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Fiction » Romance » Solitude Accompagnée font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Imari
Fiction Rated: K - French - General - Reviews: 9 - Published: 05-02-06 - Updated: 05-02-06 - Complete - id:2165846

Ohayo tout le monde !!

Alors voilà un petit One Shot sortie de ma petite tête pour palier à une tristesse passagère. Ca a été écrit en un jet et ça m’a fait un bien fou !! J’espère vous faire profiter de la douceur de cette histoire, sans prétention aucune. Car c’est ici un moment un peu basique, un amour naissant sans rien de bien folichon.

Bonne lecture !

Auteur : Imari Ashke

Rating : ces personnages m’appartiennent exclusivement. J’en suis fière, ils sont adorables

Résumé : Face à la mer, perdu dans ses pensées, le destin d'un jeune homme va croiser celui d'un homme énigmatique. Coïncidence ou était-ce leur destin... (© Binary)

Petite Note : en fait rien à dire. En espérant que cela vous plaira.

oOo

Solitude accompagnée.

Je suis seul, assis face à la mer. Elle vient et va, s’approche de moi, m’effleure les pieds, les caresse, puis repart dans une danse qui lui ressemble. Par ce que la mer, c’est la liberté, c’est pouvoir aller partout et nulle part à la fois. C’est venir essuyer les traces de douleur et repartir avec la peine de l’autre pour le laisser seul et en paix. Alors pourquoi, aujourd’hui, cette paix ne m’atteint pas ? Pourquoi faut-il que je pense si fort et si longuement ? Je souffre, j’ai mal et rien ne s’apaise en moi. Même la mer ne parvient pas à m’atteindre. Peut-être ne suis-je pas assez touché par sa sollicitude ?

Je me lève, emporté par une envie mordante de fendre les vagues et de laisser cette eau purifiée mon corps et mon esprit. Elle est si douce en cette soirée. Le soleil couchant ne laisse apparaître qu’un horizon légèrement orangé et je m’y complais car la couleur s’approche du rouge, de ce sang versé par la plaie de mon cœur.

Alors je marche, un pas après l’autre, je sens l’eau s’infiltrer dans mes vêtements et je sens l’odeur salée de la mer. Mer ? Ou Mère ? Je ne sais plus… Elle m’a tant de fois consolé, pourquoi aujourd’hui me refuse-t-elle cette douce reconnaissance ?

L’eau vient me caresser le ventre et j’inspire longuement, m’arrête vaguement et glisse mes doigts sur les vagues. Je sens une nouvelle sorte d’eau salée courir le long de mes joues. Qu’est-ce donc ? Mes pleurs ? Non, je n’ai jamais pleuré, pourquoi aujourd’hui ? Pourtant ce sont elles, ses larmes traîtresses de mon malheur. Et pour les faire disparaître je continu mon avancé. La mer me guérira, il suffira que je m’y engouffre et elle me fera oublier. Elle l’a toujours fais…

Le niveau monte et bientôt c’est ma gorge qui frissonne au contact de l’eau. Toujours marcher, ne pas s’arrêter, ne pas supplier, juste espérer et recommencer.

« -Johann ! crie une voix. Johann ! »

Je me retourne vaguement, j’entends à peine, je ne reconnais pas cette voix. Maman ? Non, tu n’es plus là. Papa ? Non plus, tu es aussi parti. Petit frère ? Impossible, tu les as bien suivis. Mais pourquoi pas moi alors ? Pourquoi, moi, suis-je ici ?

J’entends des pas lourds qui s’approchent, gênés par cette mer (ou cette mère ?) qui lui barre le passage, qui entrave ses mouvements. Veut-elle me laisser le temps de disparaître ? J’en serais tellement heureux, apaisé…

Alors je me détourne de ce cri, de cette supplication qu’on me laisse, et fais de nouveaux pas. Pourquoi mon cœur bat-il si vite ? Il devrait au contraire ralentir et me laisser disparaître. La vie ne vaut plus rien ! Et les mots qui se joignent pour former des phrases incohérentes et désespérées me poursuivent même quand ma tête s’enfonce sous la surface. Elles résonnent dans mes oreilles, et s’inscrivent sur mon cœur blessé. Pourquoi ?

Un geste violent vient me tirer de la paix trouvée dans la mer. Mais quelle paix, avec cette voix raisonnant mille fois sous l’eau ?

« -Johann ! » crie-t-on en me tirant.

Je sens alors la chaleur d’un autre corps et je me souviens de la dernière personne disparût :

« -Chris… »

Les larmes reviennent et tracent des sillons sur mes joues, les parcourant à nouveaux de façon bien plus productive. Pourquoi toi aussi ?

« -Chris… »

One me prend dans ses bras, on me berce dans la mer, on me laisse pleurer et me lamenter.

« -Je suis désolé, Chris… »

On murmure des paroles de réconfort, on me frotte le dos et mon cœur suit ce mouvement :

« -Johann, chut, ce n’est rien, chut… Ce n’est rien…

-C’est ma faute… Chris…

-Ce n’était pas ta faute… Ce n’était pas… ta faute… chut… »

Je verse autant de larmes qu’il n’en a été produit pour créer cette mer. Je les verse et les lui laisse. Combien sont déjà venus s’épancher en elle, ainsi ? Combien ont versé les larmes qui m’échappent ? Beaucoup. Je sais qu’il y en a eu un nombre incalculable pour concevoir une aussi grande mer…

Bientôt, il ne m’en reste plus. Plus rien ne coule et pourtant je ne me sens pas apaisé. Je veux encore pleurer, pourquoi ne puis-je pas ? Maintenant que je le veux, pourquoi m’en empêche-t-on ?

Je respire, je souffle et ce souffle vient chauffer le cou de celui qui me tient fermement dans mes bras. Mon souffle glisse sur son corps. Bientôt j’enfonce ma tête dans sa chaleur, essayant d’y puiser les larmes qui me manquent mais n’en trouve aucune.

Il fait un pas et mon corps suit le mouvement en en faisant un à son tour et, doucement, nous marchons. Je ne sais tout d’abord pas dans quel sens. Veut-il me suivre dans cette recherche de paix ? Mais non, peu à peu, je sens la surface de l’eau libérer mon corps, dénuder mes vêtements et me libérer. Nous arrivons finalement au bord et il se laisse tomber à terre, m’entraînant dans sa chute. Je n’ai même pas la force ni de me débattre ni de parler et encore moins de protester. Je me retrouve allongé, toujours dans ses bras. D’ailleurs qui est-il, lui qui connaît mon nom ? Qui connaît Chris ? Connaissait…

« -Johann, tu vas mieux ? »

Il se met sur le côté de façon à m’allonger sur le sable. Et je peux enfin voir son visage. C’est un des médecins. Je le fixe du regard mais ne peux répondre. J’ai envie de pleurer, encore et encore… Rien n’empêche ma douleur de s’échapper excepté mes larmes. Alors s’il vous plaît faites les couler…

« -S’il vous plaît…

-Johann… Chut… »

Il me reprend dans ses bras et je me calme. Il est doux, il est calme... mais son cœur bat vite.

« -Johann… Tu m’as fais peur…

-Qui ?... »

Il me relâche et me repose sur le sable. Puis il prend mon avant bras et pose deux doigts sur le devant de mon poignet tout en regardant sa montre.

« -Tu ne te souviens pas, n’est-ce pas ? »

Je ne réponds rien et me laisse faire quand il commence à palper mon corps. Je sens sous ses doigts le professionnalisme suinter mais aussi, toujours, cette même douceur. Je le fixe. Ses cheveux blonds d’une longueur égale devant comme derrière, viennent frôler son visage. Ses yeux, bleus, passe d’un endroit à un autre sur mon corps, revenant souvent sur les miens, comme s’il avait peur que je ne m’en aille, que je les ferme et que je m’endorme.

« -Non, tu ne te souviens pas… C’est moi qui m’occupe de toi depuis ton arrivé à l’hôpital. Tu étais dans un sal état. Pas physiquement, bien sûr, mais moralement… »

Ses paroles me transpercent le cœur et je sens à nouveau les larmes venir sur le bord de mes yeux.

« -Chris… »

Mon murmure se perd dans la soirée salée que nous vivons. Il se penche à nouveau vers moi et me relève encore une fois pour me serrer dans un étau chaleureux.

« -Pleure autant que tu voudras. Tu te sentiras mieux… Laisse-toi aller, Johann. »

J’écoute son conseil comme s’il était la voix qui commande mon corps ; mes larmes recommencent à couler et cette fois je les offre au sable et à cet homme qui me soutient. La mer n’en a-t-elle pas déjà assez ?

Je me laisse bercer par ses bras dont les doigts frottent mon dos et ferme mes yeux malgré mes larmes qui continuent de tomber. Et, sans que j’en prenne réellement conscience, c’est le sommeil qui vient me cueillir au creux de ses bras.

oOo

J’ouvre les yeux. Mon cœur est douloureux et je cligne. Le noir m’entourant me fait peur. Où suis-je ? Un bruit attire mon attention et je me redresse, effrayé.

« -Johann ? Tu es réveillé ? »

Une lumière s’allume, douce et légère. L’homme blond s’avance et me donne une tasse d’où sort une fumée agréablement chaude.

« -C’est du thé. Ca te fera du bien… »

Je le regarde en prenant la tasse. Il est doux, ses yeux parlent mieux que sa voix. Il n’est réellement que douceur. Pourquoi ?

« -Tu peux boire, tu sais, me dit-il en souriant. »

Alors, finalement, après quelques hésitations, je me penche et m’oblige à baisser les yeux pour avaler le thé. Mais bien vite mon regard cherche à nouveau le sien. Je ne veux pas le perdre de vue. Qu’a-t-il fait ? Il m’a sortit des flots. Il m’a sorti de ma paix… Il m’a emmené loin de Chris…

« -Chris, ne puis-je m’empêcher de dire d’une voix éraillée et plaintive. »

Son regard reste doux, mais ses lèvres perdent leur sourire. Il s’approche et je résiste à l’envie de m’éloigner. Il s’assoit près de moi, récupère la tasse pour la poser sur une petite table à côté du lit, puis me prend à nouveau dans ses bras et frotte mon dos. Je me laisse emporter par la chaleur qui émane de lui.

« -Ne t’inquiète pas, me murmure-t-il, ne t’inquiète pas. Moi je ne te laisserais pas, d’accord ? Je ne te laisserais pas. Alors ne recommence pas… non, ne recommence pas à disparaître ainsi… »

Je ne comprends pas. Qui est-il ? Portant sa voix, son ton, ne mentent pas. Pourquoi serait-il affecté par ma disparition. Mais qui est-il ? Pourquoi ? Qui ? Pourquoi moi…

Les larmes refusent à nouveau de couler. Je suis tellement triste pourtant. J’aimerais qu’elles rejoignent le coin de mes yeux et qu’elles glissent silencieusement.

« -Larmes…, » dis-je dans un soupir. Je n’arrive pas à m’exprimer plus que cela. Pourquoi ce mot alors ?

Il s’écarte de moi et fixe mes yeux. Il passe une main sur mon œil droit puis sur celui de gauche. Il me sourit enfin, doucement, pas pour rire ou se moquer, juste pour m’encourager.

« -Non, tu ne pleures pas, il n’y a pas de larmes…

-Larmes… »

Je répète désespérément ce mot, espérant qu’elles viendront me rejoindre sous ma supplication. Mais rien n’arrive et c’est moi qui vais nicher ma tête dans son cou. Il me reprend dans ses bras pendant quelques minutes puis me recouche.

« -Tu devrais dormir encore un peu. »

Je le fixe. J’ai peur qu’il me laisse. Il est gentil. Il n’est pas Chris… Mais il ne me fait pas mal. Il n’est pourtant pas Chris… Qui est-il ?

« -Dors, Johann. Je resterais près de toi. Et quand tu ouvriras tes yeux, je serais là. »

Et Chris ? Sera-t-il là quand je me réveillerais ?

Mais je sais que non. Il a disparût et à jamais. Il ne sera plus là, sauf dans mes rêves, je le sais. Alors pour le rejoindre je m’endors et espère rêver et ne plus jamais me réveiller. Mais lui, il sera triste… non ?

oOo

A mon deuxième réveil je me sens mieux. Et la douleur en devient plus vivace. Ils m’ont laissés, tous. Pourquoi ?

Les larmes, que je taris pour toujours viennent lécher mes joues et ravager mon visage. Sa ne s’arrêtera jamais, n’est-ce pas ? La douleur, comme les pleurs, ne disparaîtront plus à présent, n’est-ce pas ?

Mes yeux s’ouvrent enfin pour tout laisser couler et je le vois tout de suite. Il me regarde vaguement, comme perdu dans ses songes. Mais mes yeux le captent et il revient tout de suite à la réalité.

« -Johann… Tu vas mieux ? Tu vois, je suis là…

-Oui… »

Je le regarde à nouveau, cligne des yeux puis soupir.

« -J’ai mal au cœur…, » dis-je. Et ma main vient enserrer le vêtement qui me sépare de ma peau à cet endroit précis où irradie le mal dont je souffre.

Une main apaisante vient se poser sur la mienne et ma poigne, comme par enchantement, se fait moins crispée.

« -Doucement, ne vas pas te faire mal, » me dit-il.

Mes yeux vont s’égarer dans les siens.

« -Qui… es-tu ? »

Ma demande le fait à nouveau sourire, mais il n’y a rien de moqueur.

« -Mon nom est Caïn.

-Caïn ? »

Son nom est vraiment étrange… Mais il n’a pas l’air français…

« -Oui. Je suis moitié japonais et moitié américain. »

Ses yeux bridés en sont la preuve. Mais ses cheveux blonds et ses yeux bleus tirent plutôt du côté allemand. Enfin… Il est étrange. Et moi, que fais-je là ?

« -Où… »

Ma voix tombe et je racle ma gorge. Je ne me sens pas très bien et mon cœur tape, comme le ferait un marteau, sur mon passé. J’ai mal…

« -Tu es chez moi. J’ai remplis le formulaire à l’hôpital et t’ai amené ici. Nous sommes au bord de la mer et près de l’hôpital, aussi. »

Ces mots grincent et ma tête commence à suivre le rythme qui s’égrène dans ma poitrine. Cela ne cessera-t-il jamais ?... Non, jamais… j’en suis sûr…

« -Tu ne te souviens pas de moi, n’est-ce pas ? »

Ce n’est pas la première fois qu’il me pose la question. Pourquoi s’acharne-t-il ? Non, je ne sais pas qui il est…

Et mon regard replonge dans le sien, en quête de souvenirs que je ne retrouve pas.

« -Je suis le médecin qui s’est occupé de toi. »

Médecin… Il est médecin. Oui, ses gestes sur la plage, je me rappelle… Pourtant il a l’air si jeune…

« -Je t’ai souvent veillé, tu n’avais rien sur le corps, mais tu paraissais mort. Tu as été atteint de façon incroyable dans ton cœur et c’est ce qui m’a poussé à m’occuper spécialement de toi …

-Spécialement ? »

Que veut-il dire ? Je ne me sens pas à l’aise. Que m’a-t-il fait ? Des expériences peut-être ? Les folies qui me passent dans la tête sont toutes fausses, je le sais bien, mais je ne peux m’empêcher de les voir défiler une à une…

« -Oui. Tu m’as intrigué. Pendant de longues heures j’ai veillé sur toi. Tu n’as pas arrêté de parler de ta vie. Je pense avoir compris beaucoup de choses, mais je ne dirais rien, d’accord ? »

J’hoche légèrement la tête. Puis une envie soudaine m’attrape le ventre. Je ne lâche pas son regard mais mes joues rosissent de gêne. Il me sourit, attentif et intrigué. Finalement je lui avoue :

« -Toilettes…

«-Ah. Viens, tu peux te lever, vu comme tu as marché jusqu’à présent. »

Que veut-il dire ?

Mais il m’aide à me lever et j’oublie ses paroles. Appuyé de tout mon poids sur lui je me laisse guider. J’ai une épaule sur qui tout laisser. C’est tout ce que je demande, ne pas être seul…

Enfin il ouvre une porte et m’aide à entrer dans la pièce. Il veut me lâcher mais je m’accroche.

« -Tu as besoin d’aide ? »

J’hoche la tête sans le regarder, tout de même un peu embarrassé. Il finit par baisser le pantalon de pyjama qu’il m’a sans doute mis quand je dormais, et m’assied sur les toilettes. Je peux enfin me libérer de ce poids. Bien qu’un autre beaucoup plus lourd est chaque instant sur le point de me faire sombrer.

Quand j’ai fini, il m’essuie lui-même et me remmène. Je me sens loin de tout cela. Je suis épuisé. Je n’ai pas envie de marcher, je n’ai pas envie d’être seul…

Il me recouche, rabat les draps sur moi et son sourire, toujours, étire ses lèvres de gentillesse.

« -Je sais que tu peux faire tout cela seul. Il n’est pas bon de se reposer ainsi sur les autres… »

Comment sait-il ? La plage me poursuit. La mer, le sable, surtout la mer… J’aimerais y aller et me perdre dans l’eau salée, rejoindre Chris… De légères images de plage se succèdent et je comprends alors un peu ce qu’il a voulu me dire.

« -Combien de fois…

-Combien de fois tu t’es rendu sur la plage ? Presque tous les soirs… Je te suivais toujours de loin. La première fois j’ai vraiment eu peur…

-J’ai pleuré n’est-ce pas ? »

Ma langue se délit enfin. Caïn s’assied près de moi et pose une main sur ma poitrine, lissant distraitement le drap du dessus.

« -Oui, tu as pleuré. Comme tout le monde.

-Je n’avais jamais pleuré…

-Jamais ?

-Jamais… »

Pleurer c’est montrer sa faiblesse. C’est ce que disait Papa. Papa... Pourquoi n’es-tu plus là, près de moi ? Maman… Petit frère…

« -Pleurer fais du bien, tu ne trouves pas ?

-... Si… »

Mais ma pensée va bien au-delà : je n’ai pas assez pleuré, je voudrais pleurer chaque jour pour me libérer de cette douleur qui me ronge le cœur.

« -Mais pleurer ne se commande pas.

-... Non… »

Son regard transperce le mien de sa gentillesse, et la chaleur d’avoir trouvé un être compréhensif traverse mon cœur dans un frisson de douceur. Pourtant, Chris n’est plus là…

« -Chris… »

Ma voix désespérée me fait écho. J’ai mal. Je voudrais tellement le voir…

« -Il n’est plus là, Johann. Mais tu sais, Chris sera toujours présent, tout de même. Ici… »

Et son doigt vient pointé mon cœur. Mes larmes alors viennent embuer mes yeux et je recommence à pleurer. Non, jamais rien ne cessera. Chris n’est plus là… Plus rien ne me retient…

Caïn me prend dans ses bras. Son étreinte remplit mon cœur de douceur et mes larmes coulent plus facilement. Je me sens un peu mieux. Pourtant, rien n’a réellement disparût. Et quand il me repose parmi les couvertures, je lui demande :

« -La douleur ne partira pas ?

-La douleur ne partira pas, non, » dit-il doucement devant mon visage triste et désespéré. « Mais elle te rappellera toujours les personnes qui te son chères. Et elle diminuera, peu à peu, pour laisser place au bonheur… »

Ses paroles me vont droit au cœur. Elles étaient douloureuses au début, mais me laisse l’espoir que, peut-être un jour, j’y arriverais. Pourtant… Je n’ai pas l’impression d’y avoir le droit. Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi moi ?

Une main vient caresser mes cheveux. Comme une mère pour son fils. Et je me sens redevenir un petit garçon. Bercé par cette caresse remplit de patience et de bonté je m’endors à nouveau, espérant que demain serait un jour meilleur.

oOo

Il fait jour, cette fois, et mes yeux mettent un temps infini à pouvoir totalement s’ouvrir. Pourtant je sens sa présence, quelque part, il n’est pas loin de moi.

Une odeur vient jusqu’à moi et je renifle. Ca sent le chocolat…

« -Bonjour, Johann, » me dit Caïn.

Je tourne un regard vers lui, à mon côté. Il s’avance avec une tasse.

« -Bonjour, dis-je d’une voix étranglée.

-C’est du chocolat chaud. Tu aimes ?

-Oui, j’aime beaucoup. »

Les mots sortent à nouveau de ma bouche, mais la fluidité qui devrait y régner a disparût, comme s’il fallait que je réapprenne à parler.

Il me tend la tasse et je la prends. C’est chaud, agréable… Je bois lentement et mes yeux s’attardent sur mon médecin. Quand j’ai fini, je lui tends la tasse, un peu mal à l’aise.

« -Les toilettes sont à droite, dans le couloir, » me dit-il en s’éloignant avec la tasse.

J’attends quelques instants, pressé, mais il ne revient pas. Désespéré, je tente de me lever et d’y aller par mes propres moyens. Mes deux pieds à terre, je me mets doucement debout. Ma tête me tourne et je suis tenté de me laisser tomber. Mais mon envie pressante me reprend. Un premier pas et je tente de me rattraper à quelque chose. Je suis incapable de marcher. Pourquoi m’a-t-il laissé seul ? Pourquoi a-t-il fait cela ?

Des larmes de détresse commence à couler et je fais un nouveau pas chancelant. Je n’ai pas envie de continuer, je vais tomber. Pourquoi ne vient-il pas ? Je ne veux pas être seul.

« -Caïn… »

Ma voix est éraillée et ressemble plus à un murmure qu’autre chose. Je n’arrive pas à l’appeler, je suis seul et je vais tomber.

Et comme pour répondre à mon désespoir, mon envie pressante me quitte et le liquide chaud coule le long de mes jambes. Je ne sens même pas de honte, juste le fait que j’ai perdu. Et surtout que je suis seul. J’entends alors mes propres gémissements s’étendrent dans la pièce. Mes pleurs glisse et tapissent le silence de la pièce.

« -Johann…, » murmure-t-on non loin de moi, alors que des pas résonnent près de moi.

Il me prend dans ses bras et me serre doucement. Je pleure alors comme un enfant, gémissant de peur et d’espoir.

« -Tu es un enfant, un petit garçon perdu, Johann… Il va falloir grandir… Mon petit naufragé de la plage… »

Il m’attrape alors plus fermement et finit par me porter dans la salle de bain. Il me lâche sur une chaise et s’éloigne. J’entends alors l’eau coulée et jette un regard. Ce n’est pas la mer, c’est tout ce que je peux en dire…

Caïn revient finalement vers moi et commence à me déshabiller. Je me laisse faire. Que puis-je faire d’autre ? Pourquoi suis-je encore ici ?

« -Lève-toi, Johann, pour que je t’enlève ton pantalon. »

J’obéis doucement. Chris… Je veux voir Chris…

« -Chris…

-Ne l’oublie pas, » me répond Caïn.

Ca, je ne le pourrais jamais. Le sait-il ? Oui, il doit le savoir. Mais il a raison. Non, je ne l’oublierais pas.

Malgré le liquide verdâtre qui persiste sur mes jambes, Caïn me prend dans ses bras et me pose dans l’eau. Je frissonne, une envie subite me prend de sortir de là. D’un seul coup, j’ai vraiment peur de l’eau.

« -Du calme, Johann. Je suis là… »

Et je me calme. La douceur de sa voix fait disparaître ma peur.

« -J’ai l’impression… que tu me connais… réellement… »

Mes mots ont du mal à sortir et je vais doucement. Il m’écoute. Je peux sentir son attention toute entière posée sur moi.

« -Je te connais, par ce que tu m’as parlé. Tu sais que tu as passé plusieurs mois à demi réveillé ? Tu as parlé de toi, de ta vie, de ta famille… de Chris…

-Chris… »

Ce nom est une dague qui vient m’empaler le cœur de toute sa perversion… Ca fait si mal ! Mais c’est vrai…

« -Oui, Chris, » continue-t-il en commençant à me nettoyer avec un geste lent et doux. « Tu as parlé de cette fameuse journée où tu les attendais tous à la sortie du lycée. Tu avais le BAC, tu devais le fêter avec eux. Alors ils sont venus et devant toi, l’accident…

-Stop… »

Ma voix réussi à se frayer un chemin jusqu’à mes lèvres. Mais mon murmure est inaudible. Pourtant, Caïn s’arrête.

« -Tu sais, j’ai passé tellement d’heures à ton chevet… Mais je ne m’attendais pas à ton regard… »

Mon regard ? Qu’a-t-il, mon regard ? Je le scrute intensément et son sourire se fait bien plus tendre. Il est doux, c’est comme s’il me comprenait.

« -Avec l’accident, ton corps en état de choc s’est révulsé. Et tu es tombé. On t’a emmené d’urgence à l’hôpital. Tu n’avais rien et pourtant tu continuais à frissonner… »

Un spasme passe sur son corps et je le ressens. Il s’arrête alors de me savonner et me regarde encore.

« -Ce jour-là, j’ai vraiment eu peur. Je n’avais jamais vu ça. Tes yeux étaient totalement blanc et quand j’ai vu tes cheveux noirs, j’ai pensé bêtement : « il doit avoir les yeux noirs, aussi. » »

Je cligne des yeux, comme si j’essayais de les voir. Mes yeux… Non mes yeux ne sont pas noirs. Ils sont…

« -...vairons. Tes yeux sont vairons. L’un est vert, l’autre tire vers le bleu sombre, voir noir. »

Je cligne à nouveau des yeux pus sourit. Chris aimait beaucoup mes yeux. Mon sourire disparaît.

« -Chris… »

Caïn perd un peu de son sourire mais son regard reste doux.

« -Il aimait tes yeux, lui aussi ?

-Oui… »

Ma réponse est criante de vérité et tremblante de tristesse. Caïn, aide-moi, ne me laisse pas seul…

« -Voilà, j’ai fini, » dit enfin Caïn en se relevant.

Un petit cri plaintif s’échappe de ma bouche. Il se tourne vers moi :

« -Je ne vais pas partir, ne t’inquiètes pas. »

Il attrape la paume de douche, la met à la bonne température puis débouche le trou d’eau et commence à me rincer. Il me relève et enfin éteint l’eau. Je suis propre…

Il me prend dans ses bras et me soulève armé d’une serviette. Il me sèche et me frictionne. J’ai froid maintenant. Caïn, ne part pas… Ma main va accrocher sa chemise et la retient fermement.

« -Je ne m’enfuirais pas, Johann. Tu peux me lâcher. »

Mais il ne le fait pas de force et je n’ai aucun envie de lâcher prise. Finalement, il me rhabille d’un nouveau pyjama et me reprend dans ses bras. Il va me coucher à nouveau dans le lit et s’assied près de moi. Quelques minutes après, je m’endors. Ce n’est pas le sommeil qui m’attire, juste l’oubli… Pourtant une phrase perce le voile de ma nuit lorsque Caïn murmure :

« -Pourquoi as-tu si peur d’être seul, Johann… »

Mais ce n’est pas la peur d’être seul qui me terrifie, Caïn, c’est celle d’être délaissé et abandonné…

Et je m’endors, lassé.

oOo

Le jour d’après, je me sens beaucoup mieux. Est-ce la douche qui m’a rendu un peu de mon âme ?

« -Bonjour Johann, » dit Caïn, à la porte de la chambre.

Je le regarde. Toujours ce sourire bienveillant aux lèvres. Caïn est beau. Il ne ressemble pas du tout à Chris… Chris… La douleur est toujours poignante, mais c’est comme si, en retrouvant un peu de paix et de calme, elle était moins poignante. Et c’était le faite de Caïn…

« -Bonjour. »

Ma réponse est un peu plus assurée. Pourtant je sais qu’il me manque encore un peu de force.

« -Chocolat chaud ? » me demande-t-il.

J’hoche la tête et regarde son dos alors qu’il disparaît dans la cuisine. Je le devine aisément.

Qui est-il ? Cette question est toujours présente. Il est médecin. D’accord... Mais encore ?

Lorsque Caïn revient avec un bol, mon regard croise le sien et j’essaie de lui montrer ma reconnaissance, tout en prenant le bol de ses mains.

« -Merci. »

Le sourire m’est impossible. Je n’y arrive pas. Je bois lentement et finis le bol. Je n’ai déjà plus faim.

Je le lui rends et il hoche la tête de contentement. Il disparaît puis revient quelques instants plus tard.

« -Alors, que veux-tu faire ? »

Moi ? Pourquoi moi ?

« -Qui es-tu ? »

Son regard se trouble.

« -Qui je suis ? Tu as oublié ?

«-Non… mais encore… ?

-Ah… Que veux-tu savoir ? »

La seule chose qui me vient à l’esprit est ce que j’ai pensé tout d’abord de ce médecin :

« -Tu es jeune…

«-Pour un médecin ? Tu n’as pas tort. J’ai sauté trois classes. J’étais un bon élève il faut croire. Et j’ai eu mon diplôme de médecine une année à l’avance. J’étais bien plus près que tous les élèves de ma fac. Et je suis entré en hôpital trois mois avant ton arrivée. J’ai même fais des opérations et les chirurgiens plus pagés étaient fiers de moi. Puis… »

Il soupire et me regarde. Qu’ai-je fais ? Je le questionne silencieusement.

« -Puis tu es arrivé. Je n’avais jamais vu ça. Tu te débattais contre ton ombre, et pour la première fois j’ai vraiment eu peur. Tu es jeune, Johann, jeune, beau, et pourtant marqué par tant de tristesse. Tu t’es débattu et je t’ai piqué pour que tu dormes. J’étais sonné. Et puis plusieurs fois je suis venu te voir pendant la première semaine et un jour, tu m’as parlé.

-Parlé ?

-Enfin, tu parlais dans ton sommeil… Tu parlais à ce Chris. Et je t’ai écouté, chaque jour je t’ai écouté. J’ai demandé à m’occuper exclusivement de toi et pendant les trois mois de ton semi coma, je t’ai suivi chaque soir à la plage. La première fois, je t’ai forcé à retourner dans ton lit quand je t’ai trouvé en dehors de l’hôpital alors que j’allais rentrer. La deuxième fois je t’ai accompagné. Et ensuite je t’ai suivi de loin.

-Pendant trois mois…

-Oui, trois mois. Tu allais à la plage, tu t’asseyais pendant des heures et des heures puis tu regagnais ta chambre. Et, l’autre jour, je ne sais pas pourquoi, tu t’es levé et tu as avancé dans la mer. Au début je t’ai laissé faire. Mais quand j’ai vu que tu t’y enfonçais vraiment, j’ai couru pour te sauver.

-Ah… Oui, tu m’as sauvé… de ma solitude…

-Tu as peur d’être seul n’est-ce pas ?

-D’être seul ? Non. D’être abandonné…

-Je ne t’abandonnerais pas, moi. Je resterais là avec toi. »

Caïn me prend alors dans ses bras. Je ne sais pas pourquoi mais ses mots me touchent. C’est différent d’avec Chris. Oui, il y a une subtile différence et je la ressens gigantesque malgré moi.

Je me sens bien dans ses bras. C’est une protection chaleureuse qui m’entoure dans ses bras et c’est rassurant.

« -Tu veux aller à la plage ? » me demande-t-il alors.

La question me surprend. Comment… ?

Il s’écarte de moi, me sourie et je réponds, hésitant :

« -Oui, je voudrais aller à la plage, s’il te plaît… »

Il a son bras sous le mien et me tient solidement de peur que je ne tombe. Sa sollicitude m’étonne chaque fois et m’encourage à la fois. Nous sommes arrivés près de la plage et, je ne sais pourquoi, je ralentis mon pas. Ai-je peur ? Pourtant, il ne peut rien se passer. Caïn est avec moi…

Alors qu’est-ce que c’est ? C’est comme si en m’approchant de la mer, il allait se passer quelque chose. Qu’il allait y avoir quelque chose. Et cette chose… je crois que ce sera… un tournent. Oui, une grande étape que je vais franchir. Je vais quitter la route de Chris et ma famille… et emprunter celle de Caïn. Et continuera-t-on cette route ensemble ? J’espère. Je ne veux pas qu’il m’abandonne maintenant.

Nous sommes arrivés à la plage, dans le sable. Il y a du vent et des mèches viennent voilés le regard de Caïn. Il est beau. Mes cheveux, eux, sont courts. A cause de quelque chose à l’hôpital, je n’ai pas compris quoi, on a dû me les raser. Et ils repoussent, tant bien que mal.

Ca fait déjà deux jours que Caïn m’a proposé cette sortie à la plage. Il m’aura fallu du temps pour réellement me décider.

Le sable est fin et on enlève nos chaussures. Il m’aide et je m’appuie sur lui. Que ferais-je, d’ailleurs, sans lui ? Il est le pilier de cette nouvelle vie.

On laisse nos chaussures sur place et l’on s’avance dans le sable. La mer s’approche et je me serre davantage contre Caïn.

« -Tu as peur ? » me demande-t-il en passant un bras autour de mes épaules, gardant l’autre sous un de mes bras pour que je m’y appuie.

Je m’arrête de marcher avant que nos pieds ne touchent l’eau. Je me tourne vers lui en frissonnant.

« -J’ai peur… de l’eau… »

Voilà, c’est sorti. Pourquoi ai-je peur de l’eau à présent ? C’est l’ironie du sort ? Ce qui aurait pu, à l’époque, me sauver me fait aujourd’hui plus peur qu’autre chose…

Caïn s’approche à nouveau de moi et me serre dans ses bras et j’essaie de m’enfoncer le plus profondément possible dans son étreinte. Son souffle vient peu à peu caresser mon oreille et il finit par me murmurer :

« -N’aie pas peur. Sa va passer. Je suis avec toi, et je ne partirais pas. »

Et tout en parlant, il fait un pas de côté, vers la mer. J’en fais un en réponse, redoutant le toucher de l’eau. Il s’arrête.

« -Tu aimais vraiment ce Chris n’est-ce pas ?

-Oui. Je l’aimais vraiment… Il était ma seule famille réelle.

-Et tes parents ? »

Un nouveau pas sur le côté, le mien en réponse.

« -Mes parents étaient… Je les aimais mais ils étaient… violents… Mon père m’a battu plusieurs fois, mais il était surtout très doué avec les mots. La solitude qu’il exerçait sur moi était sa plus belle arme. En m’enfermant dans le noir et en me parlant, il m’a fait redouté cela plus que toute autre chose… Et les larmes étaient interdites.

-Tu veux dire que… »

Il fait un nouveau pas sur le côté et je le suis. Le sien était beaucoup moins sûr cette fois…

« -Que je n’avais jamais pleuré avant cette fameuse nuit ? C’est vrai… Ensuite, j’ai voulu pleurer tout ce que j’avais sur le cœur. Mais les larmes finissent par se tarir. Même si la douleur persiste…

-Chris te manque à ce point ?

-Il me manquera toujours, comme tu l’as dit. Chris… était la seule personne que j’aimais et qui m’aimait en retour…

-Tu l’aimes toujours ? »

Je m’écarte un peu de lui alors qu’un nouveau pas est effectué. Ses yeux sont un peu voilés mais la douceur y reste infiniment présente :

« -Oui, je l’aime toujours, et l’aimerait jusqu’à la fin de mes jours… »

Ses yeux brillent alors de façon étrange. Pourquoi… ?

« -Chris était un être merveilleux… Je n’aurais jamais un autre frère que lui. »

Il y a un sursaut dans son corps et j’y réponds en faisant un pas sur le côté. En fait, il n’en a fait aucun mais me rejoints finalement.

« -Chris était ton frère ?

-Oui… »

Il m’attrape et me serra bien plus fort que jamais. Ses bras m’encerclent comme s’il ne voulait plus jamais me lâcher. Mais je ne m’enfuirais jamais. Non, je ne pourrais pas vivre sans Caïn, à présent. Il est ma vie après tout…

« -Et moi…, » me murmure Caïn dans un souffle, alors qu’un autre pas est effectué.

« -Toi ?

-M’aimes-tu ? »

Sa question me paraît finalement un peu bête. Ne le sait-il pas ? Il a tant fait pour moi ! Il est l’ancre qui maintient le radeau que je suis près du port. Il est le soleil qui a séché ma douleur et l’a fait bronzer, la transformant en une mélancolie douce et supportable. Il est le cœur généreux qui a adoucit le mien et l’a rendu sensible au sien…

« -Moi… Je t’aime… » dis-je

L’étau se resserre autour de moi et il finit par s’écarter de moi d’un geste fugace pour poser ses lèvres sur les miennes. Juste quelques secondes à peine, nos sommes réunis et c’est doux, comme tout son être, c’est chaud, comme ses doigts qui caressent ma joue…

Il s’écarte et me regarde à nouveau.

« -Lorsque je t'ai vu sur ce brancard, à t’acharner, à te débattre, j’étais choqué. Quand je t’ai endormi, j’étais tétanisé par ta beauté, et la douleur et l’égarement de ton visage m’ont transpercé le cœur… Mais le jour où je me suis rendu compte de mes sentiments… C’était ce jour où… nous étions ensemble, loin de la solitude et dans la mer, comme maintenant. »

C’est là que mon regard se pose autour de moi et voit ce dont l’amour est capable : Caïn ne m’a pas seulement sauvé de la solitude, il a aussi réussi à chasser mes peurs. Et la mer, m’entourant de sa douceur, me pousse dans les bras de mon sauveur.

Je sais qu’il y a encore de grandes peurs à affronter. Mais lui, j’en suis certain, restera là pour m’aider. Comme la mer, il me poussera de l’avant. Et je ferais face à tout, avec lui à mes côtés. Je sais que j’en serais capable !

« -Je t’aime, » me murmure-t-il enfin.

Ma pensée remplie de bonheur s’en va parcourir les eaux pour rejoindre une nouvelle âme perdue en quête d’amour. Les mots valent parfois plus que les gestes, quand ils ne font que sublimer la réalité…

Owari.

Ima.



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