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Bonjour à tous et à toutes! Voici la suite de (Re)trouvailles !
Remarque : L'histoire et les persos sont rien qu'à moi ! Na !
Note de l'auteur : je tiens à m'excuser auprès de vous de ma lenteur d'écriture ! Je suis vraiment désolée, mais le fait est que j'écris cette fic à l'inspiration pure (et ce même s'il y a un tout petit scénario), donc si je n'ai pas d'idées, bah pas d'écriture ! Mais je finirais cette fic coûte que coûte ! Huhuhu !
Je vous mets ce chapitre avec plaisir, j'ai bien pensé écrire la suite d'un coup, vu que j'étais assez inspirée ces derniers temps, puis je me suis ravisée afin de vous donner ce chapitre et la suite...plus tard ! lol
Sinon, désolée pour la mise en page mais Fictionpress force à mettre à la ligne...Du coup les paragraphes sont soit en un bloc, soit les phrases sont mises à la ligne et ça fait bizarre...Etant donné que je n'aime pas lire une fic où tout le paragraphe est en un bloc...Bah vous avez droit à des retours à la ligne ! Super, non ? xD
Bonne lecture à tous !
Italiques : pensées des personnages
Chapitre 19
J’ouvris les yeux quelques instants pour apercevoir entre mes mèches, le visage inquiet de Christien. Il était finalement revenu me chercher. J’avais eu peur, même si je n’osais me l’avouer qu’à moitié, qu’il ne me laisse encore une fois derrière lui.
-« Paul ? Tu m’entends ? »
Il passa sa main sur mon visage et écarta les quelques mèches qui cachaient mes yeux. Il me sourit mais je voyais bien qu’il était crispé. Peur ? Inquiétude ? Remords ? Je ne savais dire ce qu’il le rendait ainsi. Toujours est-il qu’il était revenu. Je hochais la tête doucement.
-« Tu penses pouvoir marcher ou pas ? »
Je le regardais. Je n’avais qu’une envie, me laisser aller entre ses bras. De plus je sentais la forêt encore autour de moi. Elle qui avait voulu m’aspirer et me prendre en son sein, non dans un but pacifique. Je fourrai ma tête contre sa poitrine et refermai mes mains sur son gilet avec un petit soupir de contestation.
-« T’es venu me chercher, t’assumes maintenant ! » dis-je avec plus de véhémence que je ne l’aurais voulu.
Il ne dit rien dans les quelques secondes qui suivirent et je relevai la tête, inquiet de son silence. Je fus surpris de voir qu’il arborait un petit sourire en coin tout doux.
-« Le petit prince a envie de voyager à bras ? »
Malgré cette boutade, je sentais avec certitude qu’il était heureux. Et moi avec, bêtement. Je m’en voulais de me sentir si bien dans ses bras et lui donnai un petit coup de poing sur le thorax. Comme si ma force de moucheron handicapé allait lui faire mal. Mais c’était pour le geste. Il protesta gentiment et se releva en serrant ses bras plus autour de moi, l’un sous les genoux, l’autre autour de mes épaules. Je laissais ma tête se reposer sur son épaule et écoutait sa respiration calme. Je refermais les yeux, apaisé.
-« Il est revenu. Revenu ! Il est même venu me tirer de cette forêt. M’aimerait-il un tant soit peu finalement ? Ou est-ce encore un de ses tours pour m’abandonner encore le cœur en miettes ? Je ne sais que penser de ce retournement de situation. Je…Pfff…Fichu cœur. Oui toi tu sais ce que tu veux. Mais moi…Lui ? »
Je bougeais un peu, contrarié par mes pensées et ses bras se resserrèrent autour de mon corps affaibli. Ce mouvement me fit chaud au cœur et je décidais de laisser de côté un temps ma raison et de me laisser aller à cette étreinte sans réfléchir.
Christien sentit le corps de Paul se faire plus lourd. Il baissa les yeux sur le blond entre ses bras et remarqua qu’il semblait enfin s’être endormi.
-« Me fais-tu enfin de nouveau confiance ? »
Il soupira. Cette confiance n’était peut-être qu’illusoire. Après tout, il venait de faire une crise d’angoisse et était complètement fatigué. Laissant de côté ses pensées sombres, il pressa le pas pour rentrer au plus vite au bungalow de Paul.
J’étais bien. Entouré de chaleur et de moelleux, je ne voulais ouvrir les yeux pour retrouver la réalité et Christien. Je ne voulais pas affronter tout cela. J’avais fait une croix dessus. Après quelques minutes, je me rendais à l’évidence : si je ne voulais pas faire pipi au lit, il allait falloir que je me lève et accessoirement que j’ouvre les yeux.
Ce que je fis avec paresse et prudence, le gauche, rien, le droit, rien non plus. J’ouvris franchement les deux pour voir que j’étais dans mon lit au bungalow et qu’il faisait nuit. J’attrapais ma montre sur ma table de nuit pour aviser l’heure : 00h30. Mathieu n’était pas dans son lit mais j’entendais des voix qui provenaient du salon.
Je me levais aussi doucement que possible et sortit de la chambre discrètement, direction les toilettes.
J’allais ensuite dans la salle de bain pour me laver un minimum ; c’est à ce moment que la porte s’ouvrit doucement et laissa passer Mathieu. Il me sourit s’approcha de moi. Il tendit la main et caressa ma joue.
-« Tu nous as fait une belle peur tu sais. » chuchota-t-il.
-« Hmm…Pardon. » dis-je sur le même ton.
Je l’interrogeai du regard sur le pourquoi de parler si peu fort.
-« Eh bien » reprit-il toujours aussi bas, « je t’ai vu partir de la chambre, mais je crois bien être le seul. Et vu que tu semblais te vouloir discret, je me suis dit que parler à voix haute dans la salle de bain prouverait, soit que je suis cinglé, soit que tu es levé. Et ce n’est pas ce que tu veux, n’est-ce pas ? »
Je lui souris et m’approchai de lui pour le prendre dans mes bras.
-« T’es vraiment super tu sais ? »
Il me rendit mon étreinte et posa son index sur ses lèvres en me faisant un clin d’œil. Il jeta un œil par la porte et me prenant par le poignet fermement mais avec douceur, il m’entraîna à sa suite dans notre chambre. Il me força sans grande peine à me recoucher -j’étais fatigué mine de rien, les "ballades" en forêt ça crève- et se glissa à mes côtés en silence.
Il passa un bras autour de ma taille et se rapprocha de moi, collant son corps si semblable au mien en cuiller contre le mien. Il caressa mes cheveux tendrement en entonnant doucement un air de musique, attendant sûrement que je me confie à lui. Quelques minutes plus tard, je laissai encore l'air doux d'une des chansons de Dido me bercer et me calmer afin de pouvoir exposer sans fautes ce qu'il s'était passé et ce que j'avais ressenti.
Il écouta mon récit en silence mais toujours en caressant tendrement mes cheveux, jouant parfois avec certaines de mes mèches. Je ne pouvais me mettre à la place de Christien et savoir ce qu'il l'avait poussé à venir me voir, et ce même si j’avais vu de l’amour dans ces yeux (Ou alors l’avais-je rêvé, je n’en étais plus sûr maintenant. Je ne comprenais pas, je ne comprenais plus). C'est alors que je me souvins que c'était à cause (ou devais-je dire grâce, je ne le savais pas encore) de lui que mon ancien –mais toujours aussi vif malgré tout- amour était ici. Je me retournais brusquement pour le fixer dans la pénombre. Il du saisir le reproche qui se cachait dans mes yeux car il soupira et retira sa main de mes cheveux, que mon soudain changement de position n’avait pas délogée.
-« Écoute…Je sais,… » Il cherchait ses mots. « Je sais que je suis coupable de cette situation, enfin tout du moins de la présence de Christien, après… »
-« Ça n’enlève pas le fait qu’il est là par ta faute, et seulement la tienne. Pourquoi m’avoir caché que vous entreteniez une relation amicale derrière mon dos. Amicale, n’est-ce pas ? Rassures-moi Mathieu ! »
-« Oui, amicale. Le fait que deux personnes tiennent à la même, peut-être de façon différente, ça créé des liens. »
Je restai sceptique à ses paroles.
-« Tu as continué à lui parler, à lui faire confiance malgré ce qu’il m’a fait ! Mais…Mathieu ! » J’en perdais mes paroles, attéré.
-« Paul…Je l’ai fait car je sais que tu l’aimes toujours. Tu as voulu l’oublier et je ne m’y suis pas opposé. Mais je te connais. Tu es tout ce qui est de plus girouette. J’avoue que je me suis peut-être fourvoyé sur ce coup. »
-« Et si je ne veux plus le voir du tout, plus du tout, ne plus entendre parler de lui, ne plus entendre son nom dans ta bouche. Que feras-tu ? »
Il sourit dans la pénombre. Je ne voyais certes pas très bien mais je pu entendre son sourire dans ses paroles.
-« Je ne t’en aurais plus parlé. Je lui dirais que tu ne veux plus le voir, que c’est définitivement fini. Quitte à lui reprendre mon amitié. »
-« Tu ferais ça ? …Pourquoi souris-tu ? »
-« Parce que tu as dit « Si je ne veux plus ». Dois-je te rappeler que le « si » signifie une hypothèse, donc que ce que tu dis peut-être aussi bien vrai…que faux. »
-« Humph…Tu me saoules. » Grognai-je, de mauvaise foi. « Mais », repris-je « je ne veux pas que tu quittes son amitié pour moi. Après tout, nous sommes libres de faire ce que nous voulons chacun de notre côté. Nous ne sommes pas des siamois. »
-« Merci. Cependant, ne veux-tu pas reconsidérer Christien. Il a peut-être peu argumenté… », il grommela quelque chose que je ne compris pas, « mais il n’en reste pas moins que malgré tout, malgré tout ce qu’il s’est passé, dit et fait, il reste attaché à toi. Si tu n’étais pas aussi borné, ce serait sûrement lui qui serait à ma place actuellement. Et vous feriez peut-être quelque d’autrement plus intéressant que cette conversation ! »
-« Mathieu ! »
-« Hé hé…Pardon. » Mais il ne le pensait pas le moins du monde si j’en croyais le petit ricanement qu’il émit.
-« De plus », il était devenu horriblement sérieux, « nous ne pouvons rester ensemble toute notre vie Paul. Je sais…Je sais que c’est tout nouveau entre nous, cette complicité, et je me serais bien passé de ce qui l’a provoqué, mais comme tu me l’as justement fait remarqué, nous ne sommes pas des siamois. Il va te falloir prendre ton envol, petit oiseau, et ce loin de moi. »
Je restai scandalisé par ses paroles. Il ne voulait plus de moi ! Lui aussi ! Des larmes se formèrent au coin de mes yeux et commencèrent à couler en silence.
-« Chuuuut…Paul. Je ne voulais pas te blesser. Ce que je te dis n’est pas applicable dans la seconde. Jamais je ne te laisserai partir sans que tu sois prêt. Jamais je ne t’abandonnerai. De plus, quand je dis loin de moi, ça ne veut pas dire à l’autre bout de la terre. Je serai toujours là pour toi. Ok ? »
J’acquiesçai en silence pendant que je m’efforçai de sécher mes larmes avec le revers de ma manche. Il entonna tout doucement le début d’une chanson.
-« Bien sûr qu'un jour s'en va pour l'un et pour l'autre s'en vient
Bien sûr les étoiles se meurent quand le ciel s'éteint
C'est notre amour qui n'aura jamais de lendemain
Mon frère ...
Puiqu'on ne sera toujours
Que la moitié d'un tout
Puisqu'on ne sera jamais
Que la moitié de nous
Mon frère...
Bien sûr que rien ne pourra jamais nous l'enlever
Bien plus que tout ce que la vie peut nous accorder
L'amour sera toujours cette moitié de nous qui reste
A faire
Mon frère ... » (Mon frère, les dix commandements)
La chanson se finissait alors que j'étais plus serein qu’au début. Éreinté, et après une dernière étreinte fraternelle, je me laissai glisser dans le sommeil sans peur, Mathieu sera encore là.
Le lendemain matin je me réveillais de bonne humeur mais avec un mal de crâne carabiné. Je portai ma main à mon front en gémissant en « Pauléeen ».
-« Grumphmalpfffchier. »
-« Tu as dit quelque chose ? »
Je me retournai assez vivement vers l’origine de la voix, ce qui fut une très mauvaise idée, mon cerveau ne semblait pas avoir suivi le mouvement.
-« Gneuuuhaie ! »
Mon père me sourit avec compassion et s’assit sur le bord de mon lit. Il ébouriffa mes cheveux et je ne me sentais pas de protester de par le fait que ça m’aurait donné mal à la tête et je ne voulais pas encore faire un mouvement de tête que mon cerveau ne suive pas. Ça fait très mal vous savez ? Il me tendit un verre d’eau avec un comprimé et je le bénis d’y avoir pensé. Je proposerai sa candidature pour la médaille d’honneur cette année, si je vous jure. J’avalai le comprimé et le questionnais du regard. Il reprit le verre.
-« Tu as de la fièvre. C’est ça de courir dans les bois peu couvert, surtout en plein mois d’avril ! En plus tu as du te tourmenter les méninges cette nuit, car quand nous sommes passés vous voir ta mère et moi hier soir avant de nous coucher, tu avais un beau pli de réflexion entre les deux yeux et qui partait au moins de la moitié de ton crâne ! La nuit devait te donner de bons et lourds conseils à mon avis ! »
Il partit d’un petit rire qui me résonna dans la tête et je grimaçai de douleur. Oui, j’ai du passer ma nuit à réfléchir. D’où le mal de crâne. Enfin en partie. C’est vrai que courir dans les bois en polo et pantacourt ce n’est pas recommandé, notamment à cette saison. Mais c’était aussi de la faute de Christien ! Non mais oh ! Je n’ai pas tous les torts non plus, manquerait plus que ça tiens.
D’ailleurs en parlant de lui, était-il encore là ? Je tentai une sortie de mon litt, avec succès. Mais dès que je me mis debout, mes jambes protestèrent et ce fut mon père qui me rattrapa.
-« Ola, doucement jeune homme. Allez viens je t’emmène ! »
Et à ma plus grande honte, il m’entoura de sa robe de chambre (c’est à dire 2 fois trop grande pour moi) et me porta en princesse jusque dans la cuisine. Cuisine où se trouvait tout le monde réuni. Il entra et sourit.
-« Et voilà la princesse ! »
-« Eeeeh ! » protestai-je, outré. Mon mal de tête me rappela à l’ordre et je tentai un timide « Salut » à mon public.
Tous me sourirent et je pus lire différents sentiments dans ces sourires et ces regards : joie, rire, soulagement, crainte, amour. Il me posa sur une chaise et ma mère posa devant moi un bol de thé ainsi qu’une tartine de nutella. Miam.
-« Merci. »
-« Tu te sens mieux ? »
-« Euh…Mieux n’est pas le mot, mais je pense que le nutella va arranger ça ! »
Et je mordais à pleines dents dans ma tartine. J’étais heureux (si on occulte le mal de tête). Ma famille était réunie dans cette cuisine, souriante, unie. Enfin, j’avais enfin accompli un de mes buts. Ma mère ne me regardait plus comme un membre à part de cette famille. Avait-elle finalement compris que rien n’avait changé en moi ?
Comme pour confirmer mes dires, elle me sourit avec tendresse et me caressa la joue.
-« On a appelé le docteur, il ne devrait pas tarder. »
-« Humph. » Difficile de parler la bouche pleine.
-« Ok. » Traduisit mon frère, moqueur.
Cécile éclata de rire, ce qui enclencha celui de Mathieu puis celui de ma mère, puis de mon père, Christien sourit doucement et je ris aussi un peu, assez pour que ça soit supportable. La matinée passa doucement entre la visite du docteur et les discussions des uns et des autres, les dessins animés à la télé pour moi, rhume oblige.
Vers midi, ma mère commença à faire à manger et ce que je redoutais se confirma, Christien semblait avoir établi ses quartiers dans le bungalow. Et le pire c’est qu’il s’entendait bien avec Cécile. Ils discutaient tous les deux depuis une bonne heure, Mathieu faisant des allées et venues entre eux et moi. Je dus donc me rendre à l’évidence : je ne pouvais pas l’éviter et il me faudrait bien à un moment ou à un autre parler avec lui, et ce moment se rapprochait indéniablement.
Ma mère nous appela à table et le repas fut joyeux. Je ne cessai cependant de jeter des regards à Christien, en douce, mais dès qu’il me captait, il me souriait. J’étais perdu.
-« Pourquoi joues-tu les gentils ? Que fais-tu là à t’incruster ? Que veux-tu ? Que me veux-tu ? Je ne comprends pas. Ok, tu m’as ramené hier. Et alors ? Tu crois que c’est si facile ? Sauver la princesse et celle-ci pardonne au prince. Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. Dans tes rêves mon gars ! Je t’aime encore mais tout n’est pas facile dans la vie. Je crois que j’en suis une preuve…Mais…Que disais Mathieu hier déjà ? Ah oui, je me souviens…« Malgré tout ce qu’il s’est passé, dit et fait, il reste attaché à toi. Si tu n’étais pas aussi borné, ce serait sûrement lui qui serait à ma place actuellement. Et vous feriez peut-être quelque d’autrement plus intéressant que cette conversation. » Oui tu as sans doute raison, et ça me tue de le reconnaître…Pfff…Qu’est-ce que j'ai fait pour mériter ça, hein ? Y a quelqu’un là-haut ?…Pas de réponse, je m’en doutais…Y a personne. Mais je l’aime…Et je crois que c’est indélébile. Non, c’est débile plutôt ! Ah ah ah que je suis drôle ! Je la ressortirais celle-la ! Humph…Merde…Mais ils sont où tous là ? Youhou ? Au secours ! »
En effet, je me retrouvais seul à table…Seul avec Christien. La table avait été débarrassée et la vaisselle lavée et rangée. J’ai été si longtemps que ça dans mes pensées ? Le rhume ralentit considérablement mon rythme de pensée là.
-« Euuuuh… »
-« Éloquent n’est-ce pas ? »
-« Lily et Cécile sont parties à la plage. »
Eh ! Mais d’où qu’il appelle ma mère par son prénom lui ?
-« Ton père est parti bidouiller avec un ami à lui qu’il a vu hier. Et Mathieu avait un rendez-vous. » Il finit sa phrase avec un air mutin.
-« Un rendez-vous… Un QUOI ?? Mais…Comment, pourquoi ? Qui ? »
-« Je pense qu’il t’en parlera lui-même à son retour. Ne t’inquiète pas, ok ? »
-« Humph… »
Enfin bref, le moment tant redouté était arrivé…Et j’avais mal à la tête. Super. Eh le mec là-haut qui n’est jamais là (fonctionnaire va !), détruis ma fiche, j’en ai marre…(1)
Je soupirai et jouai avec ma serviette pour me donner une contenance face à lui. Je ne savais que dire ou faire et qui plus est, avec le rhume, j’avais du mal à réfléchir et agir correctement. Il me regardait en silence. Je le questionnai du regard, certes avec un peu d’agression, mais je le questionnai tout de même.
-« J’attends que les médicaments fassent un peu d’effet. Je veux te parler, mais si tu n’es pas en état de comprendre et de me répondre correctement, à quoi cela sert-il ? »
Je le fusillais du regard. Comment ça « pas en état de comprendre » ? Insinuerait-il que le rhume me diminue ?
-« … »
Ouais, c’est vrai il a raison et alors ?
-« Grumph. »
Il sourit et se leva pour contourner la table. Il se tenait à côté de moi.
-« Tu viens ? On ne va pas rester dans la cuisine tout de même ! »
Je le suivais, un peu de mauvaise grâce, mais j’avais trop mal à la tête et étais trop fatigué pour répondre quoi que ce soit de mordant. Je m’affalai sur un des fauteuils du salon, recroquevillant mes jambes afin de me rouler en boule, les bras autour de ses dernières.
-« Bordel de merde…Pourquoi dois-je affronter ça ? Je te retiens Mat’ avec ton rendez-vous…C’est quoi d’ailleurs ce rendez-vous ? Grumph…Je ne suis même pas au courant. Suis trop blasé. Enfin bon me voilà coincé ici avec Christien pour une bonne partie de l’après midi et je ne pourrais pas échapper à LA conversation. De quoi va-t-on parler ? De nous ? Pfff, laisse-moi rire ! Du pourquoi du comment il m’a lâché comme une merde et pourquoi est-il là ? Ouais, ouais…Vas-y mon pote je t’écoute que je rigole ! Mwahaha ! Tu vois je me marre déjà ! Mwa…ha…ha…Humph…Il me fait encore de l’effet le salaud. Peut-être que je devrais penser à me faire enlever le cœur. Bonne idée, non ? »
Je le regardais par-dessous, ma tête posée sur mes genoux. Je l’observais à travers les mèches qui me tombaient devant les yeux. Il était toujours aussi beau. Il avait toujours cette assurance qui le sublimait. Cependant je pouvais déceler dans son regard et son comportement une certaine fragilité qui me déconcertait. Pourquoi ne pouvait-il pas être venu en conquérant, sûr de lui et tout, je n’aurais eu aucun scrupules à le repousser. Mais là, ça changeait tout. Il était touchant ainsi. Et ça me désespérait. Et puis Mathieu…Alors lui il perd rien pour attendre. Un frère ça ? Pfff…Que dalle. Un frère qui compote dans votre dos avec votre ex et tout ça dans le pseudo but de vous faire remettre ensemble car nous sommes faits l’un pour l’autre. Qu’il le sent. Il est devin maintenant ? A croire qu’il me connaît mieux que moi-même tiens ! Mais…Peut-être n’a-t-il pas tord ? Après tout…J’avais dit qu’après avoir réglé le problème avec ma mère, je m’occuperai du sien. Mais je voulais l’oublier. Pourquoi les choses ou les gens qu’on tient absolument à oublier se font rappeler à vous de la plus douloureuse des manières ? Devais-je maintenant affronter sans détour le problème de Christien ? Oui, à n’en pas douter. Je ne devais plus fuir.
Fort de cette résolution, je relevais les yeux vers lui. Il me regarda et sourit, sûrement n’attendait-il que cela : que je me décide de moi-même à affronter nos points de vue divergent à n’en pas douter.
A suivre...
(1) « Tut, tut, tut. Bonjour, vous êtes bien sur la boîte vocale du Paradis. Nous sommes ouverts les lundis, mardis et vendredis de 9h à 12h et de 14h à 17h, les mercredis et jeudis sur rendez-vous de 10h à 12h et de 15h à 17h. Si vous vous désirez vous renseigner sur les conditions d’entrée, veuillez voir St Pierre et tapez #1. Si vous désirez savoir les règles de vie et obtenir un formulaire, tapez #2. Si vous désirez obtenir un poste, veuillez voir St Thomas et tapez #3. Pour toute question sur les dossiers, tapez #4. Pour toute question, tapez #1029384756. Pour toute réclamation, il n’y a pas de touche. Et enfin si vous désirez rentrer en contact avec l’enfer, tapez #666. Merci, à bientôt. »
PTDR !! J’imagine bien tiens…Enfin j’en suis une fonctionnaire moi aussi mais mes horaires sont plutôt 8h30-12h, 12h45-18h en ce moment, et tout ça dans un bureau tout pourri avec un ordinateur portable 2ème génération (et dont les touches ont du mal…) avec windows 98 et en plus avec 2 heures de route par jour…Y a une arnaque quelque part, je le sens…MDR
Et voilà !
J'espère que ça vous a plu ! J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce chapitre de par les reflexions de Paul. Pour ce qui est du chapitre suivant, j'ai déjà les grandes lignes directrices, il faut juste que je mette de l'ordre dans tout ça et que je le mette par écrit. D'autant plus que c'est un chapitre essentiellement basé sur le discours de Christien. Et la réaction de Paul. (Non, je ne vous mets pas l'eau à la bouche ! xD)
Je vous embrasse tous et toutes et merci de m'avoir lue !
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Merci D