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bonsoir a tous,
Voila le dernier chapitre de Our Forbidden Feelings. Une nouvelle histoire est déja en préparation et sera elle aussi courte. par contre elle n'aura rien a voir avec les monde de OUF et OFF mais un nouveau monde avec de nouveaux acteurs.
bonne lecture
PARTIE 9
- Pff tu n'es plus amusant Gildas. Aller, entre donc ! Non mais je te jure ! Assis-toi, voila ! Ça va ? Mais regarde moi ça ! C'était qui cette fois ? Fais gaffe tu mets du sang sur mon parquet.
- Non, n'allume pas !
- Il faut au moins que je te nettoie. Tu es couvert de sang.
- S'il te plait Criss.
- Comme tu veux. Mais déshabille toi au moins. Je vais préparer quelques chose de chaud.
Gildas grimace quand il enlève ses vêtements. Il pleuvait depuis trois jour sans s'arrêter. Les bruit de la cuisine lui parviennent comme un arrière plan réconfortant, de même que la chaleur relative qui règne dans le petit deux pièces de Criss. Après les cours, il s'était fait courser par une bande en mal de castagne et s'était fait battre comme plâtre en se faisant traiter de pédale. Depuis le fameux bal de Mélanie, toute sa vie a chavirée. Il n'y fait plus attention. Son frère l'ignore superbement après la parodie de baiser. A l'école il s'est fait relégué au rang de paria à éviter à tout prix. Ne parlons pas de ses notes. Sa vie part à vau-l'eau et il s'en fout royalement. Il peut se faire taper dessus, injurier, insulter… il s'en fout. Il rend coup pour coup. Il s'est fait exclure du club de boxe car il était devenu incontrôlable. Même ses parents ont peur de lui et ont baissé les bras. Il lâche un rire dans l'appartement vide et sent sa lèvre se déchirer et du sang couler le long de son menton. Il l'avale d'un coup de langue. Il murmure dans la nuit:
- J'ai envie de mourir…
Il se reçoit une serviette éponge sur la tête et la voix de Criss se fait entendre tout près.
- Va crever dehors alors.
Gildas balance la serviette sur l'ombre chinoise en face de lui.
- Sale enfoiré!
- Si tu voulais crever pourquoi tu t'es traîné jusqu'à chez moi ? Tu aurais pu tout aussi bien te vider de ton sang sur le pavé ou dans le caniveau. Pourquoi chez moi ?
- T'avais qu'à me laisser en bas de chez toi. Pourquoi tu restes toujours près de moi ? Notre marché est caduc depuis plus d'un mois.
- La co-propriété n'apprécie pas les déchets dans la cour.
Criss s'avance et se met à essuyer la tête de Gildas. Il parle d'une voix plus douce.
- Tu devrais appeler chez toi.
- Pourquoi faire ? Ma mère s'en fiche. Et depuis quand tu t'inquiètes de moi ?
- On est allé au bord du gouffre et si on plonge ça sera ensemble.
Gildas sourit dans l'ombre.
- Ensemble hein ?
Il le repousse violement.
- T'es pire qu'une gonzesse. Tu te prends pour Roméo et Juliette ? Je ne t'aime pas. Pire je te hais, je te vomie et je te merde! Ensemble hein?!
Il le repousse encore une fois.
- Tu me dégoûtes, tu me files la gerbe ! Espèce d'enculé même pas capable de baiser ! Pauvre nul ! Pédale ! Tapette ! Fiotte ! Fillette ! Je te crache à la gueule !
Il le repousse encore une fois et cette fois, Criss cogne se mur.
- Tu es la honte de ta famille ! Tu fous les boules à ta propre mère ! Elle en pleure la nuit ! T'es un raté, un connard fini, un…un…
Les genoux de Gildas lâche et il s'écroule devant Criss en éclatant d'un sanglot hystérique. Il en perd la respiration. Criss qui n'avait pas bronché ni fait un geste, s'agenouille face à lui et le prend dans ses bras en le berçant. Il pleure aussi. Gildas s'accroche à la chemise de Criss comme un naufragé à une bouée. Il n'arrive pas à parler et les larmes coulent, coulent, coulent. Criss lui parle d'une voix monocorde.
- Je suis invisible. Je n'existe pas pour mes parents. Il peut m'arriver n'importe quoi qu'ils s'en fichent. Tant que je ne reste pas dans leurs pattes et que je me comporte en enfant modèle, ils me tolèrent. Sinon ils ferment les yeux et demandent à leur secrétaire d'étouffer l'affaire. Je n'existe pas… je n'existe pas sauf à travers ta douleur, notre douleur, notre désespoir. Je ne suis plus seul grâce à toi. Je ne suis plus seul…
La chaleur de Criss autant que ses larmes apaisent celle de Gildas. Il sent le goût salé des larmes de l'autre, leur moiteur dans son cou. Doucement il relâche son étreinte sur la chemise et à son tour réconforte Criss. Il passe sans fin sa main dans les cheveux blond si fins.
- Criss je suis là… ça sera ensemble Ok. On plongera ensemble.
Criss s'écarte ses yeux si bleus ourlés de rouge.
- Vrai ?
- Ouais.
Tel deux affamés, leurs lèvres se trouvent pour la première fois. Chacun tentant d'aspirer l'autre à l'intérieur de lui. Ils se dévorent de baisers et de caresses, basculent sur le lino. Le reste des affaires de Gildas volent à travers la pièce pendant que Criss se déshabille. Ils n'ont de cesse de se toucher ou de s'effleurer. Ils sont en manque d'amour et de tendresse. Affamés ils sont, affamés ils se découvrent. Il ne s'agit pas d'amour mais d'un besoin impérieux de se faire reconnaître comme vivant, comme existant aux yeux de quelqu'un. Une besoin de prouver et de s'accepter.
Les peaux se frôlent et s'étreignent, les doigts fouillent et s'accrochent, les lèvres goûtent et mordent. Gildas grogne sous ses douleurs ressentent autant que des douleurs infligées par son compagnon. Ils n'en ont jamais assez. C'est comme si une vanne venait de s'ouvrir entre eux et que chacun tentait d'éponger. Gémissements, soupirs, cris étouffés, baisers, bruits de corps. La chaleur devient infernale et leur cœur est à la limite d'exploser. Danse lascive et sauvage, murmure rauque jusqu'au dernier soupir de plaisir.
C'est allongé contre Criss sur le linot glacé que Gildas se réveille. Il a froid. Il se lève et tire le plaid du sofa sur le corps endormi de Criss. Il enfile sa chemise et sans un regard en arrière monte sur le toit. Ce moment avec Criss lui a fait comprendre dans quel gouffre il est tombé. Il est lucide comme jamais depuis un long moment. La pluie détrempe sa chemise qui lui colle a la peau. Le vent hurle. Il sent les gouttes de pluie coulée le long de son échine. Son cœur est aussi glacé que cette nuit là.
- Renaud… mon frère, ma vie, mon amour, ma nuit.
Il s'approche de la balustrade, monte sur le parapet ouvre ses bras à la nuit. Le vent lui cingle le visage. Il pense:
« Et si je m’envolais… partir loin d’ici… loin de lui… ma présence est une injure. Mon cœur est rempli de ténèbres et mes pensées le blessent. Je ne veux pas le salir, je ne veux pas le blesser… je veux partir loin… ne plus ressentir ce trouble. Ne plus avoir honte de moi. Éteindre le feu qui me ronge… partir seul…oublier… ne plus penser qu’il est la moitié de ma vie, qu’il fait partit de moi. Ne plus penser…oublier…Ma vie…mon amour…mon frère ! Pourquoi a-t-il fallu que nous soyons jumeaux…Lui ne le sait pas… il ne le saura jamais. Le voir me fait saigner le cœur. Je ne peux pas vivre sans lui, sans le voir, le toucher, l’embrasser… Lui à sa vie…moi je n’ai que lui. Qui suis-je pour pouvoir…pour vouloir…jamais mes mains n’oseront se poser sur son corps comme dans mes rêves fous…je meurs sans lui… je meurs d’amour. "
Le jeune garçon soupire sous la pluie et ramène ses bras contre lui. La tête toujours levée vers le ciel… il frissonne. Il descend du parapet et s’agenouille devant, posant ses bras contre le béton mouillé il pose sa tête dessus. Fermant un instant les yeux il tente de retrouver un peu de cette chaleur qui remplie ses souvenirs. Son esprit flotte vers cette époque… il y a quoi… quelques mois…presque un an ? Son esprit remonte le temps….
Il se sent enfin bien dans son désespoir. Il sais ce qu'il a à faire. Il se relève et son rire fou monte jusqu'au ciel presque silencieux, emporter par le vent du nord. Il remonte contre la balustrade et comme avant ouvre ses bras pour s'offrir à la nuit et au vide. Il prend une grande inspiration et petit à petit rompt toutes les amarres qui le relient à la pesanteur. Il se sent partir en avant dans un immense soupir de soulagement. Un long cri lui échappe quand deux bras lui enserrent la taille.
- NOOOOOON !
- NOOOOOON!
Criss le tire sur le toit sans le lâcher malgré la férocité de Gildas.
- Non, reste avec moi, reste avec moi, ne me laisse pas seul… non, je ne veux pas être seul. Ne part pas sans moi, emmène moi, ne me laisse pas seul.
Gildas est allongé sur le toit les mains sur les yeux et pleure autant que tombe la pluie. Criss se serre contre lui frénétiquement. Gildas reprend son souffle et son cœur se calme après les battements fou. Le vent pousse des vagues de pluie gelée. Il regarde le ciel.
- Criss…pourquoi ?
L'autre ne lève pas la tête, au contraire il se serre encore plus contre Gildas.
- Parce que.
- Criss…?
- Tais toi. Promet moi de rester avec moi, donne moi ta vie si tu n'en veux pas. Je veux de toi.
- Pourquoi ?
- Je veux réapprendre à vivre et à avoir chaud. Je veux être important pour quelqu'un.
- D'accord. Ensemble nous réapprendrons. Ma vie précédente est finie. Tu m'a sauvé du temps et du néant.
- Promets le moi.
- Je te le promets.
- Je te le promets aussi. Rentrons.
Criss se relève. Le froid saisit Gildas. Il attrape la main tendue et rend le sourire tremblant. Ils se regardent un instant. Bras dessus et bras dessous ils franchissent la porte du toit d'un pas chancelant. Elle se referme derrière eux les protégeant des tempêtes.
FIN
bizzz