Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search Login Register Extras
Fiction » Humor » Société font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Letenastare
Fiction Rated: T - French - General/Spiritual - Published: 06-05-06 - Updated: 06-05-06 - id:2186501

Société

C'est drôle de se répugner à faire certaines choses si banales et nécessaires. Quoi de plus "simple" que de faire ses courses dans un supermarché ? Mais ça m'arrive de plus en plus souvent, ces sensations bizarres...
Sortir du parking (sans se faire écraser), prendre son caddie, entrer par les grandes portes de verres et traverser le hall. Après ça on erre dans les rayons, déambulant pour trouver LE produit désiré.
Tout d'un coup ça m'agrippe vite et bien ! Tu marches et tout d'un coup tu te sens perdu. Essaie de comprendre et d'imaginer. Tu regardes les gens autour de toi, qui se pressent avec leurs paniers ou caddies. Ca fourmille de partout. Tu te sens tout petit. Mais l'horloge s'arrête pas pour toi alors tu t'enfonces toujours plus loin pour trouver ce dont tu as besoin. Et tu as l'impression que ça remue à l'intérieur.
Les nausées. Elles sont toujours au rendez-vous. Tu passes ta main sur ton ventre pour t'assurer que c'est pas bien grave, et tu continues de marcher mais ta vision se brouille et le sol danse sous tes pieds : Les vertiges aussi, sont là. Ils arrivent au grand galop rejoindre les nausées pour former un cocktail fou.
Comme tu t'arrêtes en plein milieu, la foule s'agglutine. Elle t'englobe et te rejette. On te presse, te pousse, te bouscule. Violence inconditionnelle. Ton regard se réfugie vers le sol, mais là encore c'est un heurt. Les pavés luisant te narguent en renvoyant les sons que font les talons de tous ces gens exaspérés. Et ils réfléchissent aussi une masse d'ombres presque sans fin entrecoupée d'une lueur jaunâtre. Successions d'agressions qui semblent n'en plus finir. Physiques ; sonores ; visuelles.
Tu relèves alors les yeux en quête de mieux et tu tombes sur la source de cette lumière jaunâtre : Les étagères infinies où sont étalés sans vergogne des produits qui te dégoûtent. Tu les vois alignés là, et tu imagines les usines dans lesquels ils ont été fabriqués, à la chaîne parfois, et les pauvres gens qui ont été payés trois fois rien pour ça. On parle de révolte mais personne ne fait rien. Même ici, ce supermarché, est un reflet de notre société. Dominants dominés. Le tout régi par l'argent. Les pauvres gens qui tentent de résister et de prendre les articles les moins chers et de partir vite fait. Face à face avec les inégalités. J'ai envie de hurler. De pleurer presque. Regarder certains caddies pleins et leurs mines suffisantes pendant que d'autres à côté sont encore en train d'étudier les prix... Ca me donne encore plus envie de vomir.
Parce qu'aujourd'hui même pour ton bien, pour te nourrir, quand t'achètes un truc au supermarché, tu fais du mal à quelqu'un.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres hein ?



Return to Top