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Author: Chat de minuit
Fiction Rated: K+ - French - Romance/General - Reviews: 56 - Published: 03-19-06 - Updated: 07-07-06 - id:2135659

LUCIA:

Auteur: Chat de Minuit

Bonjourtout le monde! Et oui, je reviens avec une troisième histoire que j’écris déjà depuis un petit moment. J’ai eu quelques soucis avec mon ordinateur et j’ai perdu mon disque dur…J’ai eu du mal à m’en remettre d’autant plus que j’avais presque fini les deux chapitres suivants de Où le destin nous mène et de Mon élève et moi. Ça met vraiment les nerfs…

Bon sinon je me rappelle quand même du contenu donc je vais me lancer dans la réécriture de tout ça. Faut se motiver! Pour vous faire patienter, je mets en ligne cette histoire où trois chapitres sont déjà prêts. J’en mettrais un toutes les semaines ou deux sur le site.

J'espère que cette nouvelle histoire vous plaira. Bonne lecture !

Chapitre 1 : un nouvel arrivant au château

Une petite fille dormait paisiblement dans son lit. Un homme habillé d’une soutane et marchant difficilement posa un livre sur la table de chevet de l’enfant. Il venait de coincer une lettre entre la couverture et la première page, puis recolla les deux soigneusement.

A son réveil, la petite Lucia trouva le vieil homme paisiblement étendu dans ses draps blancs. Il était mort. Elle s’écroula par terre et pleura toutes les larmes de son corps.

CINQ ANS PLUS TARD…

La lune éclairait paisiblement la campagne devenue sombre du domaine Winter. Les arbres étaient secoués par le vent devenu violent en fin d’après midi.

Le domaine s’étendait sur plusieurs hectares et en son centre se dressait l’imposant château de la famille Winter. Les façades étaient usées par les années et des feuilles folles s’accrochaient aux pierres ; de lourds piliers et des escaliers encadraient la grande porte de bois massif.

Des fleurs aux couleurs criardes semblaient vouloir donner de la gaieté à cet endroit, mais loin d’être chaleureux, le bâtiment gardait son apparence froide et austère même en plein jour.

La vie paraissait avoir désertée le château où le silence régnait en maître. Tout le monde dormait.

Je me réveillais aux premières lueurs du jour. J’étais couchée à côté de Martine, la cuisinière. Comme d’habitude, elle prenait presque toute la place dans le lit. Je ne plaignais pas. De toute façon, elle m’aurait crié dessus.

J’étais sans doute la plus matinale de toutes les personnes vivant au château. J’aimais prendre mon temps le matin avant de commencer à travailler ; surtout, j’allai quotidiennement rendre visite aux chevaux de l’écurie avant de commencer à récurer, frotter et laver chaque recoin des pièces. C’était mon petit secret, personne ne le savait.

J’enfilai rapidement ma robe et mon tablier et attachait négligemment mes cheveux en un chignon. Je mettais mes bas en laine car l’hiver était rude cette année là. Puis, tout doucement, je traversais les couloirs sombres en tenant mes sabots à la main pour ne réveiller personne.

Mon petit manège durait depuis quelques temps déjà. Si quelqu’un s’apercevait que l’une des bonnes s’approchait des chevaux du maître en cachette, je risquais certainement le fouet.

Depuis toute petite, je me passionnais pour les chevaux. A 10 ans, j’étais déjà servante chez les Winter. Un jour, j’avais sympathisé avec l’une des magnifiques bêtes de monsieur Winter. C’était un pur sang noir, que j’avais entendu appeler Ténèbre par le garçon d’écurie.

On m’avait dit que l’animal était indomptable, on en parlait jusqu’en cuisine. Le maître était fort fâché que son plus beau cheval ne veuille pas lui obéir.

Pour ma part, la première fois que j’étais allée le voir en cachette, il m’avait regardé d’un air méfiant. J’avais avancé une main timide vers lui pour le caresser. A ma grande surprise, il s’était laissé faire.

Depuis ce jour, il était devenu mon meilleur ami. Je lui parlais comme à un être humain, l’aimant mieux que ceux de mon espèce.

Je retournais après quelques minutes vers le château. Martine m’attendait déjà dans la cuisine. Elle mangeait un morceau de pain et m’en donna à mon tour. Je mâchonnais avec peu d’enthousiasme le bout de pain dur en guise de petit déjeuner.

Je commençais à nettoyer la cuisine de fond en comble, puis je rendais dans d’autres pièces du château. Nous étions trois à avoir la dure tâche du nettoyage. Pour ma part, je m’étais habituée à cela. De toute façon, je ne pouvais rien faire d’autre.

J’étais née orpheline et j’avais été recueillie par le curé du petit village de Montfaucon. Il s’était occupé de moi durant les dix premières années de ma vie, puis le saint homme était mort. Son successeur n’avait pas daigné s’encombrer de moi. Il avait déjà à son service une bonne. Il chercha donc une maison pour me placer. J’eus la chance d’obtenir une place au château, une aubaine pour une petite fille sans famille. Je fus immédiatement prise sous l’aile de la cuisinière, une femme dure, mais qui au fond m’aimait bien. Elle m’enseigna tout ce qu’il y avait à faire et malgré quelques erreurs, je m’appliquais comme je le pouvais.

J’avais quinze ans aujourd’hui. Mes cheveux longs et roux sont toujours tirés en arrière. C’est assez atypique, une fille rousse. On m’avait regardé bizarrement au début, surtout Monsieur le comte. Je ne laissais donc jamais mes cheveux lâchés, sauf lorsque je me couchais le soir. Pour me desservir encore, j’étais plus petite que la moyenne et ressemblais encore plus à une enfant qu’à une jeune femme.

Ma seule grande fierté était que le père Jean m’avait enseignée le latin avant de mourir, ainsi que le calcul. Je savais donc lire et écrire. C’était une chance pour quelqu’un de ma condition.

Je nettoyais la vaste salle à manger, toujours perdue dans mes rêveries. J’entendis Valentine, une autre bonne, m’appeler.

-Lucia ! Lucia ! La jeune femme criait plus qu’elle ne parlait. Mais que lui arrivait-il ? Je tournais tranquillement la tête vers elle et la regardait avec de grands yeux interrogateurs.

-Le maître a demandé à tout le personnel de se rendre à l’entrée du château. Nous allons avoir un visiteur semble t-il. Ce doit être quelqu’un d’important. Dépêche toi de venir !

Je lâchais mon balai et suivis à la hâte Valentine, qui m’avait prise par la main. Nous arrivâmes essoufflées sur le perron où tout le monde s’était regroupé, du majordome en passant par le jardinier ou même le garçon d’écurie.

Le comte et la comtesse se trouvaient déjà en bas des escaliers. Mademoiselle Angèle, leur fille, était à leur côté.

Des serviteurs s’affairaient autour d’un carrosse. Le cocher ouvrait la portière et un homme en sortit bientôt.

Puis un autre, mieux vêtu que le premier. La comtesse se précipita vers lui et le pris dans ses bras. Le comte, plus digne, lui serra vigoureusement la main et lui tapota l’épaule.

L’homme serra tendrement Angèle contre sa poitrine tout en discutant avec les maîtres.

Le premier restait en retrait, observant la scène.

-C’est le fils du maître ! Mon dieu, il a bien changé ! Chuchota une vieille femme qui travaillait en cuisine avec Martine depuis fort longtemps.

-Evidemment, répondit la cuisinière. Après dix ans d’absence…

Je regardais le dit jeune homme, tenant toujours le bras de Valentine qui était resté accrochée à moi.

Il avait des cheveux châtains qui frôlaient ses épaules. Ses yeux semblaient clairs, pour le peu que je pouvais voir. Sa stature était haute et sa silhouette élancée. Je distinguais à peine son visage mais j’imaginais des traits fins et réguliers.

Il lâcha enfin sa sœur et présenta l’homme qui se tenait à ses côtés. La comtesse ignora ce dernier et entraîna son fils vers l’entrée du château.

Je le vis passer à côté de moi, mais lui ne me remarqua même pas. Son visage était tel que je l’avais imaginé, d’une beauté indicible. La couleur de ses yeux étaient bleue ou verte, ou peut être bien un mélange des deux.

J’entendis sa voix grave qui disait au comte que le château n’avait pas changé. Même sa voix était belle. Profonde et sensuelle.

Il ne daigna pas dire bonjour au personnel venu pourtant l’accueillir. Il nous ignora totalement. Nous étions invisible à ses yeux. Des ronchonnements se firent entendre dès lors que les maîtres eurent pénétrés dans le hall. Les plus anciens du château ne semblaient pas apprécier le jeune homme.

Je reprenais rapidement mon travail. Comme d’habitude.

Les jours passèrent depuis cet événement. La vie était inchangée, mais le château comptait à présent un nouvel occupant.

Je le voyais quelquefois de loin. Heureusement, je me tenais loin des maîtres. Je ne m’occupais pas du service. Valentine, qui était plus expérimentée que moi, servait les maîtres durant le repas et avait pour tâche la toilette de la comtesse.

Un jour, j’osais l’interroger sur le fils du comte. Elle me répondit d’un air contrarié.

-Lui ! Oh la belle affaire que cet homme là ! Il est encore pire que le comte, un vrai glaçon ! Sauf avec Mademoiselle Angèle. Hier, il m’a réprimandé sur le repas. Il a dit que c’était une honte de servir un plat aussi infect. Pourtant, les maîtres ne se plaignaient jamais de la cuisine de Martine.

-Pourquoi avait il quitté le château il y a dix ans ?

-Je me rappelle qu’il s’était engueulé violement avec le comte. Il voulait soit disant voyager, voir le monde. Un jour, il avait pris son cheval et était parti sans aucune cérémonie. On ne l’avait pas revu depuis son arrivée ces derniers jours.

-C’est étrange…

-Oui. Mais cela n’empêche que j’aurai préféré qu’il reste où il était ! D’ailleurs, personne ne l’aime ici…Tous te diront qu’il était odieux quand il vivait ici. Il se plaisait à malmener tout le monde. Petite, je me rappelle avoir pris des coups de fouets à cause de lui.

Je continuais mon nettoyage et réfléchissais aux paroles de mon amie. J’avais du mal à croire que ce jeune homme gracieux était un être autant impitoyable. Son visage était si doux…

Les jours s’écoulaient les uns après les autres, se ressemblant toujours autant.

Un matin, je croisais le jeune comte dans un couloir. Il me regarda d’un air hautain et sévère ; ses yeux étaient surtout fixés sur mes cheveux que j’avais oublié de cacher sous mon bonnet de bonne.

Il me dépassa sans rien de plus, se désintéressant totalement de ma personne.

Je pris le parti à partir de ce jour de ne plus m’occuper de lui. De toute façon, c’était le maître et moi une servante. Pourtant, il continuait à m’intriguer, je ne savais pas pourquoi. Peut être était ce à cause de sa grande beauté…

Un autre jour, je nettoyais avec Valentine la grande salle du château, celle qui servait pour donner des réceptions ou bien des bals.

Nous étions comme à notre habitude très joyeuses et nous rigolions de bon cœur en effectuant nos travaux de nettoyage.

Tout à coup, un vase tomba par mégarde de mes mains, ce qui fit un grand bruit. La porte s’ouvrit et le jeune comte apparut. Il s’avança vers moi et je fus bientôt dominée par sa haute taille.

Il me donna deux claques sur les joues, sans retenir sa force. Mes yeux me piquaient et des larmes coulèrent rapidement sur mon visage, sans que je puisse les retenir.

Il m’attrapa alors par le bras et me secoua sans ménagement. Son visage se pencha vers moi et ses yeux me lançaient des éclairs. Des yeux bleus-verts…

-Maladroite ! Me cria t-il en serrant plus fort sur mon bras.

Je n’osais répondre. Valentine se tenait à mes côtés et baissait la tête.

La comtesse entra à son tour dans la pièce. Elle avait du entendre le bruit causé par le vase.

-Que se passe t-il ici ? Dit-elle en nous regardant tour à tour.

-Vos bonnes ont cassé un vase. Je les entendais rire du couloir. Ce château semble ne plus être ce qu’il était avant. On s’amuse plus qu’on ne travaille ici.

Ce disant, il me fixait d’un air féroce. Et moi, avec un courage que je ne me connaissais pas, je soutenais ce regard. Ce n’était quand même pas un drame non plus…La comtesse avait bien le droit de se fâcher puisque cet objet lui appartenait, mais pourquoi cet homme s’acharnait il sur nous pour cela ?

-Valentine, était-ce vous ?

-Non, c’était moi Madame, répondis-je sans laisser le temps à mon amie de répondre.

-Tu sais donc le traitement que l’on réserve à ceux qui font mal leur travail…Me dit elle d’un air sévère.

-Le fouet, murmurais-je.

-c’est bien cela. Je vais prévenir le majordome. Henri se ferra un plaisir de t’administrer la sanction que tu mérites. A l’avenir, tu deviendras peut être plus adroite.

-Oui Madame. Je baissais la tête. Je connaissais Henri pour savoir qu’il n’était pas tendre.

-Non mère. Ce sera moi qui lui donnerai le fouet. Elle m’a regardé avec un air insolent tout à l’heure. Je vais lui apprendre à se conduire avec ses maîtres…

-Comme tu veux, Taylor. Si cela peut te faire plaisir de punir toi-même cette petite.

-Fin du chapitre 1-

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