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Fiction » Sci-Fi » Autre Terre font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: deedeehasbeen
Fiction Rated: M - French - Romance - Reviews: 23 - Published: 04-24-06 - Updated: 04-24-06 - Complete - id:2160800

Bien le bonjour !

Ceci est une fiction qui m'appartient entièrement.

Slash , Gay Fic , donc homophobes (et jeunes enfants de moins de seize ans) s'abstenir ...

Bonne lecture !

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One Shot - Autre Terre

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A Mademoiselle Milii, à qui j'offre ce One-Shot.

Joyeux Anniversaire ...

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Pour la énième fois en quelques minutes Scott vérifiait que sa combinaison était intacte et qu'il était solidement attaché. Il avait horreur des décollages. Et ce n'était que son deuxième voyage.

L'orbiteur était à la verticale et de ce fait il se retrouvait quelque peu en équilibre. Il était installé à la place de l'ingénieur. Devant lui étaient tout aussi confortablement installés les deux pilotes : Davies et Denissovitch. Et derrière lui, le reste de l'équipage : Evans, Lapierre et Dürrenmatt.

Les deux pilotes achevaient les vérifications de l'appareil et conversaient avec les techniciens et superviseurs situés dans la salle de contrôle.

- Equipage, ici salle de contrôle. Trente secondes. Enclenchez l'automate de lancement.

Scott inspira profondément. Davies lisait à haute voix les données affichées sur ses écrans.

- Système de mise à feu armé.

- Quinze secondes, ajouta t'elle.

- Equipage, ici salle de contrôle. Prêts pour le démarrage du moteur principal.

Scott sentait le stress qui irradiait de sa combinaison. Cette fois il avait bien plus peur que lors du précédent décollage.

- Huit secondes ... Continua tranquillement Davies.

- Allumage du moteur. Répondit Denissovitch.

Une détonation se fit entendre et Scott commença alors à paniquer.

- Moteur principal allumé. Dit calmement Davies.

L'orbiteur commença à trembler.

- Trois ... Deux ... Un ... Dit imperturbablement Davies, achevant par là même le compte à rebours.

- Allumage des deux propulseurs à poudre. Termina Denissovitch, avec le même calme que la jeune femme.

- Et nous voilà partis ! S'écria Evans, d'un air des plus joyeux.

La navette grimpait inexorablement vers le ciel sans nuage de cette journée ensoleillée. Scott sentait comme un noeud dans son estomac. Ils venaient de quitter la Terre. Leur Terre. Il plongea dans une semi torpeur jusqu'à ce qu'une voix en provenance de la salle de contrôle, à terre, retentisse dans la cabine.

- Equipage, ici salle de contrôle. Vous êtes en orbite les gars ... Félicitations.

Des cris de joie retentirent dans leur minuscule cabine. Il était désormais impossible de faire marche arrière. Leur voyage commençait véritablement.

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Leur mission était des plus sérieuses. Mais comment faire ressortir son importance sans évoquer le contexte dans lequel évolue la Terre à l'heure qu'il est.

Nous sommes en 2058. Il y a quelques années, en 2008 pour être plus précis, l'Iran, pays qui avait acquis les armes nucléaires contre l'opinion de tous lâcha une bombe atomique sur Israël pour répondre aux Etats-Unis qui menaçaient de l'attaquer. La troisième guerre mondiale éclata. Ce fut une guerre régie par le nucléaire et les armes atomiques. Aucune contrée ne fut épargnée. Des régions furent rasées de la carte et l'humanité cru même que sa dernière heure était arrivée. Les ressources furent toutes épuisées en 2014 et c'est là que la guerre prit fin. Des ethnies avaient été massacrées et les pays membres de la coalition étasunienne en étaient ressortis vainqueurs. De bien tristes vainqueurs ...

Les quarante années qui suivirent, le monde pensa à se reconstruire en essayant d'approcher le plus possible de ce qu'il était auparavant. La technologie et le progrès dépassèrent même ce qu'ils étaient avant la guerre. Les naissances se multipliaient. Le monde allait relativement bien. Il avait pansé ses blessures et vivait en harmonie. Les religions furent abolies car elles conduisaient toujours à des tensions entre tous. Les pays s'étaient reformés presque à l'identique. Les humains considéraient même que tout allait bien mieux maintenant qu'avant la guerre.

C'est en 2054 qu'ils prirent conscience qu'il n'en était rien. Il n'y avait pas que les êtres vivants et les pays qui avaient souffert. La Terre elle-même avait été la plus touchée. Les ressources s'épuisaient. La Terre telle qu'elle était favorable aux humains n'était plus. Ils avaient tout usé. Il restait des ressources pour une soixantaine d'années, quatre-vingts s'ils étaient économes mais avec l'augmentation en flèche de la population terrestre cela risquait d'être difficile.

Donc pour que l'humanité survive, elle n'avait d'autre choix que d'aller puiser les ressources ailleurs que sur Terre. Et les quatre années qui suivirent, la Terre entière mit en oeuvre des moyens fous et des technologies inconcevables pour partir à la conquête des autres planètes. La première étape étant tout d'abord d'envoyer des éclaireurs un peu partout sur les planètes plus ou moins proches pour qu'ils analysent les structures et approuvent les hypothèses des scientifiques. Le but étant qu'en l'an 2070 lorsque la technologie aura encore bien mieux progressé on puisse transporter les ressources des autres planètes ou satellites sur Terre pour les y exploiter. Une entreprise titanesque mais nécessaire à la survie de l'espèce humaine et de sa planète.

C'est en 2058 que leur mission fut lancée. Avaient précédé de peu les Missions Lune, Mars, Venus, Mercure, et bien d'autres les suivraient. Quant à eux, leur but était d'atteindre Ganymède et d'analyser sa surface.

Ganymède est la quatrième lune de Jupiter. C'est aussi le satellite le plus gros de tout le système solaire. Son diamètre dépasse celui de la planète Mercure. La température y est égale à moins cent cinquante degrés. Ce satellite serait constitué à quatre-vingts dix pour cent de glace et à dix pour cent de silicates. L'eau allait cruellement manquer sur Terre. Transporter d'énormes plaques de glace était véritablement tentant pour les hommes. Leur mission était donc de vérifier les hypothèses des scientifiques pour permettre à la Terre de ne pas manquer d'eau à l'avenir.

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Malgré les immenses progrès de la technologie actuelle, leur voyage pour atteindre Ganymède durerait tout de même un peu plus de deux ans. Deux longues années pendant lesquelles ils allaient être contraints de vivre dans un espace cloisonné à des milliers de lieues de la Terre, sans autre échappatoire possible qu'une mort certaine s'il leur prenait l'envie d'aller faire un petit tour.

Leur navette était équipée de plusieurs réservoirs à carburant, ce qui était plus que nécessaire pour l'ampleur du voyage, ainsi que des modules d'habitations prévus pour contribuer à une bonne survie de l'équipage. Ils ne manquaient absolument de rien. Ils possédaient même une petite ferme de laboratoire, ainsi qu'une centrifugeuse qui leur permettait de simuler la pesanteur terrestre et où ils faisaient du sport pour que leurs muscles ne soient pas atrophiés. Rien n'avait été laissé au hasard. Ils possédaient aussi des appareils de traitement des déchets. Chacun avait même sa minuscule chambre pour ne pas avoir à supporter les autres. De leurs modules d'habitations situés dans la soute partaient deux ponts : L'un menant aux réservoirs de carburant et l'autre à la cabine de pilotage qui était précédée d'une pièce relativement spacieuse où ils pouvaient contempler à loisir les astres grâce à de grandes baies vitrées.

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L'équipage était donc constitué de six spationautes.

Scott Sheldon, trente ans, étasunien. De taille moyenne, les cheveux châtains foncés criblés d'innombrables épis. Les yeux de la même couleur que ses cheveux. Un physique bien proportionné, ni trop musclé, ni trop mince, ni trop rond. C'est un jeune homme plutôt sympathique et assez timide, à moins qu'il ne soit entraîné par des amis et qu'il consente enfin à se laisser aller. Il vit seul dans un appartement proche de la maison de ses parents. Il a une grande soeur. Il est passionné par le sport. Il pratiquait la natation avant son emploi à temps complet dans les services spatiaux.

Patricia Davies, vingt-six ans, étasunienne. De petite taille. Une longue natte de cheveux noirs tombant sur son joli dos. Ses yeux sont verts comme deux émeraudes. Elle est mince et athlétique. C'est une jeune femme au contact facile et des plus sympathiques. Elle a laissé sur Terre son père, sa belle-mère, ses deux petits frères jumeaux et son labrador. Elle nourrit une grande passion pour les animaux et plus particulièrement pour les chevaux qu'elle affectionne énormément. Dans sa grande joie de vivre elle attend impatiemment leur retour sur terre pour s'offrir le cheval de ses rêves.

Allan Evans, trente-deux ans, étasunien lui aussi. De petite taille par rapport à la normale, il compense largement par un physique attirant, des cheveux blonds noués en catogan dont quelques mèches se perdent dans son cou et des yeux noisettes.Véritable boute-en-train il passe son temps à vanner et à raconter des blagues. Il peut devenir très embêtant comme il peut se montrer le plus drôle des types. C'est un fils à papa plutôt heureux d'avoir réussit sans l'aide de ses parents pour être à sa place. Il n'est par ailleurs pas mécontent d'avoir quitté le cocon familial. Il se passionne pour les soirées parfois bien arrosées avec ses amis et a un gros faible pour les jeux vidéos.

Andrzej Denissovitch, trente-sept ans, russe. Très grand et finement musclé mais mince. Ses cheveux blond foncés sont coupés très courts et ses yeux sont d'un gris tranchant. Il est plutôt calme et solitaire. Il laisse sur Terre sa tante bien aimée chez qu'il il vivait depuis bon nombre d'années. Il est très intelligent et se passionne pour les livres et tout ce qui est capable d'enrichir sa culture générale. Il ne pense pas qu'il reverra un jour son pays natal alors pour cette raison il s'est embarrassé de plusieurs petits souvenirs tels que des photographies, des cartes postales, et toutes sortes de petites choses qui ne prennent leur valeur que dans ces moments là.

Luc Lapierre, quarante ans, français. Grand et bien baraqué. Ses cheveux et ses yeux sont d'un noir intense. Il est très calme malgré le fait qu'il semble agressif. Il est d'une grande gentillesse et est toujours partant pour rendre service. Il est d'humeur égale et on ne peut lui reprocher d'avoir un esprit d'équipe. Il a laissé sur Terre son ex-femme, ses deux enfants, son grand frère et ses deux parents. Amateur de voitures et de sports de combat il s'amuse de son temps libre pour pratiquer divers arts martiaux et pour démonter et remonter des automobiles. Il espère pouvoir être de retour avant que ses enfants ne soient majeurs et vaccinés.

Erica Dürrenmatt, quarante-quatre ans, autrichienne. De taille moyenne et relativement bien proportionnée. Ses cheveux sont roux et ses yeux bleus. Elle est extrêmement observatrice et très sincère. Elle ne mâche pas ses mots. Elle a laissé sur Terre son mari et ses deux filles dont l'une ne lui pardonne pas de les quitter ainsi. Elle se passionne pour tout ce qui est visites de monuments, musées et autres. Elle a pour loisirs de grandes virées avec ses amis et amies envers qui elle est extrêmement loyale. Elle espère qu'une fois de retour sur Terre sa fille lui pardonne de les avoir quittés aussi rapidement et pour une durée plutôt indéterminée.

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Jour : 100.

Ca fait déjà un petit bout de temps que la Terre n'est plus qu'un lointain petit point lumineux parmi tant d'autres. Après plus de trois mois dans l'espace, chacun a pris ses petites habitudes, chacun a tissé des liens avec les membres de l'équipage. C'est une petite communauté qui vit à une distance phénoménale de sa terre natale et qui tente malgré tout de faire comme si elle était proche des autres.

Scott et Allan se sont bien rapprochés. On pourrait dire qu'ils sont devenus de bons copains. Allan passe son temps à balancer des vannes sur tout le monde, en particulier Luc et Andrzej, suivi comme un petit animal par Scott qui ricane à chacune de ses stupides blagues.

Allan semble par ailleurs courir après Patricia, mais cette dernière ne lui prête aucune attention particulière. Elle nourrit en revanche une grande sympathie envers Erica et Luc.

Andrzej quant à lui reste seul dans son coin quand Erica ne lui fait pas un peu la conversation.

Chacun s'occupe à diverses activités et ils se sont organisés par roulements en ce qui concerne les corvées. Bien entendu, les repas sont collectifs car une petite majorité a décidé que des repas par groupes étaient bien plus sympathiques et permettaient de faire des réunions en même temps puisqu'ils étaient tous ensembles.

Se déplacer dans cette apesanteur n'était pas encore une habitude pour eux et il leur arrivait souvent de se blesser en heurtant des parois par inadvertance.

Quand ils n'étaient pas de corvée, Allan suivi de Scott passaient leur temps à pratiquer n'importe quel sport dans la petite salle aux baies vitrées attenante à la cabine de pilotage ou alors à traquer Luc ou Andrzej pour les vanner et ainsi montrer leur grande virilité. Parfois même, Allan toujours suivi de Scott semblait flatter Patricia en espérant peut-être obtenir quelques faveurs.

Patricia, Luc et Scott faisaient aussi beaucoup de sport dans la centrifugeuse.

Patricia et Erica s'occupaient énormément de la ferme de leur plein gré, même si elles n'en étaient pas de corvée.

Luc aidait beaucoup chacun dans ses diverses corvées.

En temps que technicien Scott se promenait souvent dans des zones moins fréquentées du vaisseau et il y était parfois suivi par Andrzej qui l'assistait grâce à ses connaissances en la matière. Ce dernier passait tout son temps libre à lire dans sa micro chambre.

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Jour : 104.

Scott était occupé à ses vérifications journalières du bon fonctionnement de leurs systèmes de survie. Jusqu'à présent il était extrêmement soulagé de voir qu'aucune panne n'avait eu lieu. Si un seul de ces appareils les abandonnait ils étaient bons pour une mort assurée au bout d'un ou deux mois maximum.

Scott ne savait pas s'il était le seul dans ce cas là ou si les autres cachaient bien leur jeu, mais il avait le mal du pays. Dès le lancement il avait eu une incroyable envie de retourner sur Terre. Il sentait qu'il pouvait craquer d'un instant à l'autre. Ses camarades quant à eux semblaient s'en sortir plutôt bien. Et il devait avouer que s'il s'était autant lié d'amitié avec Allan c'était pour la simple et bonne raison que le type était un éternel joyeux et qu'avec son humour il lui faisait oublier ses peurs. En parlant du loup ... Le voilà qui débarquait.

- Hey, Scotty ! T'as bientôt fini ?

- Oui ... Mais je pense que tu n'as pas besoin de moi pour aller draguer Patricia. Dit le jeune homme en terminant sa vérification des appareils qui maintenaient le climat adéquat dans leur petite ferme.

- Oh ! Boude pas Scotty. C'est pas parce que Paty semble avoir une préférence pour moi que tu vas me faire la gueule ?

- Pas du tout. Répondit le dit Scotty. C'est simplement que je n'ai aucune envie de tenir la chandelle. Alors tu peux y aller sans moi.

- Un problème vieux ? Demanda Allan avec de grands yeux.

- Oui. Dit Scott en exprimant enfin le fond de sa pensée après quelques mois de cohabitation avec l'homme. Je ne comprends pas pourquoi tu lui cours après. T'es pas obligé de te jeter sur elle et puis si jamais vous êtes ensembles et que vous rompez il y aura une très mauvaise ambiance au sein du groupe.

- Bon Dieu ! Scotty ! Mais tu racontes que des conneries ! Puis tu sais, je n'ai pas vraiment envie de rester frustré sexuellement pendant une durée de six ans. Peut-être que c'est ton choix, mais je ne partage pas du tout ton avis !

Scott se déplaça de quelques mètres dans un petit couloir très étroit où il fut rejoint par Allan. Après avoir vérifié un énième appareil il posa enfin la question qui lui torturait l'esprit.

- Tu penses vraiment qu'on sera de retour sur Terre dans six ans ?

- Bien sûr ! Répondit Allan comme s'il s'agissait là d'une évidence. Je parie que leur technologie fait tellement de progrès qu'ils ont déjà trouvé un vaisseau capable d'arriver à destination avant nous.

Scott ne répondit rien et se baissa pour continuer ses vérifications. Il n'était pas véritablement convaincu.

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Jour : 117.

Allan et Scott comme à leur habitude traînaient un peu partout dans le vaisseau. Après une petite séance d'humour foireux devant Patricia ils allaient s'adonner à une autre de leurs occupations favorites dans la salle aux baies vitrées : le baseball en apesanteur.

Mais ce jour là Andrzej avait décidé de sortir de son antre et il était assis en plein centre de la pièce, un livre ouvert à la main. Il semblait en pleine séance de lévitation car il se trouvait à une bonne cinquantaine de centimètres du sol, mais non, il lisait.

- Hey, Andy ! S'exclama Allan qui avait pour sale habitude de donner des petits surnoms à la moitié de l'équipage. Tu veux faire un baseball avec nous ?

Andrzej leva la tête de son livre et détailla les jeunes hommes pendant quelques secondes puis répondit de sa voix calme et basse.

- Non.

- Ca ne m'étonne pas. Vous les russes vous n'avez aucune notion de baseball. Aucune notion des sports virils. Vos sports c'est des sports de tapette ! Le patinage, l'athlétisme ... Commença à dire Allan avant d'être interrompu par un coup de coude de Scott qui ne voyait pas d'un très bon oeil le regard acier tranchant que leur jetait le russe.

- Vous m'en faites des bonnes tapettes tous les deux. Dit-il d'une voix calme et toujours avec un visage impassible. Toujours collés l'un à l'autre. Puis vous, les américains vous n'êtes que des racistes chauvins. C'est bien connu. Dit Andrzej en se déplaçant dans la pièce et en se dirigeant vers les modules d'habitation.

- Ce ne sont que de stupides clichés ! S'exclama Scott outré tandis qu'Allan restait sans voix.

- Je le sais bien. Répondit tout aussi calmement Andrzej. Mais je n'ai fait que jouer le même jeu que ton ami.

Puis il quitta la pièce.

- Couillon ! Grognèrent Allan et Scott quand le type eu disparu.

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Jour : 189.

Après plus de six mois de vie spatiale presque tous commençaient à saturer. Erica effectuait des observations des planètes que nous approchions pour en faire des rapports qu'elle rendait à des scientifiques présents sur Terre. Elle était par ailleurs heureuse d'avoir pu discuter avec son mari quelques jours avant.

Patricia et Luc étaient inséparables au grand désespoir d'Allan qui continuait malgré tout de courir après la jeune femme.

Scott et Allan s'ennuyaient de plus belle maintenant qu'ils maîtrisaient le baseball en apesanteur. Ils passaient donc le plus clair de leur temps à faire du sport dans la centrifugeuse.

Andrzej lisait toujours. Il fallait croire qu'il avait emporté une bonne réserve de livres tous plus chiants les uns que les autres d'après les membres de l'équipage qui avaient jeté un coup d'oeil à ces derniers.

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Jour : 203.

Un de leurs appareils mineurs avait eu un problème ce matin là, et Scott s'acharnait à essayer d'en trouver la cause et de l'éradiquer. Il n'en pouvait plus. Déjà cinq heures qu'il suait à grosses gouttes en analysant l'appareil sous toutes ses coutures.

- Besoin d'aide ? Demanda une voix à quelques mètres de lui.

Luc était déjà venu lui proposer son aide mais Scott avait aimablement refusé, préférant faire le travail seul et pensant par ailleurs que la réparation ne durerait pas plus d'une heure. Visiblement il avait eu tord. Il leva donc les yeux pour considérer la personne qui lui proposait son aide et pour voir si elle était en mesure de l'aider. Il s'agissait d'Andrzej.

- Euh, pourquoi pas. J'ai un peu de mal à m'en sortir tout seul.

- C'est ce que j'avais constaté. Répondit le russe de sa voix très basse et très feutrée.

Ils observèrent tous deux l'appareil pendant près d'un quart d'heure dans un silence plus qu'apaisant. Après tout le tapage que faisait Allan, Scott appréciait de plus en plus les moments où le silence régnait en maître. Au bout d'un long moment, Andrzej finit par parler.

- Tu as vérifié si le problème ne venait pas du générateur qui régule l'activité des appareils ? Il se pourrait simplement que les paramètres aient été modifiés par erreur.

- Euh ... Fit Scott se sentant soudain extrêmement stupide.

Andrzej lui adressa un de ses rares sourires et son visage avait une expression que Scott interpréta comme " Je fais mieux ton boulot que toi. " ou encore " Dans ma grande clémence je t'excuse pour ta grande imbécillité et dans ma grande bonté je ne dirais à personne que tu es un incompétent. "

- Va donc vérifier ! Dit le russe en voyant que Scott ne bougeait toujours pas.

- J'y vais. Dit ce dernier en se ressaisissant. Je voulais simplement dire que je connais bien mon job, c'est simplement que je suis fatigué de faire ça tous les jours et que je m'emmêle les pinceaux à force.

- Si tu veux je peux le faire de temps en temps. Il suffira que tu me montres. Dit Andrzej avec un sourire qui se voulait sympathique.

- Pourquoi pas. Murmura Scott, soulagé, avant de se diriger vers la possible source du problème.

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Jour : 227.

Allan était de corvée de ménage, tandis que Patricia était de corvée de ferme et que Luc l'aidait.

Erica était toujours perdue dans ses contemplations d'étoiles qu'elle effectuait dans la salle aux baies vitrées et elle était aidée par Andrzej qui semblait enfin avoir épuisé son stock de livres.

Scott vint les rejoindre après avoir effectué sa toilette quotidienne et après avoir laissé Allan effectuer calmement sa corvée.

- Alors les garçons, pas trop hâte d'être de retour sur Terre ? Demanda Erica avec un petit sourire en rangeant les instruments d'observation.

- J'aimerais aller acheter d'autres livres. Dit Andrzej avec un sourire qui se propagea chez les deux autres.

- La Terre me manque atrocement, dit Scott en souriant pour ne pas montrer que cette discussion l'effrayait.

- Nous devons prendre notre mal en patience. Dit la femme. Normalement dans environ quatre ans on devrait être de retour sur Terre. J'ai dit à ma fille de m'attendre pour son mariage! Dit-elle en souriant.

Andrzej et Scott ne dirent rien. Sans le savoir, les deux avaient exactement la même opinion sur la chose. Etaient-ils pessimistes ou simplement objectifs ?

- Ma soeur ne devrait pas tarder à accoucher de son troisième enfant. J'aimerais la voir, et voir mes neveux. Dit Scott pour ne pas laisser un mauvais climat s'installer.

- Je pense que maintenant que nous sommes là, nous aimerions presque tous retrouver ce que nous avons laissé là bas. Continua Andrzej.

Les deux autres hochèrent la tête d'un air entendu alors qu'un petit vent emplit de nostalgie baignait dans la pièce. Chacun retourna ensuite à ses occupations, hanté de souvenirs qui semblaient si lointains à présent.

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Jour : 235.

Andrzej était en pleine relecture d'un de ses nombreux livres. Il lui trottait dans la tête sa conversation de la semaine dernière avec Erica et le jeune Scotty, comme l'appelait si bien Allan. Il ricana à la pensée de ce stupide "surnom". Puis il sortit de sa petite cabine personnelle, autrement appelée chambre et se dirigea vers la pièce principale et centrale des modules d'habitation. Il croisa Patricia.

- Dis, tu sais où est Scott ? Demanda t'il à la jeune femme.

- Il est avec Luc et Allan. Il me semble qu'ils sont en train d'apprendre à Luc comment jouer à leur stupide sport. Dit-elle en faisant une petite moue de désapprobation.

Andrzej se dirigea donc vers la salle aux baies vitrées. Il se plaqua contre une paroi et observa la partie de baseball en apesanteur dont les règles avaient été inventées par Allan et par Scott. D'ailleurs ce sport qu'ils pratiquaient n'avait de baseball que le nom et la balle.

- Hey, Andy ! S'exclama Allan avec son éternelle façon d'interpeller les gens. Joue avec nous, ça serait sympa une petite partie à quatre !

Et pour la première fois, le russe accepta. Ils passèrent deux bonnes petites heures à pratiquer ce sport stupide et à rire les uns des autres. Scott faisait équipe avec Luc et Allan faisait équipe avec Andrzej. A la fin de leurs parties, ils se dispersèrent non sans s'être dit de remettre ça à une autre fois. Andrzej se souvint alors qu'à la base il désirait s'entretenir avec Scott et l'intercepta au moment où se dernier allait s'enfermer dans sa cabine.

- Je suis de corvée de cuisine, dit-il à l'américain. Tu veux bien me tenir compagnie ? On pourra discuter de choses et d'autres.

- Pas de problème. Dit Scott en refermant la porte de sa chambre et en suivant Andrzej dans la cuisine. Tu voulais discuter de quoi ? Reprit-il une fois qu'ils étaient installés dans la petite pièce.

- De la conversation qu'on a eu la semaine dernière avec Erica.

- Hum ? Fit Scott étonné et n'ayant pas la moindre envie d'aborder ce sujet.

- Tu avais l'air incroyablement mal à l'aise quand Erica nous a parlé de notre possible retour sur Terre. Dit Andrzej en épluchant les carottes récoltées dans leur ferme.

- Euh, non. Dit Scott. Tu as dû avoir une mauvaise impression.

- Tu mens mal. Dit Andrzej avec un petit sourire. Tu penses qu'on ne reviendra jamais sur Terre n'est-ce pas ?

- Euh, j'ai jamais dit ça.

- Je n'ai jamais dit que tu l'avais dit. C'est ce que tu penses n'est-ce pas ? Réponds moi. Tu sais, je pense qu'on ne reviendra pas sur Terre moi aussi. Et de voir que je ne suis pas le seul me fait me sentir moins paranoïaque quant à ma vision des choses. Dit tranquillement le russe en croquant dans un morceau de carotte.

- C'est ce que je pense. Dit Scott au bout d'un long moment, ravi que ses craintes soient confirmées. Et toi, qu'est-ce qui fait que tu penses ça ?

- Ils ne perdraient pas des millions pour récupérer six types perdus dans l'espace. Puis il n'ont pas donné l'impression qu'ils allaient récupérer ceux des Missions lointaines. La lune c'est pas trop loin, Venus, Mercure, Mars non plus. Mais Ganymède, Titan, Io où même Europe sont très éloignés de la Terre. Ils ne vont pas perdre de leur précieux temps pour nous une fois que nous leur aurons donné ce dont ils ont besoin. C'est injuste mais c'est normal. Acheva Andrzej en épluchant la dernière carotte.

- Alors pourquoi être monté dans la navette si tu pensais ça ? Demanda Scott.

- Parce que peu m'importe de mourir ici ou ailleurs. Parce que j'aime les étoiles et l'espace, comme nous tous ici et que ma vie sur Terre ne me manque pas plus que ça. Elle n'était pas des plus passionnantes. Et toi, pourquoi es-tu ici si tu savais ça ?

- Je ne le savais pas, dit Scott en baissant la tête. Je l'ai réalisé quand l'orbiteur a décollé. Et la Terre me manque atrocement. J'aime beaucoup l'espace, mais j'aurais préféré revoir ma famille, mes amis, ma planète ... J'ai une peur bleue de disparaître sans y être retourné. Je veux mourir là où je suis né, et entouré par les gens que j'aime. Pas ici, à des millions de millions de kilomètres de l'endroit où j'ai toujours vécu.

Andrzej hocha lentement la tête et ne dit rien. Il prépara le reste du repas en silence.

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Jour : 261.

Bientôt neuf mois qu'ils sont là. La tension a grimpé d'un cran dans l'équipage. En effet, Luc et Patricia dorment désormais dans la même cabine, ce qui fait que tout le reste de l'équipage en est venu à la conclusion qu'ils étaient en couple, ou simplement qu'ils forniquaient comme des lapins en rut selon Allan. De ce fait, le dit Allan nourrissait une haine sans mercie à l'encontre de Luc qui le lui rendait bien puisque le jeune homme continuait à courtiser Patricia, en vain.

Erica, Scott et Andrzej passaient donc de plus en plus de temps ensembles lorsqu'il y avait des chamailleries entre les trois autres. Les passes temps étaient désormais plus variés du fait qu'ils s'ennuyaient tous ferme. Il y avait donc de longues, très longues discussions nostalgiques sur la Terre, ou alors des débats sur ce qu'ils allaient trouver sur Ganymède, comment ils allaient vivre une fois là bas en attendant de possibles renforts. Tous semblaient attendre avec impatience les moments où la Terre les contactait pour donner diverses informations sur l'état du monde ou même pour qu'ils puissent discuter avec certains membres de leur famille.

Globalement, tous étaient lassés de ce voyage si long et de savoir qu'ils n'en étaient même pas à la moitié les mettait dans un état d'agitation des plus affreux.

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Jour : 286.

Andrzej était lassé de lire et relire éternellement les mêmes bouquins. Il n'en pouvait plus d'avoir les yeux rivés sur un livre. Pour cette raison que ce matin là il suivait Scott dans ses vérifications de leurs système de survie qui fort heureusement ne montraient toujours jusqu'à présent aucun signe de défaillance quelconque.

Le russe jeta un rapide coup d'oeil à Scott. Il le trouvait mignon et très sympathique, quoique très renfermé. Il le trouvait mignon ... Mauvaise chose. Après tout il avait quitté la Terre pour ne plus avoir à cacher cette sexualité mal acceptée par ses proches. Et il ne pensait même pas un seul instant que sa libido vienne le titiller à mi chemin entre la Terre et Jupiter. Il était même hors de question que ses pensées tournent encore autour de Scott. Il allait gentiment se détourner un peu du jeune homme pour ne plus l'avoir dans son champ de vision et il allait continuer ses vérifications dans son coin.

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Jour : 290.

C'était la nuit. Du moins, à l'heure terrestre, c'était la nuit. Et comme nous étions en pleine nuit il était l'heure de dormir à poings liés. Mais Scott ne parvenait pas à trouver le sommeil. Il avait peur. Dès qu'il dormait d'horribles cauchemars prenaient place devant ses yeux horrifiés. Il rêvait qu'il mourrait. Il était sur Ganymède et il mourrait parce que les appareils de survie finiraient fatalement par les lâcher tôt ou tard. Ils mourraient de faim, de manque d'oxygène, de froid au vu de la température ganymédienne. Il rêvait qu'il n'avait plus aucunes nouvelles de la Terre et que tout le monde y était mort à cause d'une horrible catastrophe naturelle et qu'ils se retrouvaient perdus dans les confins de l'espace en compagnie de quelques autres équipages. Une cinquantaine d'humains bien trop loin de leur planète. Et de ce fait il ne parvenait pas à trouver le sommeil. Comment dormir alors que les seules images qu'ils était capable de voir étaient sa propre mort proche et dans d'horribles souffrances ou alors la mort de sa famille sur une planète dévastée par on ne sait quel horreur que la Terre agonisante aurait lâchée sur eux. Mais il y avait aussi d'autres rêves pour lesquels Scott se refusait à fermer l'oeil. Depuis quelques temps déjà un membre de l'équipage hantait ses rêves. Rien de trop poussé, mais tout de même, il n'en était pas moins choqué et tout chamboulé. Il était donc hors de question qu'il dorme. Il n'accepterait pas de rêver encore une fois de ces choses là.

Mais tout de même ... Pourquoi Andrzej ? Ca aurait été bien plus simple et bien plus logique que dans ses rêves il soit à la poursuite d'Allan dans le but d'obtenir quelques bisous. Mais Andrzej était charmant à sa façon. Puis il était calme, rassurant quoique peut-être un peu trop réaliste tandis que Scott avait la tête dans les étoiles, et pas que la tête à ce jour. Scott se sentait véritablement attiré par l'homme, mais il n'envisageait même pas une quelconque relation entre eux deux. Ce n'était absolument pas le genre du russe d'être homosexuel. Quoique ... Y a t'il un genre pour ces choses là ?

Quand il pensait qu'il avait quitté sa famille sans même leur avoir avoué ses préférences sexuelles. Honte sur lui. Peut-être qu'il pourrait le leur dire la prochaine fois qu'ils allaient avoir l'occasion de communiquer. Il aurait évidemment préféré le leur dire en face mais comme il pensait ne plus jamais les revoir ... Peut-être devrait-il même songer à leur écrire un petit discours d'adieu car on ne savait jamais ce qui risquait de leur arriver. Logiquement il avait encore plus d'un an devant lui avant leur arrivée autour de l'orbite de Jupiter.

Ainsi perdu dans de tristes pensées concernant une mort possible dans les trois années à venir Scott s'endormit et ses rêves prirent à nouveau l'emprise de son sommeil.

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Jour : 312.

Scott était totalement accro à la centrifugeuse. Retrouver enfin la pesanteur terrestre le comblait de joie. Il ne pouvait plus s'en passer à tel point quand les autres venaient faire leur heure quotidienne de sport ils devaient presque toujours partager la pièce avec lui. Seul Andrzej ne faisait pas son sport quand il était dans la centrifugeuse et inversement Scott n'y allait pas lorsque Andrzej y était. Aucun ne voulait se sentir mal à l'aise face à l'autre.

Mais Andrzej quant à lui avait fini par remarquer que Scott jouait le même petit jeu que lui. Et il avait réfléchi à la question. Serait-ce possible que Scott partage la même attirance envers lui ?

Il avait donc décidé, en ce jour des plus calmes qui était sur Terre un Dimanche d'aller dans la centrifugeuse lorsque Scott y serait.

Lorsque Scott le vit débarquer il stoppa sa course sur place et se raidit.

- Bonjour toi. Dit Andrzej avec un petit sourire en direction de Scott et en commençant à effectuer des étirements.

- Salut. Répondit ce dernier, mal à l'aise.

- Ca fait un petit bout de temps qu'on se croise sans prendre le temps de discuter un petit peu toi et moi.

- Peut-être. Répondit Scott, avec un petit sourire crispé.

- Ma présence est génératrice de mauvaises ondes pour toi ? Demanda le russe avec un grand sourire que Scott ne put s'empêcher de trouver charmant avant de piquer un fard et de rougir comme une écrevisse.

- Euh, non. Bafouilla t'il dans sa grande gêne doublée d'une grande timidité.

- Si tu le dis. Mais évite de rougir autant. J'ai l'impression de me retrouver face à un enfant alors que tu as à peine sept ans de moins que moi ! S'exclama Andrzej pour ne pas laisser la tension envahir la pièce.

- Désolé. C'est parce que je suis essoufflé. Je vais arrêter le sport pour aujourd'hui. A plus tard. Dit Scott en sortant rapidement de la salle.

- Mais qu'est-ce qu'il ment mal ! Dit Andrzej en secouant désespérément la tête et continuant ses étirements.

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Jour : 319.

Près d'une semaine après sa première tentative pour approcher Scott, Andrzej décida de tenter le coup à nouveau, en espérant que la légendaire timidité de l'homme lui aie faussé compagnie.

Après avoir cherché l'américain un peu partout dans le vaisseau et avoir constaté avec plaisir qu'il ne se trouvait avec aucun autre membre de l'équipage puisqu'il était tombé sur tout le monde sauf sur lui Andrzej le trouva dans la cabine de pilotage, l'air totalement perdu dans ses pensées.

- Tu as l'air de rêvasser. C'est à la Terre que tu penses ? Demanda t'il de son habituelle voix basse.

Scott sursauta puis fixa le russe avec de grands yeux écarquillés.

- Hein ? Euh, oui, oui. Je pensais à la Terre. Dit l'homme en hochant la tête d'un air peu convaincant selon Andrzej.

- Et ça t'arrive de rêvasser à ce que l'on pourrait trouver sur Ganymède ? Demanda le russe en ancrant ses yeux gris acier dans ceux marrons foncés de Scott.

- Oui. Répondit l'américain. Mais dans mes rêves je ne nous vois pas en promenade sur Ganymède. Nous n'y faisons que mourir parce que sur Terre ils vont nous oublier, dit-il d'une voix triste.

- Pourtant ça serait sympathique une petite séance de patinage sur les océans glacés de Ganymède.

Scott soupira un grand coup. Il se sentait immensément triste et n'aspirait qu'à retrouver la Terre. Retrouver la Terre ou alors prendre l'homme en face de lui dans les bras. Mais ces choses ne se faisaient pas alors il se contenta d'observer les étoiles.

- Dis moi Scott, tu connais l'histoire de Ganymède ?

L'américain regarda le russe comme s'il était mentalement aliéné.

- Bah, ouais. C'est la quatrième lune de Jupiter et ...

- Mais non. Le coupa Andrzej avec un petit sourire. Je veux parler de Mythologie. Tu sais que les noms des planètes, satellites se rapportent à des divinités de la mythologie gréco-romaine, n'est-ce pas ?

- Oui, comme tout le monde. Dit Scott ne voyant toujours pas où le russe voulait en venir.

- Tu ne connais pas l'histoire de Ganymède ?

- Non. Répondit Scott en haussant les épaules.

- Tu sais, je suppose, que les satellites entourant Jupiter portent les noms de certaines de ses innombrables conquêtes : Io, Europe et bien d'autres.

- Oui. Dit Scott en hochant la tête.

- Ganymède était donc l'une des conquêtes de Jupiter. Il est dit dans la mythologie grecque que Zeus se consuma d'amour pour Ganymède qui n'était autre que le plus beau des garçons vivant sur terre. Un jour il se transforma en aigle et le kidnappa. Ce jeune homme est éternellement demeuré au service de Jupiter à qui il présentait le nectar divin ... Je trouve ça intéressant que nous allions sur le satellite dont l'histoire raconte une aventure homosexuelle de la part du père des dieux.

Scott se figea et ne dit rien. Etait-il possible qu'Andrzej aie remarqué les coups d'oeils furtifs qu'il lui jetait ? C'était une véritable catastrophe. Scott se leva rapidement et sortit de la cabine de pilotage en lançant quelques mots à l'encontre du russe.

- Je dois y aller, j'avais oublié que je suis de corvée de ménage aujourd'hui !

- Je crois qu'il n'a pas encore compris ... Les américains sont un peu longs à la détente ! Dit Andrzej en pianotant sur le tableau de bord.

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Jour : 344.

Plus de onze mois qu'ils étaient coincés entre les murs de l'orbiteur. C'était pire que dans une prison. Ici la tentative d'évasion n'était même pas une option.

Allan ignorait royalement Luc et Patricia lorsqu'ils se trouvaient dans la même pièce que lui, et ces derniers en faisaient de même. Dès qu'ils n'étaient pas dans la pièce l'américain ne cessait de débiter des imbécillités telles que " Comment peuvent-ils tenir à deux dans une cabine où on a du mal à tenir seul ? Ils doivent être bien emboîtés l'un dans l'autre pour y parvenir ! " .

Andrzej était le plus souvent en compagnie d'Erica. Ils s'occupaient de la ferme et parfois ils conversaient allègrement avec Luc et Patricia. Le couple avait déjà contacté leurs familles respectives pour les présenter les uns aux autres. Ils envisageaient même de vivre ensemble dès leur retour sur Terre, s'ils étaient encore ensembles à ce moment là, cela va sans dire.

Scott était donc le plus souvent en compagnie d'Allan et ça l'arrangeait bien, ainsi il évitait Andrzej puisque ce dernier préférait la compagnie de Luc et Patricia à celle d'Allan. Tous deux passaient leur temps hors corvée et hors sport dans la centrifugeuse à s'isoler des autres, même si Scott entretenait de bons rapports avec Erica ou même Luc et Patricia lorsque Allan n'était pas dans le coin.

Chacun luttait donc contre l'ennui en recherchant la compagnie les uns des autres. Personne ou presque ne recherchait la solitude.

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Jour : 359.

Un jour qui aurait pu paraître banal, du moins aussi banal que peut l'être une journée dans l'espace, si la Terre ne les avait pas contactés alors que ce n'était ni le jour, ni l'heure.

- Equipage, ici la Terre. Nous nous devions de vous informer qu'il y a eu une super éruption volcanique des plus meurtrières aux Etats-unis d'amérique. Il y a eu beaucoup de morts et nous vérifions à l'instant si vos proches sont en bonne santé.

Les trois américains se mirent à trembler. Allan s'appuya sur l'un des murs et fixa intensément le sol sans même le voir. Patricia s'accrocha à Luc et jetait des regards remplis d'appréhension sur les autres membres de l'équipage qui étaient muets en attendant que la Terre leur annonce une bonne ou une mauvaise nouvelle. Scott quant à lui recula jusqu'à la salle aux baies vitrées. Il ne voulait pas entendre ce qu'il voyait dans ses cauchemars. Il ferma les yeux pour essayer de chasser les affreuses images qui défilaient dans sa tête.

- Equipage, ici la Terre. Monsieur Evans, nous vous informons que vos proches sont en bonne santé. Ils ont été évacués au Canada.

Allan souffla et sauta dans les bras d'Erica, qui était la plus proche de lui, un avec un air soulagé. Mais il se reprit bien vite en se rendant compte que les autres ne savaient toujours rien à propos de leur famille.

Scott recula encore et songea même à prendre la fuite hors de cette maudite cabine de pilotage. Une main attrapa la sienne et il ouvrit les yeux pour se trouver face à Andrzej qui l'attira à nouveau dans la cabine.

- Je suis sûr qu'ils vont bien. Murmura le russe à l'oreille de l'homme tout en gardant sa main dans la sienne.

- Equipage, ici la Terre. Mademoiselle Davies vos parents ont été évacués au Mexique, cependant un de vos frères a disparu pendant l'évacuation et le reste de votre famille n'a pas réussi à le retrouver.

Un silence d'outre tombe régnait dans la cabine, puis Patricia se mit à sangloter tout contre Luc.

Andrzej serra un peu plus la main de Scott dans la sienne. L'américain semblait perdu dans un autre univers.

- Equipage, ici la Terre. Monsieur Sheldon, nous vous informons que vos parents ont été évacués au Canada eux aussi et que de ce fait ils sont sains et saufs.

Scott soupira de soulagement tandis qu'Allan lui sautait dessus pour l'étreindre et pour sangloter dans ses bras. Mais l'humeur ne fut pas rose puisque dans la soirée la Terre confirma à Patricia qu'elle avait perdu son jeune frère.

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Jour : 361.

Bientôt un an qu'ils voyageaient dans l'espace. Et ils avaient prévu une petite fête dans quelques jours pour faire passer les mauvais évènements qui s'étaient déroulés deux jours auparavant.

Scott avait laissé à Andrzej le soin d'effectuer les vérifications à sa place le temps pour lui se reposer un peu plus et de récupérer encore de la trouille qu'il avait eu.

L'après-midi il fut de corvée dans la ferme. Et il ne fut pas véritablement surpris de voir le russe apparaître devant lui.

- Tu veux que je t'aide ? Lui demanda t'il.

- Je veux bien. Répondit simplement Scott.

Pendant de longues minutes ils s'occupèrent de tailler les plantes et de vérifier leur bonne croissance. Puis ils semèrent des graines dans d'autres bacs. La tache la plus délicate était celle de l'arrosage des plantes. En effet avec l'apesanteur l'eau avait tendance à aller n'importe où alors ils avaient un dispositif assez sensible pour veiller à leur bonne irrigation.

- Je vais te poser une question qui va peut-être te sembler indiscrète, commença Andrzej. Es-tu célibataire ?

- Je crois, dit Scott au bout de quelques seconde, écarlate. Je crois, que si je ne l'étais pas, je ne serais pas ici.

Andrzej lui sourit.

- Et ça te dirait de ...

- Oui. Coupa Scott avec un grand sourire et des joues d'une belle teinte cramoisie.

- Tu m'en vois ravi ! Dit le russe avec comme des petits rayons lumineux irradiant de ses yeux gris.

Scott ne dit rien et acheva sa corvée avec beaucoup de contentement. Pour la première fois depuis le début de leur voyage il se sentait enfin bien.

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Jour : 367.

Scott traînait toujours dans le module contenant leur système de survie. Comme à son habitude et conformément à son boulot il vérifiait que tout était en état. Il en était à la vérification du troisième appareil lorsque il sentit la présence d'Andrzej derrière lui.

- Besoin d'aide ?

- Je crois que quand tu me le demandes, j'ai toujours besoin d'aide. Dit Scott en riant.

Les deux hommes éclatèrent de rire. C'était la première fois qu'ils se retrouvaient seuls depuis qu'ils étaient officiellement ensembles, c'est à dire depuis qu'ils s'étaient mis d'accord là dessus dans la ferme.

Le silence se fit et ils se lancèrent des regards rieurs avant que le russe ne fasse le premier pas vers Scott. L'américain fit le deuxième pas, si tant est que l'on fasse des pas en apesanteur, et ils se retrouvèrent alors dans les bras l'un de l'autre. Andrzej poussa le mur d'un de ses bras puis il s'accrocha à Scott tandis qu'ils dérivaient lentement aux milieux des appareils. Tous deux s'agrippèrent et Scott finit par heurter un mur. Ils ancrèrent alors leurs yeux les uns dans les autres et s'embrassèrent lentement en fermant ensuite les yeux pour uniquement se concentrer sur la saveur de leurs lèvres.

Ils en étaient à leur énième baiser lorsque la voix de Luc se fit entendre.

- Andrzej ! Cria t'il. C'est ton tour d'avoir droit à ta communication avec la Terre.

- J'arrive ! Cria le russe en se séparant à regret de son petit ami. Je file, ça doit être ma tante. On se retrouve plus tard.

Scott hocha la tête et retourna à son travail, avec bien d'autres choses en tête.

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Jour : 382.

Allan effectuait ses heures de sport quotidiennes dans la centrifugeuse. Erica venait de le quitter à l'instant. Et alors qu'il pensait pouvoir faire un peu de sport en solitaire ce fut Scott qui vint le rejoindre dans la pièce.

- Alors Scotty, pas trop épuisé par cette longue journée ? Commença t'il.

- Non. Répondit Scott. Je vais bien en ce moment. Je me sens comme revitalisé.

- Quelle chance ! Dit Allan. Moi je me sens comme vidé de toute énergie et comme incroyablement frustré.

- Ah ? Fit Scott ne sachant que dire d'autre.

- Quand je pense que Luc a la chance de pouvoir se taper une nana alors que nous on va mourir de frustration ... Allan soupira de désespoir. Au pire Erica est bien plus sympa que Paty, même si elle est moins mignonne. Mais je crois pas qu'elle quitterait son mari pour un type comme moi. Faut être réaliste mec. On va crever de frustration.

- Mais non. Répondit Scott avec un petit sourire encourageant en direction d'Allan.

- Tu vas oser me dire que tu n'es pas sexuellement frustré ! Dieux du ciel, je donnerais tout ne serait-ce que pour rouler une pelle. Dit Allan en levant les yeux au ciel.

Scott éclata de rire.

- Je ne suis pas vraiment frustré. Répondit-il.

- Ta main droite te satisfait amplement ? Demanda Allan, étonné.

- Non. Répondit Scott. Je n'ai rien qui me satisfait amplement pour le moment, mais ça ne me dérange pas.

- Pour le moment ... Ne me dis pas que t'es en train de te serrer Erica ! S'exclama Allan, choqué que Scott vole la femme d'un autre.

Le brun pouffa.

- Non. Répondit-il entre deux éclats de rire.

- Oh mon Dieu ! S'exclama Allan. Scotty, tu me choques ! Tu vas te serrer Paty alors qu'elle est avec le Frenchie !

- Non ! Dit Scott en riant de plus belle.

- Alors quoi ? Demanda le blond avec des yeux exorbités.

- Je suis gay. Dit Scott, estimant qu'il valait mieux être cash avec Allan plutôt que de le laisser s'imaginer plein d'horreurs.

- Andy ! Hurla Allan en pointant Scott du doigt. Oh mon Dieu, pitié, pas ça !

- Si tu pouvais éviter de l'hurler ça me ferait véritablement plaisir. Dit Scott en reprenant son sérieux.

- Dit moi que c'est une blague Scotty !

Scott ne dit rien et entreprit alors de faire de la course sur place en effectuant de petits sauts pour dégourdir parfaitement ses jambes.

- Depuis combien de temps ? Demanda Allan qui n'en croyait pas encore ses oreilles.

- Une vingtaine de jours. Répondit le brun en rougissant.

- Et vous avez déjà ...

- Non ! Le coupa Scott, indigné.

Ils continuèrent leur sport en silence, et Allan jetait fréquemment des regards hallucinés à son ami.

- Tu sais Scotty, je n'aime pas du tout ça. Dit-il au bout d'un long moment.

- C'est bête parce que pour ma part j'aime bien. Dit Scott en sortant de la centrifugeuse.

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Jour : 403.

Andrzej soupira de bien être en sentant l'air frais sur son torse. Cette sensation de fraîcheur se volatilisa quelques secondes plus tard lorsque Scott se colla tout contre lui. Torses nus, ils profitaient de leur solitude pour un de leurs rares moments d'intimité. Et jusqu'à présent ils n'avaient fait que s'amuser sans jamais trouver le temps, ni même avoir envie d'aller plus loin. Ils profitaient simplement de la découverte de leurs corps tout en appréciant d'être en compagnie de l'autre.

Ils reprirent leur petit jeu là où ils en étaient, faisant jouer leurs mains sur le corps l'un de l'autre sans chercher à éveiller leur désir. C'étaient des caresses juste pour savourer la douceur du geste. Il s'embrassaient tout doucement, et discutaient de tout et de rien. C'était un de ces rares moments où l'on aimerait que le temps s'arrête.

Puis ils entendirent des bruits indiquant que quelqu'un s'approchait d'eux. Ils se revêtirent en vitesse et firent comme s'ils étaient occupés à discuter de leur future mission.

- Je vous cherchais partout les mecs. Dit Erica.

- Pourquoi donc ? Demanda Andrzej.

- Allan n'arrête pas de balancer des conneries sur vous depuis quelques jours. Il en devient lassant.

Les deux hommes se regardèrent avec un petit sourire au bord des lèvres.

- Laisse moi deviner. Commença Scott. Il dit qu'Andrzej et moi sommes ensembles depuis quelques temps déjà et qu'en ce moment même nous devons être très occupés à nous libérer de plus d'un an de frustration sexuelle ?

- Vous avez déjà entendu les rumeurs qu'il propage pourtant dans votre dos ? Demanda Erica, étonnée.

- En fait c'est de ma faute. Dit Scott en rougissant. Je lui ai dit qu'Andrzej et moi nous ...

- Je crois qu'elle a compris. Dit le russe en coupant l'américain dans son explication qui allait être des plus bafouillées.

Erica sembla digérer la nouvelle puis secoua la tête comme pour revenir parmi eux.

- Je pense que vous devriez en parler aux autres. Ca serait bien. Surtout que les choses ne peuvent rester secrètes très longtemps dans ce vaisseau. A moins que vous ne vouliez vous compliquer la vie en maintenant un secret qui n'en est plus un. Dit-elle tranquillement avec un petit sourire encourageant.

- Oui. C'est peut-être le mieux à faire. On voulait simplement stabiliser un peu notre relation avant d'en parler aux autres. Dit Andrzej. Mais maintenant autant aller mettre les choses au clair.

- Organisons donc une petite réunion. Dit Erica en les entraînant vers la pièce centrale du module d'habitation.

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Jour : 428.

Cela faisait désormais plus de deux mois qu'Andrzej et Scott étaient ensembles. Luc et Patricia étaient bien loin devant eux et ils ne cachaient pas leurs sentiments, au grand désespoir de tous les autres qui préféraient ne pas les voir s'embrasser à chaque instant.

Allan était complètement désespéré de se retrouver sans son ami qui passait le plus clair de son temps avec le russe. Il avait donc décidé, tout comme Erica de tour à tour perturber les couples dans leur petit cocon pour leur faire savoir qu'eux aussi étaient là.

Andrzej et Scott ne se montraient pas. Ils évitaient d'être proches en public et même en privé ils passaient plus de temps à parler de choses et d'autres qu'à se bécoter.

Ils en avaient tous un ras le bol évident du vaisseau et ne supportaient plus vraiment leur enfermement. Ils redoublaient donc pour la plupart d'inventivité pour ne pas se sentir trop coupés du reste du monde.

C'est ainsi qu'en ce beau jour ils avaient décidé d'organiser un baseball en apesanteur général qui fut approuvé par tout le monde.

Et malgré quelques tensions qui subsistaient parfois, tous s'entendaient très bien après plus de quatorze mois dans l'espace. Bien entendu il leur manquait encore la moitié du trajet et d'ici là bien des choses auraient changé, mais ils apprenaient à savourer l'instant présent, n'ayant pas trop le choix de toutes manières, alors autant rendre l'instant agréable. Ils auraient tôt fait de se prendre la tête une fois arrivés près de Jupiter.

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Jour : 435.

A l'heure terrienne, il était exactement deux heures seize du matin.

Scott verrouilla les accès entre le pont du complexe cabine de pilotage et la salle aux baies vitrées puis les modules d'habitation. De toutes façons, qui à cette heure là aurait l'idée de les déranger ?

Ce soir, ou plutôt cette nuit ils avaient envie d'intimité. De plus d'intimité ... Alors autant faire en sorte que personne ne vienne les déranger là où ils étaient.

Andrzej sortit quelques petites affaires d'un sac qu'il tenait et laissa le tout voler dans la pièce.

- Jamais je n'aurais cru que j'allais faire l'amour dans l'espace et encore moins en voyant assez bien Mars au travers de la vitre ! Dit-il en ricanant, suivi de près par Scott qui se colla tout contre lui.

En quelques secondes l'ambiance passa de comique à tendre. Puis de tendre à "plus que tendre". Les deux hommes se placèrent dans un coin de la pièce pour ne pas dériver et être contraints à partir à la chasse l'un de l'autre. Rares étaient les fois où ils s'étaient caressés dans le but d'éveiller le désir chez l'autre. Et ils n'étaient jamais allés très loin. Et cette fois, leur première fois ensembles, les Martiens allaient être spectateurs de leurs ébats.

Au fur et à mesure qu'ils jugeaient tel ou tel vêtement un peu trop encombrant ils l'enlevaient et l'envoyaient dériver dans un coin de la pièce. Puis ils ne cessaient de se taquiner l'un l'autre et de jouer de la sensualité de leurs corps. Plus leur désir augmentait et plus ils se recroquevillaient dans un des coins de la pièce, se débarrassant de leur dernier vêtement.

Au bout de longues minutes, lorsque toutes les cellules de leurs corps défilèrent en rang avec des pancartes et des slogans en déclamant "On veut bien plus que ça" , Scott et Andrzej se déscotchèrent enfin et contemplèrent un instant le spectacle de leurs vêtements qui dérivaient dans la pièce, entourés par des paquets de mouchoirs et une espèce de petit tube contenant on ne sait quoi que le russe attrapa.

- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Scott, la gorge sèche.

- Le seul truc que j'ai trouvé et qui pourrait nous servir de lubrifiant ... Je pensais pas en avoir besoin ici, alors j'en avais pas ramené ... Et je suppose que toi non plus. Dit Andrzej d'une voix rauque et avec un petit sourire.

- Et c'est quoi ? Demanda Scott en embrassant Andrzej et en l'attirant encore plus tout contre lui.

- C'est grave si je garde le secret ? Dit-il en étouffant un petit gémissement.

- C'est quoi ? Demanda Scott en mordillant le russe.

- Du beurre fondu. Mais y avait rien d'autre, crois moi ! Dit Andrzej devant le regard effaré de Scott.

Le russe se colla alors contre l'américain et ils reprirent leurs activités précédentes là où elles en étaient, jusqu'à ce que les cellules de leurs corps défilent en rang avec des pancartes et des slogans en scandant "On veut bien plus que ça ! " , ce qu'elles avaient déjà fait quelques minutes avant.

Andrzej déboucha alors le petit tube et le tendit à Scott qui trempa les doigts dedans. Le russe était dos au mur et sa tête s'appuyait dessus. Ses jambes étaient largement écartées, et visiblement il attendait quelque chose. Scott avait encore ses lèvres collées à celles d'Andrzej et il était à genoux entre ses jambes, les doigts pleins de beurre.

L'américain laissa ses mains, ou plutôt ses doigts errer dans un endroit qu'ils n'avaient encore jamais visité. Andrzej rejeta encore sa tête en arrière et courba son corps de façon à faciliter l'accès de cette partie de son anatomie à son amant. Scott trempa à nouveau les doigts dans le petit tube de beurre fondu en prenant bien soin de le refermer pour que rien ne s'échappe et étala le beurre sur son sexe. Puis il fit un grand sourire à son amant et se glissa lentement là où jusqu'à présent il ne s'était glissé que dans ses rêves.

Et c'est à ce moment là que l'on peut vanter les mérites des vaisseaux spatiaux avec leurs merveilleuses portes insonorisées.

L'orgasme arriva bien trop rapidement au goût de Scott qui serait bien resté au même endroit des heures durant. Mais Andrzej n'étant pas du tout apaisé, il s'accrocha au jeune homme et les fit dériver au centre de la pièce, volant au milieu de leurs vêtements.

- C'est mon tour ! Chantonna t'il. Retourne toi mon beau.

- Non mais c'est quoi ces propositions ? Dit Scott en riant mais en obéissant immédiatement à l'ordre.

Andrzej ne répondit pas et fit glisser sa langue le long du dos de l'homme puis descendit jusqu'à tomber dans un petit creux, à un endroit où les sensations se décuplaient pour l'américain. Sa langue joua à faire trembler et frissonner le corps de Scott. Puis au bout d'un temps fou, jusqu'à ce que les cellules défilent à nouveau, le russe remplaça sa langue par ses doigts beurrés, puis par son sexe beurré lui aussi. En amorçant les mouvements de hanches Andrzej les fit dériver un peu plus dans la pièce. Ils se retrouvaient donc à voler au milieu de leurs vêtements, parfois la tête en bas, parfois en tournoyant sur eux mêmes. Le tout sur fond d'étoiles avec Mars bien visible. C'était un spectacle tout bonnement magnifique.

C'était une nuit magique et tout deux étaient totalement dans les étoiles au sens propre comme au figuré.

Une fois leurs ébats achevés et les voyeurs de Martiens rassasiés Scott et Andrzej s'accrochèrent un peu plus l'un à l'autre et se laissèrent dériver dans la pièce.

- Quand on est tous seuls toi et moi, je peux t'appeler Andy ? Demanda Scott avec un grand sourire.

Andrzej pouffa.

- Si tu veux, mais ne compte pas sur moi pour t'appeler Scotty ! Je n'ai pas envie de penser à Allan pendant qu'on fait l'amour !

Scott attrapa le visage de son amant et l'embrassa tendrement avant d'éclater de rire. Il n'avait pas du tout sommeil. Ils n'avaient pas du tout sommeil.

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Jour : 493.

Cela faisait déjà plus de quatre mois que les deux hommes vivaient une relation tendre et complice. Et ce soir, alors qu'ils étaient tous deux tranquillement installés dans le module qui leur servait de cuisine ils se sentaient particulièrement bien.

- Andy ?

- Oui ? Répondit le dit Andy.

- Ca fait déjà un petit bout de temps qu'on est ensemble toi et moi.

- Effectivement. Et ? Demanda Andrzej avec un petit sourire.

- Et j'aimerais te dire, que peu importe le temps qu'il nous reste à vivre, j'aimerais passer ce temps avec toi ...

Le russe redevint immédiatement sérieux.

- Vrai ?

- Oui. Murmura Scott en rougissant.

- Ca tombe bien parce que moi aussi j'aimerais beaucoup passer tout ce temps avec toi. Dit Andrzej en souriant.

- Génial ! Dit Scott avant de se jeter sur son petit ami pour lui arracher un petit baiser.

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Jour : 527.

Après plus de dix-sept mois dans l'espace on pouvait dire que les choses allaient relativement bien. Si ce n'est qu'ils avaient à peu près tout essayé pour éviter l'ennui. Et ça ne marchait pas trop mal. Ils ne se morfondaient pas éternellement sur leur petite personne. Certes la Terre leur manquait affreusement, mais mine de rien ils auraient pu tomber sur pire.

Leur aventure était loin d'être achevée, mais ils n'avaient pas spécialement hâte d'y être. Ils craignaient ce qui arriverait une fois là bas. Mais ils avaient encore de longs mois devant eux. Et de longs mois pour se préparer à atterrir sur Ganymède.

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Au fond d'eux, ils savent tous qu'ils ne reverront jamais plus la Terre. Jamais les hommes ne viendront les chercher. Au fond d'eux ils savent qu'il ne leur reste plus que deux à trois ans à vivre. Sont-ils à plaindre ? Pas forcément, car après tout ils sont heureux, ou du moins ils connaissent des moments de bonheur. Mais tout comme leur fin viendra, celle de l'humanité en fera de même.

Les humains savent bien qu'ils disparaîtront en même temps que leur Terre. Et ils savent aussi très bien au fond d'eux qu'ils sont allés trop loin. Et désormais, quoi qu'ils fassent, quoi qu'ils essaient de préserver, il est trop tard. Tout comme la Terre agonise, c'est l'humanité qui meurt avec elle.

Mais ailleurs, sur une autre planète aux confins de l'univers, ou qui sait peut-être même sur Ganymède une nouvelle humanité est en train de naître. C'est ainsi et seulement ainsi que nous perdurerons. Une autre humanité. Sur une autre Terre.

Fin.

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Désolé pour les fautes d'orthographe. Je la re-corrige dès que possible.

Des avis peut-être ? Dans tous les cas ils sont plus que bien venus.

-Deedee-



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