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Fiction » General » L'enfant de sang font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Evilie
Fiction Rated: T - French - General/Horror - Reviews: 1 - Published: 06-02-06 - Updated: 09-05-06 - Complete - id:2184598

Titre: L'enfant de sang.

Auteur:Evilie, la psychopathe en thérapie.

Petite dédicasse à Yuyu et à Neko, hello à Nanou aussi!

Prologue: Zie 13

Ils avançaient lentement, pour éviter de se faire repérer. Mission de repérage, la routine pour leur escouade ! Le bâtiment qu’ils devaient infiltrer était un immeuble qui datait d’une centaine d’années, au moins vu l’état de délabrement des murs.

Le chef de file leva le poing, la colonne se stoppa sans un bruit. Deux doigts en avant, trois à droite, trois a gauche, un en retrait. Les hommes se dispersèrent, un sourire aux lèvres. Le jeu commençait !

Luis avançait plié en deux, suivant son chef de file, derrière lui, il pouvait sentir la présence du nouveau. Un p’tit gars tout comme il faut avec assez de tripes dans le ventre pour abattre n’importe qui sans remords. Il sourit en pensant au gamin, pas plus de dix-huit ans, mince, un micro sourire qui allait bien avec son allure décontractée, il avait le rire facile, et amical avec toute la brigade. Des jeunes comme on en faisait plus, quoi !

Avec la guerre qu’il y avait eu quelques années auparavant, la jeunesse était morte sur les champs de bataille, sous le feu des droïdes de combats ennemis.

L’Humanité en avait pris un sacré coup, la moitié de la population mondiale y était passée, le tiers des survivants ressemblait plus à des zombis qu’à des hommes. La planète elle-même avait subi de graves changements écologiques, biochimiques, et autres. La terre n’était désormais plus qu’un amas de cendre et de gravas

La vie était devenue presque insupportable, l’atmosphère était plus polluée encore que un conduit d’aération d’un camp de retranchement de Zie 13.

Zie 13. Luis fronça les sourcils. Encore à diverger pendant une mission. Décidément, il prenait de drôle d’habitudes, si ça continuait, il devrait aller refaire un tour dans le centre de réhabilitation.

Il n’est pas bon pour un membre des Ombres, la seule unité habilitée à tuer. A cette pensée, un nouveau sourire étira ses lèvres. Oui, il faisait parti de la seule escouade qui garantissait le maintient de la paix.

Une paix relative et précaire, certes, mais une paix tout de même.

Il s’arrêta une seconde fois sous l’injonction du soldat devant lui. Le gamin derrière stoppa sa progression en silence. Luis pouvait sans problème imaginer la lueur d’impatience dans ses yeux noisette.

Devant lui, la porte fut poussée pour dégager l’entrée d’une salle. Qui a l’évidence n’avait pas été ouverte depuis plusieurs décennies vu l’odeur qui imprégnait chaque molécule d’oxygène de la pièce.

Le gamin avait pris place à ses cotés et mimait son dégoût en balançant une main devant son nez, son casque noir imposant recouvrant les trois quarts de son visage. Luis plissa les yeux, marquant par là son amusement et la véracité du geste du garçon.

Relevant la tête, il remarqua alors l’avancée du chef de file dans la salle dont l’odeur prenante lui fit manquer de rendre le contenu de son estomac. Refrénant à grand peine cette envie, il inspecta la pièce. Le plafond était relativement haut, et la surface au sol était elle aussi impressionnante. Il put apercevoir le reste de son escouade pénétré dans la salle par différentes portes. Quelques escaliers menaient à des passerelles en hauteur. Les yeux levés vers les chemins métalliques, le fusil lui aussi en position haute, il ne vit pas une inégalité du sol et faillit chuter, mais une poigne ferme le retint et lui permit de retrouver son aplomb. Le gamin lui fit signe de la tête, pour s’assurer que tout allait bien, auquel il répondit par un hochement sec. Il abaissât ensuite les yeux pour voir ce qui l’avait déséquilibrer.

Il se figea devant l’amas sombre à terre. Se doutant un peu de ce qu’il allait découvrir, il baissa pourtant ses lunettes infrarouge. Il comprit alors d’où venait l’odeur écoeurante qui les avait assailli à l’ouverture de la porte. Des restes blanchis de ce qui fut, dans un autre temps, un être vivant ressortait d’un petit monticule de champignons phosphorescents desséchés depuis longtemps. Des traces sombres s’étendaient tout autours de la ...forme étalée au sol. Laissant son regard parcourir le reste de la salle, il put voir d’autres formes semblables. Se mettant à genoux pour pouvoir examiner les restes macabres de plus près, il remarqua des restes de vêtements. L’allure générale des formes ne laissait planer que peu de doute.

C’était bien des Hommes. Et leur mort n’avait pas du être de plus douce. Fouillant dans les os blanchis et les champignons, qui tombèrent en poussière à peine effleurés, il remarqua que la majorité des os avec été cassés. Leur position elle aussi le laissait septique. Les cadavres, ou ce qu’il en restait, semblaient avoir été écartelés. Les membres supérieurs avaient été relevés, les os avaient été déboîtés, pour ne pas dire disloqués. Il eut un mouvement de recul involontaire. Il ne connaissait pas d’arme capable de tels dégâts, et ils étaient morts d’une longue, très longue agonie. Il amorça un mouvement pour se relever quand il remarqua un détail. Les crânes des victimes avaient étés arrachés, du moins, la partie inférieure. Il leur manquait à tous la mâchoire inférieure. Il sentit alors une pression importante sur son épaule. Le gamin lui serrait l’articulation au point de la lui déboîtée. Il posa une main gantée réconfortante sur celle, crispée, du gamin, le forçant peu à peu à relâcher sa prise.

Un mouvement sec du gamin lui fit comprendre qu’il allait mieux.

Luis se faisait l’impression d’un père avec le gamin. C’est vrai que depuis la fin de la guerre, il n’était pas retourné à Zie 13. Il secoua la tête, ce n’était pas le moment de penser à ça.

Il se releva et se dirigea avec les deux autres vers le centre de la pièce, où ils rejoignirent le reste de l’escouade. Le chef enleva son casque, signifiant par là que la zone était sécurisée. Le reste de ses hommes l’imita, découvrant par là des visages pâles, livides pour certains. Inspirant pour se donner contenance, ce qu’il regretta immédiatement, il prit enfin la parole.

Ceci, il désigna la pièce, est un entrepôt datant d’avant la Quatrième...

Luis sursauta, cette ruine tenait quand même debout après toutes ces décennies, pour ne pas dire siècles. La Quatrième, le chef faisait référence à la quatrième guerre mondiale nucléaire, il y en avait eu deux encore après, la Sixième s’était terminée il y a peu, une dizaine d’années, et avec elle plus de 7 milliards de vies humaines.

... nous devons retrouver des éléments sur ce qui a pu se passer ici.

Les soldats plissèrent les yeux, sans comprendre. Le chef soupira, mais il avait confiance en ses hommes, il continua donc.

Les scientifiques, il appuya volontairement sur le mots, marquant par là son mépris, veulent connaître la cause de ce massacre, pour pouvoir fabriquer une arme permettant, il respira, de gagner définitivement la guerre.

Les soldats fixèrent attentivement le sol, où les restes des cadavres écorchés s’étendaient en une posture grotesque.

une arme...

Cette pensée énoncée à haute voix par un des soldats résuma à elle seule l’horreur des hommes présents à imaginer la chose capable de faire cela.

Ils sont fous... murmura Luis, tous acquiescèrent.

Dans le silence pesant qui s’était installé, un rire clair et cristallin s’éleva, reprenant en écho le murmure.

oui, ils sont fous...et vous aussi.

Luis ne put que penser à Zie 13 avant de fermer les yeux et de hurler lorsque la douleur lui déchira le ventre. Il pensa donc à la ville où était né son fils, et où ils avaient vécus.

Il repensa au champ de ruine après l’explosion de la bombe nucléaire, là où était son fils.



© Copyright 2006 Evilie (FictionPress ID:525235).


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