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Fiction » Fantasy » Lost Angel, L'Ange Démuni font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Imari
Fiction Rated: K+ - French - Romance - Reviews: 26 - Published: 03-21-06 - Updated: 12-26-06 - id:2137307

Mardi 26 Décembre 2006

Bonjour tout le monde ! Bonsoir ! Comme il vous plaît, en fait :D

Voici enfin le chapitre 9 ! Vous allez pouvoir assister au tournant de l'histoire. Du moins le début. Car à présent, des petites choses vont se mettre en place. Mais je n'en dis pas plus, en espérant que vous êtes accrochés car ça risque d'être mouvementé .

Résumé : Amnésique, Stefan cherche à comprendre qui il est... Mais quand il apprend qu'il est un Soldat Ailé amant d'un Archange recteur... Quand retrouver sa véritable identité devient torture... Shonen-ai !

Rating : K! Aucun souci à se faire ! Par contre, je préviens tout de suite, cette fic est bien YAOI ! Tous ceux que les histoires d'amour, de papouilles et du reste, entre hommes, rebutent, vade retro !

Pour ceux, toujours intéressés, bienvenue !! Profitez bien !

Petit mot de l'auteur : Cette fic est normalement publié en avant première sur le site de la team Yaoi "Nation Boy's Love" dirigé par la Lucief en chef !! Si cela vous intéresse, rendez-vous sur le site de NBL !! (Envoyez-moi un mail, si intéressé) Pour ce chapitre, FictionPress a (encore !) l'exclusivité.

Remerciements : à L'Ange Gardien, ma fidèle lectrice (et auteur en passant, ça vaut le coup de la lire ! Ça vous remonte le moral !! Un délice des yeux et du cœur). Merci à toi. En espérant que ce chapitre te plaise autant que les autres. Tes "réveils" m'ont fait rêver… Je suis addicted ! Moi aussi je veux me réveiller ainsi Et merci pour ton mail de Nowel, je n'ai malheureusement pas eu le temps de répondre, je veisn de rentrer hier soir et j'ai terminé ce chapitre tout du long . Merci encore pour tout :x

Merci aussi à Angel Earth qui m'a fait énormément plaisir en lisant tout ce que j'ai écrit ! Je suis vraiment contente que tout te plaise. Et ne t'en fais pas si tu n'as pas écrit de review à l'ancien chapitre, ce n'est pas grave. Tant que je sais que tu me suis. Mais c'est vrai quand même que j'aime les reviews ! Me privez pas de mon en-cas préféré !! xD

Enfin merci à Azarus. Je suis contente de recevoir de nouveaux lecteurs, c'est un plaisir de savoir que je peux le faire ! Merci donc pour ta review, en espérant que ce chapitre reste à la hauteur des anciens, voir soit mieux !

Note : Comme le dit Angel Earth : encore des indices sur ce qui se trame, mais beaucoup moins voyant… Régalez-vous, c'est mon Kdo de NOWEL !! (d'ailleurs j'ai un autre Kdo en préparation, là, hé hé )

Note 2 : La dernière !! En repassant sur la fic de Luciel, La Légende de Lucifer, j'ai retrouvé le nom d'Enael... Alors, Luciel, si tu passes par ici, je te supplies de me croire yeux de Chat Potté :p, même en ayant lu ta fic, le nom d'Enael ne vient pas d'ici... Je ne l'ai revu qu'après. Peut-être qu'inconsciemment j'y ai fait référence, mais vraiment ce n'était pas "fais exprès"... Bref voilà, Gomen --'

Enfin, fini ! Je vous laisse ici, et bonne lecture !! Joyeux Nowel à tous !


Lost Angel – L'Ange Démuni.

Chapitre 9 : S'avouer à soi-même.

oOo

"Une obligation t'incite à partir. Fais comme il doit être fait. Sois un bon archange recteur, le meilleur de tous… Et un jour, je serai à tes côtés, Enael-Mettatron." Nathan

oOo


"Vous allez mourir."

Enael serra les dents et vérifia que sa sœur était bien en sécurité avant de s'approcher du garçon affreusement mal en point.

"Tu es un imbécile !" assena-t-il, ayant peur que celui-ci ne finisse par mourir.

Le jeune homme leva sa tête vers lui et Enael le trouva encore plus jeune qu'il ne l'avait tout d'abord perçut. 15 ans, pas plus. Que lui était-il arrivé pour qu'il perde la vie et qu'il devienne un Soldat Ailé aussi jeune ?

Mais il n'eut pas le temps de s'appesantir sur la question; le temps pressait : le démon relevait la main vers eux, se préparant à attaquer une nouvelle fois.

"Ca ne se passera pas comme ça ! C'est moi maintenant ton adversaire !

-Non !" s'écria faiblement le gamin, à genoux.

"Ah oui ? Et comment vas-tu m'en empêcher ? Même au meilleur de ta forme, mes pouvoirs dépassent les tiens et de loin ! Récupère !"

Enael se mit debout face au démon et souffla une première fois, essayant de se concentrer sur ce qu'il avait appris : les boules de lumière, le plus efficace de ses pouvoirs.

"C'est fini !" s'écria-t-il alors qu'il envoyait son attaque sur le démon. Et celui-ci y répondit, mais pas assez puissamment. Emporté, il vola sur quelques mètres avant de s'écraser lourdement sur le sol.

"Mais… Mais qui es-tu ?" demanda tout doucement le jeune homme derrière lui.

"Je suis sûrement celui que tu aurais dû reconnaître le premier. Enfin, je suppose. Peux-tu récupérer un peu en me touchant, pendant que ce monstre se remet ?

-Je suis désolé… J'ai toujours des difficultés à prendre l'énergie des autres… Je ne suis pas doué pour…

-Peu importe, viens là."

L'un n'est pas doué et l'autre a besoin d'énormément de toucher… Mélanie va se foutre de moi ! Et Raziel, s'il me voyait… Il me tuerait ! D'ailleurs, Razielvient

Enael laissa le jeune homme approcher et le prit dans ses bras. Il n'attendit pas pour se concentrer et envoya une grande quantité de vitalité au jeune homme. Ce qu'il ne s'attendait à sentir, ce fut ce garçon qui tentait de s'échapper de ses bras. Lorsqu'il le lâcha, le garçon partit dans les airs et aurait pu s'écraser à son tour sur le sol s'il n'avait pas sortit ses ailes à temps.

"Mon Dieu, quelle force ! J'ai cru que j'allais prendre un vol gratuit pour le Paradis et sans besoin de rien ! Mais t'es qui ?"

Effectivement, il avait repris du poil de la bête. Mais Mettatron n'eut pas le temps de répondre que déjà le démon revenait.

"Je m'en occupe", lui dit le garçon. "Et on me contredit pas, je suis Soldat Ailé. Au fait, je m'appelle Kelian, et toi ?

-Ta gueule et reste derrière !" s'exclama Mettatron, énervé. Ce petit prétentieux, s'il continuait, allait mourir.

Et à l'instant où il allait se remettre à combattre, un éclair perça le ciel et alla s'écraser à l'emplacement exact où se préparait le démon quelques secondes auparavant. Il ne resta ensuite plus qu'un tas de poussière, emporté en quelques instants par le vent.

"Mais…", commença Mettatron, sachant parfaitement qui maniait aussi bien les éclairs.

"Enael ! Bordel, heureusement que j'ai entendu ! Qu'est-ce que tu crois que j'aurais fait s'il t'était arrivé quoi que ce soit ?

-C'est bon Riel, il n'y a rien…

-Ce n'est pas rien ! Tu aurais pu y rester, En' !

-Raziel ! Tais-toi ! Arrête !"

Le ton autoritaire et rageur stoppa son amant. Raziel le fixa avec colère.

"Je sais très bien ce qui aurait pu arriver et je t'ai appelé alors arrête maintenant. Et qui a foutu un simple Soldat Ailé devant cette maison ?!

-C'est moi…

-Toi ?! Tu te fous de moi j'espère ?!

-Je ne pensais pas qu'on s'en prendrait à elle…"

Enael ouvrit la bouche, puis la referma… Il avait envie de hurler tout d'un coup. Il l'énervait à toujours crier à tort et à travers pour sa sécurité alors qu'il serait, lui, plus apte à le protéger, et non le contraire.

Et Mélanie aurait pu mourir !

"En', calme-toi s'il te plaît. Et tu dois des excuses à Kelian. Ce n'est pas sa faute s'il n'est qu'un Soldat Ailé…"

C'était la voix de sa sœur, alors qu'elle prenait son bras, doucement. Avait-elle peur ? Oui, sûrement… Il n'avait pas été tendre, à l'instant. Il avait même été franchement insultant…

"Excusez-moi… Kelian, excusez-moi, jeune Soldat Ailé, je me suis emporté et c'est indigne de moi…

-Un ange ne se soumet pas ainsi à un Soldat Ailé !" s'exclama Raziel, toujours coléreux.

"Mais tu as fini un peu, Raziel ? Je ne fais que m'excuser. Je le lui dois…

-De toute façon, tu as toujours raison…

-Parce que tu parles pour toi, j'espère ?!"

Le ton remontait à nouveau. Mais qu'arrivait-il ? Que leur arrivaient-ils à tous les deux ? Avant amants, à présent presque ennemis ?

Raziel s'approcha de lui et lui attrapa la nuque.

"Je parle pour nous deux."

Il posa ensuite ses lèvres sur celles de son Seigneur et l'embrassa sauvagement. Quand il se recula, il souriait légèrement, comme si ce baiser l'avait en quelque sorte détendu.

"Bien. Nous devrions remonter tous les trois…"

Enael, d'abord apaisé lui aussi par le baiser, se rétracta aussitôt.

"Mélanie vient d'être attaquée. Je vais rester quelques jours… En attendant, trouve un bon…

-Tu ne resteras pas ! Je ne veux pas te voir seul ici !

-Mais tu as fini oui ?!

-Tu viens avec moi ! Le Soldat Ailé s'en occupera !

-Kelian n'a pas assez de pouvoir pour le faire ! C'est moi qui l'aie protégé !

-Tu n'es pas assez formé !

-Tu remontes au Ciel !

-Pas sans toi !

-Raziel !

-Mettatron !

-C'est un ordre !"

Raziel venait de toucher une nouvelle corde sensible : son nom. Mauvaise pioche !

"C'est un ordre ?" répéta doucement Raziel, à voix basse, comme s'il n'y croyait pas.

"Oui, ça l'est. Tu remontes. Kelian, vous suivez l'archange recteur Raziel. Et tout de suite !" termina le jeune homme en fixant durement son amant.

Comme pour punition, Raziel se pencha et, en embrassant à nouveau Enael, lui mordit la lèvre. Puis il sortit ses ailes et décolla sans attendre le jeune Soldat Ailé.

"Excusez-moi, Seigneur", dit rapidement celui-ci avec une légère révérence. "Je ne vous avais pas…

-Tu n'as aucune raison de t'excuser, jeune Kelian. Maintenant va, retourne au Paradis et évite tant que tu le peux Raziel. Du moins durant quelques jours ou, si tu le peux, jusqu'à ce que je revienne."

Le Soldat Ailé hocha la tête, sortit ses ailes et partit sans plus un mot.

Enael, enfin un peu plus soulagé, consentit à passer deux doigts légèrement tremblants sur sa lèvre, en sang.

"Crétin…" murmura-t-il, presque écoeuré.

oOo

"Tu t'entends très mal avec Raziel en ce moment, n'est-ce pas ?"

Mélanie venait de poser sa main sur la plaie et celle-ci se referma rapidement. Elle souriait doucement.

Avant, elle avait essayé de nettoyer la plaie et de lui mettre un pansement. Tout ce qu'elle y avait gagné, c'était le regard meurtrier de son grand frère. A présent, il était détendu.

Enael poussa un soupir puis se dit qu'il serait bien de tout dire à Mélanie, de se confesser à quelqu'un pour l'aider à prendre une décision.

Il commença tout d'abord par lui rapporter la perte de poids de l'ange puis la tendance quasi fanatique de son amant à le protéger de tout.

"Il a sûrement peur de te perdre de nouveau…

-Peut-être mais ce n'est pas une raison pour être ainsi. J'ai l'impression que plus le temps passe et plus je le comprends… dans le mauvais sens. Avant, je le sais, il ne pouvait pas se passer de moi, avant. J'étais un peu comme une drogue pour lui. Il m'aimait et me passait tout. Mes moindres demandes étaient satisfaites. J'étais le maître tout simplement… tout simplement par ce que j'étais le plus faible.

-Et à présent ? Tu es le Seigneur Mettatron, son supérieur… Tu peux avoir ce que tu veux… Il le prend mal, de ton point de vue ?

-Oui… Tu sais, j'ai eu tout le temps d'y réfléchir. Dès que, par obligation, je lui ordonne de me laisser, il enrage. L'autre jour, j'étais au chevet de Vehu… de Melody. Il m'a presque ordonné de choisir entre lui, en pleine forme et remonté à bloc, et Melody, allongée dans le lit et entrain de reprendre des forces par mes mains…

-Oui, à ta place je n'aurai pas hésité un instant : Melody avait besoin de toi… Mais j'y pense ! Elle est devenue une Ange ! Tout s'est bien passé ?

-Tu m'en veux encore de ne pas t'avoir laissé assisté à cela ?

-Oui... Par ce que ça doit être beau de voir un être humain devenir ange… Mais elle va bien à présent, Melody ?

-Elle va très bien. Elle est devenue celle qu'elle devait être : la Séraphin Vehuiah. Elle m'a beaucoup aidé d'ailleurs !

-Et… comment deviens-t-on un ange, alors ? Pourquoi ne pas m'avoir laissé voir ?"

Enael ouvrit la bouche mais rien ne sortit. Aucun son ne voulait franchir ses lèvres et sa gorge, sèches. Puis il inspira profondément et commença à lui expliquer. Il lui parla tout d'abord de ce qu'était un Soldat Ailé : un être humain, mort avec une question, une supplique ou une envie irrésistible persistant dans son cœur. Chacun ayant dans son cœur cette question, lui donnant un sens nouveau alors que l'on s'endormait pour l'éternité.

C'était ainsi que lui, disait-il, ayant pour ange gardien Haaiah, l'ange de la vérité, il avait supplié le monde de lui montrer une vérité : pourquoi y avait-il autant de pertes de vies pour rien ? Des disparus à cause d'accidents ? Il osa lui révéler la cause de sa propre mort, cette stupide bagarre dans laquelle il avait été embarqué, où il n'avait pu donner de coups mais en avait reçu tellement qu'il en avait perdu la vie, désarmé.

Mélanie laissa perler quelques larmes mais ne dit rien et Mettatron en fût très touché.

Il enchaîna ensuite sur l'instant où il était devenu Mettatron, en volant. La douleur qui l'avait parcourut de la perte d'un ange si cher puis celle de devenir celui qui avait si soudainement disparu. Et enfin l'abandon, la perte de conscience.

Il passa très vite sur sa période aux côtés de sa sœur, qui s'en amusa, puis lui avoua ce qu'il avait vécue en remontant dans les Cieux en compagnie de Haaiah : nouvelles douleurs, effroyables, nouvelle perte de conscience, affaiblissement; il était tout simplement mort une deuxième fois.

Enfin quand il en arriva à décrire la façon dont Melody était devenue Vehuiah, il eut du mal à lui faire comprendre cette transition qu'était la mort, tellement les mots lui manquaient pour contourner le verbe fatal qu'était "mourir".

"Alors elle est morte… Elle a du perdre la vie…"

Oui, c'était cela. Et ces simples paroles piquaient les yeux de l'archange recteur, encore sensible à cet acte…

"Je comprends mieux pourquoi tu ne voulais pas que je voie ça…"

Il en était soulagé !

"Et si on allait dans ta chambre ? J'aime l'atmosphère qui y règne. Il y a du calme, de l'amour… Tout pour me détendre, ma puce.

-Ne m'appelle ainsi !

-Je rigolais !

-Je sais."

Ils sourirent mais les sujets sérieux qu'ils avaient abordés les empêchèrent de faire plus. Ils se levèrent en silence puis recommencèrent à parler dans les couloirs. Ils évitèrent le sujet "Paradis" et abordèrent celui des cours.

"Je suis content d'y échapper ! Je ne supporterais plus de travailler ainsi !"

Ils rirent enfin, se détendant perceptiblement.

"Et moi je dois réviser d'ailleurs ! Dans deux jours, j'ai une interrogation de maths.

- Les maths ! Quelle matière fantastique !" s'émerveilla faussement l'ange. "Aïe ! D'accord, j'arrête de me moquer !

-Imbécile !"

Il sourit puis se proposa pour faire le repas. Autant qu'il serve à quelque chose. Mélanie accepta et il la laissa travailler.

Combien de temps encore allait-il rester ? Il n'avait l'impression de réellement vivre, d'être en paix, seulement à ses côtés. Au Ciel, il y avait trop de choses qui dépendaient de lui… Et c'était pour cela qu'il devait y retourner, même s'il n'en avait pas envie. Il devait cela à tous les autres Anges.

oOo

Minuit quarante cinq. Le téléphone sonne.

Ah non ! Ce n'est pas le téléphone ! Ce sont des coups frappés sur la fenêtre de ma petite sœur adorée qui dort à poings fermés, comme à son habitude… Et je fais quoi, moi ?

Enael se leva silencieusement et osa utiliser ses perceptions d'ange pour connaître l'identité du visiteur ô combien retardataire.

Enael ! Réveille-toi, bon sang ! Ouvre-moi cette fenêtre ! cria une voix dans sa tête qu'il reconnût aussitôt

"Melo… Vehuiah…"

Aussitôt il fit ce que lui demandait la jeune fille dans un silence complet, utilisant sa magie le plus minutieusement possible.

"Ah enfin", souffla une voix réelle cette fois, alors que la jeune ange entrait silencieusement dans la chambre, semblant flotter dans les airs.

"Tu n'aurais pas pu choisir un autre moment ? Mélanie dort…

-Dormait…", maugréa une voix.

Enael ferma les yeux d'un air désespéré, jetant un regard en coin à Vehuiah. Aucun doute possible quant à son léger reproche; la jeune fille se mit à rougir.

"Excuse-moi, Mélanie. Je suis idiote de ne pas avoir pensé à ce détail…

-Ce n'est rien, c'est trop tard maintenant. Mais allez dehors pour discuter. Et ferme la fenêtre En', s'il te plaît… J'ai froid, j'aimerais dormir et demain j'ai cours !"

Le garçon hocha la tête et se dépêcha de pousser l'ange devant lui, par la fenêtre avec un sourire espiègle. Il la fit basculer et se laissa tomber avec elle. Vehuiah retint un cri en se sentant tomber mais fût retenu par son Seigneur qui ralentit leur chute sans même sortir ses ailes. Arrivés au sol, il bougea délicatement deux doigts de sa main droite et les volets ainsi que les vitres de la fenêtre se refermèrent silencieusement.

"Eh ben ! Je ne t'avais encore jamais vu faire une chose pareille !

-Je m'améliore. Et j'apprends bien plus ici, dans cette ambiance…

-En parlant d'ambiance, ta sœur ne m'aime pas ? Elle nous a envoyé ainsi dehors… J'espère qu'elle ne me fait pas la tête…"

Une petite rougeur reparût sur les joues de la jeune fille et Enael s'autorisa un sourire.

"Ne t'en fais pas, ce n'était pas contre toi. Mais il est vrai que demain elle a cours et qu'elle a besoin de dormir. Et, contrairement à toi, et sans être méchant, elle dit ce qu'elle pense sans détour. Si elle veut que je parte, elle me le dira franchement et sans ambages. Toi, tu es bien trop gentille pour oser une telle chose…

-Je prendrais ça pour un compliment… En attendant, une tout autre ambiance règne dans les Cieux. C'est l'horreur !

-Comment ça ?

-Raziel est furieux ! Il crie partout et sur tout le monde ! On attend tous ton retour pour le maîtriser, ça devient impossible !

-Autant que cela ? Qu'a-t-il fait ?

-Il donne des ordres à tout le monde et a refusé que l'on t'envoie quelqu'un pour ta sœur tant que tu ne serais pas revenu…

-Mais il se fout de moi ?!"

Enael se sentit hors de lui ! Raziel ne s'en prenait plus seulement à lui, mais à tous les autres.

"J'en ai marre ! Mais que lui est-il arrivé ? Je ne le reconnais plus, je ne sais plus sur quel pied danser. Il veut me protéger, il ne veut plus me laisser descendre, bientôt il me séquestre dans une boîte de cristal !

-Je ne le reconnais plus non plus…

-Comment ça ?

-D'après mes vies passées… Il est complètement changé. Il crie, alors qu'il devrait être calme; il a des accès de rage alors qu'il devrait tendre la main à chacun…

-Très bien… Demain je monte. Pas cette nuit, ça ne servirait à rien…

-Bien… Merci…

-Tu vas bien toi ? Il ne t'a rien fait ?"

A sa façon de froncer les sourcils et de fuir son regard, Mettatron sut qu'au contraire, il devait en avoir bien profiter, l'archange recteur des chérubins…

"Il va payer !

-C'est ton amant !

-Nous verrons…"

Oui, il verrait. Et cette constatation lui glaçait le sang et compressait son cœur. Raziel, son amant, son amour…

Vehuiah resta encore quelques minutes puis remonta aux Cieux, semblant rassurée que son ami s'occupe de tout. Et Mettatron se rappela alors que tous comptaient sur lui, que tous avaient confiance en lui… Et que lui, malgré tout ce qu'il avait pu dire ou penser, se sentait apte et heureux de les aider. C'était là qu'était sa place et il l'aimait. C'était tout, c'était comme ça.

C'était le destin…

oOo

"Mélanie, tu me promets de faire attention à toi ?" demanda Mettatron, inquiet.

"Oui, je te dis ! Dépêche-toi plutôt de monter !"

Il sourit, les yeux ternes, indécis.

"Allez !", le poussa Mélanie. Il ne résista pas plus longtemps. Ill se détourna de sa sœur et sortit ses ailes, les faisant frapper le sol. La douleur était moindre en comparaison de ses débuts.

Il décolla lentement et ses yeux, perdus dans le vague, croisèrent un regard vairon.

Nathan ! cria son esprit alors qu'une brume de plus en plus épaisse, dans sa conscience, noircissait ce nom, le rendant apocryphe.

Il fixa le jeune homme et lui envoya un message télépathique puis, sans avoir eu l'air de s'arrêter, il continua de monter dans les airs et se rendit enfin invisible. Ensuite, il redescendit au milieu de la petite forêt Boyer. Nathan était déjà là.

"Nathan… c'est ça ?" demanda Enael, tout d'un coup beaucoup moins sûr de cette affirmation.

"C'était", répondit doucement le jeune homme, tout en avançant vers lui. Il baissa sa tête en signe de reconnaissance respectueuse, assurant à Mettatron qu'il savait qui il était.

"Quel ange es-tu ?

-Qui sait ?

-Tu ne veux rien me dire...?

-Non. J'ai beau avoir du respect pour toi et une certaine confiance, je m'interdis de révéler qui je suis pour l'instant."

La confiance que ressentait Nathan était partagée. Enael soupira puis hocha la tête, toutefois légèrement perdu.

"Mais je me demande tout de même… Comment sais-tu qui tu es ? Il faut s'éveiller, monter aux Cieux… Pourtant… tous les anges sont présents.

-Ah ! Bonne question. C'est Haaiah qui a permis mon intronisation et m'a caché. Mais tu ne soutireras aucune information de lui; c'est lui qui m'a conseiller de ne rien te dire pour l'instant…

-Haaiah a dit ça ?"

La tendresse et la confiance aveugle que Mettatron ressentait pour son ange gardien fût légèrement ébranler par cette découverte.

"Il ne m'a jamais rien caché jusqu'à présent…

-Alors dis-toi que cette réserve est pour ton bien, qu'il ne veut pas te mentir pour rien..."

Enael hocha la tête, passablement rassuré. Nathan le mettait à l'aise et chassait facilement ses angoisses. Deviendrait-il un ami, pour lui, bientôt ? Inconsciemment, il l'espérait.

"Je dois remonter, on m'attend", dit-il enfin avec un soupir de frustration. "J'aurais aimé continuer de parler avec toi mais…

-Une obligation t'incite à partir. Fais comme il doit être fait. Sois un bon archange recteur, le meilleur de tous… Et un jour, je serai à tes côtés, Enael-Mettatron."

Ce nom fit écarquiller les yeux de l'intéressé.

"Comment…?" commença-t-il en levant vivement ses yeux sur l'homme… qui aurait dû être en face de lui.

Nathan avait disparu.

Et merde !

Dépité, Enael sortit ses ailes dans un mouvement rageur, narguant la douleur qui s'était emparée de son dos contre cet acte irréfléchi.

Il s'envola alors avec plus de délicatesse, testant la solidité de ses ailes et, quand il fût rassuré, tourbillonna avec beaucoup plus de vitesse que d'habitude. Une envie de se défaire de toute tension avant son affrontement l'entraîna dans une folle danse aérienne.

Il monta haut dans le ciel, puis fonça vers le sol, rentrant ses ailes et s'obligeant à les ressortir à quelques mètres du sol, lui laissant juste le temps d'éviter le contact du bitume, frôlant quelques passants, étonnés de saisir un coup de vent invisible. Enael étira ses bras vers l'avant et s'amusa ensuite à imiter des super héros de son enfance.

Superman fût son premier cobaye et il s'amusa à reproduire sa pose de vol. Un franc fou rire l'emporta sur cette mimique et il enchaîna avec Batman, écartant ses ailes du mieux qu'il pouvait. Il ria encore en pensant que Batman était bien tout son opposé vestimentaire : tout de noir vêtu, alors que lui ne portait que du blanc…

Enfin ce fût le tour de Spiderman et il s'engouffra dans une crise de fou rire en essayant de se mettre dans les positions que tenaient ce personnage : impossible.

Enfin il se laissa aller dans les airs, enchaîna plusieurs déplacements et essaya même de voler dos au sol, ce qu'il réussit après plusieurs tentatives infructueuses. Il alla même jusqu'au lac de la forêt Boyer pour glisser le bout de ses doigts dans l'eau glacée. Un moment agréable qu'il se jura de reproduire. Il aimait tellement voler !

Allez, il est temps, à présent !

Il monta et leva haut sa main gauche, créant un passage le conduisant aux Cieux. Son cœur battait vite, comme s'il appréhendait de retrouver son monde et faire face aux Archanges Recteurs. Il avait abusé de leur confiance en disparaissant autant de temps, après tout. Il serait légitime que ceux-ci lui en veuillent.

"Seigneur Mettatron !" s'écria aussitôt une voix, alors que la lumière aveuglante l'ayant menée aux Cieux s'affaiblissait.

L'archange des Chérubins regarda autour de lui et, étrangement, ne fût pas surpris de trouver Kelian aux Portes.

"Que fais-tu là ?" demanda-t-il, un brin moqueur; il savait parfaitement que le jeune Soldat Ailé l'attendait. Il pouvait le sentir.

"Je… Je fais comme vous m'avez dit, Seigneur : je me tiens loin de l'archange recteur Raziel."

Enael sourit à cette marque de considération. Il ferait un bon Soldat Ailé.

"Depuis quand es-tu ici ? Je veux dire : depuis quand es-tu au paradis ? demanda-t-il tranquillement. C'était aussi un moyen de retarder la confrontation qui l'attendait, quelque part dans ce même paradis.

"Ca doit faire plus ou moins cinq années…

-Eh bien ! Tu es donc plus agé que moi en fin de compte. J'espère ne pas t'avoir froisser en t'interdisant le combat, la dernière fois…

-Non, Seigneur… Je…

-Ne m'appelle pas ainsi. Je ne suis pas habitué à tant de formalité. Dis-moi Mettatron.

-Bien Seign… Mettatron. Et je n'ai pas été froissé, je suis même plutôt flatté…

-Flatté ?" s'amusa Enael, en riant légèrement.

"Je savais très bien que je n'avais aucune chance. Mais un Soldat Ailé est toujours très bien choisi. Jamais je ne me serais défilé !"

Enael ne répondit pas. Il laissa se graver ces paroles dans sa tête, les comprenant petit à petit. S'il devait y réfléchir posément, il savait que Kelian avait tout à fait raison. S'il avait été à sa place, tout comme lorsqu'il avait protégé Melody, jamais il n'aurait abandonné. Il serait mort, voilà tout.

Il laissa ses yeux errés dans ceux de son interlocuteur avant de lever une main et de la poser sur sa tête.

"J ete suis reconnaissant. Et je te comprend. J'aurais fait la même chose. Maintenant, trêve de bavardage. Puis-je te confier la sécurité de ma sœur ?

-Mais…

-J'ai confiance en toi. Et Mélanie n'est pas sans défense; elle saura m'appeler.

-Bien… Seigneur…

-Kelian !

-Bien Mettatron.

-Allez, va !"

Et il laissa glisser sa main dans le cou du jeune homme pour le pousser. Puis il passa sans regarder derrière lui. A présent il fallait que toute sa concentration soit portée sur Raziel. Sinon, jamais il n'arriverait ce qu'il voulait…

Enael entra dans un couloir baigné d'un lumière légèrement nacrée. Cela lui apaisait la vue. La faible lumière lui communiquait une douce protection qu'il sentait tourbillonner autour de lui. Mettatron était un être de lumière.

Ses pas résonnaient sur une sorte de marbre. Quand avait-il comprit que toute cette atmosphère servait à laisser les hommes-anges dans un monde conquit ? Ce n'était qu'un représentation de ce qu'ils avaient toujours connu. Des appartements, des lits, la nuit, le jour, la fatigue, la joie… Il savait, au plus profond de lui-même, que s'il le voulait vraiment, il pourrait se débarrasser de tout cela. Ne jamais dormir, ne jamais manger…

Des portes commencèrent à défiler, à droite comme à gauche. Enael désespérait, il n'avait aucune envie d'arriver à destination. Et le chemin s'allongeait, captant ses désirs. Enfin, comme il s'accordait à penser qu'il fallait un jour faire face à ses problèmes, les appartements de Raziel apparurent. Enael grogna mais s'arrêta. C'était une porte en bois. Pourquoi en bois ? Par ce qu'il aimait la saveur qu'avait le bois. Il aimait les dessins que l'on pouvait créer sur une si simple surface.

Il finit par frapper à la porte de l'archange recteur et on lui cria qu'il n'y avait personne. Un bruit de gorge échappa à Enael qui répondit qu'il entrait de toute façon. Cette attitude de gamin lui était presque insupportable.

Il faisait noir dans l'appartement. Cela rappela à Mettatron la première fois où ils s'étaient avoués leur amour. Il avait, comme à présent, longé le couloir pour se rendre dans une chambre obscurcit. Raziel était allongé, privé de ses forces…

Il frappa à la porte et on lui cria de ne pas entrer. La véhémence de la réplique fit serrer les dents du jeune homme. Il était inquiet aussi et il tourna la poignée de la porte.

"Raziel, c'est moi", commença-t-il doucement, comme il l'aurait fait face à un animal blessé et effrayé.

"En… Enael … ?"

Il y eut u froissement de tissu et, lorsque le jeune ange put enfin entrer dans la chambre, Raziel était debout et tentait par tous les moyens à sa disposition de paraître calme.

"Tu es rentré…"

Enael hocha la tête sans rien dire, le fixant de ses yeux inquiets, détaillant son amant. Il avait ses cheveux blonds qui coulaient le long de son corps, légèrement en friches sur les bouts, comme s'il n'en prenait plus soin. Ce qui était en soi étonnant… Ses yeux aux couleurs de l'orage coulaient sur lui et fuyaient quelques secondes plus tard, ne s'attardant sur rien particulier, s'échappant de chaque chose. Sa robe blanche dépassait dessous celle bleue, sa couleur hiérarchique. Ce n'était plus des tuniques mais un enchevêtrement de tissus désordonné.

Raziel était dans un état pitoyable !

"Tu es rentré !" répéta plus fort l'archange des séraphins.

"Oui, je suis là, comme tu le vois. Tu n'as envoyé personne pour Mélanie, alors je m'en suis occupé…"

Bizarrement, Mettatron n'était pas aussi fâché qu'il aurait dû l'être. Voir Raziel dans un si piètre état lui intimait d'ailleurs de ne surtout pas le mettre en colère.

"Ah oui… J'avais oublié…"

Mensonge ! Enael ne répondit pas à cette provocation, cachant sa rancœur tout à coup ravivée.

"Raizel, on s'est plaint à moi de ton comporte…

-On s'est plaint ?! Qui s'est plaint ?!"

Son ton était perdu entre le rauque de la peur et l'aigue de sa rage. Il prit un visage perclue de colère à la limite de la folie.

S'il ne l'a pas encore dépassé, pensa tristement Mettatron.

"Qui peut parler de mon attitude en te voyant dans cet acoutrement ! N'as-tu aucune pudeur ? Regarde-toi, on croirait un chien en chaleur, cherchant la chienne qui comblerait ses délirs ! Oh mais pardon : Tu préférerais un autre chien, évidemment ! Et dire…

-RAZIEL !" le cri de Enael couvait un pouvoir stupéfiant qui fit perdre la parole à l'interpellé. Ils entraient tous deux dans une rage incomparable.

"Aurais-tu préféré que je porte, comme les prêtres, les robes fermés à la gorge, de longues chaussettes pour cacher mes jambes et une capuche pour empêcher d'autres que toi de voir mon visage ?!"

Sa voix persiflait de rancœur et d'ironie. Pourtant, Raziel sourit et ses yeux s'aggrandirent, comme s'il s'extasiait d'une telle compréhension. Le "oui !" qu'il jeta à la figure de son amant fit frissonner Enael. Il cligna des yeux, abasourdi, meurtri. Il serra les poings et fit demi-tour. Quand il prit la poignée dans ses mains, il entendit une plainte sortir du corps de Raziel, l'imlorant de le pardonner, de rester, de ne pas le quitter. Mais il n'en pouvait plus. La limite avait été franchie. Cette fois, il avait été trop loin et il savait le retour impossible à effectuer.

Alors, laissant couler ses larmes, il referma la porte derrière lui et sortit de l'appartement, ignorant le cri dément qui pourfendit le silence du paradis. Leur histoire se terminait comme elle avait commencé, dans la chambre d'un être maudit par la folie. Un ange perdu.

Un ange déchu ?

Enael n'osa porter ses mains à son visage strié de larmes. Il sortit ses ailes dans un brusque mouvement, atterrit devant ses propres appartements, ouvrit puis ferma la porte et, enfin, ériga un mur indestructible entre lui et le monde. Alors, seulement, il laissa échapper sa propre tristesse, sa colère, sa folie. Il cria longuement, le plus fort possible, tellement que même sa propre barrière ne put contenir toute son émotion et bientôt, tous furent témoins de sa perdition de plusieurs minutes.

Arriverait-il à faire le deuil ?

Il s'effondra sur le sol alors que Vehuiah se précipitait à ses côtés, les larmes tout aussi présentes dans ses yeux. Elle le serra fort et il se laissa partir. Préférant l'oubli à la douleur, il quitta un monde angélique qui ne ressemblait que trop à l'enfer.


Ima.



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