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Pour la Saint Valentin, il fallait que
je fasse quelque chose. Je ne suis pas du genre à m’étaler sur l’amour tout
beau tout rose, je ne suis pas du genre non plus à écrire mon malheur dans un
poème, mais il y a quelque chose que je voulais faire.
Dans Comme un jour d’hiver, Julien
quitte ce monde et laisse une lettre à Fred. Ce soir, j’ai voulu rédiger cette
lettre, un peu courte, mais qui traduit tout ce que ressentait Julien.
Je ne sais pas trop ce que ça
donne, personnellement à la relecture, j’ai éprouvé plusieurs choses.
Je vous laisse juger de son
contenu.
Fred,
Je suppose que lorsque tu liras cette lettre, je serai déjà de l’autre côté. J’ai presque envie de m’excuser… Je sais que je te laisse seul, qu’on s’était promis beaucoup de choses, mais cette fois-ci, la vie a eu le dessus, et elle me quitte. Si j’ai la force de tenir un stylo c’est parce qu’il y a encore un multitude de choses que j’aimerais te dire. A commencer par merci.
Merci de toujours avoir été là pour moi, près de moi, malgré tout ce que je t’ai fait endurer, tout ce que j’ai dit, sans vouloir te blesser mais qui t’a quand même fait mal. Je n’ai pas été le meilleur des amants, je n’ai pas non plus été le meilleur des amis, en fait, je n’ai jamais vraiment été quelqu’un de très bien… Et pourtant avec toi, j’ai vraiment eu envie de changer, de devenir quelqu’un sur qui tu pouvais compter, être un homme bien. Merci pour tout ce que j’ai vécu avec toi, pour tout ce que tu m’as fait ressentir. Tu m’as tenu la main jusqu’à la fin, et je ne t’oublierai pas, je veillerai sur toi (même si le rang d’ange me semble compromis !).
Après merci, il y a pardon. Pardon de t’avoir fait pleurer, et pardon de partir comme ça. Je sais que ça va te toucher, je sais que tu vas me maudire, et je ne pourrai même pas t’en vouloir. Je pars en pleine nuit, alors que j’avais refusé ta présence auprès de moi. Je crois que c’est un peu lâche, non ? Mais je ne veux plus voir ton visage triste. Avec ma mort, tu pleureras mais tu remonteras la pente ensuite. Rester à souffrir sous tes yeux te fera plus de mal encore.
J’aimerais que tu me pardonnes aussi toutes ces aventures que j’ai eues avant toi, toutes celles qui n’avaient aucun but, et surtout celle qui m’a mené à ça. Bien qu’en y repensant, aurions-nous été aussi proches si je n’avais pas été malade ? M’aurais-tu embrassé après cette soirée si je ne t’avais pas avoué que je n’avais plus longtemps à vivre ? Tu as pris le risque de me donner du plaisir malgré le risque d’être contaminé… Pardon.
Et pour finir, je t’aime. Je ne te
l’ai pas dit assez souvent, toi qui me le murmurais si régulièrement, lorsque
je n’allais pas bien, lorsque mon corps me faisait si mal. Je t’aime, Fred, et
si ma vie ne devait pas s’arrêter cette nuit, je t’aurais aimé encore
longtemps. Peut-être même toujours ! Malheureusement, notre chemin commun
s’arrête là, et j’espère qu’il y a autre chose de l’autre côté, que je puisse
veiller sur toi et te rendre tout le bien que tu m’as fait.
J’aurais eu encore tant de choses
à te dire à ce sujet. Tu m’as offert la plus belle des relations, le plus pur
des sentiments, je crois que j’ai été chanceux de pouvoir vivre ça à tes côtés.
Je ne sais pas si j’ai été à la hauteur, mais j’ai vraiment vécu notre relation
comme un privilège. Avant tout ça, je crois que je n’avais été amoureux qu’une
ou deux fois, et ça doit bien remonter à mes tendres années d’ignorance… Mais
avec toi, tout est si beau et si simple. Je regrette d’avoir fait cette
connerie, coucher avec le premier venu. J’aurais aimé payer le prix de ça tout
seul, m’éteindre dans la solitude, mais je t’ai entraîné dans ma folie, et
j’ose malgré tout t’aimer plus que tout. Plus que la vie elle-même.
Je ne sais pas si je mérite tes larmes. Je mériterais ta colère… Malgré tout le mal que je t’ai fait, et que je te fais encore, je veux que tu saches que je t’aime, que tu resteras pour moi celui qui m’a accompagné jusqu’à la fin, celui qui me souriait lorsque tout était noir, celui qui me disait encore je t’aime alors que je n’étais plus qu’un bout de maladie.
Je t’aime, Fred.