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Fiction » Romance » Cristal de glace font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: perriline
Fiction Rated: K+ - French - Romance/General - Reviews: 1 - Published: 05-21-06 - Updated: 05-21-06 - id:2178103

Rebonjour à tous!

Voici la première fiction que j'ai fini, il ya déjà trois ans. C'était le cadeau de noël d'une amie qu'il l'a eu en mai. rire.. Je susis parfois longue pour écrire. Toutes mes excuses pour celles qui m'ont suivi au lycée.

Bon, comme toujours, les personnages sont à moi.

Un énorme merci à mon bichon, Naishou, Juliette, Emile, Leslie et bien sur à Elsaà qui est dedié cette histoire.

Bonne lecture à tous...


Il était trois heures cinquante quatre minutes. Rachel regardait fixement la pendule. Elle n’avait plus rien à faire ; sa feuille de cours était couverte de dessins et la jeune fille attendait patiemment le bruit salvateur de la sonnerie.

Trois heures cinquante cinq minutes. Celle-ci se fit entendre dans toutes les salles du lycée.

Rachel sortit très vite de la salle de classe. Elle avait enfin fini les cours de la journée et elle décida d’aller flâner dans les rues. Noël approchait à grands pas, les vitrines étaient devenues de véritables maisons de poupées aux couleurs chaudes et rassurantes. Comme à son habitude, la vitrine du libraire attira son attention : de nouveaux ouvrages étaient arrivés. Elle ressortit avec un énorme sac rempli de livres. Ceux-ci étaient sa seule grande passion avec son grand frère, Mika.

Rachel, avec tous ces paquets et grand mal, rentra à la maison. Des voix masculines se firent entendre, elle reconnut la voix de son frère mais pas celles des autres.

« T’es rentrée ? Tu as bien mis du temps, demanda son frère.

- Je suis allée faire les courses de Noël, répondit-elle. Et si tu venais m’aider, ça serait bien !

- Oui, c’est bon ! Soupira Mika.

Mika arriva dans le petit couloir de l’entrée aux couleurs jaune blé et s’étonna du nombre de paquets que sa sœur avait ramené chez eux. Ils arrivèrent dans le salon et là, Rachel vit les amis de son frère. Tous lui dirent bonjour poliment en se levant du canapé sur lequel ils étaient assis.

« Rachel, je te présente mes deux meilleurs amis, Erwan et Loral. Voici ma petite sœur, Rachel.

- C’est marrant, dit Erwan, je ne t’ai jamais vue au lycée !

- Moi, je vous ai vu. On ne peut pas dire que vous passez inaperçus, répondit sèchement Rachel en montant les marches de l’escalier.

Bien qu’elle les avait déjà vu au lycée, son frère ne lui avait jamais présenté le moindre de ses amis, ni les avait ramené à la maison.

Une fois qu’elle fut partie, les garçons reprirent leur discussion.

« Elle n’est pas commode, la petite sœur ! dit Erwan. Quel caractère !

- Il ne faut pas lui en vouloir mais c’est vrai qu’elle est peu sociable, continua Mika.

- Au fait, tu lui en as parlé ? Questionna Loral.

- Non, répondit Mika grave. J’ai peur de sa réaction. Vous savez, elle m’adore et si elle voit que son frère n’est pas exactement elle se l’imaginait…

- Et Sarah, elle le sait au moins? Interrogea Erwan.

- Oui, elle avait plus ou moins deviné mais j’ai tenu à lui expliquer. Elle ne dira rien sur ça. Elle respecte cette décision.

- C’est une bonne chose, dit Loral.

Mika regarda la pendule du bar de la cuisine et lui dit qu’il serait temps de partir. Quand ils furent partis, Mika souffla un bon coup. Il pensa que c’était mieux ainsi, que c’était plus honnête puis il se décida à monter voir sa sœur. Quand il ouvrit la porte, elle était à son bureau en train de faire ses devoirs.

« Je vois que tu l’as acheté, dit Mika en prenant l’un des livres éparpillés sur le lit.

- Oui, répondit Rachel, le nez plongé dans ses devoirs.

- Tu pourrais être plus aimable avec les autres !

Il n’y eut pas de réponse comme d‘habitude lorsque ce sujet était abordé. Mika haussa les épaules et descendit préparer le dîner.

Deux semaines plus tard, Rachel était au lycée. Elle lisait sur un banc du jardin intérieur à midi. Elle trouvait qu’il y avait beaucoup trop d’agitation autre à l’intérieur du lycée. Cela venait peut-être à la répartition des rôles pour la future pièce de théâtre du festival d’hiver du lycée et le grand bal qui le suivrait. Rachel ne comprenait pas à quoi ça servait s’exciter ainsi, elle trouvait qu’on était déjà dans un théâtre, avec son grand ballet d’hypocrisie.

Quelqu’un arriva derrière elle et lui fit peur. C’était Erwan !

« J’ai deux places pour aller voir le concert du groupe Tranest qui passe en ville vendredi prochain. Ton frère m’a dit que tu aimais ce groupe, dit le jeune homme.

- Mon cher frère ne veut pas venir avec toi ? ! interrogea Rachel, ironique.

- Non, non ! Ce n’est pas ça mais il a autre chose de prévu. Il m’a demandé de m’occuper de toi !

- Ha ! fit Rachel surprise. C’est gentil à toi. Pour moi, il n’y a pas de problème, c’est d’accord ! Je viendrais.

- Je viendrais te chercher vendredi prochain, à sept heures et demie. Soit à l’heure ! Bye ! dit Erwan en partant.

Plus tard dans la journée, Loral, Erwan et Mika parlèrent ensemble autour d‘une table de la bibliothèque.

- Alors elle a accepté, ma petite soeur ? demanda Mika.

- Oui, elle n’a fait aucune difficulté. Elle a été gentille mais aussi très ironique.

- Ça ne m’étonne pas ! Tu es sûr que ça ne te dérange pas ? Comme les parents ne sont pas là et que moi, je sors…

- Non, je te dois bien ça. Combien de fois, tu m’as rendu service? Allez, je vais juste faire la nounou ! dit Erwan en riant.

- Eh ! C’est ma sœur dont tu parles et ce n’est pas une gamine !

- Du calme, Mika ! dit Loral en lui posant une main sur l’épaule (de Mika).

Quelqu’un les regarda parler avec un air triste. Elle dit à voix basse : Franchement, je vous plains. Je n’aimerai pas être à votre place !

- Sarah, qu’est ce que tu fous ? Nous attendons nos feuilles ! dit l’une de ses camarades de classe.

- Oui, j’arrive ! répondit Sarah.

Le vendredi du rendrez-vous, il y eut un embouteillage à la salle de bains. Mika était sous la douche et Rachel se demandait quels vêtements mettre en regardant la masse disponible, éparpillée de partout.

- Mika, qu’est- ce que je mets ? Demanda Rachel.

Une tête sortit du rideau de douche.

- Moi, je n’en sais rien. Je suis un mec, moi !

- C’est justement pour ça. Il faut quand même pas que je ressemble à un sac à patates !

- Ah ! Fit Mika suspicieux. Je ne sais pas, je me douche, là !

Et il retourna à ses occupations. Finalement, Rachel opta pour les premiers vêtements qui lui tombèrent sous la main : un pantalon noir et un pull fin rouge sombre. Pendant qu’elle finissait de se maquiller, son frère sortit enfin de la douche.

- Au fait, que fais-tu ce soir ? dit Rachel curieusement.

- Je sors, ça se voit, non !

- Pour l’instant, ça ne se voit pas ! T’es à poil, je te signale ! Tu vas voir qui, ce soir ?

- Ça ne te regarde pas ! Tiens, tu t’intéresses enfin à quelque chose, ça change ! continua Mika ironiquement.

- La ferme ! Bon, je rentre vers les onze heures ! répondit Rachel en fermant la porte.

Mika souffla un bon coup.

- Je ne savais pas qu’un concert pouvait la rendre aussi nerveuse, à moins que ça soit Erwan. Mais attends j’espère qu’elle n’est en train de tomber amoureuse de lui ! Merde…

Mika sortit rapidement de la salle de bains, une simple serviette de bains nouée autour de la taille, dévala les escaliers mais arriva trop tard. Elle était déjà partie.

Rachel était en pleine euphorie pendant tout le concert. Depuis le temps qu’elle voulait les voir en chair et en os, elle sautait dans tous les sens. Erwan la regardait avec amusement. Finalement, elle était comme son frère, passionnée. Il ne remarqua pas un regard méchant, plein de rancune qui s’adressait à lui qui aurait pu s’adresser à lui. A la fin du concert, Rachel proposa à Erwan d’aller dans un café juste à la sortie de la salle de concert pour le remercier de l’avoir emmenée.

- Alors ! … Tu as l’air super contente, commenta Erwan pendant qu’on leur servait leurs consommations.

- Oui ! Je te remercie encore. Ça fait du bien de pouvoir s’amuser un peu, répondit Rachel.

- Tu n’es pas tant un ours que ton frère veut le faire croire.

- Non, pourquoi ? dit-elle avec étonnement.

Erwan haussa les épaules

- Pour changer de sujet, sais-tu ce qu’a mon frère ? Il est bizarre en ce moment.

- Ah bon ! Je ne sais pas. Il n’a pas changé ! Il ne t’a…

- Quoi ? Qu’a-t-il ? questionna Rachel qui n’avait pas tout compris.

- Non, rien ! Laisse tomber…

Ils finirent leurs boissons et s’apprêtaient à partir quand une voix féminine se fit entendre.

- Alors, maintenant, on les prend au berceau, Erwan !

- Tu n’as apparemment pas compris que c’est fini, Amy ! dit Erwan en se retournant. Tes commentaires, tu te les gardes !

- Je te plains, dit la dénommée Amy en s’adressant à Rachel, tu es tombée sur un mec qui drague tout ce qui passe. Il s’amuse avec toi et te larguera dés qu’il en aura l’occasion.

- Erwan, je crois que je vais y aller, dit Rachel en commençant à partir. Merci pour la soirée !

- Hé, attends ! s’écria le jeune homme. Tu peux être fière de toi, Amy !

- Voyons ! Elle s’approcha de lui. On peut finir la soirée ensemble

- Dégage, toi ! Tu vas avoir des problèmes. C’est fini, tu m’entends, c’est fini ! Quand Mika va apprendre que tu as touché à sa sœur, je n’ose même pas imaginer, dit-il avec un sourire sadique.

- Alors, c’était sa sœur ! continua Amy toute blanche. Tu ne (me) vas pas oser !

- Oh, si ! Si tu ne me laisses pas tranquille.

Puis il s’éloigna d’elle, furieux. Il fallait qu’il retrouve rapidement Rachel pour s’excuser et pour dissiper le moindre malentendu. Elle s’était arrêtée dans le petit parc de la ville, la balançoire lui avait servi de refuge. Erwan, tout essoufflé, l’a retrouva en train de se balancer.

- Tu m’attendais ? demanda Erwan en s’approchant d’elle.

- Oui. Ça aurait été dommage que Mika t’abîme. Les filles au lycée et surtout cette Amy seraient très peinées.

Erwan sourit en se passant la main dans les cheveux.

- Je tiens à m’excuser pour ce qui s’est passé. Amy est vraiment chiante. Je me demande comment et pourquoi je suis sorti avec elle.

- Elle a l’air rancunière en tout cas.

- Oui, c’est le moins que l’on puisse dire. Ce problème sera vite réglé. Allez, viens ! dit Erwan en tendant sa main à la jeune fille.

Elle sourit et prit la main qu’on lui tendait. Erwan laissa Rachel devant chez elle. En partant, il lui dit qu’il ne s’était jamais autant amusé que ce soir.

Mika, une semaine après, n’arrivait pas à savoir ce qui s’était passé ce soir-là. Ni Erwan, ni Rachel n’avait soufflé mot. Mais en ce moment, il avait des problèmes avec le proviseur du lycée. Il fallait qu’il comprenne que Loral ne pouvait pas s’occuper de tout ce qui concernait les élèves au lycée. Mika se demandait pourquoi c’était à lui de faire tout ça pour Loral.

- Parce que tu le veux bien, dit une petite voix dans sa tête.

En sortant de l’administration, Mika vit sa sœur qui passait devant lui avec un grand sourire, suivi d’un troupeau d’élèves pleurant après elle.

Pendant toute la journée, il se questionna sur la drôle de situation qu’il avait vue. Le soir même ? Mika demanda à sa sœur :

« Pourquoi une telle joie chez toi, ce matin ? Et, pourquoi un troupeau d’élèves pleurant te suivait ?

- Aujourd’hui, dans la classe, ils ont tous eu une boite au dernier contrôle et je suis la seule a avoir eu la moyenne, dit Rachel en mettant les oignons dans la poêle.

- Y’a que ça ? T’es sure ?

- Ils voulaient que je les aide mais pourquoi je le ferai ? Leurs mauvaises notes ne sont dues qu’à eux. Moi, je n’y suis pour rien.

- Et alors, tu vas les aider ?

- Non, c’est très drôle de les voir pleurer !

- T’es qu’en même dégueulasse, dit Mika en comprenant que rien ne ferait changer sa sœur

Il la prit par les bras et l’obligea à la regarder dans les yeux.

- Et moi, tu ne m’aideras pas ? questionna Mika.

- Mais non, tu n’as rien compris ! Tu es mon grand frère adoré ! Je ferais tout ce qui m’est possible pour t’aider, répondit Rachel en posant sa main libre sur la joue de son frère.

- Merci, dit-il en la serrant dans ses bras.

Des larmes commençaient à perler dans ses yeux. Ils restèrent un moment comme ça avant que Mika se dégage.

- Dis, ça ne sent pas le brûlé ? reprit Mika.

- Et si, ajouta Rachel. Merde ! Les oignons sont en train de cramer, et la poêle aussi ! dit-elle en regardant sa poêle tristement. C’est de ta faute, Mika !!

- Ce n’est rien, la consola Mika, je vais le faire. Tu peux aller faire ou finir tes devoirs.

- Tanks you ! dit Rachel en montant les escaliers.

Malgré tout, elle n’arriva pas à se concentrer sur ses devoirs. Ce que lui avait dit son frère lui restait en mémoire. Elle se mit à réfléchir à haute voix.

« Pourquoi il ne dit rien ? Avant, il n’y avait rien entre nous, aucun secret, aucun non-dit ! Ça aurait commencé au moment… »

Et elle fondit en larmes sur son bureau.

Le week-end qui suivit, Rachel était restée seule à la maison. Son frère et ses parents étaient partis acheter son cadeau de Noël. Elle trouvait qu’ils s’y étaient mis un peu tard mais bon. La neige s’était enfin mise à tomber de bon matin et un joli manteau blanc commençait à se former. Rachel était à la fenêtre de sa chambre à contempler le dehors quand la sonnette d’entrée se fît entendre. Rachel dévala les escaliers et ouvrit la porte.

- Salut ! Ça va ? dit Erwan.

- Oui et toi ? répondit Rachel avec un sourire mais tout de même un peu surprise de le voir. Entre !

Erwan ne se fit pas prier pour enter. Rachel lui prit son manteau et son écharpe.

- Mika n’est pas là ?

- Non, il est allé faire des courses avec les parents.

- Tant mieux ! C’est toi que je voulais voir, finit Erwan.

- Ah !

Erwan s’était installé dans un fauteuil du salon. Rachel n’était pas rassurée. Bizarrement, elle avait peur de ce qu’il allait dire. Elle resta debout, plantée au milieu du salon. Erwan lui demanda de fermer les yeux. Malgré ses appréhensions, elle s’exécuta. Il se leva et vint lui poser un petit paquet entre les mains.

- Qu’est-ce que c’est ? Et pourquoi ? demanda Rachel.

- C’est un cadeau de Noël. C’est pour te remercier d’être venue avec moi la dernière fois.

- Mais non ! J’ai fait ça avec plaisir, dit-elle. Tiens !

- Non, c’est à toi maintenant, répondit-il en repoussant le paquet de la main. Tu l’ouvriras quand je serais parti.

- Mais moi, je n’ai rien à t’offrir, continua Rachel confuse. Bon, je vais t’offrir à boire !

Rachel était déjà partie dans la cuisine avant qu’Erwan ait pu dire un mot. Il la suivit jusqu’à la cuisine. La jeune fille essaya de prendre un verre quand celui-ci commença à tomber. Erwan le rattrapa de justesse en tenant Rachel par la taille. Rachel était surprise, ses joues virèrent au rouge. Elle sentit le souffle chaud du jeune homme contre son oreille.

- Tu es encore plus mignonne quand tu rougis, lui murmura-t-il.

Erwan desserra son étreinte et posa le verre en sécurité. Après son départ, Rachel était toujours aussi confuse. Elle décida d’ouvrir le paquet. Il y avait un petit écrin avec, à l’intérieur, une chaîne en or blanc avec un pendentif en forme de cristal de neige. Un mot y était ajouté :

Aussi froide que la glace mais aussi belle que ce cristal.

Elle fit danser le collier dans ses mains puis le mit à son cou. Devant la glace de sa chambre, les diamants du pendentif brillaient d’un éclat étrange. Elle rangea le tout et attendit qu’ils arrivent.

A Noël, ses parents lui avaient offert des cadeaux plus impersonnels, les uns que les autres, des vêtements. Son frère était plus conscient de ce qui lui plaisait, il lui avait offert des livres, des dizaines de livres, et des BD.

La fin du mois de janvier s’annonçait encore plus froid quand ils reprirent les cours. La neige avait formé un épais manteau. Mika accompagna Rachel au lycée car elle avait beaucoup de mal à marcher dans la neige. A peines arrivés, (que) Mika était déjà sollicité pour les problèmes de la rentré. Il avait salement lâché sa petite sœur devant son casier.

- Coucou !! Ça va ? J’espère que tu as passé de bonnes fêtes ?

- Bonnes, et toi ? demanda Rachel en esquissant un sourire.

- Oh, pour le mieux ! Je vois que ton frère doit déjà (à) courir dans tous les sens, le matin de la rentrée.

- Oui, ça lui fait du bien. Pendant ces dernières vacances, je trouve qu’il a un peu grossi.

Erwan proposa à Rachel de l’accompagner jusqu’à sa salle. Chaque jour, ensuite, il fît de même et s’occupa d’elle.

Au bout de quelques semaines, Rachel devint populaire pour son plus grand malheur à force qu’Erwan traîne avec elle. La jeune fille voulait juste être tranquille et son frère ne faisait rien pour arranger les choses.

Un jour, entre midi et deux heures, elle avait trouvé un lieu de paix où personne n’irait la chercher. La salle de musique était un vaste lieu et un grand piano à queue trônait en son centre. L’envie de pianoter quelques notes devint irrésistible pour la jeune femme. Après quelques gammes, une douce mélodie se fit entendre. La porte de salle s’ouvrit et se referma sans bruit. Rachel fut surprise par deux mains qui se posèrent sur ses épaules et elle s’arrêta de jouer.

- Non, continue ! Tu joues très bien.

- Tu sais, il y a des choses que tu ignore sur moi, Erwan !

- Ce n’est pas plus mal un peu de mystère, dit Erwan en souriant. Ça ajoute du piment.

- Peux-tu arrêter que les élèves ne fassent des courbettes Peux-tu faire en sorte que les élèves arrêtent leurs courbettes ? C’est chiant ! J’aime ma tranquillité !

- Tout le monde te fait de la lèche. Ton frère Mika et Loral sont tout puissants au conseil des élèves. C’est pour ne pas avoir de problèmes !

- Et toi, alors ? … demanda Rachel.

- Moi, je…

Erwan laissa sa phrase en suspend. Rachel comprit ce qu’il voulait.

- Tu sais, j’ai trouvé le cadeau que tu pouvais me faire pour me remercier de l’autre.

- Et c’est quoi ? demanda Rachel, curieuse en se tournant vers lui.

- Ça…

Erwan se pencha et embrassa délicatement la jeune fille. Puis il sortit rapidement de la salle, sans lui dire un mot de la pièce. Rachel ne bougea plus tant sa surprise était grande. Il fallait qu’elle voie son frère. Elle déambula dans les couloirs presque vides à cette heure. Quelqu’un lui indiqua une salle dans un autre bâtiment. Arrivée à l’endroit dit, Rachel s’arrêta devant la porte. Elle ne savait pas qui était l’autre.

- Ces fichiers me passent complètement au-dessus, dit Mika.

- Tu as commencé à lui en parler ? fit une autre voix.

- Je ne vois pas par où commencer. Je ne veux pas la décevoir. Si ce n’était que moi, il n’y aurait que nous deux.

- Il y a certaines personnes qui se posent des questions, continua la mystérieuse voix.

- Pour moi, il n’y a qu’une chose qui compte !

- Et c’est quoi ? questionna malicieusement l’autre voix.

- Toi.

Rachel en avait déjà trop entendu, elle ne voulut plus ouvrir la porte pour ne pas les déranger. A la fin de la journée, tout tourmentait Rachel. Rien n’allait plus dans son monde. Elle se demanda vraiment qui était cette autre personne à qui son frère tenait beaucoup.

Dans la semaine qui suivit, Mika fit une petite fête chez lui au grand malheur de Rachel. Les parents n’étaient pas là mais ils se réjouissaient qu’il organise une fête. Rachel s’était enfermée dans sa chambre et son frère avait essayé sans succès de la faire sortir. A nouveau, quelqu’un frappa à sa porte.

- Mika, ce n’est même pas la peine d’essayer d’entrer !

- Ah, bon ! Je sors autrement, dit Erwan.

- Non, non, je suis désolée. J’ai cru que c’était encore mon frère !

Rachel alla refermer la porte derrière Erwan. Il alla se poser sur le lit de Rachel et elle, sur la chaise de son bureau. Ils se regardèrent un moment sans rien dire.

- Tu n’as pas peur, toi et moi, dans ta chambre, dit Erwan pour briser le silence.

- Non, si tu fais quelque chose qui ne me plaît pas, j’ai qu’à crier, mon frère arrive et tu te feras jeter dehors ! Dit Rachel avec un sourire.

- Je ne ferai rien de cela. Je disais ça pour rire. Je voulais m’excuser pour ce que j’ai fait la dernière fois.

- Non, peut-être que je l’aurai fait aussi… J’aimerais qu’on apprenne à se connaître.

- Que veux-tu savoir ? Demanda Erwan.

Ils parlèrent pendant plusieurs heures jusqu’à ce que le sommeil les gagne. Rachel qui dormait debout, alla contre Erwan et s’endormit. La musique s’était arrêtée depuis un moment et la fête s’était finie. Mika, aidé de Loral rangeait péniblement la maison et Mika rouspétait contre Rachel car elle ne venait pas les aider.

- Je vais monter la voir, dit Loral.

- C’est moi qui…, enchaîna Mika.

- Non, je te connais, tu es impulsif et tu vas encore crier !

Loral les vit tout les deux endormis. Il redescendit et fit comprendre à Mika que ce n’était même pas la peine de compter sur sa sœur.

Le soir suivant, Rachel se retrouva dans la chambre de son frère.

- On a à parler, je crois, dit Rachel en fermant la porte de la chambre de Mika à clé.

- Il me semble, répondit Mika sur sa chaise.

Rachel s’assit en face de lui, sur le lit. Elle le regarda une minute sans rien dire.

- Depuis quand tu sors avec Erwan ? Petite sœur ? Demanda Mika pour ouvrir les hostilités.

- On ne sort pas ensemble, j’en sais rien, moi ! Notre relation est bizarre.

- Laisse-lui le temps. Tu n’es pas facile, tu sais. Je suis un peu jaloux, quand même.

- Je dirais plutôt possessif, grand frère, conclut Rachel. Dis-moi les parents savent ?

- Pardon ? De quoi parles-tu ? Demanda Mika en faisant une tête surprise.

- Je te demande si tu as dit aux parents que tu es avec Loral.

Mika eut du mal à encaisser ce qu’elle venait de dire.

- Qu’est ce que ça peut te faire ? Ça te dérange tant que ça ? répondit violemment Mika.

- Eh oh ! T’énerve pas ! Je ne voulais pas, dit-elle, et laisse-moi parler ! Pour te rassurer, tu ne me dégoûtes pas. T’es mon frère et je t’accepte tel que tu es. Et pour que tu évites de le demander, c’est Erwan qui me l’a confirmé. J’avais déjà des doutes depuis la fois où je t’avais entendu parler avec quelqu’un mais la voix était celle d’un garçon.

- Je vois. Finalement tu as deviné, dit Mika, la tête baissée.

- Raconte-moi comment ça s’est passé. J’aimerai savoir !

- Bon’ d’accord, fit Mika en un soupir.

« Notre première vraie rencontre a eu lieu, il y a neuf mois. Je l’avais déjà vu en tant que président des élèves, à une réunion. Un jour, un lundi pour être plus exact, j’avais été convoqué chez le proviseur pour je ne sais quelle connerie. J’attendais sur une chaise devant la porte et à ce moment-là, il est passé devant moi.

- Qu’est-ce que tu as encore fait, Mika ? demanda Loral en croisant les bras.

- Une petite blague sans importante mais le proviseur n’a apparemment pas apprécié !

- Tu veux ressortir blanc comme neige ? demanda Loral. C’est mon rôle de m’occuper des élèves.

Loral avait tenu sa promesse et j’étais sorti avec les bonnes grâces du proviseur. Pour le remercier, je lui dis que s’il avait un problème, il fallait me le dire, je m’en occuperai. Loral était parti sur ce j’avais dit. Pendant un mois, je n’ai pas entendu parler de lui, je commençais juste à sortir avec Sarah. Un matin, quand je suis arrivé dans ma salle, il y avait des copains qui n’appréciaient pas ce que faisait le président des élèves. Sur le coup, je n’y fis pas attention (à ce qu’ils avaient dit) mais à la fin de la journée, je suis allé le voir. On l’avait tabassé. Il était inconscient aussi je l’ai soigné du mieux que j’ai pu. Suite à cet incident, je suis devenu une sorte de secrétaire et j’ai réglé deux, trois problèmes bénins. C’était pour moi, une façon de payer ma dette envers lui. Sarah trouvait ça ridicule car j’avais moins de temps à lui accorder.

Erwan avait lui aussi sympathisé avec Loral, et ils s’entendaient bien. J’avais avec lui des conversations riches et puis c’était marrant de régler les problèmes mais fatigants.

Quatre mois après, on se trouvait dans une salle pour parler après les cours. Nous parlions de notre avenir après le lycée.

- Je veux avoir mon bac puis partir de cette maison de fous où j’habite ! dit Mika.

- Moi aussi, je veux mon bac mais je ne veux pas partir d’ici, continua Loral.

- Pourquoi ?

- Il y a la seule chose que je veux, ici.

- Et quelle est-elle ?

- Toi, répondit-il d’un ton neutre.

A ce moment-là, je suis resté figé sur place. Je ne savais pas quoi répondre. Il y eu un lourd silence entre nous. Loral m’a dit qu’il était désolé, qu’il n’aurait pas dû dire ça.

Il est parti sans que je puisse dire quoi que ce soit. Pendant plus d’un mois, il évita soigneusement par honte de ce qu’il avait dit. Mais moi, ça m’avait quand même marqué. Il peut se vanter de m’avoir donné à réfléchir et au même moment, Sarah se détacha de moi. J’en ai parlé à Erwan car il savait qu’il s’était passé quelque chose. Il m’a dit :

- Tu devrais aller lui parler, Mika. Il a eu vraiment du courage de te l’avouer. Ça n’est pas facile pour lui. Tu sais, on en a beaucoup discuté et il regrette vraiment ce qu’il a pu dire. Il voudrait que tu lui parles. Fais-le, s’il te plaît, pour votre bien à tous les deux ! Ok ?

- Oui, j’ai répondu que je ne savais pas quoi faire, dire.

Pendant encore une semaine, je ne lui ai pas parlé. Puis, un soir, à la sortie du lycée, je suis arrivé à la rattraper. Je lui ai demandé s’il pouvait venir à la maison car j’avais à lui parler. Une demi-heure après, on était dans ma chambre, discutant de choses et d’autres puis Loral dit à un moment :

- Je suis désolé ! Je n’aurais pas dû dire ça !

- Au moins, on peut dire que tu es franc, c’est rare de nos jours, dis-je avec un sourire. Tu es homo ?

Loral avait été suffoqué par ce que je venais de lui dire et je l‘ai vu rougir un peu. Il mit un moment avant de me répondre.

- Dans le sens du dictionnaire, oui, mais je ne me considère pas comme tel. Pourquoi doit-on tomber amoureux d’une fille, coucher avec elle parce que c’est normal ? Mais en fait, ce n’est que pour plaire à certaines personnes.

- Pourquoi es-tu si cynique ?

- La vie m’a appris la méchanceté des gens, de ne pas pas être normal au regard des autres, j’ai dû déménager ici. Avant, où j’habitais, mon anormalité s’est sue. Ils m’ont traité ensuite comme quelqu’un de malade mental. Pour mes parents, ça leur a fait beaucoup de mal de le savoir comme ça. Mais ils ont accepté, ils m’ont soutenu et pour m’aider, on a déménagé. Puis pour les petits-enfants, ils peuvent toujours compter sur ma petite sœur de quatre ans.

La petite pointe d’humour me fit sourire, mais, ce qu’il avait dit me fit beaucoup réfléchir : en fin de compte, il avait raison. Je restais un moment sous silence.

- Je suis désolé, je crois que je t’ai suffisamment dérangé, me dit Loral. Je ne t’embêterai plus.

Il se dirigea vers la porte et puis je ne sais ce qu’il m’a pris, je me suis levé et je l’ai serré dans mes bras. Il s’est mis à pleurer, il avait apparemment plus souffert que ce qu’il avait dit. Pour la première fois, quelqu’un d’autre que moi me fit de la peine. Quelque chose de très doux et de très profond me prit aux tripes.

- Je te demande juste de me laisser du temps. Je veux bien te faire confiance.

Et à ce moment-là, on s’est embrassés. »

- Alors, la suite ? Demanda Rachel curieuse.

- Alors, il y a rien ensuite…, répondit Mika.

- Tu ne peux pas me laisser sur ma faim, je veux savoir la suite, moi !!

- Le reste ne regarde que moi. Je peux juste dire que Sarah et moi, on a cassé peu de temps après.

Mika laissa sa sœur et il ouvrit la porte de sa chambre. Une voix venant du bas se fit entendre.

- Mika, peux-tu venir ? Ta mère et moi souhaitons te parler !

- Oui, j’arrive, répondit-il sans joie.

Mika descendit les escaliers et laissa Rachel à sa rage de n’en savoir plus.

Six mois avaient passé. Il flottait dans l’air un délicieux goût de fin d’été chaud. Le soleil commençait à baisser dans le ciel.

- Dépêche- toi un peu, Loral nous demandait d’arriver à huit heures ! s’exclama Erwan.

- Je sais, je sais, répondit Rachel.

Elle le rattrapa péniblement. Celui-ci se fit pardonner en l’embrassant.

- Je suis désolé, mon ange… Au fait, comment ça va avec tes parents, maintenant ?

- Depuis que Mika leur a fait une remontée de bretelles magistrale, soit dit-en passant je ne l’ai jamais vu autant en colère, ils s’occupent plus de moi. Ils sont plus souvent à la maison. C’est bien, maintenant, ils sont là pour m’écouter, dit Rachel avec une once de mélancolie. Mais enfin bon, je suis contente de changer ENFIN de classe.

- Tu aurais dû me le dire…

- A cette époque, je ne te connaissais pas encore !

Ils s’en vont, main dans la main, rejoindre les autres. Quand ils sonnèrent, la porte s’ouvrit à la volée. Mika se trouvait là, devant eux, en maillot de bains…

- Euh… Désolé pour la tenue, mais le repas n’est pas encore prêt !

- C’est toujours pareil, répondit Rachel, en proie à un fou rire.

Quelques heures plus tard, ils se retrouvèrent dans le jardin, à discuter autour de la table.

- Alors finalement, qu’est-ce que tu as dit à tes parents ? questionna Erwan.

- Après m’avoir dit qu’ils voulaient me parler, j’étais sur le qui-vive. Ils voulaient parler de mon avenir : ils voulaient m’envoyer dans une université très stricte ?, mais moi j’en n’avais rien à foutre… Je voulais travailler. Après, on a commencé à s’engueuler, sous prétexte que je n’avais aucune expérience. Et puis, j’ai commencé à leur déballer ce que j’avais fait ces derniers mois.

- Et tu leur as dit pour Loral et toi ? demanda Erwan.

- Oui et je te dis pas la tête des parents. Ils ont demandé au bon dieu ce qu’ils avaient fait et je leur ai répondu de ne pas nous avoir écoutés. Et je me suis fait jeter dehors ! répondit Mika en riant. Mais je ne leur en veux pas. Depuis le moment que je voulais faire ça.

- Et depuis quatre mois, on habite cette maison, continua Loral. Aujourd’hui, on travaille tous les deux. Et vous, ça en est où ?

- Ça va doucement, à petits pas, répondit Erwan en serrant Rachel aux épaules.

Mika, ensuite, prit sa sœur dans ses bras et la jeta dans l’eau de la piscine. Rachel cria contre Mika et contre tout le monde. Tous la suivirent ensuite. Les rires et les cris de joie résonnèrent encore longtemps dans la nuit. La vie et les histoires de tout à chacun poursuivaient leur cours.

fin

Le21/05/06



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