, beaucoup de nouvelles scènes là dedans, mais le même fond tout de même.
Des reviews me feraient plaisir- très même,lol.
Chapitre 2: Remises en question
La porte claqua très fortement derrière elle. Déjà, la voiture accélérait, pressée d'arriver à bon port avec son "chargement". Encore une fois, elle avait tenté de fuguer et encore une fois, ils avaient réussis à la rattraper. Elle se demandait comment ils faisaient pour savoir ainsi avec exactitude où elle se trouvait. Y avait-il une taupe ou un traître dans son camp? Elle ricana à cette pensée. Camp. Comme dans une guerre secrète, du genre guerre froide que l'on voit parfois dans un film de série b? C'était tout simplement impossible puisqu'elle n'avait confié à personne son nouveau plan. Et dire qu'elle y était presque…
Un feu de circulation tourna au rouge. On tourna à gauche lors de l'apparition du feu vert. Direction le Bureau. Ou le Bunker, comme elle l'appelait. Elle allait encore une fois devoir passer cette "entrevue" stupide avec lui. Elle ne savait pas combien de fois elle avait tenté de fuir et combien de fois elle avait échoué. Peut-être que cette fois-ci tout se déroulerait différemment, se demanda-t-elle? Elle savait déjà ce qui allait se passer quand les hommes de son père l'escorteraient - joli mot pour dire placarder entre deux corps massifs jusqu'à l'entrée du bureau de son père – jusqu'à lui et qu'alors il parlerait. Deux possibilités pouvaient ensuite arriver:soit son père crierait jusqu'à extinction de voix de son immense irresponsabilité et de ses innombrables bêtises, soit il essaierait de parler du problème. Elle préférait de loin les cris forts et sévères de son père au sermon qu'il lui réserverait sinon. Ce serait moins hypocrite que d'essayer de démontrer en gardant un ton posé alors qu'on parlait des vraies choses. Elle préférait la passion des mots à ce simulacre de tranquillité, car elle savait qu'alors que sa voix faussement indulgente et calme de son père car elle savait qu'alors qu'il prononcerait ses paroles dites réconfortantes, il ne penserait déjà plus à sa fille.
La jeep 4x4 noire se stationna dans l'espace réservé. Ils étaient arrivés. Lentement, ils montèrent les marches de l'entrée pour se retrouver ensuite dans l'ascenseur. Quelques instants plus tard, on annonçait leur arrivée.
Elle sentait poindre en elle l'habituelle nervosité qu'elle ressentait en présence de son patriarche. Elle avait tant de choses à lui dire, enfouies en elle qui jamais ne réussissait à sortir. Lentement, ces sentiments, refoulés et contraints à l'oubli, essayaient de ressortir par sa bouche. Un grosse boule, coincée dans sa gorge l'empêchait alors de parler quand elle était en sa présence.
La secrétaire, Mme Watson, leur indiqua d'un signe la porte: il pouvait la voir.
Ravalant sa salive, elle se leva. Autant paraître courageuse, au pire des cas. Elle hésitait encore. Devant les portes de chêne, elle ne savait que penser. Derrière ces portes, il l'attendait. Autant y aller, pensa-t-elle.
- Papa?
Ce dernier était occupé, gesticulant en même temps de parler à un interlocuteur invisible. Il n'avait visiblement pas remarqué son entrée. Il continua ainsi, à marcher de long en large tout en argumentant sur un sujet inconnu.
La jeune fille soupira. Finalement, ce ne serait sûrement pas aujourd'hui que se déroulerait la "grande conversation".Elle l'observa déambuler dans la pièce.
Bon sang! Comment était-ce possible que cela arrive? Elle ne comprenait plus rien. Depuis des années, elle ne comprenait plus rien dans sa vie. Ses fugues le montraient bien. Ce n'était pas normal. La vie ne devait pas se dérouler ainsi. Le cours normal des choses a été chamboulé, réalisa-t-elle. Elle ne savait pas où,mais un jour, son père avait quitté sa famille pour ne vivre que pour son boulot. Et maintenant, alors qu'elle essayait d'attirer son attention de toutes les façons possibles, elle réalisait que cela ne changerait rien. Rien à rien.
Doucement, sans se presser, elle ouvrit la grande porte massive: elle s'en allait. Tant pis pour la discussion, ils auraient toujours le temps à la maison, si on le voulait. Elle allait refermer la porte tout aussi discrètement quand la communication de son père se termina.
- Alors Chérie, je voulais te parler de ton attitude ces derniers temps…
Il se tourna pour continuer sur sa lancée.
Personne.
L'un des multiples téléphones qui ornaient son bureau de style empire sonna.
Il décrocha.
Plus tard.
Elle était dans son lit. Elle venait de lui parler. Comme d’habitude, les seules choses qui en sont ressorties furent des insultes et des hurlements. Enfin, façon de parler. Elle avait la voix enrouée face à autant d'efforts demandés. La relation qu'elle avait avec son père était si étrange, si différente de celles qu'elles avaient pu voir chez les autres personnes qu'elle connaissait.
«Ce n'était pas normal, se répéta-t-elle. »
Cette phrase, cette sempiternelle phrase qu'elle ne cessait de répéter l'énerva soudainement. Non, ce n'était pas normal, c'était différent. Restait à savoir si C'était ce qu'elle voulait. Une guerre. C'en était une, de celle qui ne finit jamais. Peut-être pas une troisième guerre mondiale, mais elle était aussi blessante et cruelle. Ses parents étaient si… si… Elle ne trouvait pas les mots.
Encore une fois, quand il était rentré, exceptionnellement de bonne heure- comprenez par là avant 22 heures- il n'avait pas réagi semblablement. Oh oui il y avait eu un affrontement, mais cette fois là, quelqu'un avait été touché. Et blessé. Une vraie guerre, oui! Sauf que cette fois là, l'affrontement se faisait à l'interne. Une vraie guerre civile menaçait les murs de sa maison. Les armes n'étaient peut-être pas nucléaires mais les paroles qu'ils s'échangeaient étaient toutes aussi meurtrières. Ce soir, il avait dit quelque chose. Peut-être à cause de la fatigue ou de la lassitude qui la prenait maintenant dans leurs affrontements, elle avait laissé sa garde et ses paroles l'avaient touché. Profondément.
Elle n'aimait pas cette maison, si grande qu'elle semblait déserte quand l'un de ses occupants- sa mère, son père, Guerda la cuisinière et elle- étaient absents. La seule pièce réconfortante, ou au moins accueillante où elle se sentait à l'abri était sa chambre. Comme un animal blessé, elle était retournée dans son abri, le temps de panser ses plaies.