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Titre : No Way
Auteur : Cerbère
Disclaimer : Les personnages m’appartiennent, donc si vous voulez les utiliser pour destruction potentiel, merci de passer par ma boîte e-mail .
Note : Antérieur à « Alone in the Day » et Parallèle à « Bye-bye ». Chapitre sur Mélène. Comment celui-ci s’est découvert une attirance pour les garçons… Sans suspens, ceci est un yaoi.
One-shot
No Way
Mélène était appuyé contre le mur devant sa salle de cour, il écoutait deux élèves de sa classe débattre d’un sujet houleux avec un élève de première. Un surveillant essayait en vain de les calmer. Le blond regarda son ami, David, en face de lui. Celui-ci le fixa puis haussa les épaules et termina son chocolat chaud. Dans deux à trois minutes, ils allaient devoir retourner en cour d’histoire pour une interminable heure d’ennuie. Le plus jeune regardait les élèves passer. Ils n’étaient pas vraiment plus grands que lui, mais certains le regardaient de haut, ce qui l’énervait passablement, mais il ne laissait jamais rien transparaître. L’enseignante sortit brusquement de la salle des professeurs et ouvrit la porte de sa salle de cour. Les élèves s’engouffrèrent en silence. Alors que Mélène allait bouger, ne serait-ce que pour se décoller du mur, une main se posa sur sa joue et lui tourna légèrement la tête. Il sentit alors deux lèvres se poser sur les siennes, puis repartir, rien de plus. La main quitta sa joue, il se retourna pour voir qui avait osé l’embrasser sans le lui demander. Il ne vit qu’un grand brun partir. Il regarda son sac, s’il ne voyait pas sa tête, au moins son sac, lui ne passait pas inaperçu : crème avec de grands Kanji dessinés au marqueur rouge et deux espèces de cornes en silicones multicolores pendouillaient verticalement à la petite poche.
David le fixa, leva les yeux vers lui et l’interrogea du regard, puis haussa les épaules comme à son habitude et rentra dans la salle. Mélène resta un instant encore dans le couloir, puis il entra à son tour dans sa salle et ferma la porte derrière lui. Là, il reprit sa place à coté de la porte-fenêtre qu’il ouvrit en grand. Il jeta un œil sur le gros bloc de pierre au milieu du lycée, appelé communément « monolithe » par certains élèves. Il regarda donc le monolithe, et entendit deux jeunes s’échanger des idées assez fortement, mais il ne comprenait pas pour autant la discussion. Le premier était un blondinet, les cheveux courts en bataille. Il savait qu’il avait des yeux très bleus pour l’avoir déjà croisé dans les couloirs. Son interlocuteur n’était autre que l’étudiant au sac violet. Une jeune fille les avait rejoins et les écoutaient parler, laissant échapper un grand rire, parfois irritant. Malgré la distance il vit bien que le regard du brun se portait sur lui. Un homme traversa la cour, il était peut être en BTS, ou alors extérieur au lycée, en tous cas, il n’était pas en terminal. Il s’approcha, une pile de magazine sous le bras, des trois jeunes. À ce moment là, il lui cacha la vue, il se reporta alors au cours. Il jeta un œil sur la copie de David. Il n’avait qu’une demie feuille simple de retard. Il commença alors à recopier mais se perdit dans ses pensées.
Il pensait à ce qu’avait fait le brun dans le couloir. Est-ce que tous les terminales trouvaient amusant de faire des paris sur le dos des élèves de secondes ? Était-ce du bizutage ? Avec près de deux semaines de retard ? Sûrement pas ! En plus il ne savait pas son nom et il ne voulait pas s’emmerder à essayer de trouver qui était cet individu qui avait osé l’embrasser et qui était un garçon. Mais il l’intriguait quand même, il devait l’avouer. Le jeune qui était venu les rejoindre sur le monolithe, repartit. Mélène se remit alors à fixer le brun aux cheveux bouclés. La cloche sonna, il ferma la porte-fenêtre et rangea ses affaires. Il alla faire la queue de la cantine avec son ami. Tous deux, les mains dans les poches, regardaient par la fenêtre et fixaient un point invisible, en silence, comme à leur habitude. Mélène entendit deux rires forts. Il tourna la tête vers la porte du couloir qui donnait sur la cours. Le blond arrivait, en rigolant, avec le brun. Ce blond lui rappelait quelqu’un, mais il avait beau essayer, il ne trouvait pas qui. Le brun arriva dans son champ de vision et il pu enfin voir son visage. Il avait les cheveux légèrement bouclés, bien coiffés en arrière, des yeux marron et un superbe sourire. Pas trop mal en somme… Pour un garçon, bien sûr. Ce dernier le vit. Il reposa sa main contre sa joue et l’embrassa une fois de plus avant de s’engouffrer dans le CDI. Mélène ne disait rien, il avait un grand nombre de regard fixé sur lui, et il ne voulait pas faire un show. Et il était plus préoccupé par le brun et sa façon d’agir que par les regards des autres élèves. Mais à quoi donc jouait ce terminal ? Et pourquoi n’avait-il pas réagit ? Cela ne lui plaisait pas du tout. Mais il n’était pas du genre à se battre. Plutôt de celui qui laisse tout couler en attendant que cela se termine. Carpe diem était son credo et il s’y tenait : demain, cela serait fini.
Perdu dans ses réflexions, il ne vit pas la porte du CDI s’ouvrir de nouveau. Le blond passa et lui fit un grand sourire amical avec un clin d’œil. Le brun, quant à lui, posa de nouveau ses lèvres sur les siennes. Mélène l’attrapa par la manche. Ça y est, il le tenait, il allait devoir s’expliquer. Son micro sourire s’évanouit quand il vit que le brun en question continuait de s’éloigner et qu’il serait toujours un poignet dans sa main : le poignet de David. Une conversation s’entama alors entre trois filles derrière eux :
« Quel dommage qu’il soit prit ! Ses yeux bleus me fascinent depuis la rentrée ». S’exclama la blonde en levant à moitié les bras au ciel, comme pour blâmer un dieu.
« Bah, tu vois bien qu’il est homo ! Val’ » Déclara une rousse aux cheveux mal taillés, qui était de sa classe et qui répondait au nom de Justine.
« T’es pas obligé de toujours tout casser, il pourrait très bien être bi ! » Répliqua ladite Val’.
« C’est vrai tu as raison, et ses yeux son vraiment magnifique » Déclara alors la rousse d’un ton ironique en levant les yeux aux ciels.
« Arrête de rêver Val’, tu sais très bien que personne ne touche à la copine ou au copain de MONSIEUR Julien » Répondit derechef la brune qui était à son côté et qui ressemblait étrangement à la brune au rire irritant, vu plus tôt dans la matinée.
« Franchement Mathilde, t’as vraiment le don pour tout casser ! » Grogna la blonde.
« Eh ! Faut bien être réaliste » Répondit-elle simplement.
Mélène n’avait pas bien saisit le problème. Mais il était clair que d’après la conversation des trois filles, certains devaient penser qu’il sortait avec celui-ci. Ce qui le dérangea. Certes il n’avait pas bronché, mais cela ne voulait pas pour autant dire qu’il était gay. Mais l’idée de se retourner pour dire à trois pintades, non plutôt la pintade qui bavait littéralement sur lui qu’il ne sortait pas avec le « MONSIEUR Julien » ne l’enchantait guère. Et pire encore il pourrait même lui faire comprendre qu’il la draguait. Quelle horreur ! Non, non, non et définitivement non. Valait mieux laisser beaucoup d’élèves croire qu’il était gay plutôt que de dire à cette groupie qu’il ne sortait pas avec. Cependant, il hésita à se retourner pour demander à ladite Mathilde quelques informations supplémentaires sur le brun. Ou alors sa classe. Mais bon, non seulement, il n’aimait pas parler, mais en plus de cela, demander la classe de son soi-disant petit ami allait griller sa couverture qui le protégeait de Val’. Tant pis.
Il mangea la jardinière de légumes aux couleurs fluorescentes en silence et sortit du réfectoire pour accompagner David, qui voulait fumer sa cigarette journalière tranquillement dans les parcs. Arrivé dehors, une flemme soudaine les envahis. Ils décidèrent que comme tous les autres jours depuis le début de l’année, ils allaient rester devant le lycée pour griller tranquillement la brune. Mélène regarda sa montre. 13 heures. Il leurs restaient encore une heure et demi voire une heure trois quarts avant d’entamer le dernier cours de la journée. Il ne voulait pas rentrer tout de suite dans le bâtiment. Ce grand brun ne lui faisait pas peur, mais… Il ne voulait pas se faire avoir à chaque fois. Trois fois dans la journée, cela suffisait amplement. Il n’allait pas non plus lui tendre les perches. Ils s’assirent au sol et sortirent chacun leurs livres. Il était rare qu’ils se parlent. Ils avaient simplement besoin, l’un comme l’autre d’une présence avec eux. Puis de toutes façons, ils arrivaient à communiquer en se regardant. Un simple regard traduisait en général ce qu’ils pensaient. Pas grand-chose. Et lorsqu’ils ouvraient la bouche c’était pas pour sortir plus de trois ou quatre mots. Rarement une phrase. Et encore moins une phrase structurée. Et cela leur allait très bien comme ça. La cloche sonna. Tous les élèves passèrent les portes du bâtiment en jetant leurs filtres dans les bacs placés pour l’occasion. David et Mélène se levèrent doucement, rangèrent leurs affaires et se dirigèrent d’un pas calme vers leur salle de classe. Leurs camarades de classes se prenaient toujours la tête sur le même sujet. L’enseignante arriva de son pas horripilant se balançant de droite à gauche et ouvrit la salle. Mélène vira à moitié de l’œil à l’odeur de transpiration qui flottait dans l’air. Il s’installa malgré tout contre sa chère et tendre fenêtre. Rien de mieux, lorsqu’on est au lycée que de pouvoir suivre son cours en regardant les gens dehors. Le blond fixait encore le monolithe. Le groupe se composait de beaucoup de personnes. Il y avait même des secondes. C’était très homogène, remarqua-t-il. Et le brun lui tapait sur le système. Il leva la main et prit son visage le plus blême possible.
« M’dame, j’me sens pas bien ! J’peux sortir ? »
La femme acquiesça : un de ces élèves les plus discret venait d’ouvrir la bouche et sa phrase était presque correcte : cela ne pouvait pas être une simulation.
« Rentre chez toi, si cela ne va pas ! » Déclara-t-elle.
Il prit son sac et sortit de la salle. Il s’appuya d’abord contre le mur en face de sa porte et reprit sa couleur normale. Il rehaussa son sac sur son épaule et partit d’un pas rapide. Il traversa la cours d’un pas encore plus pressé et se retint avec peine de faire un doigt au brun, dont il sentit le regard le fixer. Il s’arrêta dans le hall, lâcha son sac et bu à la fontaine. Il se calma peu à peu, puis prit le chemin pour rentrer chez lui. Il s’enferma dans sa chambre, mit de la musique et se laissa tomber sur son lit avec un bon livre. Il lisait, mais il n’y avait pas une phrase qui ne lui faisait pas penser au brun. Il prit son PC sur ses genoux et se connecta. Il mit son site à jour, parcouru rapidement celui de ses amis. Il se baladait, jonglant sur plusieurs sites, mais peu à peu ses pensées revenaient sur le brun. Vers 17 heures, David passa chez lui. Il lui ouvrit la porte sans rien dire et retourna à sa chambre, son ami sur les talons. Mélène s’assit sur son lit et serra ses genoux contre son torse en observant son aîné, qui comme à son habitude, regardait la bibliothèque, sortait un livre, lisait la quatrième de couverture et le reposait. Il regarda sa montre et haussa un sourcil en direction de son « hôte ».
« T’prends pas la tête, va ».
Puis il sortit de la chambre ainsi que de la maison, un nouveau livre en poche. Mélène resta un long moment allongé sur son lit à regarder son plafond. David avait raison, à quoi bon se prendre la tête ? Il allait en coller une à ce terminal qui s’amusait avec lui et cela prendrait alors fin. Il se coucha et rêva de bien des façons d’étriper ce brun aux yeux marron.
OoO
Au matin, il se leva, se glissa dans la douche et y resta un petit quart d’heure comme à son habitude. Il sortit en serviette, enfila un boxer et un bagguy couleur jean. Il attrapa son sweet blanc et le porta à son nez, puis il le lança dans la salle de bain. Il regarda dans son armoire, mais ne trouva qu’un sweet gris. Il l’enfila. Il n’aimait pas trop cette couleur. Elle faisait triste. Au moins ses sweets blancs étaient neutre et s’accordaient avec tout. Il prit son sac et partit en direction du lycée. Il arriva devant le bâtiment. David était là et fumait sa cigarette matinale. Il le gratifia d’un signe de tête, sortit son carnet de liaison et écrivit le mot de justification d’absence pour la veille qu’il alla porter au pion. Dans le hall, tous les élèves parlaient, le brun était également présent. Il fit comme si de rien n’était, oubliant cette résolution de lui casser la gueule et mit sa bouteille à remplir à la fontaine. Alors qu’il refermait la bouteille, il vit quelqu’un se planter devant lui. Il leva les yeux et reçu tout de suite les lèvres du brun sur les siennes. Il ne réagit alors pas plus que d’habitude, mais lorsque le brun s’écarta, il l’attrapa par la manche et le regarda dans les yeux, sans sourciliers. Le brun haussa les sourcils, les épaules, puis dégagea son bras et repartit avec le blond. Mélène inspira à fond et repartit rejoindre David.
OoO
Durant la semaine suivante, chaque fois que Mélène apercevait le brun, il changeait de chemin. Mais chaque jour, le brun arrivait à lui voler au moins un baiser. Cela faisait une semaine. Il était en troisième heure de la matinée, un jeudi. Il allait devoir retourner en cours sous peu, pour la quatrième heure. C’était ce jour là, la semaine dernière, que le brun l’avait embrassé pour la première fois. Il savait donc, qu’il était dans ce couloir. Le blond scruta le couloir : il y avait beaucoup de gens. Mélène ferma alors les yeux et écouta les voix, il perçu celle du blond qui était calme et claire. Ils étaient donc eux aussi dans le couloir. Le blond fit un signe de tête à David qui acquiesça. Puis il avança dans le couloir. Le brun était là, à discuter avec le blond et une brune aux cheveux coupés au carré. Le brun était totalement accessible. Mélène s’avança vers lui et l’embrassa sans rien dire, puis il continua son chemin pour revenir dans la cours, du côté du monolithe. David était retourné en classe et avait ouvert la porte-fenêtre, il se glissa à sa place sans se faire voir. Durant le cours il regarda de nouveau le monolithe, le brun s’y tenait toujours avec ces acolytes, lancés dans une grande conversation. Lorsqu’il regarda de nouveau vers le monolithe juste avant la sonnerie, il se rendit compte que le brun n’y était plus. La sonnerie retentit. Mélène rangea ses affaires et sortit. Quelqu’un lui attrapa le bras alors qu’il se dirigeait vers le hall. Il se retourna et fixa le grand brun qui lui fit un large sourire. Celui-ci l’entraîna vers le distributeur, puis lui fit traverser la cours puis sortir du lycée.
« Je sais que tu n’as plus cours avant une 13 heures 30 » Lui dit-il.
Mélène se laissa entraîner dans les parcs. Le brun s’assit dans l’herbe et l’incita à faire de même.
« J’ai cru que tu réagirais jamais » Déclara-t-il.
Le blond haussa les sourcils, signe qu’il ne comprenait pas.
« Ouais, je te comprends, c’est normal que tu n’est pas réagis tout de suite face à quelqu’un que tu ne connais pas ».
Comme Mélène se murait dans son silence, le brun l’embrassa de nouveau.
« Je m’appelle Julien et je suis en Terminal STT. Et non, ce n’est pas un pari. Et toi ? ».
« Mélène, seconde générale, et si tu refais ça, je t’en colle une ».
« Si je refais quoi ? Ça ? » Demanda le brun, joignant le geste à la parole.
Mélène ne protesta pas. Il allait y remédier, mais pas tout de suite. Il y a avait quelque chose d’autre à faire avant.
« J’ai quand même pris un gros risque » Déclara Julien en se dégageant.
« Hn ? » Demanda Mélène.
« Bah oui ! Tu aurais très bien pu être un petit con ! ».
« Je peux très bien l’être et ne pas le montrer ! » Rétorqua-t-il.
« C’est vrai, mais tu as quand même du caractère ! Et ça, c’est bien ! M’enfin, tu veux bien m’aider à entretenir les rumeurs ? ».
Mélène ne répondit pas, se leva et tendit la main à Julien pour l’aider à se relever. Le brun accepta sans savoir ce qui l’attendait. Une fois debout, Mélène dégagea sa main, les enfonça dans ses poches et reparti vers le lycée. Julien à ses côtés essayant de comprendre à quoi il jouait.
« Tu me présentes à tes potes ? » Demanda alors le blond.
Julien sourit en retour, l’attrapa par l’épaule et l’emmena jusqu’au monolithe. Mélène l’entrevit alors, dans son dos, lever son pouce envers le blond, signe que tout était ok.
« Alors… Natie » Commença Julien en présentant un rouquin aux cheveux en brosse. « Il est en première ES. Ensuite Aurélie, Audrey, Maria, et Justin qui sont dans ma classe, Term STT et Adrien qui est en première L. Les gens, Mélène ».
Mélène n’écoutait qu’à moitié. Il se rappelait d’Adrien, mais il ne savait plus d’où, ou alors, une vague idée qui traversa ses lèvres avant qu’il ne s’en rende compte.
« Adrien, tu connais madame Driloux ? » Hasarda-t-il, oubliant les autres personnes qui se trouvaient dans le cercle.
« Yep… Ma prof principal de … Merde, j’avais pas capté ! Mél ! Mél Drant ! ». Le blond acquiesça avec un sourire pour son ancien ami. « Comment que t’as trop changé. J’ai toujours regretté de ne pas avoir gardé le contact avec toi quand je suis parti… Je suis revenu en France depuis quatre ans, mais je ne suis pas revenu directement au bahut. Ça me fait trop plaisir de te revoir »
Julien regardait l’échange avec une légère pointe de jalousie. Depuis quand est-ce que Adrien connaissait Mélène ? Cela ne lui plaisait pas du tout. Il savait le blond très attirant. Un grand nombres de ses petits amis l‘avaient quitté pour ce « beau blond » qui était toujours à ses côtés. Peu à peu, Julien avait développé un sentiment d’antipathie pour cet ami qui restait toujours près de lui. Il ne savait pas pourquoi ils restaient si proches alors qu’ils savaient tous les deux où cela les menaient. Et il pressentait que Mélène n’allait pas faire exception. Aussi, lorsque le blond parti rejoindre David pour manger, Julien prit Adrien à part.
« Adrien… Je… Tu peux me promettre que tu n’essayeras pas de me piquer Mél ? ».
« Te le piquer ? Pourquoi voudrais-tu que je te le pique ? Mél, c’est un copain de longue date si je peux dire ainsi ».
« Tu sais… Je me suis tellement fais de fois largué pour toi que… Je n’sais pas trop… Je sais pas pourquoi mais Mélène c’est différent… J’ai vraiment l’impression qu’il est différent des autres ».
« Ok, en même temps… Je veux pas te zapper le moral, mais… Il t’a rien dit ? ».
« Comment ça ? ».
« Bah, Mél, il est pas homo. On s’est fréquenté pendant assez de temps pour que je puisse t’affirmer que c’est un gars à fille. Pour au moins encore un bout de temps. Il t’a plus ou moins laissé croire ça, mais vous n’êtes pas ensemble… Désolé… ».
« Tu veux dire que… » Julien regarda dans la direction où le blond avait disparu.
Adrien hocha la tête. Julien soupira et émit un rire nerveux. C’était vrai. Mélène n’avait pas répondu. Il avait plus ou moins détourné, changé de sujet.
OoO
Adrien franchit les portes du lycée, et coupa à travers le parc pour rentrer chez lui.
« Adrien, attends » L’appela un garçon.
Mélène couru jusqu’à lui.
« On peut faire un bout de chemin ensemble ? T’habites toujours au même endroit ? ».
« Non… Déménagé, mais oui, on peut faire un bout de chemin ensemble ».
Ils reprirent leurs chemins, se racontant les quatre années passées. Ils n’avaient jamais étaient les meilleurs amis du monde, mais avaient étés inséparable dans leur collège. Mélène se demandait pourquoi ils n’avaient pas gardé contact. Il ne se souvenait pas. Adrien avait beaucoup changé. Si bien physiquement que mentalement. Au collège il était très turbulent, et du genre à aller tous les jours dans le bureau du principal -c’est là qu’il c’étaient tout d’abord rencontré-. Ici, il était devenu un élève comme tous les autres. Ou du moins, aux yeux du proviseur. En ce début d’année, il portait un tee-shirt « Children of Boddom » noir sur un tee-shirt crème à manches longues. Converses montantes aux lacets manquant se cachaient sous un jean large, qui contrastait terriblement avec ceux qu’il portait à l’époque du collège. Mélène n’avait pas changé de style vestimentaire. Toujours ses chemises à demi fermée, ses cheveux en dreadlocks, soutenu par un bandeau, parfois cravate relâché, jean trop grand pour lui, dans les tons beige et boxer gris. Chaussures aux lacets défais. Mentalement, il s’était juste ouvert, commencé à se mêler aux gens. Son entente avec David ne devait pas faciliter la conversation. Mais Mélène ne parlait vraiment qu’avec ceux qui l’intéressait, et cela ne changerait qu’avec le temps. Le plus jeune laissa son aîné rentrer chez lui et repris sa route, avant de ne croiser Julien sur son chemin.
« Re » Déclara alors celui-ci.
« Re ».
« Dis-moi… Je suis parfois en mauvais terme avec Adrien, et il arrive que… Bon, il m’a dit que tu ne sortais pas avec moi… Il t’as fais des avances ? ».
« Adrien ? Me faire des avances ? Monsieur Je-ne-sors-qu’avec-des-filles-qui-ressemblent-à-des-camions-volés ? Tu plaisantes, non ? ».
« C’est juste que… Qu’il arrive qu’il me fasse des coups de putes, si je peux dire ainsi, et… ».
« Personnellement, de ce que je connais Adrien, il ne fera jamais un coup de pute à un ami. Si vous avez un problème c’est entre vous qu’il faut le régler et oui, je ne sors pas avec toi. Qu’est ce que tu crois ? Que je vais virer de bord pour quatre smacks ? ».
Mélène ouvrit sa porte et la laissa se refermer derrière lui. Il savait que Julien était toujours derrière et en l’occurrence ne pouvait pas ressortir avant une bonne heure, il alla donc recopier le cours de David. Et au lieu de recopier, il n’avait qu’une envie : ouvrir la porte, regarder Julien et lui dire : « Tu vois que je peux être un petit con ». L’image le fit sourire et il ce concentra sur son travail.
OoO
Mélène attendait devant les portes du bahut. David était absent depuis plus d’une semaine pour raisons familial et cela lui permettait de passer plus de temps avec le blond. Celui-ci arriva avec la tête des nuits blanche. Il ne manqua pas de lui faire remarquer. Ils entrèrent dans le hall ensemble, saluèrent plus ou moins Julien avec qui Adrien était en froid et partirent vers le distributeur, prendre un café.
« Alors, t’as rencontré une nouvelle personne ? ».
« Nan, juste une nuit blanche… Pour Don’, je me rends compte que ma mère me cache trop de chose… C’est pourquoi je n’ai pas de scrupules à le voir sans le lui dire ».
« Et si elle l’apprenait ? ».
« J’ose pas imaginer… Je passe le voir à son boulot ce soir, tu veux m’accompagner ? ».
« Non, désolé, mais je dois aller accompagner ma mère chez mes grands parents… Ce sera pour une autre fois ».
« Ouais… Et sinon, ça va comment avec Julien ? ».
« Il me soûle. Je suis pas intéressé ».
« Ouais, toujours les filles ».
« Non. J’ai rien contre un gars, je suis ouvert, tu me connais, mais il ne me branche pas. Il est faux. Il… C’est un peu comme-ci il aimait monter les gens les uns contre les autres et être le seul point d’attache ».
« Ouah… Tu viens de percer son secret ! » Plaisanta Adrien en buvant son café.
« Mouais… On se voit à la pause ».
OoO
Mélène n’écoutait pas le cours. Il faisait de l’introspection. Depuis les avances de Julien, les filles ne l’intéressaient plus autant. En tant normal, pour décourager quelqu’un, il avait tôt fait de se trouver quelqu’un d’autre… Mais cette fois il ne voyait pas qui. Même pour un dépannage, la petite brune de sa classe ne l’attirait guère, et dieu seul savait à quel point il aurait était intéressé lors des premiers jours de l’année. Il commençait à croire que son entourage l’influençait. Mais pourtant Adrien n’était pas gay. Avait eu une copine récemment. Bon il se mettait à fréquenter son oncle, mais cela n’allait pas le changer pour autant. Alors quoi ? Était-ce juste par curiosité qu’il voulait un copain et non plus une copine ? Il ne savait pas. Il fallait qu’il parle avec Adrien.
OoO
Le blond ouvrit son livre sur la table et commença à regarder le programme pour les mois à venir. Il avait rendez-vous avec Adrien, mais avait une heure et demi d’avance, et la pluie dans la rue l’avait incité à rentrer.
« Tiens, salut Mélène, t’es tout seul ? » Le salua Donyphane.
« Ouais, j’ai rendez-vous avec Ad’, mais je suis en avance ».
« Tu veux que je l’appelle ? ».
« Il a pas son portable ».
« Je sais, c’est moi qui l’ai cassé ce matin, par accident, il a dormi chez moi. Ne bouge pas, je vais l’appeler. Cliff’, sert lui un verre veux-tu ? Mais, il est pas majeur » Averti-t-il en repassant la tête par la porte.
Mélène regarda le comptoir, se demandant si l’oncle de son ami n’était pas fou de parler tout seul, quand il vit une tête apparaître. Ledit Cliff’ devait être assis au sol, faisant des comptes ou autres. Le blond l’observa rapidement. Il était plus grand que Donyphane, cela ne faisait aucuns doutes. Et une carrure imposante. Il avait ses cheveux bruns rassemblés en une couette haute, laissant voir le reste de son crâne rasé. Des yeux vairons, deux piercing dans le cartilage de l’oreille droite, rejoins par une barre de métal. Clifford s’approcha et regarda Mélène de toute sa hauteur, faisant frémir le blond. Il se savait petit ce n’était pas une raison pour le lui faire remarquer, encore moins de cette façon.
« Je te sers quoi ? » Demanda-t-il très aimablement.
« N’importe quoi avec pleins de vitamines, comme ça je ne m’endormirais pas ».
Clifford hocha la tête et reparti vers son comptoir pendant que Donyphane passait sa tête par la porte.
« Mél, désolé, mais Adrien est sorti avec un ami et il ne revient pas avant l’heure du rendez-vous prévu ».
« Pas de problème, c’est de ma faute ».
Donyphane s’excusa une dernière fois et reparti à son occupation alors que Clifford déposait une boisson à la couleur dorée devant lui.
« C’est du vitamine. Tu vas pas dormir avant longtemps si tu réagis à la caféine ».
« C’est quoi ? ».
« Du Kick ! C’est plus ou moins interdit en France, mais j’ai toujours ma réserve personnelle » Sourit le brun « Du Guarana ».
Le blond le remercia et entreprit de goûter la boisson pétillante et énergisante. Le brun s’assit en face de lui.
« Ça te dérange pas ? Comme tu vois c’est mort, y a pas de client et je m’ennui. Mais si ça t’emmerde, tu me le dis et je dégage ».
« Nan, nan, pas de soucis ».
Les deux jeunes discutèrent jusqu’à l’arrivée d’Adrien. Clifford était originaire d’Irlande, y avait passé ses quatre premières années avant d’immigrer en France. Il avait 23 ans, et vivait avec sa sœur, plus âgée de trois ans. Et plus que tout, adorait mettre des petites expression anglaises dans ses phrases. Ou alors c’était tout simplement une habitude. Le courant était passé entre les deux et à chaque fois qu’un rendez-vous était fixé entre les deux blonds, Mélène venait avec de l’avance pour discuter avec son aîné.
OoO
« Mon regard ne te dérange pas ? » Hasarda un jour Clifford en fixant Mélène.
« Je vois pas pourquoi ».
« En général, ça dérange les gens ».
« Ma petite sœur à les mêmes yeux. Je trouve que ça à son charme » Laissa-t-il échapper.
Il voulu se rattraper, mais à la vue du brun souriant, laissa tomber.
« Puis bon, t’es à l’Insolite, pas n’importe où, alors tu peux bien être original. Puis de nos jours, les gens doivent penser que tu portes des lentilles ou autres ».
« Ils te plaisent mes yeux ? » Demanda le brun en s’appuyant sur le comptoir qui les séparaient.
Mélène haussa les épaules et combla la distance qui les séparait pour l’embrasser.
OoO
« Tu fais une drôle de tête Ad’, qu’est ce qu’il se passe ? ».
« Rien. Mathias qui repart en Russie. Ça me fait chier ».
« Et il est où là ? ».
« Paris, pour son visa… Je ne sais même pas s’il revient entre temps ».
Mélène laissa un silence. Il avait comprit que le blond affectionnait beaucoup Mathias. Un lien c’était crée entre les deux. Et même s’il allait de soi que le rouquin était dingue d’Adrien, il n’en allait pas de même pour le plus jeune.
« Tu fais quoi pendant les vacances ? ».
« Je ne sais pas trop. Voir Don’ et Reb’, éviter ma mère, cogiter ».
« T’es sûr que tu ne veux pas venir avec moi ? Deux semaines à la neige ».
« Nan, merci ! Je suis une brêle sur des ski et la dernière fois que j’ai touché un surf je me suis pété la cheville ».
OoO
« Bonnes vacances Ad’ » S’exclama Mélène en saluant le blond à la sortie du bahut.
« De même Mél, on se voit à la rentrée. Éclate-toi bien au ski ».
« T’en fais pas pour moi ».
« J’espère que t’aura encore de la bonne neige ».
Mélène sourit. Les vacances de Février étaient ses favorites. Il rejoignait la famille de sa mère dans les alpes et allait skier sur les aires italiennes avec sa petite sœur. Il n’allait pas voir Clifford pendant deux semaines, mais il pourrait toujours l’appeler. Puis il savait que le brun serait trop occupé avec la clientèle pour s’ennuyer…
OoO
« Merde ! Annie, t’es sûre qu’il n’est pas dans tes affaires ? ».
« Sûre de sûre Mél, je suis désolée ».
Le blond se renfrogna. À peine cinq heures qu’ils étaient partis, une pause sur l’autoroute et il avait perdu son portable. Au second arrêt, il couru à une cabine pour s’appeler, mais sa petite sœur n’entendit rien dans la voiture. Le portable de Mélène se trouvait quelque part, sur aire d’autoroute de Poitiers et il n’avait plus aucun moyen de communications avec le monde extérieur. Enfin, il extrapolait un peu, il le savait. À son arrivée, il chercha une cabine téléphonique et composa le seul numéro qu’il connaissait par cœur.
« Coucou Cliff’, c’est moi ! Je te dérange pas ? Y’a du bruit, tu bosses encore ?... Ok, bon, écoutes, je suis désolé, mais j’ai paumé mon portable sur la route. Donc je ne pourrais pas te joindre pendant deux semaines… Quoi ? Sérieux ?... Tu pars quand ?... Ah, donc on se voit pas avant un mois… J’y survivrai… Ok… Je t’embrasse aussi… Moi aussi je t’aime, bye ».
Mélène raccrocha et rentra dans le chalet loué avec sa famille. Clifford partait en Irlande pour deux semaines. Juste à son retour. Cela l’ennuyait beaucoup. Deux semaines loin du brun lui paraissait déjà beaucoup, mais un mois… !
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Mélène s’installa au comptoir et fixa le grand miroir en face de lui. Le brun allait arriver d’ici vingt minutes. Il était impatient. L’Insolite était encore vide et allait permettre des retrouvailles. Il venait à peine de récupérer la copie de sa carte SIM et n’avait pas réussi à joindre Adrien, qui avait manqué les deux premières semaines de cours. Ni sur son portable, ni sur son fixe. Julien n’avait rien voulu dire. Donyphane était en vacances, tout comme Clifford et avait ouvert tôt dans la matinée et avait disparu depuis dans la réserve.
« Ouah ! La journée commence drôlement bien » Déclara le brun en entrant et embrassant le blond. « Comment tu vas toi ? T’es pas en cours ? ».
« Sport et je suis dispensé, alors je me suis dis que j’allais venir te voir. Mais peut être que tu préférerais draguer la clientèle ».
« Pas bête, mais y en a pas encore, alors je vais me contenter de toi ».
Clifford l’embrassa longuement et s’éloigna brusquement.
« Oh merde ! J’avais presque oublié ! Adrien a déménagé pour la Réunion lors de la deuxième semaine de vacances ! ».
« De quoi ? … Je comprend mieux pourquoi j’ai pas réussi à le joindre ».
Le blond sorti du bar en courant, traversa la rue et la parcouru jusqu’au premier bureau de tabac pour y acheter une carte téléphonique international et revenir à l’Insolite.
« C’est quoi le numéro de code de la Réunion ? » Hasarda-t-il en composant le premier numéro, suivit des douze numéros.
« La Réunion fait parti de la France, non ? ».
« Ouais, mais t’as quand même besoin d’un code » Soupira-t-il en raccrochant. « Comment je vais faire pour le sortir de là ? ».
« Il est là-bas à cause de Don’, non ? ».
« Pas vraiment à cause… C’est à cause du fait qu’ils se connaissent. Ses parents sont opposés à l’homosexualité… Ils ont du les voir ensemble ou autre ».
« T’as qu’à aller là-bas, et lui roulait la pelle de sa vie devant ses parents ».
« Pas mal comme idée. Dommage que je sois avec toi ».
« C’est quoi le problème ? Tu veux le sortir de là ou pas ? ».
« Ouais, mais bon, c’est pas correct pour toi ».
« Mél, si tu crois que lors de mes soirées avec mes potes, j’en ai jamais embrassé un pour le sortir des pattes d’un pervers, tu te trompes lourdement. C’est Adrien, pas un inconnu ».
« Hm » Grogna le blond en continuant sa recherche sur son portable « Je l’ai ».
Mélène recomposa son numéro et attendit. Cela sonnait normal, jusqu’au répondeur. Il raccrocha et retenta. Ainsi de suite pendant une heure avant qu’il n’abandonne. Le réseau devait être mauvais. Il essaya de nouveau tous les soirs de la semaine après les cours, jusqu’à ce que le plus âgé décroche.
/Mél ?/ Demanda celui-ci surpris.
« Ah enfin ! Ce doit faire une heure que j’essaye de te joindre ! ».
/Oh Mél, trop content de t’avoir, comment ça va ?/.
« Comment ça va ? Oh ma vie est un enfer depuis que t’es parti. Julien n’arrête pas de me faire chier… Il me soûle, et même Clifford peut rien y faire. C’est quoi cette histoire de déménagement ? J’ai appris ça la semaine dernière quand Cliff’ est revenu de ses congés… Rien pu faire avant ».
/J’ai voulu faire chier mes parents en les mettant face à Don’, ils ont pas digérés. C’est moi qui ai chié/.
« Faut que tu tiennes le coup, un peu plus d’un an ».
/ Mél, je craque ! Je les supporte pas. Je vais me flinguer avant ma majorité ! Ils ont mes papiers de je ne sais où, j’en ai pour au moins quatre mois à les refaire. J’ai le bac de français à la fin de l’année, je n’ai pas vu la tête d’un seul de mes profs et je n’ai pas l’intention de redoubler/.
« … Ad’… Ça te dérange si je viens te voir ? ».
/Me voir ?/.
« Ouais, si je prends un avion direction la Réunion et que je viens passer une semaine chez toi, je suis en seconde, donc les cours … ».
/Oh oui, viens ! Cela les fera encore plus chier ! Surtout sans préavis/.
« Et je te promet quelque chose ».
/Quoi ?/.
« Tu sera en France bien avant tes dix-sept ans, crois moi ».
/ Mél, j’ai dix-sept ans dans deux semaines !/.
« Je sais, mais je dois raccrocher, c’est pas gratuit. À dans une semaine ».
Le blond raccrocha et appela sa mère.
« M’an c’est moi, tu peux m’avoir des billets pour la Réunion la semaine prochaine ? Un pour le lundi et l’autre pour le mercredi ?... Chouette, t’es la meilleure, merci ».
Mélène aimait sa mère. Il ne la voyait pas beaucoup à cause de son métier d’hôtesse de l’air mais leur lien n’en était que plus fort. Son métier lui fournissait les billets gratuits pour toute sa famille et c’est pourquoi le blond pouvait se permettre le voyage.
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Cela ne s’était pas si mal passé en fin de compte. Mélène s’étira en sortant de l’aéroport, jetant un œil au parking dans l’espoir de voir la voiture de Clifford. Il avait cru qu’Adrien l’aurait étripé pour l’avoir embrassé. Il espérait tout de même que le blond n’aurait pas trop de problèmes. Enfin, il vit la voiture et s’y avança.
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Clifford lâcha la main de Mélène alors que le lycée apparaissait en face d’eux. Le blond ne dit rien et continua d’avancer. Dehors, comme à son habitude, Julien l’attendait, jetant un regard en biais au brun. Mélène embrassa délibérément Clifford avant d’entrer dans le lycée, Julien le suivit avec quelques secondes de décalage. Le blond soupira sentant le Terminal derrière lui. Pourquoi ne pouvait-il pas comprendre qu’il avait quelqu’un et que cela lui allait ? Qu’il n’était pas intéressé ?
« T’as pas ton bac à réviser ? » Demanda-t-il agressivement alors que le brun s’asseyait en face de lui.
« Qu’est ce qu’il a de plus que moi ? ».
Mélène leva les yeux de son livre sans lever la tête, fixa le brun avant de revenir à son livre et de tourner la page.
« Pourquoi tu le préfère à moi ? J’étais là avant lui ! ».
« Sûrement… Il ne me soûle pas, peut être ».
« T’es juste un ptit con » Maugréa le brun.
« Je te l’avais dis que je pouvais l’être sans le montrer ».
Julien se leva bruyamment et sorti de la permanence. Mélène reprit sa lecture. Il était tranquille pour la semaine à venir.
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Mélène entra dans l’Insolite assez rempli. Au comptoir, un garçon plus âgé que lui, draguait sans gêne Clifford, qui avait l’air de bien marcher. Comme toujours. Le blond s’y était fait. Clifford aimait flirter, c’était un fait et il n’y pouvait rien. Il n’était pas possessif, et du moment qu’il était le seul à partager les lèvres et les nuits du brun, il n’y voyait aucun inconvénient. Le blond s’installa à son tour au comptoir et fit signe à Clifford qui agrandi son sourire avant de lui servir la même boisson dorée que le jour de leur rencontre. De son côté du comptoir, Mélène se sentait observé. Nul doute que son copain avait passé la matinée à flirter avec tous les jeunes qui avaient dû l’accoster. C’était son passe-temps quand il n’était pas là.
« T’as l’air fatigué » Remarqua-t-il.
« Julien me soûle ».
« T’es sûr que tu ne veux pas que je m’en occupe ? ».
« Sûr et certain… Cela lui donnerait une bonne raison de revenir à la charge ».
« Tiens, quand on parle du loup… ».
Le blond soupira et se retourna vers l’entrée. Julien était là. Cela ne surprenait pas Mélène qu’il connaisse le bar. Ce qui le surprenait c’est qu’il y mette les pieds. Plus encore, qu’il s’assoit à côté de lui et se colle.
« Julien, quand est ce que tu comprendra que c’est un sens unique ? ».
« Comprend même pas ce que ça veut dire » Répliqua le brun en défiant Clifford du regard. « Regarde-moi ça ! Tu t’entiche d’un gars qui à du se faire passer dessus par la moitié du bar ».
« Ça me regarde, non ? ».
« Putain, mais dis moi ce que j’ai fais de mal ».
« Mais t’es reloud ! T’es toujours là à croire que tu es le centre de l’univers, t’es là à croire que t’es le meilleur et même que tu es mieux que Clifford. Je vais t’ouvrir les yeux, nous deux c’est un grand, un immense, un gigantesque ‘HORS DE QUESTION’ ! Même pas en rêve ! Ou juste dans les tiens si tu n’as que ça à faire et encore je ne veux rien en savoir ».
« J’ai jamais vu un gars aussi dénudé de sentiment que toi… ».
« Voilà, t’as trouvé une bonne raison de ne plus t’approcher de moi » Répondit le blond en vidant son verre.
Julien l’attrapa par le col et l’embrassa. Clifford vit rouge, le dégagea violement de Mélène, au point qu’il en tomba de son siège. Le temps pour Julien de se relever, que Clifford avait déjà fait le tour et se tenait devant lui.
« No Way ! » S’emporta-t-il. « Plus jamais ! Ni en face de moi, ni jamais ! T’as compris ? ».
« C’est bon Cliff’, calme toi » Le rassura Mélène en lui attrapant le bras.
Clifford poussa Julien dehors et revint en face de Mélène. La salle était plongée dans un silence complet. Mélène pouvait entendre la respiration très rapide du brun. Celui-ci s’approcha de lui, pris sa tête entre ses mains et l’embrassa.
« Qu’il essaye encore pour voir » Grogna-t-il contre ses lèvres avant de reprendre son poste.
Mélène se sentait ridiculement heureux. Il n’aurait jamais pensé voir le brun s’énerver ainsi, pour lui.
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Mélène entra dans le bar suivit par Adrien pour en ressortir aussitôt.
« C’est bon, on dégage, va pour le Chat Noir ».
Adrien jeta un œil dans la pièce pour voir Clifford bavarder avec un autre jeune.
« C’est quoi le problème ? » Demanda-t-il.
« Je suis pas d’humeur à le voir flirter avec ce crétin, c’est tout ».
« Pourquoi le voir ? Pourquoi tu le laisses faire si ça te dérange tant ? ».
« Mais j’en ai rien à faire, il peut bien draguer qui il veut, mais pas aujourd’hui, c’est tout ».
Adrien fixa son ami, assez interloqué. Mélène s’emporta.
« Oui c’est comme ça ! Il flirt si il veut, c’est pas moi qui vais l’en empêcher, je suis pas toujours derrière lui et je ne suis pas sa mère ».
« Pas besoin de s’énerver ».
Mélène aller répliquer quand il se rendit compte qu’il s’agissait d’Adrien. De son meilleur ami. Il inspira à fond et expira.
« Désolé… Je crois que je me suis levé du mauvais pied ce matin… Je suis trop content que tu sois de retour ».
« Ça fait déjà un mois et demi que tu me le dit ! ».
« Bah, on le dit jamais assez ».
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Mélène sorti de la douche, juste vêtu de son boxer et vint s’asseoir à côté de Clifford sur le lit simple qui faisait l’angle de la pièce.
« Tu savais que Don’ était proprio de deux bars sur la côte d’Azur ? » Demanda alors le brun.
« Nan. Comment tu sais ça toi ? ».
« C’est là que je pars » Marmonna le brun en se laissant tomber en arrière.
Mélène haussa un sourcil et se coucha sur le côté, soutenu par son coude pour faire face au brun.
« Depuis quand ? ».
« La semaine dernière. Donyphane reprend son service en main. Il me paye le voyage là-bas et m’assure un appartement assez grand pour ma sœur et moi ».
« Ok ».
Le blond se colla à Clifford, ferma les yeux et attendit que le sommeil arrive. Le brun partirait assez tôt sans qu’il ne gâche son temps à essayer de le faire changer d’avis. Le Chat Noir cherchait du personnel, mais tout le monde savait comment ils étaient payés. Sous la coupe de Donyphane, le brun savait au moins à quoi s’attendre, même s’il était question d’une autre ville que La Rochelle. Mélène présentait qu’il allait encore se faire remonter les bretelles par Adrien pour ne rien dire. Mais bon… Des fois, il trouvait le blond plus concerné que lui, c’était amusant, et parfois dérangeant. Sa mère lui avait toujours appris, à lui et sa sœur, que le papillon revenait de lui-même lorsque les mains étaient ouvertes alors qu’il se laissait mourir si elles étaient fermées. Loin de vouloir comparer Clifford à un papillon, Mélène savait juste que s’il essayait de le garder près de lui, ils se quitteraient en mauvais termes, et c’était quelque chose qu’il ne voulait pas. Ils leur restaient un mois, autant en profiter. Puis sans relation longue distance, il serait libre d’aller avec qui il voulait. La vie était trop courte pour s’enchaîner aux gens et passer à côté de superbes occasions. Le blond soupira, une seule chose n’allait pas : par ses nouvelles idées, Donyphane l’empêchait de mettre son plan à exécution et donc il allait devoir essayer de se trouver un petit boulot de barman dans un autre bar que son très cher Insolite. Puis finalement il haussa les épaules. N’importe où, il ferait les mêmes rencontres… Alors à quoi bon se prendre la tête ?
Fin
Voilà, on ne va pas très loin dans la relation Mélène/Clifford, mais elle est présente, c’est déjà bien. C’est ici qu’on découvre le libéralisme de Mélène. Il est un « Carpe Diem » à fond. Vit comme cela se présente et réfléchit après, lorsqu’il réfléchit… Sahad de mon cœur ne m’en veux pas pour le portable sur l’autoroute
J’espère que cela vous aura plu.
Réponses aux Reviews de « Bye-bye » :
Paprika Star : Alors... Là où tu t'es rendu compte que le plan pour faire revenir Adrien en France ne venait pas entièrement de Mél... Puis ensuite, pour la paris entre Adrien et les filles... Il arrive bientôt, ce sera "trop faible", un peu de patience donc Contente de voir que tu es toujours là. Gros bisous. À bientôt.
Cerbère